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Prévention et contrôle de la grippe durant une pandémie pour tous les milieux de soins

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VI. Planification d’une pandémie de grippe – utiliser l’évaluation du risque organisationnel en vue d’élaborer le plan de prévention et de contrôle des infections et de santé au travail contre la grippe pandémique

Durant une pandémie de grippe, la capacité d’une organisation de soins de santé à prévenir la transmission du virus pandémique dans le milieu de soins dépendra fortement de l’efficacité de ses activités de planification inter-pandémique et de ses stratégies habituelles de prévention et de contrôle des IASS. Des programmes de PCI(2;3) (voir la section V.2.) et de ST(1) (voir la section V.3.) efficaces prévoyant des campagnes d’immunisation contre la grippe saisonnière et des stratégies de prévention des IASS et de la grippe saisonnière devraient avoir un impact important sur l’efficacité de toutes les stratégies de prévention de la grippe pandémique associées aux soins de santé(100). Une évaluation du risque organisationnel (ERO) (voir la section V.7. et l’Annexe C) qui évalue les fonctions essentielles de l’organisation, l’efficacité des programmes de PCI/ST existants et la rapidité à réagir à une pandémie grippale devrait servir de fondement pour toute planification pandémique.

Les recommandations de planification face à la grippe pandémique apparaissant dans cette partie correspondent à des recommandations de mesures dans la section VII.

La présente section offre des recommandations à tous les organisations de soins de santé sur la conduite et l’emploi de l’ERO pour les activités de planification en cas de grippe pandémique et les mesures subséquentes à adopter en période inter-pandémique afin de se préparer à une pandémie de grippe.

  • La section VI.1. donne des recommandations sur l’usage de l’ERO pour analyser la rigueur et l’efficacité des programmes de PCI/ST existants;
  • La section VI.2. fait des recommandations spécifiques sur la planification de PCI/ST pour préparer l’organisation de soins de santé à soigner les patients de façon sécuritaire et à protéger les autres patients, TS, visiteurs, entrepreneurs, etc., durant une pandémie de grippe;
  • La section VI.3. offre des recommandations pour permettre à l’organisation de planifier l’incidence que peut entraîner un grand nombre de TS présentant des symptômes de SG durant une pandémie de grippe;
  • La section VI.4. offre des recommandations sur l’éducation et la formation aux compétences pour assurer que les TS sont prêts à s’occuper des patients pendant une pandémie de grippe.

1. Exécution d’une ERO inter-pandémique pour évaluer les programmes de PCI/ST existants

Les organisations de soins de santé ont intérêt à effectuer une ERO pour déterminer l’intégralité de leur hiérarchie de mesures de contrôle actuelle, en mettant l’accent sur les programmes de PCI/ST existants (et les éléments d’autres programmes touchant le contrôle des IASS). Il faudrait également examiner comment ces mesures sont liées à ce que l’on connaît déjà sur la transmission de la maladie (p. ex. le retraitement des instruments médicaux, les systèmes de circulation d’air, etc.). Dans la préparation à une pandémie de grippe, l’ERO devrait être large (p. ex. santé publique, autres organisations) et inclure tous les éléments pouvant influer sur la propagation des virus respiratoires, y compris le virus de la grippe pandémique (voir l’Annexe C pour prendre connaissance d’un outil d’ERO qui peut servir dans tous les milieux de soins).

1.1 Évaluation du programme de santé au travail existant pour l’ERO

La composante de ST (voir la section V.3.) de l’ERO devrait comprendre l’évaluation des activités d’hygiène et de santé au travail liées à la prévention et au contrôle des infections transmissibles chez les TS, notamment les suivantes :

  • Triage préparatoire au placement, évaluation et immunisation des TS;
  • Évaluation des dangers d’infection en milieu de travail;
  • Programme de protection respiratoire;
  • Mesures pour déceler et suivre une infection aiguë chez les TS qui pose un risque pour les autres TS et les patients.
1.1.1 Triage préparatoire au placement, évaluation et immunisation des TS(1)

L’évaluation devrait inclure les éléments suivants :

  1. Mesures pour s’assurer que tous les TS, y compris les fournisseurs, ont accès aux immunisations appropriées et qu’ils sont entièrement immunisés(17;101;102) de la façon suivante :
    • Immunisation contre l’hépatite B (trois doses)(1;103).
    • Une injection de rappel de tétanos (de préférence une dose contenant la coqueluche acellulaire, si elle n’a pas déjà été reçue)(17).
    • Les TS sans preuve d’immunité contre la rougeole, les oreillons, la rubéole (MMR) et la varicelle devraient recevoir le vaccin approprié, sauf contre-indication(17).
    • Le vaccin antipneumococcique devrait être offert aux TS que l’on considère encourir un risque accru d’être infectés par Streptococcus pneumoniae(17).
    • Évaluation de l’état de la tuberculose.
  2. Optimisation des vaccins contre la grippe annuelle (saisonnière) reçus par les TS.
    • Instauration de mesures de suivi pour déterminer l’immunisation contre la grippe saisonnière reçue par les TS(18;101;102).
1.1.2 Évaluation des risques d’infection en milieu de travail

