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Résumé de l'évaluation du risque pour la santé publique au Canada associé aux cas humains d'infection par le virus de la grippe aviaire A(H7N9) en Chine

Les renseignements sont régulièrement examinés et mis à jour au besoin.

16 février 2016

Évaluation du risque

Pour l'instant, le risque pour la santé publique au Canada associé au virus de la grippe aviaire A(H7N9) est considéré comme faible selon les renseignements disponibles. Le risque peut évoluer à mesure que de nouveaux renseignements surviennent.

L'information disponible porte à croire que ce virus ne se transmet pas facilement entre les humains. Les grappes signalées semblent indiquer qu'une transmission interhumaine limitée peut avoir lieu en cas de contacts étroits non protégés avec des cas symptomatiques. En outre, il n'y a eu aucun cas confirmé de transmission interhumaine durable du virus de la grippe aviaire A(H7N9).

Le virus de la grippe aviaire A(H7N9) demeure un virus zoonotique largement répandu en Chine. La menace la plus probable pour la population canadienne consiste en un risque d'importation au Canada par des voyageurs infectés dans ce pays. En janvier 2015, le Canada a signalé le premier cas d'infection humaine par le virus H7N9 en Amérique du Nord, lié à un voyage. Bien que des cas liés à des voyages aient été signalés dans d'autres pays, notamment le Canada, rien n'indique une propagation à l'échelle internationale.

Résumé de la situation

Le 31 mars 2013, la Chine a signalé les premiers cas d'infection humaine par le nouveau virus réassorti de la grippe aviaire A(H7N9) à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Depuis, d'autres cas ont été signalés par douze provinces de la Chine (Anhui, Guangdong, Guangxi, Hebei, Henan, Hunan, Fujian, Jiangsu, Jiangxi, Jilin, Shandong et Zhejiang), deux municipalités (Beijing et Shanghai) et une région autonome (Xinjiang Uyghur). De plus, des cas liés à des voyages ont été signalés en Malaisie, à Taïwan, à Hong Kong et au Canada. Des échantillons environnementaux et de volaille se sont révélés infectés par le virus de la grippe aviaire A(H7N9) dans toutes les provinces et les municipalités mentionnées ci-dessus, à l'exception de Jilin et de Beijing. La plupart des infections humaines sont censées avoir eu lieu après une exposition à des volailles infectées ou à des environnements contaminés.

Depuis mars 2013, l'OMS a signalé plus de 700 cas humains confirmés, dont plus de 200 décès. Pour les plus récentes mises à jour sur les cas et les décès, veuillez consulter le site Web Alerte et action au niveau mondialExternal Link de l'OMS.

Depuis la première émergence du virus en 2013, les éclosions de grippe H7N9 chez les humains se sont produites en quatre vagues. Le début de la première vague a été marqué, en mars 2013, par la détection du nouveau virus de la grippe aviaire A(H7N9) chez trois patients en Chine, dont deux à Shanghai et un à Anhui. Les cas suivants qui furent signalés étaient concentrés dans les provinces de l'est de la Chine, soit Shanghai, Zhejiang et Jiangsu. La première vague a duré jusqu'en mai 2013.

La deuxième vague d'infections humaines causées par le virus de la grippe aviaire A(H7N9) a commencé en octobre 2013 et a pris fin au printemps 2014. On a observé un changement du profil épidémiologique du virus H7N9 au cours de la deuxième vague. Un déplacement géographique de la répartition des cas d'infections au H7N9 a eu lieu vers la province du Guangdong, située au sud. Ce déplacement laisse croire que le virus s'était répandu dans son réservoir d'oiseaux domestiques. En outre, la deuxième vague était beaucoup plus étendue que la première, tant en nombre de cas que de décès.

La troisième vague d'infections humaines a commencé en octobre 2014 et a connu une baisse du nombre de cas au printemps 2015. La plupart des cas furent signalés au cours des mois de janvier et de février dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine. Le premier cas importé d'infection humaine par le virus de la grippe aviaire A(H7N9) en provenance de la Chine a été confirmé au Canada le 26 janvier 2015. Un deuxième cas a été confirmé le 29 janvier 2015. Il s'agissait des premiers Nord-américains reconnus comme ayant été infectés par ce virus. Ces personnes habitaient en Colombie-Britannique et voyageaient ensemble en Chine. Les deux voyageurs n'ont pas eu besoin d'être admis à l'hôpital et se sont complètement rétablis depuis. Le nombre de cas et de décès signalés au cours de cette troisième vague était semblable à celui observé au cours de la deuxième vague.

La quatrième vague d'infections par le virus de la grippe A(H7N9) a été annoncée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture le 15 octobre, après que deux nouveaux cas de grippe A(H7N9) ont été déclarés en Chine. Si le profil des cas humains suit les tendances saisonnières antérieures, les cas de grippe A(H7N9) devraient commencer à augmenter au cours des prochains mois.

