La Loi constitutionnelle de 1982 du Canada reconnaît trois groupes de peuples autochtones : les Premières Nations, les Inuits et les Métis1. Chacun de ces groupes a une histoire, une culture, des langues locales et des croyances spirituelles qui lui sont propres2,3. Entre ces groupes et à l'intérieur même de chacun d'eux, il existe une grande diversité. Dans le recensement du Canada de 2006, 1 172 790 personnes ont déclaré être autochtones. De ce nombre, 59,5 % appartiennent à une Première Nation (Indiens inscrits et non inscritsi), 33,2 % sont Métis et 4,3 % sont Inuits. Ensemble, elles représentaient 3,8 % de la population nationale. Il est probable que ces chiffres sous-estiment la taille véritable de cette population d'au moins 80 000 personnes. On estime à 40 115 le nombre de personnes qui n'ont pas été recensées du fait que 22 réserves et établissements n'ont pas été recensés de façon complète. Par ailleurs, environ 40 623 personnes ne figurent pas au recensement faute d'un dénombrement exhaustif de la part des communautés de Premières Nations participantes5. La population autochtone est plus jeune et augmente plus rapidement que l'ensemble de la population au Canada. Pendant l'année du recensement, près de la moitié des Autochtones (soit 47,8 %) avait moins de 25 ans, par rapport à moins du tiers (31,7 %) des personnes au sein de la population non autochtone.
Bien que le diabète ait été une maladie rare chez les populations autochtones de l'Amérique du Nord avant 1940, les taux ont augmenté rapidement après 1950 et, dans certaines communautés, ils atteignent maintenant des proportions épidémiques6,7. On a également observé des taux de diabète de type 2 supérieurs chez les enfants et les jeunes. Il en va de même pour le diabète gestationnel chez les femmes. Par ailleurs, l'apparition du diabète à un jeune âge et les taux élevés de complications amplifient le problème dans bon nombre de communautés de Premières Nations et de Métis.
Le diabète chez les populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis présente des tendances et des traits communs. Mais, en raison de la diversité considérable qui existe entre ces groupes et à l'intérieur même de chacun d'eux, on ferait fausse route en regroupant systématiquement, pour ces populations, les statistiques sur les taux de diabète, les facteurs de risque et les complications. De plus, aucune source de données n'offre ces statistiques à l'échelle nationale. Par conséquent, le présent chapitre présente de l'information sur les taux de diabète, les facteurs de risque et les complications chez les populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis au Canada en s'appuyant sur les conclusions de plusieurs enquêtes et études.
Les données de surveillance du diabète chez les populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis comportent de nombreuses limites. Par exemple, l'inclusion des Autochtones dans les enquêtes nationales est limitée par la dispersion géographique de l'échantillonnage, l'absence de participation, un recensement incomplet dans les réserves et l'exclusion des personnes sans domicile fixe8,9. Les différences entre les techniques d'enquête et d'échantillonnage appliquées ainsi que l'évolution des critères diagnostiques du diabète sont également des facteurs qui peuvent empêcher la comparaison des résultats d'enquêtes entre ces populations ou à travers le temps. Les données administratives sur la santé (les dossiers hospitaliers, les bases de données sur la facturation des médecins et les registres d'assurance maladie des provinces et des territoires) sont souvent utilisées pour la surveillance du diabète dans la population générale au Canada. Toutefois, seul un nombre limité de bases de données provinciales et territoriales contiennent des identifiants pour les populations autochtones, limitant leur utilité pour la surveillance épidémiologique dans cette population. Bien que l'échantillon de l'Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2006 soit plus grand, le présent rapport s'est plutôt appuyé sur les données de l'ESCC de 2009-2010 pour estimer la prévalence des facteurs de risque chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve, chez les Inuits et chez les Métis, et ce, pour des motifs de comparabilité et pour utiliser les données les plus récentes. L'Étude longitudinale régionale sur la santé des Premières Nations (ERS) de 2008-2010 a été utilisée pour présenter des données statistiques sur les membres des Premières Nations vivant dans les réserves. L'encadré 6-1 présente des renseignements plus détaillés sur les sources de données nationales utilisées dans le présent chapitre; différentes années, différents groupes d'âge et différents découpages géographiques sont utilisés selon la source de données.
Encadré 6-1. Sources de données nationales sur la santé des populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis
Les enquêtes nationales les plus récentes portant sur les populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis comprennent l'Étude longitudinale régionale sur la santé des Premières Nations (ERS) de 2008-2010, qui ciblait les membres des Premières Nations vivant dans les réserves, et l'Enquête auprès des peuples autochtones (EAPA) de 2006 qui portait sur les membres des Premières Nations vivant à l'extérieur des réserves, sur les Métis et les Inuits. L'ESCC de 2009-2010 présente des renseignements sur les non-Autochtones ainsi que sur les membres des Premières Nations vivant hors réserves et sur les populations inuites et métisses. En ce qui a trait à la prévalence du diabète, ces enquêtes présentent des renseignements sur l'autodéclaration d'un diagnostic de diabète reçu par un professionnel de la santé. Comme il peut être difficile de consulter un professionnel de la santé dans certaines régions éloignées en vue de poser le diagnostic de cette maladie, les enquêtes peuvent sous-estimer la prévalence réelle du diabète10,11.
