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Variole

Qu'est-ce que la variole?

La variole est une maladie contagieuse et virulente causée par le virus variolique. La variole est une orthopoxvirose qui cause une maladie contagieuse et fébrile caractérisée par des éruptions vésiculaires et pustuleuses qui peuvent être graves.

La variole a emporté près de 300 millions de personnes au XXe siècle seulement. Étant donné sa contagiosité et son taux de mortalité relativement élevé de 30 p. cent, les experts s'entendent pour dire que la variole est la maladie infectieuse la plus dangereuse qui soit et qu'elle a emporté plus de personnes que toutes les autres maladies infectieuses réunies.

Un consensus international important a donné lieu à un programme d'éradication mondial dirigé par l'Organisation mondiale de la santé, qui a permis d'éradiquer complètement la variole à la fin des années 1970. Aucun cas confirmé de variole contractée par des moyens naturels n'a été signalé depuis 1977. En 1978, un résident du Royaume-Uni est décédé après avoir contracté le virus dans un laboratoire. En 1980, l'Organisation mondiale de la santé proclamait l'éradication de la variole à l'échelle de la planète.

Après l'éradication de la maladie, tous les pays ont regroupé leurs stocks de virus de la variole dans deux laboratoires gouvernementaux, un aux États-Unis et l'autre en Russie. Ces laboratoires possèdent toujours des stocks de virus de la variole pour des fins de recherche. Ils ont été tous deux inspectés par l'Organisation mondiale de la santé, qui les a déclarés sécuritaires. Il est cependant possible que d'autres pays possèdent des stocks clandestins de la variole. On rapporte que dans les années 80, l'Union soviétique a produit des quantités importantes du virus variolique à des fins militaires qui n'ont fait l'objet d'aucune mesure de contrôle adéquate.

Comment la variole se propage-t-elle?

Dans la plupart des cas, la variole se propage directement d'une personne à une autre par des gouttelettes de salive infectieuses; la contamination nécessite habituellement un contact étroit avec la personne infectée. De plus, une personne peut contracter la variole si le liquide papuleux et pustuleux infecte le tissu cutané par voie d'inoculation ou si elle respire le liquide solidifié. Il arrive rarement qu'une personne contracte le virus après avoir touché les vêtements ou les draps de la personne porteuse du virus. Le virus de la variole se transmet par les voies respiratoires ou par contacts cutanés; il se dirige ensuite vers les noeuds lymphatiques. Le virus se propage jusqu'à la muqueuse oropharyngienne ou respiratoire et se multiplie dans les noeuds lymphatiques périphériques. Il finit par se retrouver dans les capillaires du tissu cutané et dans la muqueuse oropharyngienne.

La variole a une période d'incubation relativement longue, en moyenne de 10 à 14 jours, pendant laquelle il n'y a pas de signes de la présence du virus. L'infection se manifeste tout d'abord par une éruption aiguë qui perdure durant une à deux semaines. Comme on l'a déjà précisé, la variole se transmet habituellement par voie respiratoire lorsqu'une personne se trouve à proximité d'une personne infectée (six à sept pieds ou deux mètres). Dans le cas de la variole, la contagiosité est la plus élevée de l'apparition de l'éruption cutanée jusqu'à la fin de la deuxième semaine. La variole se propage en cercles de plus en plus grands englobant les personnes qui se sont trouvées en contact étroit avec la personne infectée, suivis de vagues de cas qui se répètent tous les 12 à 14 jours et qui correspondent à la période d'incubation de la maladie. La personne qui a la variole est contagieuse dès l'apparition de l'éruption cutanée (soit 10 à 22 jours après le début de l'infection) jusqu'à la disparition des gales, un mois plus tard. Le niveau d'infectiosité diminue dès l'apparition de gales sur les lésions. La variole se transmet surtout aux membres d'une famille habitant sous le même toit et à celles qui se sont trouvées en contact étroit avec la personne infectée. Chacun des cas primaires d'infection pourrait donner lieu à 10 voire 20 cas secondaires.

