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Rapport de l’administrateur en chef de la santé publique sur l’état de la santé publique au Canada 2012

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Chapitre 1 : État de la santé publique au Canada

Le présent chapitre offre un aperçu des données démographiques de la population canadienne, notamment en ce qui concerne l’espérance de vie et les tendances sur le plan de la mauvaise santé, de l’invalidité et de la mortalité. Il y sera également question des déterminants qui influent sur la santé : le revenu, l’emploi, la scolarité, les comportements liés à la santé et l’accès aux soins. Quoique certains problèmes de santé puissent être liés au bagage génétique, des données indiquent que le revenu, la scolarité, l’emploi et d’autres déterminants sociaux peuvent contribuer à certains résultats de santé d’une personne ou d’une collectivité ou peuvent les influencer. S’il est important d’aborder l’état général de la santé publique au Canada, il est également important de reconnaître qu’il existe des inégalités en matière de santé entre des populations. Par conséquent, les facteurs qui définissent certains groupes de population (l’âge, le sexe, l’origine ou autres combinaisons) seront examinés plus en détail, si possible.

Les données présentées dans ce chapitre proviennent bien souvent d’enquêtes. Malgré les limites inhérentes aux données autodéclarées, comme la subjectivité des réponses et l’exclusion des personnes vivant dans des établissements ou des réserves, ces données fournissent de l’information utile qui ne pourrait être obtenue autrement.

Qui nous sommes

En 2011, le Canada comptait 33,5 millions d’habitants, répartis presque également entre les hommes (49 %) et les femmes (51 %)Note de bas de page 26. Selon les projections, la population autochtone s’établira à 1,4 million d’habitants en 2011 (62 % de membres des Premières Nations, 31 % de Métis et 4 % d’Inuits), soit environ 4 % de la population canadienneNote de bas de page 27, Note de bas de page 28. On prévoit également que les Canadiens nés à l’étranger représenteront plus de 20 % de la population totaleNote de bas de page 29. Par ailleurs, les données de 2006 indiquent que les peuples autochtones et les immigrants nés à l’étranger sont formés respectivement de 49 % et 48 % d’hommesNote de bas de page 30, Note de bas de page 31.

En 2011, environ 84 % des Canadiens habitaient en région urbaineNote de bas de page 32, Note de bas de page 33. Depuis 2001, la croissance démographique s’est concentrée à près de 90 % dans les grandes régions métropolitaines de recensementNote de bas de page 34. Cette situation résulte, en partie, du fait que de plus en plus de jeunes ruraux s’installent dans les régions urbaines, contribuant ainsi au vieillissement de la population ruraleNote de bas de page 35. De 2001 à 2006, presque un Canadien sur sept âgé de 25 à 44 ans a quitté le centre‑ville de Toronto, de Vancouver et de Montréal pour aller vivre dans les banlieues environnantesNote de bas de page 36. Les nouveaux parents, les diplômés d’études collégiales ou les finissants des écoles de métiers dont le revenu net est de 70 000 $ à 99 999 $ étaient les plus susceptibles de s’établir en banlieueNote de bas de page 36.

On sait par ailleurs que la population vieillit. Entre 1976 et 2011, le pourcentage de Canadiens âgés de 65 ans et plus est passé de 9 % à 15 % de la population totaleNote de bas de page 26, Note de bas de page 28. Cette proportion devrait continuer à augmenter pour atteindre 24 % d’ici 2036 (voir la figure 1.1)Note de bas de page 37. En 2011, les enfants de moins de 12 ans et les jeunes de 12 à 19 ans constituaient moins du quart de la population (13 % et 10 % respectivement), tandis que les adultes âgés de 20 à 64 ans représentaient 62 %Note de bas de page 26. Bien que la proportion d’hommes et de femmes soit à peu près équivalente, elle variait légèrement selon le groupe d’âge. De la naissance à 29 ans, les hommes constituaient 51 % de la population. Toutefois, les proportions étaient inversées chez les 30 à 64 ans, les femmes comptant pour 51 %Note de bas de page 26. À partir de 65 ans, la proportion d’hommes connaissait une diminution plus marquée : en effet, on trouvait 47 % d’hommes et 53 % de femmes âgés de 65 à 79 ans, tandis que, chez les 80 ans et plus, la proportion d’hommes tombait à 37 % par rapport à 63 % de femmesNote de bas de page 26.

Il existe une exception à la tendance au vieillissement chez les Autochtones, qui regroupent une population beaucoup plus jeuneNote de bas de page 38. En 2006, près du tiers d’entre eux (31 %) étaient âgés de 12 à 29 ans (49 % d’hommes et 51 % de femmes) par rapport à 23 % chez la population non autochtoneNote de bas de page 39, Note de bas de page 40. À la même période, la population inuite était constituée à 35 % de jeunes ou de jeunes adultes âgés de 12 à 29 ans (50 % d’hommes et 50 % de femmes)Note de bas de page 39, Note de bas de page 40.

Figure 1.1 Répartition de la population selon le groupe d’âge, Canada, 1976, 2011 et 2036Note de bas de page 26, Note de bas de page 28, Note de bas de page 37

Figure 1.1

Équivalent textuel - Figure 1.1

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données du Recensement de 2011 et des estimations et projections démographiques, Statistique Canada.

L’espérance de vie des Canadiens a considérablement augmenté au cours du dernier siècle, au point où un garçon né au Canada aujourd’hui peut s’attendre à vivre jusqu’à environ 79 ans, et une fille, jusqu’à environ 83 ansNote de bas de page 41. Les femmes canadiennes ont, depuis toujours, une longévité supérieure à celle des hommes canadiens, mais la différence entre leur espérance de vie à la naissance est passée de 6,1 ans à 4,6 ans entre 1992‑1994 et 2006‑2008Note de bas de page 41. Cette situation n’est pas liée au fait que les femmes meurent plus jeunes, mais plutôt parce que les hommes vivent plus longtempsNote de bas de page 41.

L’espérance de vie de la population autochtone continue d’être inférieure à celle de la population canadienne en général. En 2001, l’espérance de vie à la naissance des Métis était la plus élevée chez les peuples autochtones (71,9 ans chez les hommes et 77,7 ans chez les femmes), suivis des Premières Nations (71,1 ans chez les hommes et 76,7 ans chez les femmes) et, enfin, des Inuits (62,6 ans chez les hommes et 71,7 ans chez les femmes)Note de bas de page 42. Comme c’est le cas dans l’ensemble de la population, l’espérance de vie des femmes autochtones est toujours plus élevée que celle des hommes autochtonesNote de bas de page 42.

On remarque également que l’espérance de vie varie en fonction du revenu. En effet, en 2005­-2007, elle était supérieure dans les quartiers à revenus plus élevés que dans les quartiers à revenus moins élevés (voir la figure 1.2)Note de bas de page 43. Peu importe le niveau du revenu du quartier, l’espérance de vie des femmes surpasse celle des hommes, et tout particulièrement chez les hommes démunisNote de bas de page 43. Comme le montre la figure 1.2, l’écart entre l’espérance de vie des personnes à faible revenu et celle des personnes à revenu plus élevé est de 4,7 ans chez les hommes et de seulement 2,3 ans chez les femmes, ce qui laisse croire que les répercussions d’un faible revenu sont plus marquées chez les hommes que chez les femmesNote de bas de page 43.

Figure 1.2 Espérance de vie à la naissance selon le sexe et le quintile de revenu du quartier, Canada, 2005‑2007Note de bas de page 43

Figure 1.2

Équivalent textuel - Figure 1.2

Source : Greenberg, L., et C. Normandin. (2011). Variations en matière d’espérance de vie à la naissance. Coup d’œil sur la santé, Avril 2011(1), 1-13.

Notre santé

D’après l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes (ESCC) de 2010, la majorité des Canadiens de 12 ans et plus ont déclaré être en excellente santé (22 %) ou en très bonne santé (38 %)Note de bas de page 44. Une proportion encore plus grande a indiqué avoir une excellente (37 %) ou une très bonne (37 %) santé mentaleNote de bas de page 44. Tandis que les proportions décroissent avec l’âge, la diminution est plus marquée pour la santé physique que pour la santé mentale (voir la figure 1.3)Note de bas de page 44. La proportion de femmes ayant déclaré avoir une excellente ou une très bonne santé physique était légèrement supérieure (61 %) à celle des hommes, tandis que la proportion d’hommes ayant indiqué avoir une excellente ou une très bonne santé mentale était légèrement supérieure (75 %) à celle des femmesNote de bas de page 45.

Figure 1.3 Santé perçue et santé mentale perçue, très bonne ou excellente, selon le groupe d’âge, Canada, 2010Note de bas de page 44

Figure 1.3

Équivalent textuel - Figure 1.3

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Statistique Canada.

Malgré les proportions élevées de personnes qui considèrent être en très bonne ou en excellente santé physique et mentale, toutes les années ne sont pas vécues en bonne santéNote de bas de page 46. L’espérance de vie ajustée en fonction de la santé (EVAS) de 2004-2006 montre que les hommes, qui ont une espérance de vie à la naissance de 78,9 ans, peuvent s’attendre à vivre environ 69,6 ans en bonne santé. Pendant la même période, les femmes, qui ont une espérance de vie de 83,6 ans, avaient une EVAS de 72,1 ansNote de bas de page 46.

