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Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) édition hebdomadaire

Actualités en bref pour maladies infectieuses - le 9 juillet 2010

[Édition actuelle - Table des matières]

Quantification et propagation de Pneumocystis jirovecii dans l’air ambiant de patients atteints de pneumonie à Pneumocystis

Antécédents

Il a été montré dans des modèles animaux qu’il y a transmission aérogène de Pneumocystis et ce type de transmission est très probable chez l’homme. Toutefois, on ne dispose pas d’information sur la charge en Pneumocystis jirovecii (Pneumocystis d’origine humaine) de l’air expiré par des patients infectés. L’objectif des chercheurs était d’évaluer la diffusion de P. jirovecii dans l’air par des patients atteints de pneumonie à Pneumocystis.

Méthodes

Les patients atteints de pneumonie à Pneumocystis qui ont été admis à l’hôpital du 9 janvier 2008 au 21 juillet 2009 ont été inscrits prospectivement à l’étude. Des échantillons d’air (1,5 m3) ont été prélevés dans un milieu liquide à l’aide d’un échantillonneur commercial à des distances de 1, 3, 5 et 8 m de la tête des patients. Des échantillons-témoins d’air ont été prélevés à l’écart des salles d’hôpital des patients atteints de pneumonie à Pneumocystis et de l’extérieur. Les échantillons ont fait l’objet d’un examen visant à déceler et à quantifier P. jirovecii à l’aide d’une épreuve de détection par réaction en chaîne de la polymérase en temps réel ciblant le gène d’ARN ribosomal de la grosse sous-unité mitochondriale.

Résultats

Quarante patients ont reçu un diagnostic de pneumonie à Pneumocystis. L’échantillonnage de l’air a été effectué dans l’environnement de 19 d’entre eux. De l’ADN de P. jirovecii a été détecté à une distance de 1 m de la tête des patients chez 15 (79,8%) des 19 patients, ce qui représente des charges fongiques allant de à copies de gène/m3. Ces niveaux diminuaient en fonction de la distance des patients ( ). Néanmoins, 4 (33,3%) des 12 échantillons prélevés à une distance de 8 m, dans le corridor adjacent à leur chambre, étaient tout de même positifs. Quarante échantillons-témoins ont été prélevés et ils étaient négatifs.

Conclusion

Cette étude fournit les premières données quantitatives sur la propagation de P. jirovecii dans l’air expiré par des patients infectés. Elle étaye le risque de transmission directe de P. jirovecii lors de contacts étroits avec des patients atteints de pneumonie à Pneumocystis et ouvre la voie pour entreprendre une évaluation quantitative du risque de transmission aérogène de P. jirovecii.

Clinical Infectious Diseases 2010;51:259–265
http://www.journals.uchicago.edu/toc/cid/2010/51/3

Surveillance de la malaria --- États-Unis, 2008

Problème/Trouble

Chez l’homme, la malaria est causée par des protozoaires intraérythrocytaires du genre Plasmodium. Ces parasites sont transmis par la piqûre d’une femelle infectante de l’espèce de moustique anophèle. La majorité des infections palustres aux États-Unis se produisent chez des personnes qui ont voyagé dans des régions dans lesquelles il y a transmission perpétuelle de la malaria. Aux États-Unis, des cas peuvent survenir par exposition à des produits sanguins infectés, par transmission congénitale ou par transmission locale par un moustique. La surveillance de la malaria est effectuée pour identifier les épisodes de transmission locale et pour guider les recommandations sur la prévention à l’intention des voyageurs.

Période visée

Ce rapport résume les cas de patients dont la maladie est apparue en 2008 et résume les tendances des années précédentes.

Description du système

Les cas de malaria diagnostiqués par frottis sanguin, par réaction en chaîne de la polymérase ou par tests de diagnostic rapide doivent obligatoirement être déclarés aux services de santé locaux et au ministère de la Santé des États par les fournisseurs de soins de santé ou le personnel de laboratoire. Des enquêtes sont effectuées sur les cas par les services de santé locaux et les ministères de la Santé des États, et les rapports sont transmis au CDC par le biais du National Malaria Surveillance System (NMSS), du National Notifiable Diseases Surveillance System (NNDSS) et des consultations directes du CDC. Les données issues de ces systèmes de déclaration sont à base de ce rapport.

Résultats

Le CDC a reçu 1 298 déclarations de cas de malaria dont l’apparition des symptômes de la maladie s’est produite en 2008 chez des patients aux États-Unis, ce qui représente une diminution de 13,8% par rapport aux 1 505 cas déclarés en 2007 (p<0,001). Ces cas comprenaient un cas lié à la transfusion, un cas congénital et deux cas mortels. Plasmodium falciparum, P. vivax, P. malariae et P. ovale ont été identifiés respectivement dans 40,6%, 14,6%, 1,5% et 1,4% des cas. Le premier cas documenté de malaria simienne, P. knowlesi, a été signalé chez un voyageur américain. Huit (0,6%) des 1 298 patients étaient infectés par deux espèces ou plus. L’espèce infectante n’était pas précisée ou elle était indéterminée dans 41,2% des cas. Considérant le volume estimé de voyages par l’organisation mondiale du tourisme, les taux de cas relatifs estimés de malaria les plus élevés chez les voyageurs se sont produits chez ceux qui revenaient de pays d’Afrique occidentale. Un total de 508 civils américains ont contracté la malaria à l’étranger; parmi les 480 civils pour lesquels on connaissait l’information sur la chimioprophylaxie, 344 (71,7%) ont déclaré ne pas avoir suivi le régime médicamenteux chimioprophylactique recommandé par le CDC pour la région dans laquelle ils avaient voyagé. Quatorze cas ont été déclaré chez des femmes enceintes, dont aucune n’avait suivi de régime médicamenteux préventif complet.