Quels sont les symptômes de la variole?

La variole a habituellement une période d'incubation de 10 à 14 jours qui est suivie de symptômes tels de la fièvre, des maux de dos et de tête et une sensation de malaise sévère parfois accompagnée de douleurs abdominales aiguës et de délire. À la fièvre succède une éruption maculopapuleuse qui se propage à la muqueuse oropharyngienne, au visage et aux bras pour ensuite gagner peu après le tronc et les jambes. Les pustules les plus denses se retrouvent sur le visage et les extrémités. Ils ont une forme arrondie et semblent bien enracinés dans le tissu cutané. Après 8 ou 9 jours, les pustules finissent par se recouvrir de croûtes. Dans 30 p. cent des cas, la variole entraînera un décès qui survient habituellement au cours de la deuxième semaine. Il arrive souvent que l'on confonde la variole avec d'autres maladies qui causent des éruptions, en particulier la varicelle. La variole entraîne l'apparition de pustules qui se concentrent surtout aux extrémités (y compris sur la paume des mains, sous les pieds et au visage) contrairement à la varicelle où les lésions se retrouvent davantage sur le torse. Ici encore, on relève des symptômes, notamment de la fièvre (qui dépasse les 40oC, 104oF), des maux de tête, de la myalgie (en particulier dans la région dorsale), des douleurs abdominales aiguës, des vomissements et, chez certains patients, une éruption érythémateuse transitoire qui provoque l'apparition de taches. L'éruption pourrait se traduire par une diminution de la fièvre et des symptômes. Une éruption apparaît d'abord à l'intérieur de la bouche, sur le visage et les avant-bras et s'étend au tronc et aux jambes. Contrairement à la varicelle, où l'éruption apparaît principalement sur le visage et le corps et se développe graduellement, l'éruption de la variole se développe à la même vitesse sur toutes les parties du corps.

Comment traite-t-on la variole?

Il n'existe pas de traitement précis ni de remède pour la variole. On peut en prévenir la transmission par la vaccination et l'isolement. L'administration du vaccin contre la variole (vaccin antivaccinal) dans les quatre jours suivant l'exposition au virus peut freiner le développement de la maladie dans la quasi-totalité des cas. La maladie est arrêtée du fait que la réaction immunitaire au vaccin est suffisamment rapide pour endiguer le virus. Mais, une fois que les symptômes de la maladie se manifestent, le traitement se limite à des soins de soutien et à des antibiotiques pour traiter les infections bactériennes secondaires. De plus, plusieurs médicaments antiviraux sont présentement à l'essai.

Quelle est la stratégie adoptée par le Canada vis-à-vis de la vaccination contre la variole et du confinement?

La variole peut être contrôlée et éliminée, comme cela a déjà été fait dans le passé. Le gouvernement du Canada a adopté une stratégie dite de « recherche et confinement », recommandée par des experts en santé publique canadiens et internationaux, notamment ceux du Comité consultatif national de l'immunisation du Canada, du Conseil des médecins hygiénistes en chef du Canada et de l'Organisation mondiale de la santé. Cette approche est la même que celle qui a été utilisée pour éliminer la variole à l'échelle du globe à la fin des années 1970.

La stratégie de « recherche et confinement » serait immédiatement mise en branle dès qu'un cas de variole serait confirmé. Toute personne qui aurait pu entrer en contact avec le virus serait rapidement identifiée et vaccinée dans les quatre jours suivant l'exposition au virus. Les personnes vaccinées seraient isolées, de manière à assurer le confinement de la maladie. Cette stratégie est souple : repérer un cas, procéder à la vaccination et isoler les contacts. Au besoin, selon la dynamique de la propagation, on pourrait procéder à la vaccination de tout un quartier, d'une ville ou d'une région.

Est-ce que l'on envisage de vacciner une partie de la population civile du Canada?