Tableau 1.1 Notre santé
Notre santé Hommes Femmes Année
Acronymes :
VIH
virus de l’immunodéficience humaine
APVP
années potentielles de vie perdues
Tableau 1.1 - Note en bas de page *
Désignent les données autodéclarées

Remarque : Des renseignements détaillés se trouvent à l’annexe D : Définitions et sources de données des indicateurs.

Sources : Statistique Canada, Société canadienne du cancer et Agence de la santé publique du Canada.

État de santé déclaré et espérance de vie
Santé perçue, très bonne ou excellenteTableau 1.1 - Note en bas de page * (pourcentage de la population âgée de 12 ans et plus) 59,7 60,5 2010
Santé mentale perçue, très bonne ou excellenteTableau 1.1 - Note en bas de page * (pourcentage de la population âgée de 12 ans et plus) 74,5 73,3 2010
Espérance de vie à la naissance (nombre d’années d’espérance de vie) 78,5 83,1 2006-2008
Espérance de vie ajustée en fonction de la santé à la naissance (nombre d’années d’espérance de vie en bonne santé) 69,6 72,1 2004-2006
Mauvaise santé
Maux de dosTableau 1.1 - Note en bas de page * (pourcentage de la population âgée de 12 ans et plus) 18,5 19,6 2010
Incidence du cancer (nouveaux cas pour 100 000 personnes par an, taux normalisé selon l’âge) 456 369 2011
Prévalence du diabète (pourcentage de la population âgée de un an et plus) 7,2 6,4 2008-2009
ArthriteTableau 1.1 - Note en bas de page * (pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus) 12,8 19,7 2010
AsthmeTableau 1.1 - Note en bas de page * (pourcentage de la population âgée de 12 ans et plus) 7,1 9,8 2010
HypertensionTableau 1.1 - Note en bas de page * (pourcentage de la population âgée de 30 ans et plus) 24,2 24,4 2010
Troubles de l’humeurTableau 1.1 - Note en bas de page * (pourcentage de la population âgée de 15 ans et plus) 5,0 8,2 2010
Causes de mortalité ou de mortalité prématurée (pour 100 000 personnes par an)
Cancers (nombre de décès) 224,4 199,3 2008
Maladies de l’appareil circulatoire (nombre de décès) 211,0 208,9 2008
Maladies de l’appareil respiratoire (nombre de décès) 64,2 60,3 2008
Cancers, de 0 à 74 ans (APVP) 1 543,8 1 516,6 2008
Maladies de l’appareil circulatoire, de 0 à 74 ans (APVP) 1 106,6 444,2 2008
Blessures accidentelles, de 0 à 74 ans (APVP) 862,4 317,6 2008
Suicide et blessures auto-infligées, de 0 à 74 ans (APVP) 446,7 173,8 2008
Maladies de l’appareil respiratoire, de 0 à 74 ans (APVP) 205,3 162,5 2008
VIH, de 0 à 74 ans (APVP) 50,3 17,9 2008

Une liste complète des indicateurs, des définitions et des sources de données se trouve à l’annexe C : Indicateurs de santé et facteurs qui influent sur la santé des Canadiens, et à l’annexe D : Définitions et sources de données des indicateurs.

Mauvaise santé

La proportion de Canadiens vivant avec des maladies et des problèmes de santé précis varie dans la population. Bien que des problèmes de santé chroniques apparaissent souvent chez les personnes âgées, ou qu’ils y soient souvent associés, plus de la moitié (55 %) des Canadiens de 12 ans et plus ont déclaré au moins un problème de santé chronique (voir la figure 1.4)Note de bas de page 44.

Figure 1.4 Proportion de Canadiens ayant déclaré au moins un problème de santé chroniqueFigure 1.4 - Note en bas de page * selon le groupe d’âge, Canada, 2010Note de bas de page 44

Figure 1.4

Équivalent textuel - Figure 1.4

Figure 1.4 - Note en bas de page *
Les problèmes de santé comprennent l’asthme, la fibromyalgie, l’arthrite ou le rhumatisme, les maux de dos, l’hypertension (tension artérielle élevée), les migraines, la maladie pulmonaire obstructive chronique, le diabète, les cardiopathies, les cancers, les ulcères, les effets d’un accident vasculaire cérébral, les troubles intestinaux, la maladie d’Alzheimer, le syndrome de fatigue chronique, les troubles de l’humeur, les troubles d’anxiété, l’épilepsie, la paralysie cérébrale, le spina-bifida, l’hydrocéphalie, la dystrophie musculaire, la dystonie, le syndrome de la Tourette, la maladie de Parkinson, la sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Huntington et la sclérose en plaques.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Statistique Canada.

Les maux de dos (19 %), l’hypertension (18 %) et l’arthrite (16 %) étaient les maladies chroniques les plus fréquemment déclarées en 2010Note de bas de page 44. La proportion de femmes ayant déclaré avoir des maux de dos (20 %) ou faire de l’hypertension (18 %) était comparable à celle des hommes (19 % et 18 % respectivement)Note de bas de page 44. Cependant, la proportion de femmes qui disent avoir reçu un diagnostic d’arthrite était considérablement supérieure à celle des hommes (19 % comparativement à 13 %)Note de bas de page 44.

Bien que les taux déclarés de maux de dos soient semblables chez les hommes et les femmes, ils varient sensiblement en fonction de l’âge, comme le montre la figure 1.5Note de bas de page 44. Les maux de dos représentent les problèmes de santé chroniques les plus souvent déclarés par les Canadiens de 12 ans et plus; toutefois, les données ne permettent pas d’en déterminer la nature exacte. Ils comprennent un vaste éventail de maladies ou de troubles, tels que la scoliose, la sciatique, la hernie discale ainsi que les blessures à la moelle épinière, aux os ou au tissu musculaireNote de bas de page 47. La plupart de ces problèmes entraînent une douleur de légère à grave et, dans certains cas, s’avèrent invalidants. Chez les Canadiens de 12 ans et plus qui ont déclaré des maux de dos en 2010, 50 % des femmes et 42 % des hommes ont également indiqué ressentir régulièrement de la douleur ou de l’inconfortNote de bas de page 44.

Figure 1.5 Maux de dosFigure 1.5 - Note en bas de page * autodéclarés selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, 2010Note de bas de page 44, Note de bas de page 48

Figure 1.5

Équivalent textuel - Figure 1.5

Figure 1.5 - Note en bas de page *
Autres que l’arthrite et la fibromyalgie

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Statistique Canada.

L’hypertension a été associée aux crises cardiaques, à l’insuffisance cardiaque et rénale, à la démence et, chez les hommes, à la dysfonction érectile. Elle est aussi un facteur de risque majeur de certaines des principales causes de mortalité au CanadaNote de bas de page 49-Note de bas de page 51. En 2010, près du quart (24 %) des Canadiens de 30 ans et plus ont indiqué faire de l’hypertension, et cette proportion augmente avec l’âge, passant à 42 % chez les 55 ans et plus et à 51 % chez les 65 ans et plusNote de bas de page 44. Le taux d’hypertension varie également selon le sexe et l’origine ethnique (voir la figure 1.6)Note de bas de page 44. L’activité physique, le renoncement au tabac et les habitudes alimentaires peuvent contribuer à en réduire les risquesNote de bas de page 52, Note de bas de page 53.

Figure 1.6 Hypertension autodéclarée selon le sexe, l’origine et certains groupes d’âge, Canada, 2010Note de bas de page 44

Figure 1.6

Équivalent textuel - Figure 1.6

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Statistique Canada.

Il existe plus de 100 différents types d’arthrite, qui s’attaquent aux articulations, aux ligaments, aux tendons, aux os et aux autres composants de l’appareil locomoteur. Ceux-ci varient, en gravité, de légers à invalidantsNote de bas de page 54-Note de bas de page 56. À long terme, l’arthrite peut causer une douleur chronique, une perte de mobilité et une réduction de la capacité à fonctionner, prédisposant à la dépression, aux maladies cardiovasculaires, au diabète et à d’autres problèmes de santé chroniquesNote de bas de page 54. Les principaux facteurs de risque associés à l’arthrite comprennent l’inactivité physique, l’embonpoint et l’obésité, les blessures aux articulations, le tabagisme, l’emploi et les infections, tous des facteurs potentiellement modifiables pour réduire les risquesNote de bas de page 57.

