Faits saillants du rapport
Ce rapport présente les plus récentes statistiques quant au fardeau du diabète de type 1 et de
type 2 (« diabète ») et à ses répercussions au Canada. Le rapport décrit les complications
attribuables à cette maladie et les façons d'atténuer les risques de la développer et présente
quelques estimations du fardeau économique du diabète. Enfin, le rapport fournit des
renseignements sur le diabète chez les enfants et les jeunes, ainsi que chez les populations des
Premières Nations, d'Inuits et de Métis.
La qualité des données provenant de la surveillance du diabète au Canada s'est améliorée
considérablement au cours de la dernière décennie. Le Système canadien de surveillance des maladies chroniques s'appuie sur des données administratives populationnelles qui proviennent
de toutes les provinces et tous les territoires. Ces données fournissent des renseignements
détaillés et comparables permettant d'évaluer le fardeau des maladies chroniques, dont le
diabète, ainsi que de relever l'utilisation des services de santé et certaines conséquences de ces
maladies sur la santé. Les enquêtes de santé procurent des données supplémentaires sur le
diabète, ses facteurs de risque, ses complications et ses répercussions sur la vie des Canadiens et
Canadiennes touchés. Ensemble, ces sources de données complémentaires fournissent des
renseignements au programme de surveillance du diabète de l'Agence de la santé publique du
Canada.
Chapitre 1 – Le fardeau du diabète au Canada
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En 2008/09, près de 2,4 millions de Canadiens et Canadiennes (6,8 %) vivaient avec le
diabète diagnostiqué.
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Selon des données basées sur des tests sanguins, environ 20 % des cas de diabète n'étaient
pas diagnostiqués.
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Bien que la prévalence augmente avec l'âge, plus de la moitié des Canadiens et Canadiennes
atteints de diabète diagnostiqué (soit 1,2 million) était en âge de travailler, soit entre 25 et
64 ans.
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Globalement, la prévalence chez les hommes (7,2 %) était plus élevée que chez les
femmes (6,4 %).
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Terre-Neuve-et-Labrador, la Nouvelle-Écosse et l'Ontario affichaient les taux de prévalence
de diabète diagnostiqué (standardisés selon l'âge) les plus élevés au Canada; le Nunavut,
l'Alberta et le Québec affichaient les taux les plus bas.
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De 1998/99 à 2008/09, la prévalence du diabète diagnostiqué chez les Canadiens et
Canadiennes a augmenté de 70 %. La plus forte hausse relative de la prévalence a été
observée au sein des groupes d'âge des 35 à 39 ans et des 40 à 44 ans, où la proportion a
doublé. Vraisemblablement, cette hausse chez les groupes d'âge plus jeunes s'explique, du
moins en partie, par la hausse des taux d'embonpoint et d'obésité.
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En 2008/09, plus de 200 000 Canadiens et Canadiennes ont reçu un diagnostic de diabète
pour la première fois (6,3 cas par 1 000 habitants).
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Près de la moitié des nouveaux cas de diabète ont été diagnostiqués chez des personnes âgées
de 45 à 64 ans. Selon les données d'enquêtes, dans ce groupe d'âge, 47,5 % des personnes
atteintes de diabète étaient obèses par rapport à 19,1 % des personnes sans diabète, ce qui
laisse entendre que l'obésité était un facteur important contribuant au diabète dans ce groupe
d'âge.
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Sur une période de 11 ans (de 1998/99 à 2008/09), l'incidence globale du diabète a augmenté
légèrement, notamment chez les enfants âgés de un à 19 ans et chez les adultes âgés de 30 à
49 ans (en âge de travailler). Cette hausse a été observée principalement en Ontario, en
Colombie-Britannique, en Saskatchewan et dans les Territoires du Nord-Ouest.
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Si les taux d'incidence et de mortalité se maintiennent aux niveaux observés avec les données
de 2008/09, on estime que le nombre de Canadiens et Canadiennes vivant avec le diabète
s'élèvera à 3,7 millions d'ici 2018/19.
Chapitre 2 – Les répercussions du diabète sur la santé des Canadiens et
Canadiennes
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Les personnes atteintes de diabète sont plus de trois fois plus susceptibles d'être hospitalisées
avec un diagnostic de maladie cardiovasculaire que les personnes sans diabète, 12 fois plus
susceptibles d'être hospitalisées avec un diagnostic d'insuffisance rénale terminale, et près de
20 fois plus susceptibles d'être hospitalisées avec un diagnostic d'amputation d'un membre
inférieur (non causée par un traumatisme).
