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Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) édition hebdomadaire

Actualités en bref pour maladies infectieuses - le 27 novembre 2009

[Édition actuelle - Table des matières]

Une nouvelle étude permet de mettre en évidence un nouveau mode de communication entre streptocoques

Le streptocoque du groupe A (SGA) est une bactérie pathogène pour l’être humain. Ces bactéries peuvent causer diverses maladies chez l’humain, pouvant aller d’une simple infection superficielle de la peau ou de la gorge à des maladies hautement invasives constituant un danger de mort comme un choc toxique ou une fasciite nécrosante, connue sous le nom de bactérie mangeuse de chair. Au même titre que les conséquences des complications auto-immunes de la fièvre rhumatismale et du rhumatisme cardiaque, une estimation prudente de 500 000 décès annuels à l’échelle planétaire causés par des infections au SGA a été calculée, plaçant cette bactérie au rang des 10 premières causes de mortalité dues à une infection. On en sait peu sur ce qui contrôle la conversion de l’état inoffensif à l’état pathogène dans les infections au SGA. Puisque ces bactéries existent habituellement en communauté et non comme micro-organismes solitaires, les systèmes de communication des bactéries sont des éléments clés pour comprendre les interactions entre hôtes et bactéries. La plupart des communications entre cellules bactériennes se font par molécules de signalisation cellulaire sécrétées et senties par elles. Lorsque le niveau de molécules de signalisation est suffisamment élevé, elles peuvent activer l’expression génétique qui coordonne leur comportement. Cette activation ne se met en place qu'en présence d’un nombre suffisant de bactéries (un quorum), d’où le nom du mécanisme, quorum bactérien. Une nouvelle recherche menée par le Professeur Emanuel Hanski du Department of Microbiology and Molecular Genetics à la Medical School de la Hebrew University of Jerusalem, a permis d’identifier un nouvel ensemble de gènes chez les SGA et chez un proche parent, le streptocoque du groupe G (SGG), un commensal normalement considéré comme inoffensif pour l’hôte. Ces gènes sont activés par un peptide sensible au quorum bactérien appelé SilCR. SilCR n’est pas fonctionnel parmi les souches de SGA hautement invasives, ce qui laisse entendre que ce groupement de gènes peut participer à la colonisation et à l'établissement du commensal des relations hôte-bactérie. Les chercheurs démontrent également que les souches de SGA et de SGG ont la capacité de sentir leurs molécules SilCR respectives, coordonnant ainsi leur pathogénicité et constituant un nouveau système de communication entre ces bactéries.

Source : Medical News Today, le 10 novembre 2009 http://www.medicalnewstoday.com/articles/170441.php

Comment les tiques transmettent-elles la maladie de Lyme aux humains : vers une meilleure compréhension au moyen de la technique d'imagerie

À l’aide d’une puissante technique d’imagerie permettant d’observer les organismes vivants microscopiques, une équipe de recherche dirigée par le Dr Justin Radolf, professeur au Departments of Medicine and Genetics and Developmental Biology de la University of Connecticut Health Center, a découvert que la façon dont s’y prennent les tiques pour transmettre la maladie de Lyme aux êtres humains est différente de ce qu’on avait d’abord cru. La maladie de Lyme est causée par la transmission d’une bactérie spirochète, la Borrelia burgdorferi, des tiques à l’humain, mais pour un certain nombre de raisons techniques, le processus de transmission a été difficile à étudier. Radolf et les chercheurs Star Dunham-Ems et Melissa Caimano ont tenté une nouvelle approche. Ils ont modifié des gènes d'une souche virulente de la B. burgdorferi pour permettre à la protéine à fluorescence verte (GFP) de s’exprimer. Les spirochètes en culture sont hautement mobiles et l’on croit couramment que pendant l’ingestion de nourriture, les spirochètes dans l’intestin moyen se déplacent rapidement à travers la paroi de l’intestin moyen. Cependant, Radolf et son équipe ont trouvé que pendant la majeure partie du temps d’ingestion d’aliments, les spirochètes ne se déplacent pas. Plutôt, elles se divisent et entourent les cellules de la paroi de l’intestin moyen, ou épithélium, formant ainsi des réseaux solides. Tôt ou tard, les spirochètes des réseaux atteignent la base de l’épithélium en entourant complètement les cellules épithéliales. À ce moment, elles deviennent mobiles, se détachent et pénètrent complètement l’intestin moyen, bien qu’en très petit nombre. Ces quelques bactéries nagent alors vers les glandes salivaires, qu’elles pénètrent en route vers la bouche. La maladie de Lyme est l’infection à vecteur la plus prévalente aux États-Unis avec plus de 25 000 nouveaux cas déclarés annuellement. Un pourcentage substantiel de ces cas se produit au Connecticut.