En 2010, 16 % des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont reçu un diagnostic d’arthrite, 39 % étaient des hommes et 61 %, des femmesNote de bas de page 44. Bien que l’arthrite soit un peu moins répandue chez les personnes nées à l’étranger (15 %), elle touche une proportion plus élevée de femmes (19 %) que d’hommes (12 %), comme c’est le cas chez les personnes nées au CanadaNote de bas de page 44. L’arthrite fait aussi partie des maladies chroniques les plus fréquentes chez les peuples autochtonesNote de bas de page 58. D’après l’Enquête auprès des peuples autochtones de 2006, 20 % des répondants âgés de 15 ans et plus ont indiqué avoir reçu un diagnostic d’arthrite ou de rhumatismeNote de bas de page 59. La même année, 21 % des membres des Premières Nations vivant hors réserve (16 % d’hommes et 25 % de femmes), 21 % des Métis (18 % d’hommes et 24 % de femmes) et 12 % des Inuits (8 % d’hommes et 16 % de femmes) ont déclaré avoir reçu un diagnostic d’arthrite ou de rhumatisme d’un médecinNote de bas de page 59.

Même si l’asthme, le diabète et le cancer ne figurent pas parmi les maladies chroniques les plus courantes, ils touchent néanmoins de nombreuses personnes. En effet, en 2010, 9 % des Canadiens âgés de 12 ans et plus (7 % d’hommes et 10 % de femmes) ont déclaré être atteints d’asthme, affection qui se présente sous forme de toux, d’essoufflement, de serrements à la poitrine et de respiration sifflanteNote de bas de page 45, Note de bas de page 60, Note de bas de page 61. L’apparition précoce de l’asthme est souvent associée à un faible poids à la naissance, à l’exposition à la fumée de tabac et aux antécédents familiaux, tandis que son apparition tardive résulte généralement d’une prédisposition génétique, de l’obésité et d’une exposition accrue à des allergènes ou à d’autres facteurs environnementaux, comme la pollutionNote de bas de page 60, Note de bas de page 61.

D’après les données du Système national de surveillance des maladies chroniques de 2008-2009, près de 2,4 millions de Canadiens âgés de un an et plus vivaient avec un diagnostic de diabèteNote de bas de page 62. Bien qu’il existe une prédisposition génétique aux diabètes de types 1 et 2, le diabète de type 2 est également associé à l’embonpoint et à l’obésitéNote de bas de page 62-Note de bas de page 64. En 2011, on s’attendait à ce que près de 178 000 nouveaux cas de cancer soient diagnostiqués, dont 52 % chez les hommesNote de bas de page 65. On prévoyait également que les cancers du sein, du poumon, du côlon, du rectum et de la prostate représenteraient 54 % de tous les cancers diagnostiqués cette même annéeNote de bas de page 65.

Bien que les trois problèmes de santé chroniques les plus courants en 2010 soient de nature physique, de nombreux Canadiens ont également déclaré une forme de maladie mentale. Personne n’est à l’abri de la maladie mentale, quels que soient l’âge, la culture et le niveau de scolarité et de revenuNote de bas de page 66. Cependant, le risque s’accroît chez les personnes qui ont des antécédents familiaux de maladie mentale, qui sont aux prises avec des problèmes de consommation d’alcool ou de drogues, qui sont atteintes de certaines maladies chroniques ou qui ont vécu des événements stressantsNote de bas de page 66. De plus, l’orientation sexuelle et les comportements sexuels se révèlent des marqueurs prédictifs importants de la maladie mentale chez les jeunes vulnérablesNote de bas de page 67.

Les troubles de l’humeur, comme la dépression, le trouble bipolaire, la manie ou la dysthymie, étaient les problèmes de santé mentale les plus souvent autodéclarés en 2010Note de bas de page 44, Note de bas de page 48. Au total, 6,9 % des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont indiqué avoir reçu un diagnostic de trouble de l’humeurNote de bas de page 44. De façon générale, le pourcentage de femmes (8,2 %) était supérieur à celui des hommes (5,0 %), et ce, peu importe le groupe d’âge (voir la figure 1.7)Note de bas de page 44. C’est toutefois chez les 55 à 64 ans que le taux de déclaration était le plus élevé (8,3 %)Note de bas de page 44. Le plus haut pourcentage s’observait chez les Autochtones vivant hors réserve (11,7 %), les femmes en plus grande proportion (14,2 %) que les hommes (8,9 %)Note de bas de page 44. Il est possible que le taux de maladie mentale soit sous-estimé au Canada étant donné qu’il existe de nombreux cas qui demeurent non diagnostiqués et que les cas de maladie grave n’ont pas été intégrés au tauxNote de bas de page 68.

Figure 1.7 Trouble de l’humeur autodéclaré selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, 2010Note de bas de page 44

Figure 1.7

Équivalent textuel - Figure 1.7

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Statistique Canada.

Causes de mortalité

En 2008, les cancers sont devenus la principale cause de mortalité au Canada (30 %), suivis des maladies de l’appareil circulatoire (29 %) et des maladies de l’appareil respiratoire (9 %) (voir la figure 1.8)Note de bas de page 69-Note de bas de page 88. D’ailleurs, les cancers constituent la principale cause de mortalité chez les hommes (31 %), tandis que les femmes meurent le plus souvent des suites de maladies de l’appareil circulatoire (30 %)Note de bas de page 69-Note de bas de page 88.

Figure 1.8 Nombre de décès selon certaines causes et le sexe, Canada, 2008Note de bas de page 69-Note de bas de page 88

Figure 1.8

Équivalent textuel - Figure 1.8

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide de la Base de données sur les décès (Statistique de l’état civil), Statistique Canada.

Les décès associés aux maladies de l’appareil circulatoire résultaient le plus souvent d’une cardiopathie ischémique (53 %), d’une maladie cérébrovasculaire (20 %) ou d’une maladie hypertensive (3 %)Note de bas de page 77. Tandis que la cardiopathie ischémique a causé plus de décès chez les hommes (56 %), davantage de femmes ont succombé à une maladie cérébrovasculaire (59 %) ou hypertensive (61 %) (voir la figure 1.8)Note de bas de page 77. Il existe d’autres causes de mortalité plus fréquentes chez un sexe que chez l’autre. En effet, les hommes comptaient pour près des deux tiers (64 %) des décès associés à une blessure ou à un empoisonnementNote de bas de page 87. Ils représentaient également près des trois quarts des décès associés aux agressions (79 %), aux suicides (75 %) et aux accidents de transport (72 %)Note de bas de page 87. Par contre, la proportion de femmes (68 %) ayant succombé à la maladie d’Alzheimer et autres démences était deux fois plus élevée que celle des hommesNote de bas de page 73, Note de bas de page 74.

Figure 1.9 Taux de mortalité normalisé en fonction de l’âge, selon le sexe et certaines causes, Canada, 2008Note de bas de page 28, Note de bas de page 70, Note de bas de page 73, Note de bas de page 74, Note de bas de page 77, Note de bas de page 78, Note de bas de page 87

Figure 1.9

Équivalent textuel - Figure 1.9

Figure 1.9 - Note en bas de page *
Taux pour 100 000 personnes

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des estimations et projections démographiques et de la Base de données sur les décès (Statistique de l’état civil), Statistique Canada.

Comme la répartition des hommes et des femmes diffère selon l’âge, le taux de mortalité normalisé en fonction de l’âge selon le sexe peut constituer un meilleur indicateur du risque de mortalité associé à différentes causes, en particulier dans les groupes plus âgés (voir la figure 1.9). Par exemple, si les décès associés à la cardiopathie ischémique survenaient seulement 12 % plus souvent chez les hommes que chez les femmes, le taux de mortalité normalisé en fonction de l’âge chez les hommes était deux fois plus élevé que chez les femmes (110 décès par rapport à 55 décès pour 100 000 personnes)Note de bas de page 28, Note de bas de page 77. Par ailleurs, bien que les femmes meurent plus souvent de maladies cérébrovasculaires que les hommes, étant donné qu’elles vivent plus longtemps et qu’elles succombent à ces maladies à un âge avancé, leur taux de mortalité normalisé en fonction de l’âge est inférieur à celui des hommes (27 décès par rapport à 31 décès pour 100 000 habitants)Note de bas de page 28, Note de bas de page 77. Pour ce qui est des décès qui surviennent en bas âge, lorsque le ratio homme-femme est un peu plus équilibré, les différences dans les taux de mortalité normalisés en fonction de l’âge et selon la cause reflètent davantage l’ampleur des écarts observés dans le nombre de décès, comme le montre la figure 1.9.

Sachant que le nombre de décès associés à une maladie ou à un problème de santé est important pour comprendre l’état de santé de la population canadienne, il est également important de savoir à quel âge surviennent ces décès. Les mesures du nombre d’années potentielles de vie perdues (APVP) en raison d’un décès prématuré donnent une meilleure idée des répercussions d’une maladie ou d’un problème sur la santé de la population. Par exemple, si un Canadien meurt du cancer à 45 ans, on peut estimer qu’il a potentiellement perdu 30 années de vie (si on suppose, sans exagérer, une espérance de vie à la naissance de 75 ans, comme on le fait couramment dans ce type de calcul).