Au cours des deux dernières décennies, les études sur le diabète chez les populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis à travers le pays indiquent des taux bruts de prévalence qui varient de 2,7 % à 19 %, alors que certaines estimations de la prévalence pouvaient aller jusqu'à 30 % lorsque standardisées selon l'âge7,8,15-20. Les données d'enquêtes nationales les plus récentes indiquent que la proportion de la population ayant déclaré un diagnostic de diabète était la plus élevée chez les membres des Premières Nations vivant dans une réserve (âgés de 18 ans ou plus : 15,3 %), suivi des membres des Premières Nations vivant hors réserve (âgés de 12 ans ou plus : 8,7 %). Chez les Métis (âgés de 12 ans ou plus : 5,8 %), la prévalence était comparable à celle de la population non autochtone (âgés de 12 ans ou plus : 6,0 %). La prévalence du diabète dans la population inuite demeurait plus faible qu'au sein de ces autres groupes, à 4,3 % (âgés de 15 ans ou plus) (tableau 6-1). Cependant, il faut tenir compte de la structure d'âge des populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis, où les jeunes sont plus nombreux, lorsqu'on compare leurs taux de prévalence du diabète à celui de la population non autochtone. Après avoir standardisé ces taux selon l'âge, la prévalence du diabète s'élevait à 17,2 % chez les membres des Premières Nations vivant dans une réserve, à 10,3 % chez les membres des Premières Nations vivant hors réserve et à 7,3 % chez les Métis. Bien que la prévalence brute du diabète ait toujours été beaucoup plus faible chez les Inuits par rapport à la moyenne nationale, une fois standardisée selon l'âge, la prévalence du diabète chez les Inuits était comparable à celle de la population générale du Canada20.
[Texte équivalent, Tableau 6-1]
Comme c'est le cas dans la population générale, la prévalence du diabète augmente avec l'âge chez les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis; toutefois, le diabète est généralement diagnostiqué à un plus jeune âge19,21,22. Le diabète de type 2 est plus fréquent chez les enfants et les jeunes autochtones par rapport à leurs homologues non autochtones23-25.
Les femmes autochtones présentent des taux plus élevés de diabète gestationnel par rapport aux femmes non autochtones26-32. Des études indiquent des taux de prévalence du diabète gestationnel dans la population des Premières Nations qui sont près de trois fois supérieurs à ceux de l'ensemble de la population canadienne26,30. Des données canadiennes récentes indiquent un pourcentage plus élevé de femmes ayant un diagnostic de diabète gestationnel dans les population de Premières Nations (4,8 %), d'Inuits (4,0 %) et de Métis (2,2 %) par rapport à la population non autochtone (0,5 %)22.
Des études ont indiqué que la prévalence du diabète est plus élevée chez les femmes autochtones que chez les hommes, à l'inverse de la répartition sexospécifique observée dans l'ensemble de la population canadienne6,11,12,33. Par exemple, dans les établissements métis du nord de l'Alberta, la prévalence autodéclarée du diabète chez les femmes était significativement différente par rapport à celle des hommes; les taux de prévalence s'élevaient à 7,8 % et à 6,1 % respectivement34. Une autre étude réalisée en Saskatchewan a indiqué qu'entre 1980 et 2005 les taux de prévalence du diabète standardisés selon l'âge chez les femmes des Premières Nations (vivant dans une réserve ou non) étaient plus élevés que chez les hommes17. Cela dit, certaines études démontrent que la différence de prévalence n'existe peut-être plus entre femmes et hommes autochtones22,35.
Les données administratives des services de santé ont été utilisées pour examiner la prévalence de diabète diagnostiqué chez les membres des Premières Nations dans différentes régions au Canada. En 2006/07, selon les données tirées du SCSMC, la prévalence standardisée selon l'âge du diabète diagnostiqué chez les membres des Premières Nations résidant en Colombie-Britannique (âgés de un an ou plus) s'élevait à 6,7 %, alors que chez les autres résidents de cette province, elle s'élevait à 4,8 %19. En Alberta, entre 1995 et 2007, la prévalence du diabète standardisée selon l'âge et le sexe était environ deux fois plus élevée chez les personnes inscrites par rapport à la population générale36. Au Québec, les taux de prévalence du diabète diagnostiqué standardisés selon l'âge chez les adultes cris de la Baie James (âgés de 20 ans ou plus) atteignaient 19,1 % en 2001-200237 par rapport à 5,1 % dans la population générale38.