Bien que la plupart des cas humains aient développé une maladie grave sur le plan clinique, les infections humaines au virus de la grippe aviaire A(H7N9) peuvent présenter une gamme de symptômes allant de malaises légers à des troubles plus graves. La plupart des enfants infectés par le virus n'ont présenté aucun symptôme ou des symptômes légers Note de bas de page1. Étant donné que des cas graves continuent d'être signalés et que la surveillance du syndrome pseudogrippal a permis la détection de plusieurs cas moins graves, il faut rester vigilant Note de bas de page2. L'OMS continue de recommander aux pays de poursuivre la surveillance épidémiologique et virologique de la grippe, en signalant au besoin les infections humaines conformément au Règlement sanitaire international (2005), ainsi que d'autres mesures de préparation en matière de santé sur le plan national.

Sommaire de la litérature

À ce jour, les données probantes semblent indiquer que les infections au virus de la grippe aviaire A(H7N9) chez les humains font l'objet d'une tendance saisonnière. Cette tendance atteint un sommet au cours de l'hiver et comprend des cas sporadiques au cours de l'été. Cette tendance saisonnière observée n'est pas un résultat inattendu puisque des études antérieures ont signalé une circulation accrue des virus de la grippe aviaire par temps frais et une circulation moindre par temps chaud Note de bas de page6.

La répartition selon l'âge et le sexe des cas d'infection humaine par le virus de la grippe aviaire A(H7N9) tend vers les hommes d'âge moyen ou âgé. Cette différence fondée sur le sexe n'est pas bien comprise, cependant elle a été attribuée par certains chercheurs aux pratiques culturelles, comme les marchés de volailles vivantes auxquels prennent part surtout les hommes Note de bas de page5. Un ensemble de données probantes croissant semble indiquer que les volailles infectées et les environnements contaminés - notamment les marchés de volailles vivantes - sont une source clé d'infection au H7N9 chez les humains Note de bas de page1, Note de bas de page5, Note de bas de page7, Note de bas de page13. La vaste majorité (environ 85 %) des personnes atteintes ont été exposées à de la volaille ou à des marchés de volailles vivantes Note de bas de page3, Note de bas de page5. Des études récentes montrent que la circulation du virus peut s'amplifier dans ces marchés par la transmission d'oiseau en oiseau, servant ainsi de source continue d'infection au virus H7N9 chez les humains Note de bas de page5. Des échantillons environnementaux et de volaille de plusieurs marchés de volaille vivante en Chine ont donné des résultats positifs pour le virus, comprenant des séquences génomiques semblables à celles trouvées chez les humains infectés Note de bas de page1, Note de bas de page5, Note de bas de page7, Note de bas de page8. Contrairement aux cas d'infection humaine par le virus H7N9, celui-ci ne cause pas de maladies graves chez la volaille. Il est difficile de détecter et de contrôler le virus chez la volaille étant donné l'absence de maladies dans cette population.

Bien que la majorité des cas aient été associés à une exposition à la volaille, un certain nombre de grappes (2 ou 3 cas) a été relié à des personnes en contact étroit avec des personnes infectées (3 ou 4 cas). Des enquêtes épidémiologiques semblent indiquer que dans certains cas, les membres de la famille et les pourvoyeurs de soins aux personnes infectées ont fait l'objet d'une transmission secondaire Note de bas de page1, Note de bas de page4. Il convient de noter qu'une étude récente sur des grappes de cas liées aux soins de santé à Shantou en Chine en février 2015 indiquait un risque pour les travailleurs de la santé Note de bas de page4, Note de bas de page14. Une étude publiée en mai 2015 a signalé que les cas secondaires infectés par le virus H7N9 étaient plus jeunes et présentaient des malaises plus légers que les cas index ou sporadiques Note de bas de page1, Note de bas de page3. Ces résultats viennent confirmer d'autres études qui indiquent que la détection de personnes atteintes d'une infection au virus H7N9 est partiale envers les personnes âgées et les cas sévères et n'est pas susceptible de représenter les populations plus jeunes Note de bas de page3. Les enquêtes épidémiologiques de ces grappes semblent indiquer la possibilité d'une transmission interhumaine limitée, sans la preuve d'une transmission soutenue au sein de la collectivité.

Aucun vaccin n'est actuellement disponible publiquement pour ce sous-type de virus grippal. Toutefois, plusieurs vaccins candidats sont en cours d'essais cliniques. L'Organisation mondiale de la Santé a recommandé qu'un virus analogue à A/Anhui/1/2013 serve à élaborer des vaccins contre le virus A(H7N9) pour pouvoir être prêt en cas de pandémie. Aucune recommandation n'a encore été faite concernant la fabrication à grande échelle d'un vaccin contre le virus de la grippe aviaire A(H7N9)Note de bas de page3.

Des essais effectués en laboratoire ont confirmé que le virus de la grippe A aviaire(H7N9) est sensible aux inhibiteurs de la neuramidase oseltamivir et zanamivir, deux antiviraux qui sont stockés dans la Réserve nationale d'antiviraux et le Système de la réserve nationale d'urgence afin de pouvoir être utilisés pour traiter les Canadiens si cela devait se révéler nécessaire. L'OMS a émis des directives quant à l'utilisation de chimioprophylaxie antivirale post-exposition pour le grippe aviaire A(H7N9). (Document PDF) [disponible en anglais seulement].