Interprétation

Il y a eu une diminution importante du nombre de cas de malaria entre 2007 et 2008. Il n’y a eu aucun changement dans les proportions des cas imputables aux diverses espèces de Plasmodium. Les civils américains voyageant dans des pays de l’Afrique occidentale ont présenté les taux de cas relatifs estimés les plus élevés. Dans la majorité des cas déclarés, les civils américains qui ont contracté la malaria à l’étranger n’avaient pas suivi de régime chimioprophylactique convenant au pays dans lequel ils ont contracté l’infection.

Mesures de santé publique

Les personnes qui voyagent dans une région où la malaria est endémique devraient prendre des mesures pour prévenir la malaria, mesures qui pourraient comprendre de suivre l’un des régimes chimioprophylactiques recommandés convenant à la région visitée et le recours à des mesures de protection individuelle visant à empêcher les piqûres de moustique. Toute personne qui a séjourné dans une région impaludée et qui présente subséquemment une fièvre ou des symptômes pseudogrippaux devrait consulter immédiatement un médecin et décrire son itinéraire de voyage au clinicien; l’investigation devrait toujours comprendre l’examen de frottis sanguin avec des résultats disponibles immédiatement pour déceler la malaria. En effet, les infections palustres peuvent être mortelles si elles ne sont pas diagnostiquées et traitées rapidement.

Morbidity and Mortality Weekly Report (MMWR): Surveillance Summaries
June 25, 2010 / 59(SS07);1-15
http://www.cdc.gov/mmwr/preview/mmwrhtml/ss5907a1.htm?s_cid=ss5907a1_w

Maladies transmissibles sexuellement chez les utilisateurs de médicaments contre la dysfonction érectile : Analyse des données sur les réclamations

Antécédents

Les traitements pharmacologiques contre la dysfonction érectile (DE) ont connu un essor chez les hommes d’âge moyen et les hommes plus âgés. L’activité sexuelle accrue chez les hommes qui ont recours à ces médicaments engendrent des préoccupations à l’égard des maladies transmissibles sexuellement (MTS). L’objectif de l’étude était d’examiner les taux de MTS chez des hommes qui utilisent des médicaments contre la DE et chez ceux qui n’en utilisent pas.

Méthode

Il s’agit d’une étude rétrospective de cohortes. Les bases de données sur les réclamations de 1997 à 2006 de 1 410 806 hommes de plus de 40 ans couverts par une assurance privée de leur employeur dans 44 grosses compagnies ont été utilisées. 33 968 hommes à qui on avait servi au moins 1 prescription de médicament contre la DE et 1 376 838 patients n’ayant pas reçu de prescription ont été inclus dans l’étude. Les mesures utilisées aux fins de l’analyse étaient la prévalence des MTS chez les utilisateurs et chez les non-utilisateurs de médicaments contre la DE.

Résultats

Les utilisateurs de médicaments contre la DE présentaient des taux de MTS plus élevés que les non-utilisateurs l’année avant de commencer la thérapie au médicament contre la DE (214 par rapport à 106 annuellement pour 100 000 personnes; P = 0,003) et l’année après (105 par rapport à 65; P = 0,004). Après ajustement en fonction de l’âge et d’autres états comorbides, les utilisateurs de médicaments contre la DE présentaient un ratio d’incidence approché (odds ratio ou OR) pour une MTS de 2,80 (IC de 95%; 2,10 à 3,75) l’année précédant le début de la pharmacothérapie; le ratio d’incidence approché était de 2,65 (IC; 1,84 à 3,81) l’année suivante. Ces différences étaient largement dues aux infections au VIH. Les ratios d’incidence approchés pour l’infection au VIH étaient de 3,32 (IC; 2,38 à 4,36) l’année avant et de 3,19 (IC; 2,11 à 4,83) l’année après que la prescription d’un médicament contre la DE ait été servie. Les changements significatifs des taux de MTS l’année avant et l’année après avoir servi la première prescription de médicament contre la DE n’ont pas été documentés (ratio d’incidence approché ajusté en fonction des MTS pour les utilisateurs avant et après avoir servi la première prescription de médicament contre la DE, 0,96 [IC; 0,87 à 1,06]).

Conclusion et limitation

Les hommes qui utilisent des médicaments contre la DE présentent des taux de MTS plus élevés, particulièrement d’infection au VIH, tant l’année avant que l’année après l’utilisation de ces médicaments. L’association observée entre l’utilisation de médicaments contre la DE et les MTS pourraient avoir davantage à voir avec les types de patients qui utilisent les médicaments contre la DE qu’un effet direct de la disponibilité des médicaments contre la DE sur les taux de MTS. Le counselling sur les pratiques sexuelles sécuritaires et le dépistage des MTS devraient accompagner la prescription de médicaments contre la DE. Le biais de sélection empêche de tirer des conclusions à savoir si le recours aux traitements contre la DE mènent directement à des augmentations des MTS.

Ann Intern Med July 6, 2010 153:I-44;
http://www.annals.org/