Le diabète est l'une des maladies qui se sont le plus rapidement répandues chez les populations autochtones au Canada. Alors qu'il a fallu attendre la deuxième moitié du XIXe siècle pour observer des cas de diabète au sein des populations autochtones, de nos jours, la plupart de ces populations présentent des taux de prévalence supérieurs, ou du moins comparables, aux taux de prévalence observés dans la population non autochtone10-12,19. Entre 2001/02 et 2006/07, la prévalence standardisée selon l'âge du diabète diagnostiqué chez les Canadiens et Canadiennes (âgés de un an ou plus) a augmenté de 26,8 % (chapitre 1, Prévalence au fil du temps), alors qu'entre 2001 et 2006, la prévalence autodéclarée de cette maladie a doublé dans la population Inuite au Canada, soit de 2 % à 4 %20. Dans la population des Premières Nations, la prévalence a également augmenté, bien que les estimations de cette hausse varient selon les sources de données en raison des différences au sein des populations visées par les enquêtes et dans les périodes étudiées. Par exemple, en Colombie-Britannique, entre 2002/03 et 2006/07, la prévalence du diabète dans la population des Premières Nations (âgés de un an ou plus, standardisée selon l'âge) a augmenté d'environ 15,5 %19, alors qu'au cours d'une période comparable (de 2001 à 2005), la prévalence du diabète chez les populations des Premières Nations du Nord québécois a augmenté d'environ 36,4 %, soit de 11,0 % à 15,0 % (15 ans ou plus, taux bruts)39. Quant à la population métisse au Canada, le taux autodéclaré de diabète chez les personnes âgées de 15 ans ou plus était de 5,9 % en 2001 et de 7,0 % en 2006, ce qui représente une hausse de 19 %35,40.
L'augmentation rapide des cas de diabète chez les populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis est influencée par plusieurs facteurs de risque, dont des facteurs d'ordre génétique, biologique et environnemental et des facteurs liés au mode de vie. Le rythme rapide des changements socioculturels, environnementaux et des habitudes de vie observés chez ces populations au cours du demi-siècle dernier a eu des répercussions sans précédent sur leur santé et a contribué de façon importante aux taux élevés de diabète et de ses complications6,17,41. Les facteurs liés aux habitudes de vie, comme l'alimentation, l'inactivité physique, l'embonpoint et l'obésité, ainsi que le tabagisme, sont des facteurs de risque clés du diabète de type 2 chez les populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis, tout comme dans la population générale (chapitre 4).
L'hypothèse d'un facteur de risque d'ordre génétique, appelé « effet du génotype vigoureux »42, pourrait expliquer les taux supérieurs de diabète chez les populations autochtones. La théorie suggère que, pour se protéger des périodes récurrentes de famine, les personnes d'origine autochtone sont génétiquement prédisposées à emmagasiner des calories6,42-44. Autrefois, ce « génotype vigoureux » était salutaire puisque les Autochtones vivaient de chasse, de pêche et de cueillette et que l'accès aux aliments n'était pas toujours constant. Mais de nos jours, les Autochtones achètent et consomment des aliments transformés dont la teneur en calories, en gras saturés et en sucre est élevée, ce qui augmente leur risque de développer de l'obésité et du diabète6,44,45. Des variants génétiques spécifiques au « génotype vigoureux » trouvés chez des Oji-cris du nord-ouest de l'Ontario ont été associés à l'apparition précoce du diabète de type 243. Cette hypothèse a toutefois été remise en question et le débat se poursuit au sujet de l'importance à accorder aux facteurs génétiques par rapport aux autres facteurs de risque46,47.
Contrairement à la répartition sexospécifique de la prévalence du diabète dans la population non autochtone au Canada, historiquement chez les Premières Nations, les femmes ont une prévalence plus élevée que les hommes11,33. Cela s'expliquerait par le fait que les femmes des Premières Nations présentent des taux d'obésité plus élevés que les hommes33. Tel qu'il est mentionné plus haut, les femmes autochtones présentent aussi des taux de diabète gestationnel plus élevés par rapport aux femmes non autochtones22,26-31. Bien que le diabète gestationnel disparaisse habituellement après la grossesse, il augmente le risque de développer le diabète de type 2 plus tard au cours de la vie ainsi que le risque d'obésité chez l'enfant, ce qui augmenterait le risque de diabète chez les générations à venir48. Enfin, bien que l'intolérance au glucose n'ait pas fait l'objet d'enquêtes poussées auprès des populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis, certaines études semblent indiquer que, chez les Premières Nations, les femmes présentent des taux plus élevés d'intolérance au glucose que les hommes16,18, les exposant ainsi au risque de développer le diabète ou des complications, notamment des maladies cardiovasculaires33,49.
