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« Je n'avais pas eu de succès avec deux médicaments biologiques et un tas d'autres médicaments, mais maintenant j'en prends un qui donne d'excellents résultats. La plupart des gens ne se rendraient même pas compte que je suis malade. J'ai été opérée à la main; j'étais sur une liste d'attente pour un remplacement du genou quand j'ai commencé à prendre ce médicament, qui m'a tout simplement placée sur la voie de la rémission. »
— Personne atteinte de la maladie de Still
Le terme « arthrite » couvre un groupe de maladies complexes contre lesquelles il n'existe actuellement aucune cure. Les médicaments jouent un rôle clé dans la prise en charge de l'arthrite; ils permettent de soulager la douleur, de préserver les articulations et de ralentir la progression de la maladie1 .
Pour certains types d'arthrite, particulièrement les formes inflammatoires de la maladie, il est vital de poser un diagnostic précoce et de commencer le traitement rapidement afin d'atténuer la douleur et l'inflammation, d'empêcher ou de réduire l'incapacité et d'améliorer globalement la qualité de vie des patients2 3 4 5 6 7 8 9 . Sans traitement efficace, la progression de nombreuses formes d'arthrite, notamment la polyarthrite rhumatoïde (PR) et la spondylarthrite ankylosante (SA), mène à l'incapacité fonctionnelle4 8 .
Les médicaments actuellement utilisés contre l'arthrite sont les suivants : les analgésiques, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), les corticostéroïdes, les antirhumatismaux à action lente (ARAL) et les modificateurs de la réponse biologique (MRB, également connus sous le nom de « médicaments biologiques »). Au cours des dernières années, l'introduction de nouveaux médicaments, tels les produits biologiques, a considérablement accru l'efficacité du traitement pharmacologique de l'arthrite. De plus, une nouvelle génération de médicaments contre l'arthrose, capables notamment de freiner la progression de la maladie dans ses premiers stades ou de modifier son évolution, se profile à l'horizon10 .
Le présent chapitre traite de l'utilisation de médica- ments en fonction du type d'arthrite, de l'âge et du sexe des individus, de l'année et de la catégorie des médicaments. Il s'appuie sur les données d'IMS Health Canada. Les différents types d'arthrite ont été groupés en cinq catégories :
Les analgésiques simples incluent des médicaments comme l'acétaminophène. Bien qu'ils soient considérés comme le traitement de premier recours contre les douleurs arthritiques (principalement celles causées par l'arthrose), ils n'ont pas d'effet sur l'inflammation1 2 11 . Comme ils ne sont pas prescrits sur ordonnance, il s'avère difficile de faire la surveillance de leur utilisation1 11 .
Les AINS comptent parmi les médicaments les plus utilisés dans le traitement de l'arthrite en raison de leurs propriétés analgésiques (particulièrement en cas de douleur aiguë) et anti-inflammatoires1 3 12 . Ils sont utilisés dans le traitement de la plupart des formes d'arthrite, notamment l'arthrose, la PR, la goutte, la SA, la PP et les maladies du tissu conjonctif2 7 11 12 13 14 15 16 17 18 . Certains AINS sont en vente libre, et d'autres doivent être prescrits par un médecin.
Les lignes directrices sur les pratiques exemplaires recommandent que les protecteurs gastro-intestinaux soient prescrits pour traiter ou prévenir les complications gastro-intestinales, tels les saignements, associées à la prise d'AINS chez les personnes présentant des facteurs de risque de problèmes gastro-intestinaux (âge avancé, association de plusieurs AINS ou antécédents d'ulcère). Ces protecteurs sont également prescrits pour soulager entre autres le reflux gastro-œsophagien pathologique, les ulcères gastroduodénaux primaires et de nombreux symptômes gastriques et intestinaux, qui n'ont aucun lien avec la prise d'AINS19 .
Les corticostéroïdes ont été utilisés avec succès pour réduire l'inflammation des articulations et l'activité des formes inflammatoires de la maladie20 . Il existe deux modes d'administration des corticostéroïdes : la voie orale ou l'injection. Ces deux modes sont efficaces pour atténuer la douleur et l'enflure accompagnant de nombreux types d'arthrite1 2 3 4 5 6 11 12 13 14 16 18 21 22 23 .
Les ARAL sont des médicaments qui suppriment l'inflammation et préviennent l'atteinte articulaire1 4 11 20 24 . Les lignes directrices encadrant actuellement le traitement clinique de la PR recommandent l'utilisation des ARAL dès la confirmation du diagnostic. Les ARAL ne produisent pas d'effet immédiat; le soulagement intervient ultérieurement. Par conséquent, les AINS et les corticostéroïdes sont souvent utilisés dans le traitement initial, en association avec les ARAL4 . Les ARAL sont également prescrits dans le traitement de la SA, de la PP et des maladies du tissu conjonctif2 5 7 16 18 21 .