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En 2009, le diabète était la principale cause de 34 % des nouveaux cas d'insuffisance rénale
terminale, générant ainsi une hausse de la demande de dialyses et de transplantations rénales
au Canada.
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Comme le diabète et d'autres maladies chroniques partagent plusieurs facteurs de risque,
36,5 % des adultes canadiens atteints de diabète ont affirmé être atteints d'au moins deux
autres maladies chroniques graves (hypertension artérielle, maladies du cœur, maladie
pulmonaire obstructive chronique, troubles de l'humeur ou arthrose) en plus du diabète
et 12,5 % ont affirmé en avoir au moins trois.
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Près de 40 % des adultes canadiens qui ont déclaré être atteints de diabète estimaient que leur
état de santé était « passable » ou « mauvais » par rapport à un dixième de la population
adulte sans diabète (10,3 %).
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Bien qu'en 2007 seulement 3,1 % des décès au Canada étaient attribuables au diabète, plus
du quart (29,9 %) des personnes décédées étaient atteintes de diabète en 2008/09. Le diabète
en soi n'est généralement pas la cause directe du décès, mais les complications qui y sont
associées le sont.
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Dans tous les groupes d'âge, les personnes atteintes de diabète avaient des taux de mortalité
au moins deux fois plus élevés que les personnes n'en étant pas atteintes. Cela entraîne une
diminution notable de l'espérance de vie ainsi que de l'espérance de vie en bonne santé.
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Selon les données disponibles, il est estimé que plus du dixième des décès chez les adultes
canadiens pourrait être évité si les taux de diabète étaient ramenés à zéro.
Chapitre 3 – Les répercussions du diabète sur le système de soins de santé et
l'économie
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En 2008/09, les adultes âgés de 20 à 49 ans atteints de diabète ont consulté un médecin de
famille deux fois plus souvent que ceux qui n'en sont pas atteints et ont consulté des
spécialistes de deux à trois fois plus souvent.
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Les personnes atteintes de diabète étaient trois fois plus susceptibles d'être hospitalisées au
moins une fois au cours de l'année par rapport à celles sans diabète et devaient séjourner plus
longtemps à l'hôpital.
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Dans la population atteinte de diabète, les coûts annuels en soins de santé par habitant ont été
estimés de trois à quatre fois supérieurs à ceux de la population sans diabète.
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Les estimations de coûts les plus récentes à la disposition des rédacteurs du présent rapport
datent de 11 ans, ce qui représente une lacune importante en matière de données. Il n'est
donc pas simple d'évaluer le véritable fardeau économique du diabète. Néanmoins, il est
prévu que les coûts du diabète et des soins de santé s'y rattachant continueront à augmenter
avec l'augmentation de la prévalence du diabète.
Chapitre 4 – Réduire le risque de diabète de type 2 et de ses complications
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Les facteurs sociaux, économiques, environnementaux et génétiques ainsi que ceux liés au
mode de vie ont un effet significatif sur la répartition du diabète de type 2 dans la population
canadienne et les facteurs de risque auxquels celle-ci s'expose.
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Les causes du diabète de type 2 sont complexes et aucun facteur de risque ne peut à lui seul
expliquer sa progression. Le vieillissement, l'obésité, l'inactivité physique, certaines origines
ethniques et des antécédents familiaux de diabète (ou de diabète gestationnel dans le cas des
femmes) sont tous des facteurs de risque importants.
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Les adultes qui sont obèses sont de deux à quatre fois plus susceptibles de développer le
diabète de type 2. En 2007-2009, 23,9 % des adultes âgés de 18 ans ou plus étaient obèses
selon les mesures du poids et de la taille.
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L'activité physique est importante tant pour la prévention du diabète que pour sa gestion. En
2009-2010, près de la moitié (47,4 %) des Canadiens et Canadiennes âgés de 12 ans ou plus
ont affirmé qu'ils étaient physiquement inactifs (indice des loisirs et du transport).
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En 2009-2010, plus de la moitié (55,9 %) des Canadiens et Canadiennes âgés de 12 ans ou
plus ont affirmé qu'ils mangeaient des légumes et des fruits moins de cinq fois par jour. Une
alimentation déficiente en légumes et en fruits est utilisée comme mesure approximative d'un
régime alimentaire nuisible pour la santé, ce qui constitue un facteur de risque de diabète de
type 2, en grande partie en raison de ses effets sur le poids corporel.