L'état de santé et les conditions sociales varient passablement entre les personnes qui vivent dans une réserve et celles qui vivent hors réserve, ainsi qu'entre celles vivant en milieu rural et celles vivant en milieu urbain. Vivre en milieu rural ou dans une région éloignée peut limiter la possibilité de poursuivre des études, de trouver un emploi et de se procurer des aliments sains et sans danger pour la consommation50. Tous ces facteurs peuvent avoir un effet négatif sur la santé. De plus, les gens qui vivent dans des communautés autochtones ont souvent un accès limité aux services de soins de santé en raison des obstacles géographiques et des barrières linguistiques, mais aussi en raison des coûts et d'un manque de services adaptés à leur culture48,51. Ces obstacles peuvent jouer un rôle dans la répartition du diabète de type 2 au sein de la population et dans l'accessibilité des soins de santé et des traitements permettant de contrer le diabète et ses complications52.
En raison d'environnements en constante évolution, de déplacements de populations, des coûts et restrictions associés à la chasse et à la pêche, et d'une perte de capacités de récolte, de moins en moins de personnes consomment des aliments traditionnels et participent à des activités physiques au sein des populations autochtones. Le régime alimentaire traditionnel des membres des Premières Nations, des Inuits et des Métis repose sur une combinaison d'aliments qui comprennent les poissons, les fruits de mer, les mammifères marins et terrestres et le gibier à plumes, ainsi que les légumes verts et les tubercules, les fruits et les baies – autant de sources de nourriture qui ont un effet protecteur contre le diabète. La transition rapide en faveur d'aliments à haute teneur énergétique et de l'abandon de la chasse, de la pêche et de la cueillette, et des niveaux plus faibles d'activité physique sont probablement associés à la hausse vertigineuse des taux d'embonpoint et d'obésité chez les populations autochtones au cours des dernières décennies53.
L'embonpoint et l'obésité sont fréquents chez les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis (tableau 6-2)54,55. Selon les Lignes directrices canadiennes pour la classification du poids chez les adultes fondée sur la taille et le poids autodéclarés, les estimations indiquent que 74,4 % des adultes chez les Premières Nations vivant dans une réserve faisaient de l'embonpoint ou étaient obèses (2008-2010, âgés de 18 ans ou plus) comme l'étaient 62,5 % des membres des Premières Nations vivant hors réserve, 58,3 % des Inuits et 60,8 % des Métis (2009-2010, âgés de 18 ans ou plus). Il s'agit-là de pourcentages supérieurs aux 51,9 % de la population non autochtone faisant de l'embonpoint ou étant obèse, selon la taille et le poids autodéclarés (2009-2010, âgés de 18 ans ou plus). Alors que la prévalence autodéclarée d'embonpoint est comparable dans la population autochtone et non autochtone, le pourcentage des répondants ayant déclaré être obèses était nettement plus élevé chez les membres des Premières Nations vivant dans une réserve et eux vivant hors réserve, les Métis et les Inuits que chez les non-Autochtones.
Bien que l'IMC procure une mesure standard de la masse corporelle aux fins de comparaison entre populations, les critères de l'IMC établis par l'OMS ont tendance à surestimer la prévalence de l'embonpoint et de l'obésité dans le cas de la population inuite. Les Inuits ont généralement des dimensions corporelles différentes de celles des autres populations dans le monde, comme des jambes plus courtes et une stature moins haute. En tenant compte d'autres mesures, telle que le ratio de la hauteur en position assise sur la hauteur en position debout, il serait possible d'améliorer l'analyse de l'obésité chez les Inuits56,57.
| Source | Prévalence brute (%) (intervalle de confiance à 95 %) | ||
|---|---|---|---|
| Embonpoint ‡ | Obésité§ | ||
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† Embonpoint selon un IMC égal ou supérieur à 25,0 kg/m2, mais inférieur à 30,0 kg/m2; obésité selon un IMC égal ou supérieur à 30,0 kg/m2. ‡ Estimations de l'EAPA de 2006 : Premières Nations (hors réserve) 35,1 % (IC à 95 % : 33,7-36,6 %), Inuits 35,6% (IC à 95 % : 33,7-37,5 %), Métis 36,2 % (IC à 95 % : 34,8-37,6 %) § Estimations de l'EAPA de 2006 : Premières Nations (hors réserve) 26,1 % (IC à 95 % : 24,8-27,4 %), Inuits 24,0 % (IC à 95 % : 22,3-25,6 %), Métis 26,4 % (IC à 95 % : 25,1-27,6 %). Source : Agence de la santé publique du Canada, 2011; à l'aide des données de l'ESCC de 2009-2010 (Statistique Canada) et de l'EAPA, 2006 (Statistique Canada); Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations (2011), à l'aide des données de l'ERS de 2008-2010 (Phase 2) (Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations). |
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| Non-Autochtones | ESCC 2009-2010 | 34,0 (33,4-34,5) | 17,9 (17,5-18,3) |
| Premières Nations (sur réserve) | ERS 2008-2010 | 34,2 (32,9-35,6) | 40,2 (38,5-42,0) |
| Premières Nations (hors réserve) | ESCC 2009-2010 | 34,1 (30,7-37,4) | 28,4 (25,1-31,7) |
| Inuits | ESCC 2009-2010 | 25,3 (18,5-32,2) | 33,0 (23,3-42,8) |
| Métis | ESCC 2009-2010 | 35,9 (32,1-39,7) | 24,9 (21,2-28,6) |
[Texte équivalent, Tableau 6-2]
L'estimation de la prévalence de l'inactivité physique pendant le temps libre chez les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis s'est faite au moyen des données tirées de l'ESCC de 2009-2010 et de l'ERS de 2008-2010. Cependant, les activités exercées le plus fréquemment chez les populations autochtones (comme la chasse) ne figuraient pas dans la liste prédéterminée des activités physiques de l'ESCC.