Les MRB forment la dernière génération de médica- ments contre l'arthrite. À l'instar des ARAL, ils ont un effet anti-inflammatoire et contribuent à éviter les lésions articulaires20 . Ils permettent en outre de stabiliser les symptômes et d'améliorer la fonction physique des patients réfractaires au traitement à base d'un ou de plusieurs ARAL. Ils sont souvent utilisés en association avec ces derniers11 20 .
« Je suis hantée par la peur que le médicament actuel cesse d'être efficace et qu'aucun autre ne le soit davantage ou ne soit disponible pour moi. »
— Personne atteinte de polyarthrite rhumatoïde
En 2007, plus de 4 millions d'ordonnances d'AINS ont été délivrées au Canada à des personnes ayant reçu un diagnostic d'arthrite : il s'agit du plus grand nombre d'ordonnances parmi toutes les catégories d'ordonnances liées à l'arthrite. Le tiers environ (30 %) des ordonnances d'AINS délivrées pour l'arthrite l'ont été pour l'arthrose; 9 %, pour la PR, les maladies du tissu conjonctif et autres types d'arthrite inflammatoires; et le reste (61 %), pour d'autres types d'arthrite tels que les lésions articulaires, la pseudo-polyarthrite rhyzomélique, la synovite, la bursite et les arthropathies non précisées.
Les AINS peuvent irriter la paroi de l'estomac et le système GI. Des médi- caments protecteurs sont par conséquent prescrits pour réduire le risque d'irritation. La plupart des ordonnances de PGI ont été prescrites à des personnes souffrant d'arthrose ou à des personnes souffrant d'une autre affection arthritique (40 % et 53 %, respectivement).
Les ARAL sont aussi utilisés couramment pour traiter l'arthrite : plus d'un million d'ordonnances ont été délivrées en 2007. La majeure partie (plus de 70 %) des ordonnances ont été prescrites aux personnes souffrant de PR.
Les ordonnances de corticostéroïdes ont été délivrées le plus souvent (62 %) à des personnes ayant reçu un diagnostic dans la catégorie des « autres affections arthritiques ».
Plus de 90 % des ordonnances de MRB ont été prescrites pour des personnes ayant reçu un diagnostic de PR.
| Nombre d'ordonnances pour l'arthrite | Pourcentage du total des ordonnances à l'intention de personnes atteintes de diverses formes d'arthrite | |||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Arthrose | PR | Maladies du tissu conjonctif | Autres types d'arthrite inflammatoires | Autres affections arthritiques | ||
| Source : Agence de la santé publique du Canada, à partir des données de l'Index canadien des maladies et traitements, IMS Health Canada. | ||||||
| AINS | 4 165 700 | 30,0 | 4,5 | 0,6 | 3,9 | 61,3 |
| ARAL | 1 101 230 | 0,9 | 72,2 | 9,9 | 5,7 | 8,0 |
| Corticostéroïdes | 908 230 | 13,1 | 12,6 | 8,2 | 2,0 | 61,8 |
| MRB | 149 610 | - | 90,1 | - | 2,5 | - |
| PGI | 283 650 | 40,0 | 6,1 | 0,1 | 10,3 | 52,8 |
Tableau 7-1 - Équivalent texte
« Si les nouveaux médicaments biologiques avaient existé lorsque j'étais dans la vingtaine, je pense que je serais en meilleur état aujourd'hui. L'effet de ces médicaments aux stades précoces de l'arthrite est tout à fait remarquable. La clé du succès réside dans un diagnostic précoce et un traitement vigoureux de la maladie. »
— Personne atteinte de polyarthrite rhumatoïde
En 2007, dans tous les groupes d'âge, davantage d'ordonnances ont été délivrées aux femmes arthritiques qu'aux hommes, sauf entre 15 et 34 ans (figure 7-1). Le nombre d'ordonnances d'AINS a atteint un pic chez les hommes de 45 à 54 ans et les femmes de 55 à 64 ans, puis a diminué. Ces données concordent avec l'observation d'une plus forte prévalence de l'arthrite chez les femmes, et le fait que la majorité des personnes vivant avec l'arthrite sont en âge de travailler.
Davantage d'ordonnances de PGI ont été rédigées pour des hommes que pour des femmes souffrant d'arthrite, sauf pour ceux âgés entre 45 et 54 ans et 65 et 74 ans (figure 7-2). Le nombre d'ordonnances de PGI délivrées aux hommes a crû jusqu'à l'âge de 64 ans, tandis que chez les femmes, ce nombre a connu une hausse marquée entre 35 et 54 ans, avant de redescendre de façon constante par la suite.
