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Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) édition hebdomadaire

Actualités en bref pour maladies infectieuses - le 11 juin 2010

[Édition actuelle - Table des matières]

L’Afrique du Sud se prépare pour la Coupe du monde de soccer

Les représentants de la santé de l’Afrique du Sud, le pays hôte de l’événement d’une durée d’un mois dont le coup d’envoi sera donné le 11 juin, replacent des inquiétudes dans leur contexte après des éclosions récentes de fièvre de la vallée du Rift et de rougeole dans ce pays qui présente aussi des taux notoirement élevés de VIH/sida et de tuberculose. L’événement mondial, qui devrait attirer plus de 350 000 visiteurs étrangers dans neuf villes du pays, pose plusieurs défis compte tenu de sa taille et de la diversité des partisans qui y assisteront. Les rassemblements de masse ont le potentiel d’augmenter la transmission des maladies transmissibles importées et endémiques, y compris de la grippe pandémique H1N1, selon le National Institute of Communicable Diseases (NICD) d’Afrique du Sud. Lucille Blumberg du NICD explique que depuis 1984, toutes les épidémies d’influenza en Afrique du Sud, sauf une, se sont produites durant la saison au cours de laquelle la Coupe du monde avait eu lieu. L’épidémie sud-africaine de 2009 a été caractérisée par « un pic biphasique dû à l’introduction du virus de l’influenza pandémique A de 2009 qui a dominé la saison ». Blumberg ajoute que « bien que la transmission dans des stades non couverts devrait être faible, des éclosions ont été signalées lors de rassemblements de masse à l’extérieur et on peut s’attendre à ce que la transmission dans le grand public soit élevée ». Le risque de contracter une infection transmise sexuellement (ITS) lors d’événements à grande échelle est évident mais il est particulièrement pertinent en Afrique du Sud où la prévalence du VIH chez les femmes de 15 à 49 ans est de 29%, selon l’étude prénatale du ministère de la Santé (Department of Health) de 2009. Le porte-parole de la santé, Vukani Mnyandu, indique que l’importante campagne de counselling et de tests de dépistage du VIH visant à tester 15 millions de personnes pour le VIH en 1 an, lancée en avril par le président Jacob Zuma, se poursuivra durant la Coupe du mMonde. L’objectif de la campagne est de faire connaître aux gens leur état sérologique vis-à-vis du VIH, de les sensibiliser davantage sur la prévention du VIH, de cultiver chez eux un comportement favorisant la santé et d’accroître l’accès aux traitements du sida, aux soins et aux services de soutien.

Source : The Lancet Infectious Diseases, Volume 10, Issue 6, Pages 373 - 374, June 2010

Infections sanguines d’origine communautaire en Afrique : examen systématique et méta-analyse

Les données sur la prévalence et les causes des infections sanguines d’origine communautaire en Afrique sont peu abondantes. Nous avons cherché dans trois bases de données des études qui ont étudié prospectivement des patients admis à l’hôpital en présentant au moins une hémoculture et nous avons trouvé 22 études pertinentes qui décrivaient 58 296 patients, parmi lesquels 2 051 (13,5%) de 15 166 adultes et 3 527 (8,2%) de 43 130 enfants présentaient des infections sanguines. Mille six cent quarante trois (1 643), soit (29,1%) des infections sanguines autres que la malaria étaient imputables à Salmonella enterica (58,4% desquelles étaient à Salmonella non typhoïdique), soit l’isolat le plus prévalent globalement et chez les adultes, et 1 031 (18,3% globalement) étaient imputables à Streptococcus pneumoniae, soit l’isolat le plus répandu chez les enfants. Parmi d’autres isolats communs, il y avait Staphylococcus aureus (531 infections, soit 9,5%) et Escherichia coli (412, soit 7,3%). Le complexe Mycobacterium tuberculosis représentaient 166 (30,7%) des 539 isolats dans sept études qui ont employé des techniques de culture mycobactérienne. L’infection à VIH était associée avec n’importe quelle infection sanguine, mais particulièrement avec la bactériémie du complexe M. tuberculosis et S. enterica. Les patients atteints d’infections sanguines présentaient un taux de mortalité à l’hôpital de 18,1%, lorsque cette information était relevée. Nos résultats montrent que les infections sanguines sont communes et associées à une mortalité élevée. Des services de microbiologie clinique améliorés et une réévaluation des lignes directrices de traitement empiriques qui rendent compte de l’épidémiologie des infections sanguines pourraient contribuer à l’obtention de meilleurs résultats.

Source : The Lancet Infectious Diseases, Volume 10, Issue 6 June, 2010

Souches d’E. coli locales répandues trouvées au Mexique

Des chercheurs étudiant Escherichia coli entérotoxigène au Mexique ont trouvé un petit nombre de souches qui pourraient être endémiques dans l’ensemble du Mexique et plusieurs souches qui sont propres à deux villes, selon une étude. Les chercheurs ont examiné des échantillons de diarrhée du voyageur contractée par 213 étudiants américains à Guadalajara et à Cuernavaca entre 2004 et 2007. Les deux villes sont à 300 miles l’une de l’autre et ont peu d’interaction, ce qui a permis aux chercheurs d’établir une distinction entre les maladies sporadique et épidémique dans leurs échantillons. Il a été présumé que les micro-organismes présents dans tous les échantillons étaient E. coli en raison de leurs caractéristiques phénotypiques. Les analyses biochimiques ont toutefois révélé que seulement 85% étaient en fait E. coli. Les résultats montrent que la moitié des souches restantes était constituée de Citrobacter freundii et 9% de Klebsiella pneumoniae. Les chercheurs sont les premiers à utiliser des analyses des régions polymorphes amplifiées de l’ADN à l’aide de séquences aléatoires pour décrire les échantillons extérotoxigènes d’E. coli. Les résultats ont indiqué 24 groupes clonaux comptant deux isolats ou plus chacun. La plupart des groupes (63%) ne contenaient que deux isolats. Seulement 41% des échantillons appartenaient à un groupe clonal, le reste représentant une seule souche indépendante. Huit groupes clonaux (33%) touchaient les deux villes et 15 groupes (63%) touchaient des années différentes.

Source : Infectious Disease News 8 June 2010
http://www.infectiousdiseasenews.com/article/65341.aspx