Seulement 26,0 % (IC à 95 % : 24,5-27,5 %) des adultes des Premières Nations (âgés de 18 ans ou plus) vivant dans une réserve ont déclaré qu'ils faisaient suffisamment d'activité physique pendant leur temps libre. Les activités incluaient la marche, la course, la natation, le vélo, la pêche, la récolte de baies ou de nourriture, la chasse et la trappe. Par rapport aux femmes, les hommes étaient plus susceptibles de déclarer faire suffisamment d'activités physiques12,58.
En 2009-2010, 51,8 % (IC à 95 % : 48,0-55,5 %) des adultes des Premières Nations (âgés de 20 ans ou plus) vivant hors réserve étaient physiquement inactifs pendant leur temps libre. Cela est comparable au 49,7 % (IC à 95 % : 49,2-50,3 %) des adultes non autochtones (âgés de 20 ans ou plus) qui ont déclaré ne pas faire d'activité physique11.
En 2009-2010, 59,6 % (IC à 95 % : 50,5-68,6 %) des Inuits adultes (âgés de 20 ans ou plus) ont déclaré être physiquement inactifs pendant leur temps libre, un pourcentage qui était supérieur au niveau d'inactivité physique de la population non autochtone (49,7 %)11. En 2004, une étude au Nunavik indiquait que 82 % des Inuits d'âge adulte ne rencontraient pas les niveaux recommandés d'activité physique pour en tirer les bienfaits. Près du quart (24 %) de ces adultes (âgés de 18 ans ou plus) ont déclaré exercer un métier qui exige très peu d'effort physique. Ils n'ont pas compensé en faisant davantage d'activité physique pendant leur temps libre. Plus de la moitié (59 %) des jeunes Inuits du Nunavik (âgés de 15 à 17 ans) étaient actifs moins d'une fois par semaine au moins pendant six mois au cours de l'année; seulement 14 % rencontraient le niveau d'activité recommandé pour ce groupe d'âge59.
En 2009-2010, 46,7 % (IC à 95 % : 42,8-50,6 %) des Métis adultes (âgés de 20 ans ou plus) ont déclaré qu'ils étaient physiquement inactifs pendant leur temps libre. Cela est comparable au 49,7 % des adultes non autochtones (âgés de 20 ans ou plus) qui ont déclaré ne pas faire d'activité physique11.
À l'échelle mondiale, les habitudes alimentaires des peuples autochtones sont en pleine mutation. Dans le cas des populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis au Canada, la transition de régimes alimentaires traditionnels vers des régimes non traditionnels s'est amorcée à différents moments. Elle se produit à des vitesses variables, elle touche différents groupes d'âge et elle dépend de plusieurs facteurs (p. ex., vivre en milieu urbain ou en milieu rural). Cette transition, en conjonction avec le possible « effet du génotype vigoureux », joue un rôle dans l'augmentation des taux d'obésité et de diabète chez les populations autochtones. De nos jours, la plupart des membres des Premières Nations, des Inuits et des Métis ont intégré à leur diète quotidienne la consommation d'aliments transformés achetés à l'épicerie et contenant plus de sucres et de gras que les aliments traditionnels6,60,61. Comme c'est le cas dans la population non autochtone (chapitre 4), une diète à forte teneur en sucres et en gras ou la consommation d'aliments transformés ont contribué à l'augmentation de l'embonpoint et de l'obésité ainsi qu'à la hausse du risque de diabète. De façon similaire, la consommation quotidienne de légumes et de fruits a été utilisée comme indication d'une diète équilibrée. Par contre, chez les populations autochtones, la consommation d'aliments traditionnels peut aussi offrir les nutriments essentiels à l'organisme et constituer une alternative à la consommation de légumes ou de fruits.