Le processus d’évaluation des risques d’infection en milieu de travail devrait permettre à une organisation de :

  1. Analyser tout le milieu de soins pour déceler des dangers infectieux potentiels liés aux activités du travail.
  2. Évaluer et analyser le risque d’infection associé à l’exposition au danger décelé en milieu de travail.
1.1.3 Un programme de protection respiratoire(7;12;59)

Le PPR (voir la section V.6.2.4.) permet d’opérer un dépistage en matière de santé, d’effectuer et de répéter des tests d’ajustement et de donner une formation sur l’usage approprié des APR (p. ex. exécution d’un test d‘étanchéité pour chaque usage) pour tous les TS qui les portent.

  1. Il devrait y avoir un PPR en place dans toutes les organisations de soins de santé (y compris les soins préhospitaliers, de courte durée, de longue durée, ambulatoires, à domicile, cliniques et communautaires) où sont effectuées des IMGA et où sont soignés des patients atteints de pathogènes respiratoires par voie aérienne reconnus (p. ex. tuberculose, rougeole). Note : Des lois et règlements gouvernementaux peuvent s’appliquer. Par exemple, dans les foyers de SLD, l’ERO (voir l’Annexe C) devrait aider à détecter les TS qui sont particulièrement susceptibles d’une exposition à la grippe pandémique dans l’exercice de leurs fonctions. Il pourrait s’agir des TS qui effectuent des IMGA et ceux travaillant auprès de résidants ayant une déficience cognitive ou affichant un comportement violent ou qui ne peuvent ou ne veulent pas se conformer aux pratiques d’hygiène respiratoire durant une éclosion grippale.
  2. Les appareils de protection à épuration d’air motorisés (PAPR) ne sont PAS recommandés(46;50;52;54;58;61;71) lors des soins aux patients grippés (voir la section V.6.2.4.e. pour plus de détails concernant l’utilisation d’un APR).
  3. Si un TS ne peut pas se faire tester pour l’ajustement d’un APR (p. ex. homme portant la barbe pour motifs religieux), il devrait se voir interdit d’effectuer des IMGA sur des patients atteints de la grippe pandémique. Il y aurait lieu d’interdire à ces personnes de dispenser des soins directs auprès des patients présentant des symptômes de SG, puisqu’une ERPS a indiqué qu’elles devraient porter un appareil de protection respiratoire.
1.1.4 Repérage des TS atteints d’infections aiguës

Les organisations de soins de santé devraient être en mesure de déterminer les TS souffrant d’infections aiguës dans le cadre d’activités telles que les suivantes :

  1. Des politiques incitant les employés à signaler eux-mêmes une maladie infectieuse respiratoire aiguë (p. ex. des symptômes de SG) au service de ST ou autre établissement responsable, conformément aux lois et règlements applicables (voir Annexe A pour un formulaire d’auto-évaluation de la grippe).
  2. Un système de rapport de maladie/blessure de travail, interne et externe tel que requis par la législation ou réglementation fédérale, provinciale ou régionale pertinente.
  3. Un processus systématique pour surveiller et enregistrer les absences des TS dues à l’infection (notamment des grappes d’infections respiratoires).
  4. Un procédé systématique pour relier les grappes d’infections respiratoires chez les TS avec de telles grappes chez les patients.
  5. Des procédures pour encadrer les membres du personnel malades (c.-à-d. présentant des symptômes de SG) afin qu’ils n’exposent pas les autres sur les lieux de travail (p. ex., patients, autres TS, visiteurs, entrepreneurs, etc.)(104;105). (Voir la section VI.3.)
  6. Un processus d’évaluation systématique pour déterminer s’il existe des grappes de TS malades.

1.2 Évaluation organisationnelle du programme de PCI existant pour l’ERO

L’ERO devrait comprendre une évaluation du programme de PCI (voir la section V.2.) de l’organisation pour évaluer ce qui suit :

