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Au sujet du PICRA

Élaboration du système

Les responsables de Santé Canada ont été d’accord pour souligner la nécessité de créer un système intégré national de surveillance visant à documenter l’ampleur et la variation de l’apparition de la résistance aux antimicrobiens, tant sur le plan géographique que temporel, laquelle est liée aux variations quant à l’emploi des antimicrobiens et à d’autres facteurs. L’information générée, rapidement accessible, est vitale pour l’élaboration de stratégies appropriées de gestion des risques et pour la prise de décisions éclairées en matière de politiques et de règlements.

La mise au point d’un programme intégré de surveillance à l’échelle nationale a été guidée par un effort concerté. Ainsi, le Laboratoire de lutte contre les zoonoses d’origine alimentaire (LLZOA) et la Division des infections d’origine hydrique, alimentaire et zoonotique (DIHAZ) ont collaboré avec le Laboratoire national de microbiologie (LNM) pour remplir ce mandat. Ensemble, ils ont formé le Comité directeur national sur la résistance des entérobactéries aux antimicrobiens (CDNREA), lequel comprend des membres de l’Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et des représentants des ministères provinciaux de l’Agriculture du Québec, de l’Ontario et de l’Alberta. L’élaboration du PICRA a par ailleurs bénéficié de la collaboration du Comité directeur national sur les maladies entériques (CDNME), du Réseau canadien de laboratoires de santé publique (RCLSP) et du Comité directeur national sur la surveillance de l’emploi des antimicrobiens. Une séance de planification stratégique du PICRA a eu lieu en octobre 2003 afin de réunir plusieurs groupes, de raffiner les stratégies et de planifier son expansion future. 

La tâche initiale du PICRA et de ses partenaires du milieu de la recherche (secteur public, groupes privés du secteur industriel, et universités**) consistait en la mise en place de plusieurs études de base afin d’analyser systématiquement les diverses options permettant de recueillir des données précises, représentatives et harmonisées à l’échelle nationale sur l’ampleur et la répartition de la résistance aux antimicrobiens au sein des micro-organismes entériques provenant des animaux, de l’alimentation et des humains. Des études similaires visant à évaluer diverses sources de données qui permettraient de surveiller l’emploi des antimicrobiens dans le secteur humain et dans le secteur agroalimentaire ont également été menées.

Les résultats de ces études préliminaires ont clairement indiqué la nécessité d’introduire un nouveau programme de surveillance active afin de recueillir régulièrement des données méthodologiquement harmonisées et représentatives à l’échelle nationale sur l’emploi des antimicrobiens et la résistance bactérienne chez l’humain et dans le secteur agroalimentaire, et ce, même si certaines données avaient déjà été rassemblées par des systèmes de surveillance passive et dans le cadre de projets de recherche. Des projets pilotes sur la surveillance active ont été lancés pour tester la faisabilité d’un système pleinement intégré de surveillance à l’échelle nationale. Ces projets ont été élaborés et mis en place en partenariat avec de nombreux groupes des secteurs privé et gouvernemental*, avec l’appui et la coordination de l’ASPC (anciennement connue sous le nom de « Direction générale de la santé de la population et de la santé publique »). Afin de faciliter la comparaison des données aux niveaux national et international, tous les laboratoires ont accepté d’utiliser la méthodologie des tests de la sensibilité du National Antimicrobial Resistance Monitoring System (NARMS) (en anglais seulement) des États-Unis, en ayant recours à l’appareil automatisé SensititreMC System (TREK Diagnostics) qui mesure la sensibilité des micro-organismes aux antimicrobiens (actuellement, à l’aide d’un ensemble de 15 antimicrobiens) à l’aide de la méthode de microdilution dans un bouillon. Les tests de sensibilité et l’isolement primaire des espèces bactériennes à partir d’échantillons d’animaux ou d’aliments sont réalisés par le LLZOA, tandis que les tests de sensibilité et de caractérisation supplémentaire des isolats humains sont réalisés au LNM. Des accords sur l’échange de données ont été passés pour faciliter les analyses intégrées et la communication des résultats.


* Les groupes du secteur public comprenaient : l’Agence canadienne d’inspection des aliments et le Réseau canadien de laboratoires de santé publique. Les groupes du secteur privé comprenaient : Intercontinental Medical Statistics Health, le Conseil des viandes du Canada, le Conseil canadien des transformateurs d’œufs et de volailles, la National Renderer Association, les abattoirs sous inspection fédérale.

**Les groupes du secteur gouvernemental comprenaient : le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario, Alberta Agriculture Food and Rural Development, British Columbia Ministry of Agriculture, Food and Fisheries. Les groupes du secteur privé comprenaient : la Ontario Cattlemen’s Association, le Center for Coastal Health, l’Université de Guelph, l’Université de la Saskatchewan.