Source : Science Daily, le 17 novembre 2009
http://www.sciencedaily.com/releases/2009/11/091116180134.htm

Le mouvement de population : facteur critique à la propagation de la dengue?

Le mouvement de population est un facteur clé de l’arrivée du virus de la dengue à Rio de Janeiro, selon les résultats de chercheurs situés à la Oswaldo Cruz Foundation (Fiocruz), au Brésil. Les résultats, fondés sur les données d’une grave épidémie survenue en 2007-2008, contribuent à une meilleure compréhension de la dynamique de la dengue dans la deuxième ville en importance au Brésil. Ce virus représente un problème de santé publique majeur dans plusieurs régions tropicales à l'échelle planétaire. C’est une maladie à vecteur, transmise le plus souvent par le moustique Aedes aegypti. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la prévalence de la dengue est la plus élevée dans les zones tropicales de l'Asie et des Amériques, totalisant entre 50 et 100 millions de cas évalués de fièvre reliés à la dengue et entre 250 000 et 500 000 cas de fièvre virale hémorragique reliés à ce virus survenant chaque année mondialement en tant qu’épidémies brutales dans les zones urbaines. Au Brésil, trois stérotypes du virus de la dengue (DENV) ont été introduits au cours des trois dernières décennies. En 2007‑2008, une poussée de fièvre reliée au virus de la dengue à Rio de Janeiro a fait 240 décès déclarés (100 décès causés par la fièvre virale hémorragique de la dengue et 140 décès causés par d’autres complications reliées au virus). Cette ville populeuse présente des conditions favorables élevées à la transmission de la dengue. La surveillance et le contrôle de la dengue dans les grandes zones urbaines à niveaux élevés de transmission de ce virus posent d’importants défis. Par conséquent, des connaissances cohérentes sur la dynamique de cette maladie qui intègrent des données épidémiologiques et entomologiques sont essentielles. La présente recherche combine des données sur la séroprévalence de la fièvre de la dengue, sur l’infection récente causée par ce virus et sur la densité du vecteur dans trois quartiers de Rio de Janeiro : un quartier urbain, un en banlieue et un îlot classé insalubre. Des enquêtes sérologiques ont été menées avant et pendant la période épidémique. Les enquêtes entomologiques consistaient en des cueillettes d’œufs et d’adultes de A. aegypti dans des pièges de façon hebdomadaire.

Cette enquête entomologique et sérologique intégrée a permis de mettre en évidence la transmission silencieuse même au cours d’une grave épidémie. Aucune association n’a été observée entre l’indice d’infestation des habitations et le risque d’infection de la dengue dans ces zones, soulevant de nouvelles questions sur les lieux de sa transmission – à la maison, au travail ou ailleurs. Lorsque combinée, la carte de séroprévalence particulière au voisinage mettait en corrélation un risque beaucoup plus important avec les zones de mouvement de population intense.

Source : Science Daily, le 12 novembre 2009
http://www.sciencedaily.com/releases/2009/11/091110065920.htm