Le virus de l'hépatite C a été IDENTIFIé en 1989 (Choo et coll., 1989) au moyen d'un test de dépistage spécifique devenu disponible en 1990 (Remis, 1998). Les tests sérologiques de dépistage du VHC sont relativement récents, de sorte qu'il y a un grand nombre de détails concernant la maladie et sa transmission que l'on commence à peine à découvrir (Mather et Crofts, 1999).
Bien que l'infection à VHC soit assujettie
à un système de déclaration national restreint
depuis1992 au Canada, ce n'est que depuis le 1er janvier 1999 que
toutes les provinces et les territoires déclarent les cas
d'infection par le VHC (LLCM, 1999). En 1997, un nombre total de
19 571 cas ont été déclarés. On évalue
à 0,8 % (240 000 personnes) le taux de prévalence
de l'infection par le VHC au Canada (Remis, 1998). Trois
pour cent de la population mondiale, soit environ 170 millions de
personnes, seraient des porteurs chroniques (LLCM, 1999). La plupart
(environ 70 %) des personnes récemment ou chroniquement infectées
n'ont aucun symptôme et, de ce fait, ne savent pas qu'elles
sont infectées (LLCM, 1999; CRM 1999). Elles demeurent une
source de transmission et sont à risque de développer
une maladie hépatique chronique, une cirrhose et un cancer
du foie (LLCM, 1999).
En raison de l'absence de symptômes et de l'absence de test
pour distinguer les nouveaux cas des cas chroniques, il est très
difficile d'évaluer l'incidence de la maladie. Un système
amélioré de surveillance pour l'identification des
cas d'hépatite C aiguë a été implanté
dans quatre grandes villes canadiennes en octobre 1998. Les résultats
extrapolés semblent indiquer que le Canada pourrait compter
911 cas d'hépatite C aiguë détectés en
clinique (Zou, Zhang, Tepper et coll., 2000). Si l'on inclut les
infections asymptomatiques (70 %) dans l'estimation, le nombre total
de nouvelles infections à VHC pourrait atteindre 4 500 par
année au Canada (Zou, Zhang, Tepper et coll., 2000).
Compte tenu du long intervalle qui peut s'écouler entre l'infection
et l'apparition des symptômes, on prévoit une augmentation
substantielle des séquelles de l'infection à VHC au
Canada au cours de la prochaine décennie (LLCM, 1999). On
s'attend à ce que, d'ici l'an 2008, l'incidence de la cirrhose
et des maladies hépatiques terminales augmente de 100 %,
l'incidence du cancer du foie, de 70 %, et le taux de mortalité
par maladie du foie, de 140 % (CRM, 1999).
Le principal mode de transmission du virus de l'hépatite
C est l'exposition à du sang et à des produits sanguins
contaminés. Les personnes qui partagent des seringues et
d'autre matériel d'injection représentent le principal
groupe infecté ou à risque de le devenir. Un grand
nombre d'études portant sur ce groupe indiquent que les taux
de séropositivité pour le VHC sont supérieurs
à 50 % et, dans certaines populations, atteignent presque
100 % (Heintges et Wands, 1997). Au Canada, l'utilisation de drogues
injectables est responsable d'environ 70 % de toutes les infections
à VHC actuelles (LLCM, 1999).
Avant que le dépistage des anticorps anti-VHC dans le sang
recueilli auprès de donneurs devienne pratique courante,
entre 10 et 15 % des personnes qui recevaient un grand nombre de
transfusions sanguines ou de produits plasmatiques contractaient
l'infection (LLCM, 1999). L'introduction de cette mesure de contrôle
a mené à une réduction substantielle de la
transmission du VHC par cette voie (Heintges et Wands, 1997). Au
Canada, le risque actuel de transmission est très faible,
soit de 1 pour 103 000 unités (LLCM, 1999). La Société
canadienne du sang et HÉMA-Québec examinent actuellement
une nouvelle méthode de dépistage sanguin (test des
acides nucléiques ou TAN) qui devrait réduire encore
davantage le risque de transmission, soit à 1 pour 500 000
unités (Société canadienne du sang, 1999).
Bien qu'il ait été démontré que l'infection
à VHC peut être transmise par voie sexuelle, ce mode
de transmission n'est pas courant. Des recherches menées
aux États-Unis et en Europe ont révélé
des taux d'infection faibles, soit entre 0% et 6 %, chez les partenaires
de personnes atteintes d'une infection chronique à VHC. Le
risque de contracter l'infection lors de relations sexuelles avec
un porteur a été évalué à 2,5
% sur une période de 20 ans (LLCM, 1999). Certaines données
portent à croire que les pe rsonnes qui changent souvent
de partenaires sexuels, indépendamment d'autres facteurs
comme l'utilisation de drogues injectables et le tatouage, risquent
davantage d'être infectées par le VHC (Dienstag, 1997).
Scully et ses collègues (1993) ont examiné les caractéristiques
cliniques et épidémiologiques de l'infection à
VHC dans un cabinet spécialisé en gastroentérologie
et hépatologie à Ottawa, Canada. Dans le cadre de
cette étude, on a effectué un examen rétrospectif
des dossiers de 63 patients consécutifs ayant obtenu un résultat
positif au test de dépistage des anticorps anti-VHC. Les
résultats ont révélé que 48 (76 %) avaient
été infectés par le sang : 27 s'étaient
injecté de la drogue, et 21 avaient reçu du sang ou
des produits sanguins. De plus, les partenaires sexuels de longue
date de 29 de ces patients ont accepté de subir le test de
dépistage. Aucun d'entre eux n'a obtenu le résultat
positif. Les auteurs du rapport ont conclu que la majorité
des cas d'infection à VHC, du moins à Ottawa, sont
liés à une exposition à du sang (soit dans
le contexte d'un traitement médical, soit lors du partage
de seringues) et que les cas de transmission par voie sexuelle sont
rares.
La transmission de l'infection de la mère à l'enfant
est relativement rare, représentant moins de 5 % des cas.
Les taux de transmission sont environ trois fois supérieurs
si la mère est infectée à la fois par le VHC
et le VIH (Zanetti et coll., 1999; Zanetti et coll., 1995). Aucun
lien n'a été établi clairement entre la transmission
de l'infection et le type d'accouchement ou l'allaitement au sein
(Patrick et. coll., 2000). Cependant, la Fondation canadienne du
foie recommande aux femmes de cesser d'allaiter en cas de saignements
ou de fissures aux mamelons (Fondation canadienne du foie, 1999).
Dans d'autres pays, on a observé un lien entre l'utilisation
d'accessoires non stérilisés dans le cadre d'activités
où la peau est percée - comme le tatouage ou le perçage
d'oreilles ou d'autres parties du corps, ou l'acupuncture - et l'infection
par le VHC (CDC, 1998). Cependant, des études menées
aux États-Unis n'ont pas permis d'établir un lien
entre ces pratiques et l'infection par le VHC (CDC, 1998; Silverman
et coll., 2000). Enfin, chez environ 10 % des personnes infectées
par le VHC, il n'y a aucun facteur de risque connu (LLCM, 1999).
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