Les décès prématurés attribuables aux cancers (1 530 années pour 100 000 personnes), aux maladies de l’appareil circulatoire (777 années pour 100 000 personnes) et aux blessures accidentelles (591 années pour 100 000 personnes) étaient responsables du plus grand nombre d’années de vie perdues en 2008Note de bas de page 89. Les taux d’années potentielles de vie perdues en raison de cancers et de maladies de l’appareil respiratoire étaient comparables chez les deux sexes, ceux attribuables aux maladies de l’appareil circulatoire, aux blessures accidentelles, aux suicides et aux blessures auto‑infligées ainsi qu’au VIH étaient au moins deux fois plus élevés chez les hommes que chez les femmes (voir la figure 1.10)Note de bas de page 89.

Figure 1.10 Années potentielles de vie perdues normalisées en fonction de l’âge, selon le sexe et certaines causes de mortalité, Canada, 2008Note de bas de page 89

Figure 1.10

Équivalent textuel - Figure 1.10

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide de la Base de données sur les décès (Statistique de l’état civil), Statistique Canada.

Les facteurs qui influent sur la santé

Des facteurs économiques et sociaux, comme le niveau de scolarité, l’emploi et le niveau de revenu, agissent directement sur la santéNote de bas de page 12, Note de bas de page 90. Bien que certains problèmes de santé soient liés au bagage génétique, les données montrent que les Canadiens qui ont accès à un logement adéquat, à un approvisionnement alimentaire sûr et sécuritaire, à une éducation ou à un emploi et qui gagnent un revenu suffisant pour répondre à leurs besoins fondamentaux adoptent généralement des comportements sains et jouissent d’une meilleure santé.

Règle générale, l’amélioration de l’un ou l’autre de ces facteurs peut entraîner des meilleurs comportements et résultats en matière de santé chez une personne, un groupe ou une population. Ces déterminants sociaux de la santé interagissent fortement pour influer sur la santé en général, et d’importantes similitudes et différences peuvent être observées pour ces déterminants selon le sexe.

Niveau de scolarité

Pour les années scolaires de 1990-1991 à 2010-2011, le pourcentage de Canadiens de 20 à 24 ans ayant terminé l’école secondaire s’est accru de 81 % à 90 %Note de bas de page 91. Cependant, le taux de décrochage était systématiquement plus élevé chez les hommes que chez les femmes, 89 % des hommes ayant terminé leurs études secondaires en 2010-2011 comparativement à 92 % des femmes (voir la figure 1.11)Note de bas de page 91. Au cours de l’année scolaire 2009-2010, 6 % des Canadiens de 20 à 24 ans nés à l’étranger n’ont pas terminé leurs études secondaires, une proportion inférieure à celle de la population canadienneNote de bas de page 92. À l’inverse, les jeunes autochtones de 20 à 24 ans vivant hors réserve présentaient les taux les plus élevés de décrochage au secondaire; entre 2007-2008 et 2009-2010, 26 % d’entre eux, en moyenne, ont abandonné leurs études secondaires, ce qui représentait plus du double du pourcentage observé dans la population non autochtoneNote de bas de page 92.

Figure 1.11 Taux de décrochage au secondaire selon le sexe, population âgée de 20 à 24 ans, Canada, de 1990-1991 à 2010-2011Note de bas de page 91

Figure 1.11

Équivalent textuel - Figure 1.11

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la population active, Statistique Canada.

Pour les années scolaires de 1990-1991 à 2010-2011, le taux de réussite des études postsecondaires est passé de 44 % à 68 % chez les Canadiens âgés de 25 à 34 ansNote de bas de page 91. Encore une fois, on peut constater des différences entre les hommes et les femmes. En effet, le pourcentage de femmes diplômées a connu une augmentation rapide entre 1990-1991 et 2010-2011, passant de 44 % à 72 %, tandis que, chez les hommes, il s’accroissait de façon modérée, allant de 45 % à 64 % au cours de la même périodeNote de bas de page 91.

En 2006, deux tiers (70 %) des Canadiens de 25 à 34 ans nés à l’étranger avaient terminé leurs études postsecondaires (72 % de femmes et 68 % d’hommes)Note de bas de page 93. Près de 42 % des Autochtones de ce même groupe d’âge (37 % de membres des Premières Nations, 34 % d’Inuits et 50 % de Métis) avaient terminé des études postsecondaires (diplôme, grade universitaire, certificat d’apprenti ou professionnel d’un collège, d’un cégep ou d’une université), et ce taux était plus élevé chez les femmes (45 %) que chez les hommes (38 %)Note de bas de page 94. Pendant la même année, 9 % des Canadiens de 25 à 34 ans avaient obtenu un diplôme d’études postsecondaires supérieur au baccalauréat, en comparaison de seulement 2 % des AutochtonesNote de bas de page 94.

Le pourcentage de personnes ayant terminé une formation d’apprentis inscrits a augmenté de 57 % entre 1991 et 2009. Le pourcentage de diplômés s’est accru de 49 % chez les hommes et de 176 % chez les femmesNote de bas de page 95. La hausse la plus importante chez les hommes a été constatée dans la formation pour devenir technicien ou spécialiste en aménagement paysager et en horticulture, conducteur d’équipement lourd, plombier, tuyauteur et monteur de conduites de vapeur, soudeur, coiffeur et esthéticienNote de bas de page 95. Chez les femmes, la plus grande augmentation était dans la formation pour devenir plombière, tuyauteuse et monteuse de conduites de vapeur, soudeuse, électricienne, menuisière et technicienne en électronique et en instrumentationNote de bas de page 95.

Emploi et conditions de travail

Le chômage, le stress et les environnements de travail non sécuritaires ont été associés à des problèmes de santéNote de bas de page 12, Note de bas de page 90. Les personnes qui peuvent modifier leurs conditions d’emploi et qui subissent moins de stress au travail ont tendance à jouir d’une meilleure santé et à vivre plus longtemps que celles qui occupent des emplois stressants ou dangereuxNote de bas de page 12, Note de bas de page 90.

Au cours du dernier siècle, le Canada, autrefois important fournisseur de produits agricoles et de matières premières, est devenu un pays industrialisé doté d’une économie robuste axée sur le secteur des services. En 1911, plus du tiers (37 %) de la population active occupée travaillait dans les domaines de l’agriculture, de la foresterie et des pêches, tandis qu’en 2006 ces industries offraient de l’emploi à seulement 3 % des travailleursNote de bas de page 96, Note de bas de page 97. De nos jours, le commerce de gros et de détail (15 %), les soins de santé et le soutien social (10 %) ainsi que les services éducatifs (7 %) constituent les principaux secteurs d’emploi au CanadaNote de bas de page 97.

En 2011, 14,2 % des jeunes canadiens âgés de 15 à 24 ans étaient chômeurs, et la proportion des hommes (15,9 %) différait nettement de celle des femmes (12,4 %) (voir la figure 1.12)Note de bas de page 98. Les immigrants récents de ce même groupe d’âge affichaient, quant à eux, un taux de chômage de 16,6 %, surpassant ainsi le taux national, tandis que les immigrants de longue date (plus de dix ans) présentaient un taux considérablement inférieur (7,8 %)Note de bas de page 99. En 2011, 6,2 % des Canadiens âgés de 25 à 54 ans étaient chômeurs, et on observait peu de différence entre les hommes (6,4 %) et les femmes (6,0 %) (voir la figure 1.12)Note de bas de page 98. Le taux de chômage des immigrants (8,4 %) était supérieur à la moyenne nationale, peu importe la date d’immigration (10,8 % chez les immigrants récents et 7,1 % chez les immigrants de longue date)Note de bas de page 99.

Figure 1.12 Taux de chômage selon le sexe et certains groupes d’âge, Canada, de 1990 à 2011Note de bas de page 98

Figure 1.12

Équivalent textuel - Figure 1.12

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la population active, Statistique Canada.

En 2006, le taux de chômage des Autochtones âgés de 15 à 24 ans (22 %) représentait presque le double du taux national, et le taux le plus élevé s’observait chez les Premières Nations (27 %) et les Inuits (26 %)Note de bas de page 100. Pendant la même période, le chômage chez les hommes et les femmes autochtones de 25 à 54 ans continuait d’être élevé, soit 14 % et 12 % respectivement.Note de bas de page 100. Les Inuits âgés de 25 à 54 ans affichaient le plus haut taux de chômage général (19 %), tandis que les Métis présentaient le taux le plus bas (8 %)Note de bas de page 100. Le plus haut taux de chômage s’observait chez les hommes inuits de 25 à 54 ans et s’établissait à 23 %Note de bas de page 100.

Des niveaux élevés de stress lié au travail augmentent les risques des blessures au travail, d’hypertension, de maladies cardiovasculaires, de dépression et d’autres problèmes de santé mentaleNote de bas de page 101-Note de bas de page 106. Certains comportements individuels, comme le tabagisme, la consommation d’alcool et la toxicomanie, peuvent aussi entraîner des problèmes de santé ou les augmenterNote de bas de page 101, Note de bas de page 104, Note de bas de page 106, Note de bas de page 107. En 2010, près du tiers (32 %) des travailleurs âgés de 30 à 54 ans ont déclaré vivre un stress relativement ou extrêmement intense lié au travail (31 % d’hommes et 34 % de femmes)Note de bas de page 44. Bien que les jeunes adultes présentaient aussi des taux relativement élevés de stress associé au travail, la proportion était plus élevée chez les jeunes femmes (28 %) que chez les jeunes hommes (24 %)Note de bas de page 44. Les personnes de 25 à 54 ans qui n’avaient pas terminé leurs études secondaires étaient celles qui déclaraient les taux les plus bas de stress lié au travail (27 %), tandis que les diplômés d’études postsecondaires de ce même groupe d’âge affichaient les taux les plus élevés (34 %)Note de bas de page 44.