  1. Un nombre de professionnels formés au contrôle des infections pour la taille et la complexité de la population de patients de l’organisation(35;106).
  2. L’efficacité d’un programme de surveillance IASS capable de reconnaître et de surveiller les tendances et de détecter des éclosions d’infections au virus respiratoire au sein de l’organisation(31;106).
  3. Des systèmes permettant d’acquérir et de maintenir des quantités suffisantes d’équipements/produits/matériaux pour prévenir l’exposition aux infections et leur transmission dans l’organisation.
  4. L’efficacité de l’application des politiques et procédures liées aux PBPA(2;3) pour prévenir ou réduire la transmission d’un agent infectieux à l’hôte réceptif causée par une source infectée ou un environnement contaminé incluant :
    • Création d’un processus de vérification de conformité des EPI et d’hygiène des mains.
    • Formation des TS pour sélectionner, mettre et enlever l’EPI de façon sécuritaire, ainsi que sur l’entretien, l’utilisation et les limites de l’EPI (voir la section V.6.3.).
    • Emploi de cloisons de verre ou d’acrylique comme barrières pour protéger le personnel de triage et d’accueil.
    • Système permettant de détecter rapidement les patients présentant des symptômes d’infections respiratoires aiguës et une aire distincte pour les évaluer à l’écart des patients ne présentant pas de tels symptômes.
    • Des politiques ou des processus pour détecter rapidement (p. ex. programme de dépistage), confiner, enquêter et signaler toute personne (patients, TS, visiteurs, entrepreneurs, etc.) présentant des symptômes de SG (voir l’Annexe A) dans le milieu de soins.
    • Des processus pour réduire la production d’aérosols infectieux et le risque d’exposition durant l’exécution d’IMGA (voir la section VII.1.5.4. pour pratiques en usage)(107).
    • Promotion de bonnes pratiques d’hygiène des mains (voir la section V.6.2.6.1.) et leur observation par toutes les personnes dans l’organisation de soins de santé, y compris les patients, TS, visiteurs, entrepreneurs, etc.(10;13).
      • Emploi d’un DMBA comme méthode de choix pour assurer l’hygiène des mains dans tous les milieux de soins. Il est recommandé d’utiliser du savon et de l’eau lorsque les mains sont visiblement sales(10;13).
      • Installation de distributeurs de DMBA aux points de services, dans les aires de triage et d’évaluation, les salles d’attente et de soins, pour en faciliter l’accès aux patients, TS, visiteurs, entrepreneurs, etc.
      • Possibilité de mettre des bouteilles individuelles de DMBA à la disposition des TS là où une installation murale ou au chevet du lit n’est pas possible.
    • Programmes de contrôle des sources infectées pour réduire le contact en personne entre les sources infectées (c.-à-d. patients, TS, visiteurs, entrepreneurs, etc.) présentant des symptômes de SG et les hôtes réceptifs (c.-à-d. autres patients, TS, visiteurs, entrepreneurs, etc.) y compris :
      • Préparation de matériels éducatifs sur la prévention de la transmission du virus respiratoire à l’intention des patients, TS, visiteurs, entrepreneurs, etc., y compris, sans s’y limiter, l’information sur l’hygiène respiratoire et l’hygiène des mains.
      • Mise en place d’affiches (multilingues, selon le cas) pour encourager l’observation des règles d’hygiène respiratoire et d’hygiène des mains par tous les individus dans le milieu de soins.
      • Installation de distributeurs de masques et de papiers mouchoirs aux points de service, de triage, d’évaluation, dans les salles d’attente et de soins aux patients pour en faciliter l’accès aux patients, TS, visiteurs, entrepreneurs, etc.
      • Installation de poubelles mains libres fermées aux points de triage et d’évaluation, et dans les salles d’attente et de soins(108).
      • Installation de contenants pour objets piquants ou tranchants aux points de service, de triage, d’évaluation, et dans les salles de soins(103).
  5. Processus pour veiller à ce que l’immunisation antipneumococcique soit offerte aux patients à risque élevé, pour réduire la morbidité et la mortalité de la grippe liée à la pneumonie bactérienne secondaire(17).
  6. Processus pour veiller à ce que l’immunisation contre la grippe saisonnière soit offerte à tous les résidants des établissements de SLD (et les personnes à risque élevé recevant des soins de santé dans la collectivité)(17;18).

1.3 Déficiences dans les programmes de PCI/ST relevées par l’ERO

Les programmes de PCI/ST existants qui fonctionnent bien devraient former une assise pour la préparation et la planification d’une organisation de soins de santé en période de pandémie de grippe. L’organisation pourrait se voir obligée d’engager des ressources humaines et financières pour remédier aux déficiences relevées par l’ERO inter-pandémique, notamment de la façon suivante :

  • Nombre approprié de lavabos réservés pour le lavage des mains et de distributeurs de savon à mains, lotion à mains et serviettes en papier individuelles bien situés(10;13).
  • Observance d’une séparation spatiale appropriée (c.-à-d. séparation de deux mètres ou emploi de cloisons), pour diminuer le risque d’exposition des hôtes réceptifs (p. ex. patients et visiteurs) à un agent infectieux ou une source infectée dans les zones cliniques et les salles d’attente(46-54;75).
  • Maintien d’une exploitation optimale des systèmes CVC, conformément aux directives et règlements en vigueur(75;77;108).
  • Maintien des normes d’entretien ménager, buanderie et gestion des déchets, conformément aux directives et règlements en vigueur(10).
  • Maintien des normes de nettoyage, désinfection et stérilisation des équipements servant aux soins des patients, conformément aux directives, normes et règlements en vigueur(2;3;10;109-114).

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