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Les femmes qui souffrent d'une maladie du cœur peuvent vivre une vie remplie

Ce n'est pas parce qu'on a diagnostiqué une maladie du cœur que votre vie est finie. C'est toutefois un son de cloche pour que vous, votre famille et votre médecin examiniez de plus près vos habitudes de vie afin d'apporter les modifications qui vous empêcheront d'aggraver l'état de votre cœur.

L'étape la plus importante pour vous, et ceux qui vous entourent, est de vous informer sur les maladies cardiovasculaires et sur les mesures à prendre pour maintenir et améliorer votre état de santé.


Qu'est-ce qu'une maladie du cœur?

Il existe plusieurs maladies du cœur. La plus courante est l'insuffisance coronarienne. Elle se produit lorsque de la plaque s'accumule dans les vaisseaux sanguins menant au cœur, ralentissant ainsi le débit sanguin et privant le cœur d'oxygène.


Vous ne savez pas si vous êtes à risque de souffrir d'une maladie du cœur?

De nombreux facteurs de risque peuvent mettre la santé cardiovasculaire des femmes en danger. Vous pouvez modifier certains de ces facteurs, d'autres pas. Si cela vous inquiète, demandez à un médecin ou à un autre professionnel de la santé d'évaluer votre santé cardiovasculaire. Vous pouvez également vous informer sur la façon de réduire vos risques de souffrir d'une maladie du cœur.


Quelles sont les répercussions d'une maladie cardiovasculaire sur les femmes?

Avec l'âge, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de contracter une maladie du cœur. Pourtant, un plus grand nombre en meurent parce qu'elles n'en connaissent ou ne reconnaissent pas les symptômes. Selon le rapport Le fardeau croissant des maladies cardiovasculaires et des accidents vasculaires cérébraux au Canada, l'insuffisance coronarienne constitue la principale cause de décès chez les femmes au Canada.

Les maladies du cœur touchent les femmes de tout âge, mais sont plus inquiétantes chez celles de plus de 55 ans. Les chercheurs ne savent pas pourquoi les femmes développent des maladies du cœur en vieillissant. Cela peut être dû en partie à une baisse de la production naturelle d'estrogène (une hormone sexuelle féminine) au moment de la ménopause. Cette hormone naturelle semble protéger les femmes contre les maladies du cœur.

Jusqu'à tout récemment, les chercheurs croyaient que l'hormonothérapie administrée aux femmes ménopausées pour compenser la baisse de production naturelle d'estrogène continuait à les protéger contre les maladies du cœur. Toutefois, les recherches indiquent maintenant que la prise d'estrogène augmente plutôt les risques de contracter une maladie du cœur. On ne recommande donc plus aux femmes de suivre une hormonothérapie pour prévenir les maladies du cœur.


Écoutez votre cœur

Les signes avant-coureur de la maladie cardiaque, de l'angine et de la crise cardiaque chez les femmes sont plus vagues et moins douloureux que chez les hommes.

Cela ne signifie pas toutefois que l'état de la femme est moins grave.


Soyez à l'affût des symptômes d'une crise d'angine ou du cœur

  • Douleur à la poitrine :
    • serrement
    • malaise
    • douleur vive
    • lourdeur
    • pression
    • pincement
    • indigestion
    • brûlure
  • Douleur irradiante :
    • dans la poitrine
    • dans les bras
    • dans le cou, la mâchoire ou les épaules
  • Difficulté à respirer
  • Pâleur, sueurs ou faiblesse générale
  • Nausée, vomissements et indigestion
  • Angoisse, peur ou refus de voir la vérité

Si vous avez un de ces symptômes :

  • Parlez-en à quelqu'un.
  • Appelez immédiatement le 911 ou le numéro d'urgence de votre localité.

Autres facteurs de risque

à ce stade de leur vie, d'autres facteurs de risque peuvent avoir une incidence sur la santé cardiovasculaire des femmes, comme l'embonpoint ou l'inactivité physique.

D'autres encore, comme une pression artérielle élevée ou le diabète augmentent les risques à raison de quatre à cinq fois respectivement.Note de bas de page 1 Il arrive souvent que les femmes âgées présentent plus d'un facteur de risque.

Une femme sur trois qui a subi une crise cardiaque est susceptible d'en faire une deuxième.Note de bas de page 2 Afin d'éviter d'aggraver leur état de santé, il importe que les femmes qui ont une maladie du cœur apprennent à gérer les facteurs de risque contrôlables.


Principaux défis à surmonter

Structure du cœur

De nombreux tests et traitements ont été mis au point à la suite des recherches menées auprès d'hommes atteints d'une maladie du cœur. En raison des différences physiques entre les deux sexes, on a découvert que certains tests n'étaient pas fiables et que certains traitements étaient moins efficaces lorsqu'on les administrait aux femmes.