D’après les données de l’Association des commissions des accidents du travail du Canada, près de 250 000 blessures occasionnant des pertes de temps au travail ont été enregistrées en 2010Note de bas de page 108. La plupart de ces blessures (63 %) sont survenues chez les hommes, et plus du tiers (34 %) se sont produites dans les secteurs de la fabrication, de la construction et du transport et de l’entreposageNote de bas de page 108. Toujours en 2010, on a rapporté plus de 1 000 décès en milieu de travail, la plupart (96 %) chez les hommesNote de bas de page 108. Plus de la moitié (57 %) de ces décès concernaient des travailleurs de 60 ans et plus, et plus de la moitié (56 %) ont eu lieu dans les secteurs de la fabrication, de la construction et du transport et de l’entreposage, secteurs qui emploient 19 % (2 895 900 hommes et 377 200 femmes) de la main-d’œuvre canadienne (estimée à 17 041 000 travailleurs) en 2010Note de bas de page 108, Note de bas de page 109.

Revenu

Les Canadiens ont connu au fil des années une hausse générale de leur revenu personnel (indexé en fonction de l’inflation), mais ces augmentations n’ont pas été uniformes pour tous. En effet, l’écart entre les revenus les plus élevés et les revenus les plus bas s’est agrandi de façon considérable de 1976 à 2009 (voir la figure 1.13)Note de bas de page 110. L’écart persiste également entre le revenu médian des Autochtones et des Canadiens nés à l’étranger et celui de la population totale. En 2005, le revenu médian des Autochtones âgés de 25 à 54 ans se situait tout juste au-dessus de 22 000 $, celui des Canadiens nés à l’étranger était légèrement au-dessus de 27 000 $ et celui de la population totale s’élevait à plus de 33 000 $Note de bas de page 111, Note de bas de page 112. Même si le revenu médian des hommes autochtones (25 000 $) ou des hommes nés à l’étranger (34 000 $) était inférieur à celui de l’ensemble de la population canadienne, il surpassait celui des femmes autochtones (20 000 $) ou des femmes nées à l’étranger (23 000 $)Note de bas de page 111, Note de bas de page 112.

Figure 1.13 Revenu moyen (après impôt) des familles économiques (deux personnes ou plus), en dollars constants de 2010, Canada, de 1976 à 2009Note de bas de page 110

Figure 1.13

Équivalent textuel - Figure 1.13

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu, Statistique Canada.

Bien que les femmes soient plus souvent en situation de faible revenu que les hommes, la différence s’est dissipée au fil des années. À partir de 2009, le taux de faible revenu était de 9,5 %, aussi bien chez les hommes que chez les femmes (voir la figure 1.14)Note de bas de page 113. Après avoir atteint un sommet de 18,4 % en 1996, le pourcentage d’enfants de moins de 18 ans vivant dans un ménage à faible revenu a chuté à 9,4 % en 2009Note de bas de page 113. Le taux était plus du double (21,5 %) chez les enfants des familles monoparentales dirigées par une femmeNote de bas de page 113. Le taux de faible revenu chez les aînés au Canada a connu une diminution considérable, passant de 30,4 % en 1977 (25,0 % chez les hommes et 34,7 % chez les femmes) à 5,1 % en 2009 (3,3 % chez les hommes et 6,6 % chez les femmes)Note de bas de page 113. Par ailleurs, en 2005, 18,7 % des Autochtones et 14,4 % des personnes nées à l’étranger vivaient dans un ménage à faible revenuNote de bas de page 111, Note de bas de page 112.

Figure 1.14 Pourcentage de personnes à faible revenu selon le sexe, Canada, de 1976 à 2009Note de bas de page 113

Figure 1.14

Équivalent textuel - Figure 1.14

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la dynamique du travail et du revenu, Statistique Canada.

Comportements liés à la santé

Certains comportements individuels, comme l’activité physique et la saine alimentation, sont favorables à une bonne santé, tandis que d’autres, comme le tabagisme, la consommation abusive d’alcool et de drogues et l’inactivité, peuvent avoir des conséquences néfastes sur la santé. En définitive, les comportements en matière de santé sont des choix individuels. Cependant, ces choix sont influencés par les milieux physique, social et économique où l’on vit, travaille et apprendNote de bas de page 114, Note de bas de page 115.

Tabagisme

Les effets du tabagisme sur la santé et le bien-être sont bien connus. Le tabagisme augmente les risques de cancer du poumon, de cardiopathie et d’accident vasculaire cérébralNote de bas de page 116-Note de bas de page 118. Il peut également diminuer l’efficacité de certaines thérapies et des médicaments, y compris les antidépresseursNote de bas de page 119-Note de bas de page 121. Bien que le taux de tabagisme ait diminué depuis 1999, en 2010, 17 % des Canadiens âgés de 15 ans et plus ont déclaré fumer (14 % chez les femmes et 20 % chez les hommes)Note de bas de page 122-Note de bas de page 133. On remarque que la proportion déclarée de fumeurs est systématiquement plus élevée chez les hommes que chez les femmes et que, de tous les groupes d’âge, ce sont les jeunes adultes âgés de 20 à 29 ans qui ont déclaré le taux de tabagisme le plus élevé au Canada (voir la figure 1.15)Note de bas de page 134-Note de bas de page 145. En 2010, 22 % des jeunes adultes étaient fumeurs, les taux étant plus élevés chez les jeunes hommes (28 %) que chez les jeunes femmes (17 %)Note de bas de page 134.

Figure 1.15 Pourcentage de fumeurs selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, 1999 et 2010Note de bas de page 134, Note de bas de page 135

Figure 1.15

Équivalent textuel - Figure 1.15

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête de surveillance de l’usage du tabac au Canada, Santé Canada.

Certaines sous-populations présentent des taux de tabagisme plus élevés que la moyenne de la population canadienne. En 2006, 19 % des Canadiens fumaient de façon quotidienne ou occasionnelle, alors que c’était le cas de 39 % des Métis, 46 % des membres des Premières Nations vivant hors réserve et 68 % des InuitsNote de bas de page 59, Note de bas de page 142. De tous les groupes autochtones, c’étaient les femmes inuites qui affichaient le plus haut taux de tabagisme, soit 71 %Note de bas de page 59. En 2008-2010, 57 % des membres des Premières Nations vivant dans une réserve se considéraient comme fumeurs quotidiens ou occasionnelsNote de bas de page 146.

On peut constater que la prévalence du tabagisme varie selon le niveau de scolarité. En 2010, la proportion de fumeurs était deux fois plus élevée chez les jeunes de 25 ans et plus qui n’avaient pas terminé leurs études secondaires (24 %) que chez les diplômés d’études postsecondaires (12 %)Note de bas de page 134.

Consommation d’alcool

L’alcool constitue la substance psychoactive la plus consommée au CanadaNote de bas de page 147. L’intoxication par l’alcool peut mener à divers risques, y compris des effets nocifs sur la santé physique et mentale, les relations interpersonnelles, l’éducation et le travailNote de bas de page 147-Note de bas de page 151. Dans les cas extrêmes, elle peut même entraîner la mortNote de bas de page 147-Note de bas de page 151.

En 2010, 77 % des Canadiens âgés de 15 ans et plus avaient consommé de l’alcool dans la dernière année et près de la moitié (47 %) de ceux qui buvaient l’ont fait au moins une fois par semaine (54 % d’hommes et 40 % de femmes)Note de bas de page 152. Parmi les buveurs, 9 % (10 % d’hommes et 6 % de femmes) avaient consommé, dans la dernière année, cinq verres d’alcool ou plus au moins une fois par semaineNote de bas de page 152. La consommation fréquente de grandes quantités d’alcool, en particulier sur une courte période, peut entraîner un manque de jugement, des comportements impulsifs et une intoxication alcooliqueNote de bas de page 153. De tous les groupes d’âge, ce sont les hommes, et surtout les jeunes hommes, qui sont les plus portés à avoir une forte consommation d’alcool fréquente, c’est-à-dire cinq verres ou plus en une seule occasion, au moins une fois par semaine (voir la figure 1.16)Note de bas de page 152. On a aussi noté une corrélation entre les excès d’alcool et le niveau de scolarité. De fait, en 2010, 13 % des personnes de 25 ans et plus qui n’avaient pas terminé leurs études secondaires ont déclaré une forte consommation d’alcool fréquente, un taux plus de deux fois supérieur à celui des diplômés d’études postsecondaires (6 %)Note de bas de page 152.