Les lignes directrices sur les pratiques exemplaires recommandent que des PGI soient prescrits pour traiter ou prévenir les complications associées à la prise d'AINS chez les personnes présentant des facteurs de risque de problèmes gastro-intestinaux (p. ex. un âge avancé, l'association de plusieurs AINS ou des antécédents d'ulcère). Bien que le nombre d'ordonnances de PGI visant à traiter l'arthrite soit inférieur au nombre d'ordonnances d'AINS, il n'est pas possible d'évaluer l'écart potentiel entre les lignes directrices et la pratique clinique sans connaître la proportion de personnes qui présentaient des facteurs de risque de problèmes gastro-intestinaux.
Le nombre d'ordonnances d'AINS a décliné au fil du temps chez les femmes et les hommes (figure 7-3). En ce qui concerne les femmes, le nombre d'ordonnances délivrées a connu un sommet en 2004, puis un déclin marqué l'année suivante. Ce déclin pourrait résulter du retrait du rofécoxib (inhibiteur sélectif de la COX-2) du marché canadien en septembre 2004. Les inhibiteurs sélectifs de la COX-2 ont été mis au point expressément pour réduire les complications gastro-intestinales; ils se sont avérés efficaces, mais ils ont été associés à une hausse du risque cardiovasculaire12 . Le déclin du nombre d'ordonnances pourrait résulter d'un recours accru aux AINS en vente libre, aux dépens des AINS sur ordonnance25 .
Le nombre de PGI prescrits aux femmes et aux hommes a connu une forte croissance entre 2004 et 2005 et entre 2005 et 2006, respectivement (figure 7-4). Chez les femmes, la décroissance abrupte entre 2006 et 2007 est préoccupante, car le nombre d'ordonnances d'AINS n'a pas décru aussi fortement pendant la même période.
Les ARAL sont recommandés comme traitement principal de la PR. Le nombre d'ordonnances d'ARAL rédigées pour les femmes souffrant d'arthrite était plus élevé que pour les hommes dans tous les groupes d'âge (figure 7-5). Cela s'explique par le fait que les formes d'arthrite qui exigent un traitement par des ARAL, notamment la PR, sont plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes. Le nombre maximal d'ordonnances d'ARAL a été atteint chez les femmes de 45 à 54 ans, après quoi ce nombre a décliné; chez les hommes, il a été atteint entre 55 et 64 ans, ce qui concorde avec l'observation que la majeure partie des personnes arthritiques sont en âge de travailler.
Les tendances temporelles en matière de prescription d'ARAL ont été différentes selon le sexe. Le nombre d'ordonnances rédigées pour des femmes souffrant d'arthrite a augmenté entre 2002 et 2007; il est resté stable pour les hommes jusqu'en 2006, puis il a connu une baisse en 2007 (figure 7-6). La raison de cet écart n'est pas établie.
Dans tous les groupes d'âge, le nombre d'ordonnances de corticostéroïdes (voies orale et intraveineuse combinées) était plus élevé chez les femmes atteintes d'arthrite que chez les hommes (figure 7-7), ce qui est cohérent avec l'observation que la prévalence de la maladie est supérieure chez les femmes. Le nombre d'ordonnances prescrites à l'intention de femmes arthritiques a augmenté avec l'âge.
Une tendance similaire quant aux ordonnances de corticostéroïdes (voies orale et intraveineuse combinées) a été observée chez les hommes et les femmes : le nombre d'ordonnances a diminué entre 2002 et 2004, suivi d'une augmentation entre 2004 et 2006, puis il a baissé en 2007 (figure 7-8).
Les femmes ont reçu davantage d'ordonnances de MRB que les hommes (figure 7-9). L'observation concorde avec la prévalence supérieure des formes d'arthrite inflammatoire (comme la PR) chez les femmes. Le nombre d'ordonnances a augmenté avec l'âge jusqu'à 64 ans chez les femmes, alors qu'il a diminué chez les hommes des mêmes groupes d'âge.
Le nombre d'ordonnances de MRB rédigées pour les femmes a connu une hausse marquée entre 2002 et 2003 et entre 2006 et 2007 (figure 7-10). La hausse des ordonnances a été très marquée entre 2006 et 2007 chez les hommes et les femmes. Ces hausses seraient attribuables en partie aux modifications apportées aux listes de médicaments provinciales, la couverture des MRB ayant été élargie.
Figure 7-10 - Équivalent texte
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