Chez les adultes des Premières Nations vivant dans une réserve, seulement 30,6 % (IC à 95 % : 29,2-32,1 %) ont déclaré « toujours » ou « presque toujours » suivre un régime alimentaire équilibré et nutritif. Plus de la moitié de tous les adultes des Premières Nations vivant dans une réserve (51,8 %; IC à 95 % : 50,2-53,4 %) ont déclaré qu'ils suivaient « parfois » un régime alimentaire équilibré et nutritif, alors que 17,6 % (IC à 95 % : 16,4-18,8 %) ont déclaré qu'ils le faisaient « rarement » ou « jamais ». Le pourcentage des adultes qui ont déclaré « toujours » ou « presque toujours » observer un régime alimentaire équilibré et nutritif était plus bas chez ceux âgés de 18 à 29 ans (21,9 %; IC à 95 % : 19,5-24,5 %) et plus élevé chez ceux âgés de 55 ans ou plus (44,4 %; IC à 95 % : 41,9-46,9 %)12. Les adultes des Premières Nations vivant dans des communautés de moins de 300 habitants sont plus susceptibles de consommer des aliments traditionnels par rapport à ceux de communautés de plus grandes tailles12,62.
Chez les adultes des Premières Nations (âgés de 20 ans ou plus) vivant hors réserve, 63,6 % (IC à 95 % : 60,1-67,1 %) mangeaient moins que les cinq (ou plus) portions quotidiennes recommandées de légumes et de fruits. Cela est légèrement plus élevé que les 56,4 % (IC à 95 %: 55,8-57,0 %) chez les adultes non autochtones ayant déclaré de même11.
Chez les Inuits, une diète traditionnelle comprend la consommation de viande de phoque, de baleine, de caribou, de poissons et de baies. Cette alimentation est riche en acides gras oméga-3 et peut offrir une protection contre des maladies chroniques comme l'hypertension artérielle et le diabète59. On estime que, chez les Inuits, la diète traditionnelle a joué un rôle dans les taux plus faibles de cholestérol qui ont été observés historiquement dans cette population63. Cependant, au cours des deux dernières décennies, les Inuits ont eux aussi délaissé les habitudes alimentaires traditionnelles au profit d'aliments transformés20,45,59. Une étude auprès des Inuits vivant au Nunavik (Québec) a conclu que la consommation d'aliments non traditionnels importés du sud était plus courante chez les jeunes Inuits, alors que la part des calories obtenues des aliments traditionnels était plus élevée chez les Inuits adultes de 50 ans ou plus (28,3 %) par rapport aux adultes de 18 à 29 ans (11 %)59. À la faible consommation d'aliments traditionnels s'ajoute, selon des données autodéclarées, une faible consommation de légumes et de fruits chez les Inuits adultes. En 2009-2010, à l'échelle nationale, 78,4 % (IC à 95 % : 71,7-85,0 %) des Inuits âgés de 20 ans ou plus ont déclaré manger moins que les cinq portions quotidiennes ou plus de légumes et de fruits recommandées11.
Par le passé, le régime alimentaire des Métis se composait de mammifères marins et terrestres sauvages, de gibier à plumes, de poissons, de baies et de céréales64. Les méthodes de collecte des aliments traditionnels, comme la chasse, la pêche et la récolte, ont été délaissées progressivement, ce qui a entraîné une baisse de la consommation de ces aliments traditionnels et, chez plusieurs Métis, une détérioration de leur état de santé. On a constaté également une faible consommation quotidienne de légumes et de fruits chez les Métis. En 2009-2010, 61,2 % (IC à 95 % : 57,3-65,1 %) des Métis âgés de 20 ans ou plus ont déclaré qu'ils consommaient moins que le nombre recommandé de portions quotidiennes de légumes et de fruits par rapport à 56,4 % des adultes non autochtones qui ont déclaré de même11.
En 2009-2010, les taux de prévalence du tabagisme autodéclaré chez les adultes des Premières Nations, inuits et métis âgés de 18 ans ou plus étaient deux fois plus élevés que ceux de la population non autochtone. En effet, les taux de consommation quotidienne de produits du tabac chez les membres des Premières Nations vivant dans une réserve et vivant hors réserve, ainsi que chez les Inuits et les Métis, étaient de 2,2 à 2,8 fois plus élevés que chez les non-Autochtones (tableau 6-3).