Figure 1.16 Forte consommation d’alcool fréquenteFigure 1.16 - Note en bas de page * selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, 2010Note de bas de page 152

Figure 1.16

Équivalent textuel - Figure 1.16

Figure 1.16 - Note en bas de page *
Cinq verres d’alcool ou plus en une même occasion, au moins une fois par semaine

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête de surveillance canadienne de la consommation d’alcool et de drogues, Santé Canada.

En 2006, 78 % des Autochtones âgés de 15 ans et plus avaient consommé de l’alcool dans la dernière année et 39 % d’entre eux en avaient consommé au moins une fois par semaine (48 % d’hommes et 32 % de femmes)Note de bas de page 59. De ce groupe, 10 % avaient pris cinq verres d’alcool ou plus, au moins une fois par semaine dans la dernière année (15 % d’hommes et 6 % de femmes)Note de bas de page 59. Selon les données de l’Enquête régionale longitudinale sur la santé des Premières Nations de 2002-2003, 66 % des membres des Premières Nations âgés de 18 ans et plus et vivant dans une réserve avaient consommé de l’alcool et 18 % d’entre eux avaient bu au moins une fois par semaine (23 % d’hommes et 12 % de femmes)Note de bas de page 154. Dans l’ensemble, 9 % des membres des Premières Nations vivant dans une réserve ont indiqué avoir consommé cinq verres d’alcool ou plus en une seule occasion plus d’une fois par semaine (11 % d’hommes et 5 % de femmes)Note de bas de page 154.

En 2002, il y a eu 1,2 million de jours d’hospitalisation en soins actifs pour des troubles liés à l’alcool, dont les deux tiers concernaient des hommes. Cette même année, on estimait que l’alcool avait causé 4 258 décès (82 % d’hommes), dont 1 246 étaient attribuables à une cirrhose du foie (882 hommes et 364 femmes), 909 à des accidents de véhicules motorisés (746 hommes et 163 femmes) et 603 à des suicides (493 hommes et 109 femmes)Note de bas de page 155.

Consommation de drogues

Les effets à court et à long terme de la consommation de drogues illicites varient. Par exemple, le cannabis peut, à court terme, augmenter le rythme cardiaque et faire baisser la tension artérielleNote de bas de page 156-Note de bas de page 158. Il peut aussi nuire à la concentration, diminuer la perception de la profondeur, augmenter le temps de réaction et, par conséquent, avoir une incidence sur la capacité de conduire, entre autres chosesNote de bas de page 156-Note de bas de page 158. À long terme, la consommation de cannabis peut provoquer une détresse respiratoire, accroître le risque de cancer et occasionner des problèmes de mémoire et de traitement de l’informationNote de bas de page 156-Note de bas de page 158. D’autres drogues illicites, comme la cocaïne, les hallucinogènes et l’ecstasy, peuvent entraîner des problèmes sociaux ou des troubles de santé, y compris des crises de panique, de la paranoïa et des comportements dangereux ou violents. Elles peuvent également provoquer des réactions physiques, comme des convulsions et une augmentation de la tension artérielleNote de bas de page 159-Note de bas de page 162. À plus long terme, certaines substances peuvent causer des psychoses, altérer les fonctions cérébrales causant des troubles de mémoire et endommager les poumons et les tissus de la paroi nasaleNote de bas de page 159-Note de bas de page 162. Le mauvais usage des drogues illicites, leur consommation abusive et la dépendance qu’elles suscitent peuvent nuire à la réussite scolaire, perturber le rendement au travail et, dans les cas extrêmes, causer la mortNote de bas de page 159-Note de bas de page 162.

Le cannabis était la drogue la plus consommée au Canada en 2010Note de bas de page 163. Chez les 15 ans et plus, un Canadien sur dix (15 % d’hommes et 7 % de femmes) a déclaré avoir fait usage de cannabis dans la dernière annéeNote de bas de page 163. Au Canada, on trouve les plus hauts taux de consommation de cannabis chez les jeunes et les jeunes adultes âgés de 15 à 29 ans, et son usage est plus répandu chez les hommes, peu importe l’âge (voir la figure 1.17)Note de bas de page 152. On remarque des variations dans les taux de consommation de cannabis selon le niveau de scolarité. Les hallucinogènes (1,1 %), l’ecstasy (0,7 %) ainsi que le crack et la cocaïne (0,7 %) étaient, mis à part le cannabis, les drogues illégales les plus consomméesNote de bas de page 163.

Figure 1.17 Consommation de cannabis dans les 12 derniers mois selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, 2010Note de bas de page 152

Figure 1.17

Équivalent textuel - Figure 1.17

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête de surveillance canadienne de la consommation d’alcool et de drogues, Santé Canada.

Certains produits pharmaceutiques prescrits pour usage thérapeutique, y compris les analgésiques opioïdes, les stimulants, les tranquillisants et les sédatifs, peuvent faire l’objet d’un abus en raison de leurs propriétés psychoactivesNote de bas de page 147. En 2010, 1 % des personnes ayant consommé des substances psychoactives ne l’ont pas fait à des fins thérapeutiquesNote de bas de page 147.

Santé sexuelle

Au Canada, les taux de fécondité par âge ont connu d’importants changements au cours des 50 dernières années (voir la figure 1.18)Note de bas de page 164-Note de bas de page 166. Le nombre de naissances est toutefois demeuré relativement stable, c’est-à-dire plus de 370 000 naissances par annéeNote de bas de page 165-Note de bas de page 167. Le taux de fécondité actuel, établi à 1,7 enfant par femme âgée de 15 à 49 ans, a peu changé depuis le milieu des années 1970, mais il a tout de même diminué de plus de la moitié par rapport au taux de 1960Note de bas de page 164, Note de bas de page 165. Bien que cette tendance s’observe également chez les femmes autochtones au Canada, le taux moyen de fécondité enregistré entre 1996 et 2001 était de 2,6 enfants par femme autochtone âgée de 15 à 49 ans (3,4 enfants par femme inuite, 2,9 enfants par femme des Premières Nations et 2,2 par femme métisse), ce qui est nettement supérieur à la moyenne canadienneNote de bas de page 164, Note de bas de page 168.

Figure 1.18 Taux de fécondité par âge, selon certains groupes d’âge, Canada, de 1960 à 2009Note de bas de page 164-Note de bas de page 166

Figure 1.18

Équivalent textuel - Figure 1.18

Remarque : Terre-Neuve n’apparaît pas dans les statistiques de 1960; il n’existe pas de données pour 1998 et 1999.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide de la Base de données sur les naissances (Statistique de l’état civil), Statistique Canada.

En 2010, 29 % des jeunes canadiens âgés de 15 à 17 ans ont déclaré avoir eu des relations sexuelles (28 % de garçons et 30 % de filles)Note de bas de page 44. Bien que la population née à l’étranger affiche un taux considérablement plus bas (13 %), les taux déclarés chez les Autochtones vivant hors réserve en 2010 et chez les membres des Premières Nations vivant dans une réserve en 2008-2010 étaient considérablement plus élevés (43 % et 47 % respectivement)Note de bas de page 44, Note de bas de page 146. Chez les 18 à 49 ans, 94 % ont déclaré être sexuellement actifs, ce qui est comparable aux taux observés en 2008-2010 chez les immigrants nés à l’étranger (91 %) ainsi que chez les Autochtones vivant hors réserve (96 %) et les membres des Premières Nations âgés de 18 ans et plus vivant dans une réserve (72 %)Note de bas de page 44, Note de bas de page 146.

Au cours des 15 dernières années, les taux d’infections transmissibles sexuellement (ITS) officiellement déclarés dans le Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire ont augmenté dans la population canadienneNote de bas de page 169-Note de bas de page 171. Les ITS non traitées, qu’elles soient symptomatiques ou non, peuvent avoir des effets de longue durée sur la santé. Elles peuvent entraîner des complications telles que l’atteinte inflammatoire pelvienne, l’infertilité, les grossesses ectopiques, les fausses couches, les bébés de faible poids à la naissance et les verrues génitalesNote de bas de page 172, Note de bas de page 173. Elles sont également associées à divers types de cancer, y compris les cancers du col de l’utérus, de l’anus et du pénisNote de bas de page 172, Note de bas de page 173.

Le Système canadien de surveillance des maladies à déclaration obligatoire permet de faire un suivi des cas déclarés d’infections transmissibles sexuellement (ITS). Cependant, le nombre de cas déclarés et les taux calculés grâce à ce système ne tiennent pas compte de tous les cas d’infections dans la population. Bien souvent, les personnes infectées ne présentent aucun symptôme et, par conséquent, ne sont généralement pas testéesNote de bas de page 174.

Figure 1.19 Taux d’infections transmissibles sexuellement selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, 2009Note de bas de page 169-Note de bas de page 171

Figure 1.19

Équivalent textuel - Figure 1.19

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de surveillance et d’épidémiologie sur les infections transmissibles sexuellement.

En 2009, les jeunes femmes de 20 à 24 ans affichaient le plus haut taux de chlamydia déclaré, qui équivalait à plus de sept fois le taux national et à plus de cinq fois le taux enregistré chez l’ensemble des femmes (voir la figure 1.19)Note de bas de page 169. Du côté des hommes, les jeunes de 20 à 24 ans présentaient les plus hauts taux de chlamydia déclarés, même s’ils affichaient un taux d’infection correspondant à la moitié de celui observé chez les femmes du même groupe d’âgeNote de bas de page 169.