Par exemple, la taille du cœur des hommes et des femmes n'est pas la même. En outre, les vaisseaux sanguins de la femme sont parfois plus étroits et plus courbés, rendant les traitements et les interventions chirurgicales plus difficiles. Plus les recherches se pencheront sur la santé des femmes, plus on réussira à produire des traitements adéquats.


Rétablissement après une crise cardiaque

Selon le nouveau rapport de l'Institut canadien d'information sur la santé, les femmes sont plus susceptibles que les hommes de subir une deuxième crise cardiaque,Note de bas de page 3 et leur risque de décès à l'hôpital est 16 % plus élevé dans les 30 jours suivant leur admission. Ce ne sont pas des statistiques très encourageantes, n'est-ce-pas?


Dépression

Les femmes qui ont une maladie du cœur courent un plus grand risque de souffrir de dépression et selon certains chercheurs, la dépression entraînerait des problèmes d'arythmie cardiaque et de coagulation sanguine.

étant donné que les personnes dépressives ont de la difficulté à se motiver pour faire de l'exercice, s'alimenter sainement ou cesser de fumer, leur risque de développer une maladie du cœur est plus élevé. De plus, les femmes dépressives sont plus susceptibles de mourir d'une crise cardiaque.


Équilibre

Les femmes qui souffrent d'une maladie du cœur ont du mal à prendre soin d'elles-mêmes et à mener une vie active. En général, elles continuent d'exécuter la majeure partie des tâches domestiques, même si elles travaillent à l'extérieur, et continuent de prendre soin des enfants et des membres vieillissants de leur famille.

Les femmes qui souffrent d'une maladie du cœur doivent parfois modifier leurs habitudes. Ces changements ont une incidence sur leur famille, qu'il s'agisse de cuisiner des repas plus sains ou de se reposer un peu plus pendant leur période de rétablissement. Malheureusement, les femmes se sentent souvent coupables d'être malades et ne prennent pas le temps de prendre soin d'elles-mêmes, surtout si cela signifie faire des changements à la maison.


Soutien social

Les femmes qui ont une maladie cardiaque peuvent souffrir d'un manque de soutien social et se sentent isolées. Selon certaines, leurs amis et leur famille ne comprennent pas ce qu'elles vivent alors que d'autres veulent sauver les apparences et ne pas imposer leurs problèmes aux autres.


Accès aux services de réadaptation

Les femmes participent moins souvent que les hommes aux programmes de réadaptation cardiaque conçus pour aider les gens atteints d'une maladie du cœur à apprendre des stratégies pour améliorer et maintenir leur santé cardiovasculaire. Bien qu'on ne sache pas tout à fait pourquoi, on avance l'hypothèse que certaines n'ont pas accès au transport pour se rendre aux programmes, ne veulent pas y participer ou ne peuvent pas se permettre de prendre le temps d'y aller.



Groupes de soutien et programmes d'aide

Si vous souffrez d'une maladie du cœur, les groupes et programmes suivants pourraient vous aider à vous soigner.

  • Groupes de soutien social : Les groupes de soutien social sont un bon endroit pour permettre aux femmes ayant une maladie du cœur de se confier et de constater qu'elles ne sont pas seules. Une femme témoigne du sentiment d'appartenance que son groupe de soutien lui a donné :

    « C’était bien d'avoir un endroit où on pouvait parler de nos sentiments, une place où on pouvait parler des questions féminines. Je me sentais proche de ces femmes même si je ne les rencontrais qu'une fois par mois. J'ai vraiment développé un sentiment d'appartenance. »iii (traduction libre)

    Votre professionnel de la santé ou le bureau local de la Fondation des maladies du cœur peut vous recommander des groupes de soutien dans votre région. Vous pouvez également joindre un groupe de soutien en ligne, comme Le Club. Ce site Web vous permet de communiquer avec d'autres femmes dans la même situation et avec des spécialistes des maladies cardiovasculaires.

  • Programmes de réadaptation cardiaque. Les programmes de réadaptation cardiaque renseignent les survivants sur les avantages de la réadaptation et peuvent aider les femmes à surmonter les défis comme la dépression et le manque de soutien. Certains de ces programmes sont mixtes et d'autres s'adressent aux femmes seulement. Ne vous découragez pas si le programme de votre région est mixte, car il arrive souvent que ces programmes offrent des séances d'exercice et mettent sur pied des groupes de discussion réservés uniquement aux femmes.

Programmes spécialisés pour les femmes

L'initiative de santé cardiovasculaire du Women's College Hospital de Toronto est un bel exemple d'un programme novateur réservé aux femmes. Les femmes se rassemblent en petits groupes pour apprendre à mieux vivre avec leur maladie du cœur. Le programme tient compte des besoins des femmes et les petits groupes offrent un milieu favorable à celles qui veulent du soutien de leurs pairs. On y offre également des séances de consultation sur divers sujets, comme les risques et les avantages de l'hormonothérapie.