| Source† | Prévalence brute (%) (intervalle de confiance à 95 %) | |
|---|---|---|
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† Estimations de l'EAPA de 2006 : Premières Nations (hors réserve) 34,3 % (IC à 95 % : 32,9-35,7 %), Inuits 60,2 % (IC à 95 % : 58,3-62,1 %) et Métis 31,2 % (IC à 95 % : 29,9-32,5 %). Source : Agence de la santé publique du Canada (2011), à l'aide des données de l'ESCC de 2009-2010 (Statistique Canada) et de l'EAPA de 2006 (Statistique Canada); Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations (2011), à l'aide des données de l'ERS de 2008-2010 (Phase 2) (Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations). |
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| Non-Autochthones | ESCC 2009-2010 | 16,0 (15,6-16,4) |
|
Premières Nations
(sur réserve) |
ERS 2008-2010 | 43,2 (41,6-44,8) |
|
Premières Nations
(hors réserve) |
ESCC 2009-2010 | 34,8 (31,1-38,5) |
| Inuits | ESCC 2009-2010 | 44,4 (36,4-52,4) |
| Métis | ESCC 2009-2010 | 34,6 (31,1-38,0) |
[Texte équivalent, Tableau 6-3]
Les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis sont sujets à des taux plus élevés de comorbidités et de complications résultant du diabète par rapport à la population générale canadienne65. Les complications associées au diabète comprennent les maladies cardiovasculaires, l'amputation des membres inférieurs, la rétinopathie, les maladies rénales, l'hypertension artérielle et les troubles neurologiques (chapitre 2)33. On estime que, dans cette population-ci, les complications sont plus fréquentes en raison de l'apparition du diabète à un plus jeune âge, de la gravité accrue de la maladie, de l'accès limité aux services de soins de santé en raison des obstacles géographiques et du nombre accru de facteurs de risque associés à d'autres maladies chroniques6,33,65,66. Les taux de mortalité causée par le diabète chez les membres des premières Nations, les Inuits et les Métis sont également plus élevés par rapport à la population générale au Canada36,67,68. Actuellement, le taux de complications chez les populations adultes des Premières Nations vivant hors réserve, inuites et métisses n'a pas fait l'objet d'étude approfondie. Les données disponibles, obtenues de l'ERS, décrivent la situation des membres des Premières Nations vivant dans une réserve.
En 2002-2003, 89 % des adultes des Premières Nations vivant dans une réserve ont déclaré au moins une conséquence indésirable sur leur santé (perte de sensibilité aux mains et aux pieds, perte d'acuité visuelle, mauvaise circulation sanguine, problèmes aux membres inférieurs, problèmes cardiaques, diminution de la fonction rénale ou infection) liée à leur diabète, et près de 25 % ont déclaré au moins quatre complications (figure 6-1). Plus du quart (28,6 %) des adultes des Premières Nations vivant dans une réserve et atteints de diabète ont présenté des incapacités fonctionnelles suite à la maladie62. En 2008-2010, les complications associées au diabète demeuraient prévalentes chez les adultes des Premières Nations vivant dans une réserve, plusieurs d'entre eux signalant des complications au niveau des reins, de la circulation sanguine et des infections (figure 6-2).
Figure 6-1. Prévalence de complications chez les personnes des Premières Nations vivant dans une réserve âgées de 18 ans ou plus avec le diabète autodéclaré, selon le nombre de complications, Canada, 2002-2003
Source : Agence de la santé publique du Canada, 2011; à l'aide des données de l'ERS de 2002-2003 (Phase 1) (Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations).
Figure 6-2. Prévalence des complications chez les personnes des Premières Nations vivant dans une réserve âgées de 18 ans ou plus avec le diabète autodéclaré, Canada, 2008-2010
Source : Agence de la santé publique du Canada, 2011; à l'aide des données de l'ERS de 2008-2010 (Phase 2) (Centre de gouvernance de l'information des Premières Nations).
La prestation des services de santé destinés aux populations des Premières Nations, d'Inuits et de Métis se réalise dans le cadre de divers programmes administrés par le gouvernement fédéral, les provinces, les territoires et les Autochtones eux-mêmes. En dépit de taux élevés de maladies chroniques, le recours aux soins de santé des populations autochtones est moindre que dans la population générale22,48,69. L'utilisation moindre des services de santé primaires s'explique entre autres par les difficultés d'accès géographique pour les Autochtones qui vivent dans le Grand Nord ou dans des régions isolées. Toutefois, les taux d'hospitalisation sont plus élevés chez les Autochtones44,51. Par exemple, en 2000, dans l'Ouest canadien (la Colombie-Britannique, l'Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba), le taux de congés d'hôpitaux standardisé selon l'âge, suite à une hospitalisation pour le diabète, était sept fois plus élevé dans la population des Premières Nations vivant dans une réserve et hors réserve (780 congés d'hôpitaux pour 100 000 personnes) que dans la population générale (110 congés d'hôpitaux pour 100 000 personnes)70. Les taux élevés d'hospitalisation, une mesure de problèmes de santé plus graves, découlent peut-être d'un accès limité aux services de santé primaires ou de prévention22,51 et de lacunes dans la gestion quotidienne du diabète.
L'estimation des coûts du diabète est un défi de taille (chapitre 3, Les répercussions du diabète sur le système de soins de santé et l'économie). En ce moment, les renseignements spécifiques aux membres de Premières Nations, aux Inuits et aux Métis ne sont pas disponibles, mais deux rapports – l'un fondé sur les données de la Saskatchewan et l'autre sur celles du Manitoba – ont tenté d'estimer les coûts des soins de santé pour les membres des Premières Nations atteints de diabète inscrits en vertu de la Loi sur les indiens du Canada71,72.