Le Laboratoire national de microbiologie (LNM) de l'Agence a perfectionné les épreuves de diagnostic (tests) lui permettant de rapidement détecter ce nouveau virus. Ces tests ont été diffusés aux collègues provinciaux et territoriaux pour permettre aux provinces de réaliser leur propre dépistage si cela se révélait nécessaire.

Caractéristiques du virus

Le séquençage du virus de l'influenza A aviaire (H7N9), effectué par le Centre national de lutte contre la grippe de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en Chine, à Beijing, a mis en évidence les gènes HA et NA du virus A aviaire (H7N9) et d'autres gènes du virus A(H9N2). Il s'agit donc d'un nouveau virus réassorti dont tous les gènes sont liés à des gènes des virus de la grippe A de la lignée eurasienne qui ont circulé chez les oiseaux sauvages et la volaille. Des articles parus dans le LancetNote de bas de page11 et le New England Journal of MedicineNote de bas de page10 suggèrent que les volailles sont une source probable de l'infection. Ce nouveau virus de la grippe aviaire A(H7N9) ne semble pas provoquer de maladie grave chez les oiseaux, contrairement aux autres virus de la même souche auparavant identifiés et signalés chez les oiseaux. Des mutations identifiées dans les souches du virus H7N9 sont favorables à une affinité élevée avec les récepteurs humains des voies respiratoires supérieuresNote de bas de page12. Il n'existe toutefois aucune preuve de transmission interhumaine soutenue. Pour l'instant, ce virus de la grippe aviaire A(H7N9) est considéré comme un agent causant une maladie animale exotique (MAE), car il peut y avoir des conséquences si l'agent pathogène atteint les populations aviaires au Canada.

Recommandations pour le Canada

Surveillance

On encourage les professionnels de la santé à maintenir la vigilance à l'égard des cas d'infection par le virus de la grippe aviaire A(H7N9), et à aviser les ministères de la Santé publique concernés lorsqu'une personne fait l'objet d'une enquête diagnostique par utilisant la définition de cas nationale et provisoire - Infection par le virus de la grippe aviaire A(H7N9)doit être utilisée dans le cadre de la surveillance de la grippe aviaire A(H7N9). Pour obtenir des conseils quant aux objectifs et aux activités de surveillance, veuillez vous reporter aux lignes directrices nationales provisoires sur la surveillance des cas d'infection par le les virus de la grippe aviaire A(H7N9).

On demande aux provinces et aux territoires de signaler les cas confirmés d'infection par le virus de la grippe aviaire A(H7N9) à l'Agence de la santé publique du Canada au moyen du Formulaire de déclaration des cas d'agents pathogènes respiratoires émergents et les infections respiratoires aiguës sévères (IRAS).

Conseils aux voyageurs

Des conseils de santé aux voyageurs sont affichés sur le site Web de l'Agence. L'Agence ne recommande aucune restriction concernant les voyages, mais encourage les voyageurs à prendre des précautions spéciales.

Prévention des infections

L'Agence fournit des recommandations pour la prévention des infections et les mesures de contrôle des patients se présentant à l'hôpital, au cabinet du médecin et dans une autre clinique avec une infection suspectée ou confirmée par l'influenza A aviaire (H7N9) dans son document de Directives provisoires - Lignes directrices sur la prévention et le contrôle des infections dans les établissements de soins actifs. Ces directives seront mises à jour à mesure que de nouvelles données probantes seront accumulées.

Biosécurité

Étant donné le tableau clinique, caractérisé par une atteinte respiratoire grave et par des décès chez l'humain, ainsi que le potentiel pandémique de ce virus, et étant donné que le virus est actuellement considéré comme un agent causant une maladie animale exotique, le virus de la grippe aviaire A(H7N9) est classé comme un agent du groupe de risque 3, pathogène pour l'humain et les animaux, nécessitant un niveau de confinement 3 pour toutes les activités prolifératives in vitro ou in vivo. Les activités cliniques ou diagnostiques n'entraînant aucune prolifération peuvent être réalisées dans une installation de niveau de confinement 2 selon certaines exigences additionnelles. En présence d'un échantillon humain non négatif, il est fortement recommandé d'interrompre toutes les manipulations sur l'échantillon et de l'acheminer au Laboratoire national de microbiologie (LNM). Si un échantillon non négatif est décelé par un laboratoire vétérinaire de diagnostic, les manipulations doivent être interrompues et l'échantillon acheminé au Centre national des maladies animales exotiques (CNMAE), conformément à la politique des Normes de confinement pour les laboratoires de diagnostic des maladies animales exotiques. L'Avis de biosécurité peut être consulté sur le site Web de l'Agence.


Références

Note de bas de page 1
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Note de bas de page 2
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Note de bas de page 3
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Note de bas de page 10
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Note de bas de page 14
Farooqui, Amber, et al. "Probable Hospital Cluster of H7N9 Influenza Infection." New England Journal of Medicine 374.6 (2016): 596-598