Au milieu des années 1980, le partage
des aiguilles et des seringues a été identifié
comme un des principaux modes de transmission du virus de l'immunodéficience
humaine (VIH) chez les utilisateurs de drogues injectables. Plus récemment,
la propagation et la prévalence d'autres virus transmissibles
par le sang chez les utilisateurs de drogues injectables, et en particulier
du virus de l'hépatite C (VHC), ont suscité des préoccupations
croissantes à l'échelle internationale. Selon les estimations
mondiales de la prévalence, les taux d'infection chez les utilisateurs
de drogues injectables varient entre 50 % et 100 % (Finch, 1998).
Actuellement, l'utilisation de drogues injectables (UDI) est le principal
mode de transmission du VHC au Canada, étant à l'origine
d'environ 70 % de toutes les infections actuelles (LLCM, 1999). Les
statistiques démontrent généralement qu'entre
75 % et 85 % des infections par le VHC deviendront éventuellement
des infections chroniques (LLCM, 1999; CRM, 1999). Environ le tiers
des personnes infectées développeront une cirrhose,
suivie d'une maladie hépatique terminale, et une faible proportion
(1 % à 5%) développeront ultérieurement un cancer
du foie (CRM, 1999).
Les taux élevés d'infection à VHC chez les utilisateurs
de drogues injectables, la haute transmissibilité associée
au partage des seringues et d'autre matériel d'injection, et
l'ajout constant de nouveaux adeptes ont contribué au maintien
de taux éle vés d'infection à VHC (Crofts et
coll., 1997). C'est pourquoi les utilisateurs de drogues injectables
constituent un groupe clé qui joue un rôle capital dans
la persistance du virus de l'hépatite C au Canada. À
ce jour, la plupart des programmes de prévention de l'infection
à VHC ont été greffés à des programmes
existants de lutte contre le VIH ou les maladies transmises sexuellement
(MTS), et ils n'ont pas eu d'effets mesurables sur les taux d'infection
à VHC au Canada (LLCM, 1999). Pour pouvoir combattre ce problème
d'une manière efficace, il faut bien comprendre le lien particulier
qui existe entre l'utilisation de drogues injectables et le VHC, par
opposition aux autres virus transmissibles par le sang. Le présent
document résume les renseignements disponibles sur la prévalence
de l'infection à VHC et de l'UDI au Canada, les caractéristiques
démographiques des utilisateurs de drogues injectables au Canada
et les comportements à risque élevé.
L'information contenue dans ce profil permettra de mieux saisir et
comprendre la nature de l'infection à VHC chez les UDI au Canada,
et partant, de mieux cibler les futurs programmes et stratégies
dans ce domaine.
Le présent rapport est un synopsis du rapport provisoire “ A Socio-Demographic Profile of Drug Users in Canada ”, préparé pour la Division du VIH/sida par le Dr Eric Single, de même qu'un résumé des études traitant du lien entre l'UDI et le VHC. Bien que l'accent soit mis sur la situation au Canada, on a tenu compte d'études provenant d'autres pays afin de donner plus de poids aux observations faites par les chercheurs canadiens.
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