Jennifer Price, infirmière praticienne aux soins aigus à l'hôpital WCHI explique que les principaux objectifs du programme sont d'aider les femmes 1) à atteindre leurs propres objectifs, comme être à nouveau capables de prendre leurs petits-enfants dans leur bras, et 2) de faire des changements physiques concrets qui amélioreront directement leur santé cardiovasculaire, comme perdre du poids ou abaisser leur pression artérielle. Des séances d'exercice personnalisées et des renseignements sur l'exercice, l'alimentation saine et la gestion du stress aident également les femmes à atteindre leurs objectifs.

Les programmes réservés uniquement aux femmes, comme celui de l'hôpital, offrent deux grands avantages aux participantes : du soutien d'autres femmes dans la même situation et du temps alloué aux soins de leur santé cardiovasculaire. Comme le dit Mme Price: « c'est presque comme si on donnait aux femmes le droit de se soigner ».

Il semblerait que les programmes adaptés aux besoins des femmes donnent de bons résultats. Selon Mme Price, 85 % des femmes qui participent au programme de l'hôpital vont jusqu'au bout, comparativement aux autres programmes de réadaptation cardiaque, qui n'obtiennent généralement qu'un taux de succès de 50 %.

Demandez à votre professionnel de la santé s'il existe un programme pour femmes seulement dans votre région. Sinon, suggérez aux responsables de votre hôpital d'en mettre un sur pied.


Six bons choix pour améliorer votre santé cardiovasculaire

Même si vous ne participez pas à un programme de réadaptation cardiaque, vous pouvez tout de même adopter un style de vie plus sain et améliorer votre santé en général.

  • Contrôlez votre pression artérielle.

    En maintenant une bonne pression artérielle, vous pouvez prévenir les dommages aux artères (déchirures et renflements) et possiblement ralentir le durcissement des artères.

    En vous alimentant sainement et en suivant les directives de votre médecin, vous pouvez diminuer votre pression.

  • Abaissez votre taux de cholestérol en mangeant bien.

    Les aliments contiennent de bons et mauvais gras qui influent sur votre taux de cholestérol. Les gras sont importants dans votre alimentation. Toutefois, une trop grande quantité de gras saturés et de gras trans peut déséquilibrer votre taux de cholestérol et bloquer vos artères, ce qui peut entraîner des dommages. Faites cuire vos aliments au four au lieu de les faire frire. Les fritures contiennent beaucoup plus de cholestérol.

  • Visez un poids-santé.

    Les risques d'une crise cardiaque sont trois fois plus élevés chez les femmes qui font de l'embonpoint. Déterminez avec votre médecin quel est votre poids-santé et établissez un plan pour atteindre ce poids et le maintenir.

  • Ne fumez pas ou arrêtez de fumer.

    En cessant de fumer, vous réduisez considérablement vos risques de mourir d'une crise cardiaque.

  • Soyez active.

    Trouvez une activité qui vous plaît, et faites-la. Le cœur est un muscle qui doit faire de l'exercice régulièrement pour rester en santé. Demandez à votre médecin de vous suggérer un programme d'exercice adapté à vos besoins. Il peut s'agir simplement de danser, de monter et descendre les escaliers ou de faire des étirements chaque jour. Vous pouvez également mettre sur pied un groupe de marche avec d'autres personnes de votre quartier. Les exercices entre amis, voilà une combinaison gagnante!

  • Réduisez votre niveau de stress et prenez le temps de relaxer.

    Les femmes sont souvent stressées, surtout lorsqu'elles doivent s'occuper d'autres personnes. Le stress fait augmenter le taux de cholestérol et la pression artérielle chez certaines personnes.

    Allégez votre niveau de stress en obtenant de l'aide pour exécuter les tâches quotidiennes et en prenant le temps de relaxer.

    En apportant des changements positifs dans votre style de vie, vous pouvez réduire vos risques d'aggraver votre état de santé ou de subir d'autres crises cardiaques. Vous vous sentirez plus forte et plus en contrôle de votre santé.


Note de bas de page 1
PRICE, J.A.D. « Management and Prevention of Cardiovascular Disease in Women », Nursing Clinics of North America, no 39, 2004, p. 873-884.
Note de bas de page 2
WENGER, N.K. « You've Come a Long Way, Baby: Cardiovascular Health and Disease in Women, Problems and Prospects », Circulation, no 109, 2004, p. 558-560.
Note de bas de page 3
ARTHUR, H.M., D.M. WRIGHT et K.M. SMITH. « Women and Heart Disease: The Treatment May End But the Suffering Continues », Canadian Journal of Nursing Research, vol. 33, no 3, 2001, p. 17-29.

Rédigé par femmesensante.ca à Women's College Hospital et Alberta Health Services. À l’origine, l’article était affiché sur le site Web du Réseau canadien de la santé.