En 2009, on trouvait les plus hauts taux d’infections gonococciques déclarés chez les 20 à 24 ans, tous sexes confondus (voir la figure 1.19)Note de bas de page 171. Dans le groupe des 15 à 19 ans, le taux enregistré chez les jeunes filles représentait plus du double de celui des garçons. À partir de 25 ans, les infections gonococciques étaient plus fréquentes chez les hommes que chez les femmesNote de bas de page 171.

Contrairement à la chlamydia et à la gonorrhée, les taux déclarés de syphilis infectieuse en 2009 étaient plus élevés chez les hommes que chez les femmes dans tous les groupes d’âge (voir la figure 1.19)Note de bas de page 170. Les jeunes hommes de 25 à 29 ans avaient le taux déclaré le plus élevé (17,6 cas pour 100 000 personnes)Note de bas de page 170. Les femmes, quant à elles, présentaient des taux déclarés d’infection beaucoup plus faibles. En effet, le plus haut taux enregistré était de 3,4 cas pour 100 000 personnes, et ce, tant chez les 20 à 24 ans que chez les 25 à 29 ansNote de bas de page 170.

À la fin de 2008, on estimait à 65 000 le nombre de personnes atteintes du VIHNote de bas de page 175, Note de bas de page 176. De tous les nouveaux cas déclarés en 2008, près des trois quarts (74 %) ont été diagnostiqués chez les hommes, et en particulier chez les 40 à 49 ans (32 %)Note de bas de page 176. Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes demeuraient le groupe le plus touché (45 % des cas)Note de bas de page 175, Note de bas de page 176. Les femmes représentaient une proportion croissante de toutes les personnes déclarées positives au Canada et comptaient pour 26 % de tous les nouveaux cas enregistrés en 2008Note de bas de page 175, Note de bas de page 176. Les femmes âgées de 30 à 39 ans représentaient 35 % de tous les cas d’infection déclarés chez les femmesNote de bas de page 176. Notons que les contacts hétérosexuels et l’utilisation de drogues injectables constituent, pour les femmes, les deux principaux facteurs de risque d’infection à VIHNote de bas de page 175, Note de bas de page 176.

Les Autochtones au Canada, et en particulier les femmes autochtones, sont touchés de façon disproportionnée par le VIH. En 2008, la population autochtone représentait 13 % de tous les nouveaux cas d’infection, un taux 3,6 fois supérieur à celui de la population non autochtoneNote de bas de page 175. De 1998 à 2008, les femmes constituaient à elles seules près de la moitié de tous les cas déclarés de VIH dans la population autochtone, comparativement à 21 % chez les non-AutochtonesNote de bas de page 175.

Même s’il est communément admis que les ITS touchent généralement les plus jeunes, les Canadiens plus âgés sont également à risque. On constate, en effet, une augmentation de la prévalence des nouvelles infections chez les 40 ans et plusNote de bas de page 169-Note de bas de page 171, Note de bas de page 175-Note de bas de page 177. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce risque accru, notamment le manque de connaissances au sujet des modes de transmission, le nombre croissant de divorces, l’utilisation de médicaments contre la dysfonction érectile et les conceptions erronées à propos de la sexualité des adultes d’âge moyen et avancé parmi les professionnels de la santé et les décideursNote de bas de page 175, Note de bas de page 178-Note de bas de page 183.

Au Canada, le virus du papillome humain (VPH) ne constitue pas une ITS à déclaration obligatoire, mais la majorité des Canadiens actifs sexuellement (estimée à plus de 70 %) le contracteront à un moment ou à un autre de leur vieNote de bas de page 173. Si la plupart des cas sont asymptomatiques et ne nécessitent aucun traitement, les infections persistantes de certains types de VPH augmentent les risques de verrues anales et génitales et de cancers de l’anus, du col de l’utérus ou du pénisNote de bas de page 173.

Activité physique et saine alimentation

Si de nombreux facteurs peuvent influer sur la santé d’une personne, les études montrent que les personnes physiquement actives présentent le moins de risque de développer des problèmes de santéNote de bas de page 184, Note de bas de page 185. L’inactivité physique constitue un facteur de risque modifiable pour un grand nombre de maladies chroniques, y compris les cardiopathies coronariennes, les accidents vasculaires cérébraux, l’hypertension, le cancer du côlon, le cancer du sein, le diabète de type 2 et l’ostéoporoseNote de bas de page 184, Note de bas de page 186, Note de bas de page 187.

Pour maximiser les bienfaits de l’activité physique, les directives de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et du Canada recommandent aux adultes de faire chaque semaine au moins 150 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevéeNote de bas de page 187-Note de bas de page 189. Selon l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé 2007-2009, seulement 17 % des hommes et 14 % des femmes ont atteint cet objectif, et la plupart des adultes de 20 à 79 ans (68 % d’hommes et 69 % de femmes) restaient inactifs pendant la majeure partie de leur temps d’éveilNote de bas de page 187.

L’Enquête canadienne sur les mesures de la santé 2007-2009 visait également les jeunes âgés de 6 à 19 ans. Comme c’était le cas chez les adultes, la plupart des enfants (60 % de garçons et 63 % de filles) ont consacré la majeure partie de leur temps d’éveil à des activités sédentairesNote de bas de page 190. Les directives de l’OMS et du Canada recommandent aux enfants et aux adolescents de faire chaque jour au moins 60 minutes d’activité physique d’intensité modérée à élevéeNote de bas de page 188-Note de bas de page 190. Si seulement 7 % des enfants (9 % de garçons et 4 % de filles) ont respecté ces lignes directrices, 44 % (53 % de garçons et 35 % de filles) ont fait au moins une heure d’activité physique d’intensité modérée à élevée un minimum de trois fois par semaineNote de bas de page 190.

Les types d’aliments consommés ainsi que leur qualité et leur quantité peuvent également avoir des répercussions sur la santéNote de bas de page 191, Note de bas de page 192. Cependant, la consommation d’aliments nutritifs dépend également de l’accessibilité et de la disponibilitéNote de bas de page 191-Note de bas de page 194. Une saine alimentation repose sur la sécurité alimentaire, c’est-à‑dire la possibilité physique et économique de se procurer une quantité suffisante de nourriture salubre et nutritive pour répondre à ses besoins et à ses préférences alimentaires et mener une vie saine et activeNote de bas de page 195, Note de bas de page 196.

En 2010, 8 % des ménages canadiens (excluant l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick) ont déclaré avoir vécu une insécurité alimentaire de modérée à grave au cours de la dernière annéeNote de bas de page 44. Dans les provinces canadiennes, on a constaté qu’un lien pouvait être établi entre la variation du revenu et l’insécurité alimentaire. En effet, 23 % des ménages appartenant au quintile du revenu le plus bas ont indiqué avoir vécu en situation d’insécurité alimentaire, alors que c’était le cas de seulement 1 % des ménages du quintile de revenu le plus élevéNote de bas de page 44. Par ailleurs, la prévalence de l’insécurité alimentaire était plus importante dans les ménages où le niveau de scolarité était le plus faible (études secondaires non terminées) (14 %) que dans les ménages ayant un niveau de scolarité le plus élevé (études postsecondaires terminées) (6 %)Note de bas de page 44, Note de bas de page 196. D’autres obstacles à une saine alimentation subsistent dans les régions nordiques et éloignées, notamment en raison de l’offre d’aliments rapides, bon marché et à faible valeur nutritiveNote de bas de page 197-Note de bas de page 199. Les choix alimentaires sont plus restreints dans ces collectivités, et les aliments santé sont souvent plus chers que dans les régions plus populeuses du paysNote de bas de page 197-Note de bas de page 199. Selon l’Enquête sur la santé des Inuits de 2007‑2008, environ 70 % des ménages au Nunavut ont connu une insécurité alimentaire de modérée à grave dans la dernière annéeNote de bas de page 197, Note de bas de page 200.

Une alimentation moins saine (y compris la surconsommation), combinée à un manque d’activité physique, peut mener à une augmentation pondéraleNote de bas de page 191, Note de bas de page 201. L’obésité constitue d’ailleurs un facteur de risque pour de nombreux problèmes de santé chroniques, y compris l’hypertension, le diabète de type 2, les troubles de la vésicule biliaire, les maladies coronariennes, l’arthrose et certains types de cancer. L’obésité constitue un important problème de santé au CanadaNote de bas de page 191. L’indice de masse corporelle (IMC) est une mesure courante, calculée à partir du poids et de la taille, et qui sert à déterminer le poids santé et les poids malsains (pour une répartition détaillée des IMC, voir l’annexe B : Seuils d’indice de masse corporelle). Bien que l’IMC fournisse une mesure adéquate pour certains segments de la population, il pourrait ne pas indiquer les taux exacts d’embonpoint et d’obésité à l’échelle nationaleNote de bas de page 202-Note de bas de page 206. Cela dit, l’IMC demeure la mesure la plus couramment utilisée pour estimer l’embonpoint et l’obésitéNote de bas de page 207.