En Saskatchewan71, les Indiens inscrits en qualité de membres des Premières Nations et qui étaient atteints de diabète étaient plus susceptibles de consulter un médecin, d'être hospitalisés ou de subir une dialyse par rapport à la population générale atteinte de diabète. Les coûts de la prestation de soins de santé aux personnes des Premières Nations atteintes de diabète étaient plus de deux fois supérieurs à ceux des personnes des Premières Nations qui ne l'étaient pas, et 40 % plus élevés que les coûts pour les personnes atteintes de diabète dans la population générale. En appliquant une méthodologie différente pour calculer les coûts liés au diabète, l'étude du Manitoba72 a conclu que les coûts par personne des soins de santé destinés aux membres des Premières Nations atteints de diabète étaient 34 % plus élevés que pour celles qui ne l'étaient pas, et plus élevés de 69 % que dans le cas des personnes atteintes de diabète dans la population générale. Cependant, aucune de ces analyses n'a porté sur les frais assumés par les patients tels que les médicaments sous ordonnance, l'équipement (glucomètre, seringues, etc.) ou le transport. Si l'utilisation générale de ces ressources est différente de celle de la population générale, cela pourrait se répercuter sur la comparaison des coûts.
Donnant suite aux taux élevés de diabète et de ses facteurs de risque chez les populations autochtones, le gouvernement fédéral lançait en 1999 l'Initiative sur le diabète chez les Autochtones (IDA) dans le cadre de la Stratégie canadienne du diabète et la dotait d'un fonds de démarrage de 58 millions de dollars sur cinq ans. L'Initiative a été élargie en 2005, avec un budget renouvelé de 190 millions de dollars sur cinq ans. En 2010, le budget fédéral a engagé 275 millions de dollars sur cinq ans afin de soutenir les activités de l'IDA.
L'objectif principal de l'IDA est de diminuer l'incidence du diabète de type 2 en appuyant les activités et les services de promotion de la santé et de prévention de la maladie fournis par des travailleurs communautaires et des professionnels de la santé dûment formés sur le diabète. Par l'intermédiaire de l'IDA, Santé Canada travaille en partenariat avec les conseils tribaux, les communautés et les organisations de Premières Nations, les communautés et les groupes d'Inuits et les gouvernements des provinces et des territoires, afin de soutenir les initiatives de promotion de la santé et de prévention de la maladie ainsi que de dépistage et de prise en charge thérapeutique des cas de diabète. Ces initiatives doivent être adaptées aux réalités culturelles des communautés et basées sur la participation communautaire.
Le renouvellement du financement (2010-2015) permettra aux communautés de Premières Nations et d'Inuits de continuer à travailler sur la base des réussites passées dans plus de 600 autres communautés partout au Canada. L'IDA renouvelée mettra l'accent sur plusieurs domaines, dont :
Les communautés de Premières Nations et d'Inuits sont invitées à s'appuyer sur le savoir local et à mettre au point des approches novatrices qui tiennent compte de l'environnement culturel et qui visent à améliorer le mieux-être et à alléger le fardeau du diabète de type 2. Les activités financées varient d'une communauté à l'autre et peuvent comprendre des clubs de randonnée, des groupes d'entraide pour la perte de poids, des ateliers sur le diabète, des classes de conditionnement physique, des cuisines collectives, des jardins communautaires et des politiques favorables à une alimentation saine dans les écoles. L'IDA soutient aussi des activités traditionnelles comme la récolte et la préparation d'aliments, le canotage, les cercles de tambour, la danse et les jeux traditionnels.
La rapidité des changements socioculturels que vivent les membres des Premières Nations, les Inuits et les Métis depuis ces derniers cinquante ans a eu une répercussion majeure sur leur santé. Dans son rapport, le Sous-comité sur la santé des populations du Comité sénatorial permanent des affaires sociales, des sciences et de la technologie soulignait que : « Il a été établi il y a près de deux décennies que les facteurs qui déterminent la santé et le bien-être des communautés autochtones du Canada ont leurs origines dans les forces historiques, culturelles, sociales, économiques et politiques qui agissent en amont sur la vie des Autochtones »52. La gestion des facteurs de risque liés aux habitudes de vie, comme l'inactivité physique, les mauvaises habitudes alimentaires, l'embonpoint et l'obésité, joue un rôle important dans la prévention du diabète et de ses complications. Pour assurer la prévention primaire du diabète auprès de ces populations, administrer les soins de santé et assurer une prise en charge optimale des cas, les programmes communautaires doivent tenir compte de la diversité des héritages, des langues, des pratiques culturelles et des convictions spirituelles des Premières Nations, des Inuits et des Métis.
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