Un certain nombre d'intervenants de première ligne ont accepté de recevoir le vaccin contre la variole, à titre préventif, à compter du début de 2003. Ces intervenants de première ligne, tels les travailleurs de laboratoire, le personnel de secours et les agents d'hygiène publique, entre autres, seraient les premiers à être mobilisés dans l'éventualité peu probable d'une flambée de variole au Canada. Étant donné qu'ils seraient très vraisemblablement les premiers à se rendre sur les lieux d'une flambée potentielle de variole, ils doivent être vaccinés à titre de mesure de précaution, avant d'être exposés au virus.

Pourquoi ne procède-t-on pas à la vaccination de tous les Canadiens?

En l'absence de cas de variole, les experts en santé publique s'accordent pour dire que la vaccination systématique des personnes bien portantes à titre préventif n'est pas recommandée pour l'instant. Le vaccin antivariolique lui-même peut avoir des effets secondaires graves. La vaccination contre la variole est sécuritaire pour l'ensemble de la population bien qu'elle puisse entraîner des effets secondaires chez certaines personnes. La plupart des effets secondaires peuvent cependant être traités. En de rares occasions, la vaccination cause de graves réactions, voire le décès.

De façon générale, le risque de complications graves issu du vaccin contre la variole (le vaccin antivaccinal) sont faibles. Dans la plupart des cas, les effets secondaires se manifestent chez les personnes recevant une première dose du vaccin et les jeunes enfants. Environ 1 vaccination sur 300 000 entraîne des effets secondaires graves, et 1 à 4 personnes vaccinées sur 1 000 000 décèdent des suites de la vaccination.

Parmi les complications les plus sévères, notons l'encéphalite (inflammation du cerveau), la propagation du virus à l'ensemble de l'organisme, la cécité (qui se produit lorsqu'on se touche l'œil après avoir gratté la région vaccinée) et les infections cutanées importantes reliées à l'eczéma et à d'autres affections chroniques de la peau. Les personnes qui ont déjà été vaccinées contre la variole auront généralement une réaction plus faible au vaccin si elles se font vacciner de nouveau.

Dans le contexte actuel, on ne recommande pas l'immunisation aux personnes dont le niveau d'immunité cellulaire est affaibli (notamment les personnes qui suivent des traitements de chimiothérapie, qui ont subi une transplantation, qui sont atteintes du VIH ou les femmes enceintes).

Dispose-t-on de quelque chose pour parer aux effets secondaires du vaccin antivariolique?

En cas de réactions graves, outre les soins de soutien, l'immunoglobuline antivaccinale peut se révéler utile. L'immunoglobuline antivaccinale est une solution d'anticorps obtenus à partir du sang de personnes vaccinées.

Suis-je protégé si j'ai déjà reçu le vaccin contre la variole?

La vaccination systématique de la population canadienne contre la variole a été abandonnée en 1972. L'expérience montre que le vaccin confère une protection contre la variole d'une durée de trois à cinq ans, et parfois jusqu'à 10 ans ou plus. Si une personne se fait vacciner de nouveau ultérieurement, la durée de la protection pourrait être encore plus longue. Il convient de souligner, toutefois, que lorsque le vaccin antivariolique était utilisé pour éradiquer la maladie à la fin des années 1970, les analyses n'étaient pas aussi avancées ou précises qu'aujourd'hui, de sorte qu'il se pourrait que l'on ne sache pas tout au sujet du vaccin, de son efficacité et de la durée de la protection.

La variole représente-t-elle actuellement une menace?

La menace d'une attaque au virus de la variole est faible, mais comme les répercussions sont importantes, on a mis en place, à titre de mesure de précaution, un plan d'urgence national contre la variole. Le gouvernement du Canada travaille en étroite collaboration avec les provinces et les territoires afin de garantir que nous pourrons reconnaître rapidement une éventuelle flambée de la maladie et y répondre efficacement.