En 2007-2009, 24 % des adultes canadiens étaient obèses et 37 % faisaient de l’embonpoint, selon les mesures réelles de leur poids et de leur tailleNote de bas de page 208. C’est une augmentation considérable par rapport à 1978-1979, où 12 % des adultes étaient obèses et 32 % faisaient de l’embonpointNote de bas de page 209. Les problèmes d’obésité ne sont toutefois pas exclusifs aux adultes; à partir des mesures réelles de taille et de poids des enfants de 6 à 17 ans, on a établi qu’en 2007-2009 10 % des enfants étaient obèses et 18 % faisaient de l’embonpointNote de bas de page 208. Là encore, il s’agit d’une augmentation substantielle par rapport à 1978-1979, où le taux d’obésité s’élevait à 4 %, et le taux d’embonpoint, à 14 %Note de bas de page 209. Tant chez les adultes que chez les enfants, la proportion d’hommes présentant des signes d’embonpoint ou d’obésité surpassait celle des femmes (voir la figure 1.20)Note de bas de page 208. On remarque également que le taux d’obésité des adultes varie en fonction du revenu, mais cette corrélation semble agir différemment chez les hommes et les femmes. S’il semble exister une relation inverse entre le revenu et l’obésité chez les femmes (c’est-à‑dire que le taux d’obésité diminue à mesure que le revenu augmente), cette tendance n’est pas aussi nette chez les hommesNote de bas de page 191.

Figure 1.20 Indice de masse corporelle selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, 2007-2009Note de bas de page 208

Figure 1.20

Équivalent textuel - Figure 1.20

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête canadienne sur les mesures de la santé, Statistique Canada.

Selon les données autodéclarées de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2010, les immigrants vivant au Canada depuis plus de dix ans présentaient des taux d’embonpoint et d’obésité équivalant à la moyenne nationale (53 %), alors que les nouveaux immigrants affichaient des taux beaucoup plus bas (39 %)Note de bas de page 44. À partir des mesures de taille et de poids fournies par les Autochtones vivant hors réserve, on a établi que 66 % des adultes de 20 ans et plus et 40 % des enfants et des jeunes montraient des signes d’embonpoint ou d’obésitéNote de bas de page 44. Par ailleurs, selon les résultats préliminaires de l’Enquête régionale longitudinale sur la santé menée en 2008-2010 auprès des Premières Nations vivant dans les réserves ou dans les régions nordiques, 62 % des enfants (de 3 à 11 ans), 43 % des jeunes (de 12 à 17 ans) et 75 % des adultes (de 18 ans et plus) faisaient de l’embonpoint ou étaient obèses, d’après les mesures de taille et de poids autodéclaréesNote de bas de page 146.

Accès aux soins primaires

L’accès aux soins primaires est essentiel à une bonne santé. En 2010, environ 85 % des Canadiens ont déclaré avoir un médecin régulier (89 % de femmes et 81 % d’hommes)Note de bas de page 45. Malgré ce fait, ils ne consultent pas nécessairement leur médecin chaque année. Les nouveaux immigrants étaient, de tous les groupes, ceux qui ont déclaré les plus faibles taux de consultation d’un médecin ou d’un omnipraticien (76 % de femmes et 59 % d’hommes), tandis que les immigrants établis au Canada depuis plus de dix ans présentaient les taux de consultation les plus élevés (86 % de femmes et 80 % d’hommes)Note de bas de page 44. Qu’elles aient ou non accès à un médecin régulier, plus de femmes (83 %) que d’hommes (72 %) ont déclaré consulter un médecin (voir la figure 1.21)Note de bas de page 44.

Figure 1.21 Consultation d’un médecin selon le sexe et l’origine, Canada, 2010Note de bas de page 44

Figure 1.21

Équivalent textuel - Figure 1.21

Remarque :

*
Immigrants vivant au Canada depuis dix ans ou moins.
Immigrants vivant au Canada depuis plus de dix ans.

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Statistique Canada.

Outre le système de santé public, les Canadiens ont accès à de nombreuses mesures de prévention des maladies et de promotion de la santé, telles que les programmes de vaccination. En effet, toutes les provinces et tous les territoires ont instauré leur propre stratégie d’immunisation subventionnée par l’ÉtatNote de bas de page 210. Les taux de maladies infectieuses évitables par vaccination sont à peu près nuls au Canada, car la majorité des enfants ont été immunisés contre une gamme de maladies potentiellement graves. En 2009, près de 92 % des enfants de deux ans avaient été vaccinés contre la rougeole, les oreillons et la rubéole, 77 % contre la diphtérie, la coqueluche et le tétanos, et 83 % contre la polioNote de bas de page 211.

La couverture vaccinale se situe bien en deçà de l’objectif dans le cas de plusieurs maladies évitables. Les faibles taux de couverture pourraient être attribuables aux facteurs suivants : divers obstacles à la sensibilisation et à l’accès, qui peuvent entraîner des retards dans la vaccination; différents programmes de vaccination provinciaux et territoriaux pour certains vaccins à l’échelle du pays; différentes normes culturelles et croyances personnellesNote de bas de page 210, Note de bas de page 212. Au Canada, la vaccination est une responsabilité que se partagent les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriauxNote de bas de page 213. Le gouvernement fédéral est responsable d’approuver les vaccins, et de les réglementer, d’en surveiller l’innocuité et de fournir des recommandations concernant leur utilisation en s’appuyant sur des données probantesNote de bas de page 213, Note de bas de page 214. Les gouvernements provinciaux et territoriaux, pour leur part, s’occupent de financer, planifier et mettre en œuvre les programmes de vaccination dans leurs administrations respectivesNote de bas de page 213. Étant donné l’absence de mécanisme systématique ou de registre national d’immunisation qui permettrait de rassembler des dossiers de vaccination de façon uniforme, l’Agence de la santé publique du Canada a travaillé avec les provinces et les territoires à élaborer des normes concernant les rapports sur la couverture vaccinale et les enquêtes pour estimer la couverture vaccinale à l’échelle nationaleNote de bas de page 210, Note de bas de page 215.

En 2010, 72 % des Canadiens ont indiqué s’être fait vacciner contre la grippe dans les deux dernières annéesNote de bas de page 44. Le taux de vaccination contre la grippe saisonnière variait selon le groupe d’âge, mais c’était chez les aînés qu’on trouvait le taux le plus élevé (91 %)Note de bas de page 44. Quant aux personnes atteintes d’une maladie chronique, 81 % avaient été vaccinées dans les deux dernières annéesNote de bas de page 44. Enfin, le taux de vaccination contre la grippe saisonnière s’établissait à 67 % chez les Autochtones et à 74 % chez les personnes nées à l’étrangerNote de bas de page 44.

L’accès aux services de santé non assurés, comme les soins dentaires et les soins de la vue, constitue également un élément important d’une bonne santé. En 2010, 82 % des Canadiens ont indiqué avoir consulté un dentiste au cours des deux dernières années, mais ce pourcentage diminuait avec l’âge (voir la figure 1.22)Note de bas de page 44. Par ailleurs, 64 % des Canadiens ont déclaré avoir consulté un professionnel des soins de la vue dans les deux dernières années et, contrairement aux visites chez le dentiste, ce taux augmentait avec l’âge (voir la figure 1.22)Note de bas de page 44. La proportion de femmes qui ont visité un dentiste (83 %) ou un professionnel des soins de la vue (68 %) était supérieure à celle des hommes (81 % et 59 % respectivement)Note de bas de page 44.

Figure 1.22 Consultation d’un dentiste et d’un professionnel des soins de la vue au cours des 24 derniers mois selon le sexe et le groupe d’âge, Canada, 2010Note de bas de page 44

Figure 1.22

Équivalent textuel - Figure 1.22

Source : Agence de la santé publique du Canada, à l’aide des données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, Statistique Canada.

Résumé

Bien que, dans l’ensemble, la santé de la population canadienne soit considérée comme très bonne, un examen approfondi des taux de mortalité, de maladie et d’incapacité montre qu’il n’est pas donné à tous les Canadiens de vivre en santé et de jouir d’une bonne qualité de vie. De nombreux facteurs ont une influence sur la santé, y compris le vieillissement de la population, l’augmentation des taux de survie à des affections potentiellement mortelles et la modification des choix personnels en matière d’alimentation, d’activité physique, de tabagisme et de consommation d’alcool. Mais d’autres facteurs entrent aussi en jeu. Les faits montrent que le niveau de revenu, le niveau de scolarité, l’emploi et les conditions de travail peuvent également avoir une incidence sur les comportements et les résultats en matière de santé. Le chapitre suivant porte sur les concepts de sexe et de genre ainsi que sur leurs liens avec les comportements et les résultats en matière de santé, directement et par l’entremise des déterminants de la santé. De plus, on y aborde brièvement l’analyse comparative fondée sur le sexe et le genre afin de mesurer l’incidence de ces deux facteurs sur la santé.

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