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Le tabagisme est également associé à un risque accru de diabète de type 2 et de
ses complications. Les taux de tabagisme ont diminué au Canada au cours des dernières
années, soit de 17,9 % en 2003 à 15,5 % en 2010.
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Certains facteurs socio-démographiques, dont un statut socioéconomique faible,
l'appartenance à certains groupes ethniques et le fait de vivre en milieu rural, sont associés à
des taux plus élevés de diabète de type 2, à la présence accrue de facteurs de risque favorisant
le diabète de type 2 et à des niveaux plus élevés de morbidité et de mortalité.
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Les facteurs de risque favorisant le diabète de type 1 ne sont pas encore bien compris, mais
des études ont démontré qu'une prédisposition génétique est nécessaire, mais non suffisante,
au développement du diabète de type 1. Certains facteurs environnementaux déclenchant la
réaction auto-immune sont également en cause.
Chapitre 5 – Le diabète chez les enfants et les jeunes
- Le diabète est l'une des maladies chroniques les plus courantes chez les enfants et les jeunes.
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Le diabète de type 1 demeure la principale forme de la maladie dans cette population.
Toutefois le diabète de type 2, qui était auparavant considéré comme une maladie d'adulte,
est à la hausse chez les enfants et les jeunes à l'échelle mondiale depuis les deux dernières
décennies.
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Une hausse du diabète de type 1 a également été documentée dans divers pays, mais les
raisons ne sont pas totalement élucidées. Au Canada, le taux de diabète de type 1 chez les
enfants âgés de un à neuf ans (chez lesquels le diabète de type 2 est très rare) a également
augmenté, de 0,1 % (soit 3 726 cas) en 1998/99 à 0,2 % (soit 5 201 cas) en 2008/09.
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En 2008/09, plus de 3 000 nouveaux cas de diabète (de type 1 et 2) ont été diagnostiqués
chez les enfants et les jeunes canadiens âgés de un à 19 ans, ce qui élève le nombre de cas
prévalents à un peu moins de 26 000.
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L'apparition précoce du diabète, peu importe le type, augmente le risque de complications et
de conséquences permanentes qui en découlent.
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De plus, les enfants et les jeunes atteints de diabète de type 1 s'exposent à un risque accru de
complications mettant en danger leur vie du fait qu'ils dépendent de doses quotidiennes
d'insuline.
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L'adolescence peut s'avérer une période particulièrement difficile pour la gestion de la
glycémie puisque les jeunes assument cette responsabilité alors que des changements
hormonaux modifient leur glycémie et ont un impact sur leurs besoins en insuline.
Chapitre 6 – Le diabète chez les populations autochtones (Premières Nations,
Inuits et Métis)
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La population autochtone au Canada représente un groupe diversifié dont les membres sont
issus des communautés des Premières Nations, d'Inuits et de Métis. La prévalence du diabète
varie entre chacun de ces groupes et à l'intérieur d'un même groupe selon leurs
caractéristiques propres.
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Afin de comparer la prévalence du diabète entre les populations autochtones et non
autochtone, il est important de considérer la structure d'âge de ces groupes puisque les
enfants et les jeunes sont plus nombreux dans le cas des populations des Premières Nations,
d'Inuits et de Métis. Les taux standardisés selon l'âge montrent que la prévalence du diabète
était de 17,2 % chez les membres des Premières Nations vivant dans des réserves, de 10,3 %
chez les membres des Premières Nations vivant hors-réserve et de 7,3 % chez les Métis, par
rapport à 5,0 % dans la population non autochtone. Le taux de prévalence du diabète
standardisé selon l'âge chez les populations inuites était comparable à celui observé dans la
population générale au Canada.
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Les Autochtones sont généralement diagnostiqués à un âge plus précoce que les
nonAutochtones. Par ailleurs, les femmes autochtones connaissent des taux de diabète
gestationnel supérieurs à ceux des femmes non autochtones. Aussi observe-t-on plus
fréquemment des complications associées au diabète chez les populations autochtones que
chez la population non autochtone.
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Les changements socioculturels, biologiques et environnementaux ainsi que ceux liés au
mode de vie qui ont été observés chez les populations des Premières Nations, d'Inuits et de
Métis au cours du demi-siècle passé ont contribué de façon significative à la hausse du taux
de diabète et de ses complications.
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