Cette section examine l’établissement de partenariats communautaires, l’efficacité des efforts pour établir des partenariats et les niveaux de satisfaction à l’égard du processus. Les données proviennent des entrevues et des groupes de discussion de l’évaluation régionale du PACE de l’Atlantique et des formulaires A, B et C de l’évaluation nationale.
Des partenariats fructueux ont été établis entre les projets du PACE et plusieurs types d’organisations communautaires, telles que le Club Lions, la bibliothèque municipale et l’église locale. Dans une série de groupes de discussion, des représentants de ces agences communautaires ont expliqué comment le partenariat avec les projets du PACE a été établi et comment il a fonctionné. Malgré la diversité des points de vue, un message s’est dégagé : les partenariats fonctionnaient et ils étaient essentiels pour répondre aux besoins de la communauté.
Les partenaires des projets du PACE provenaient d’un vaste réseau d’agences et d’organisations. Les projets du PACE ont établi des partenariats avec les écoles locales, les bibliothèques, les magasins généraux, les garderies, les services de santé publique, les associations de la santé mentale, les Services sociaux et à la Famille, les centres communautaires, d’autres coalitions communautaires, les aimés autochtones, les églises, les groupes de citoyens, la GRC et les forces policières locales, les centres d'emploi, les agences d'habitation, les collèges, les universités, les programmes d’intervention précoce chez l'enfant, les programmes pour les enfants à besoins spéciaux, les hôpitaux, les centres de jeunesse, les centres d'hébergement, les groupes de soutien à l’allaitement maternel, les nutritionnistes, les agences de prévention de la violence familiale, les groupes d’alphabétisation, et plusieurs autres groupes ou individus de la communauté.
Cette diversité de partenaires des projets du PACE s'est reflétée dans l'information présente dans le Formulaire C de l’évaluation nationale. Ces données ont décrit les différentes agences et organisations impliquées dans la prestation ou la gestion des 485 programmes du PACE du Canada atlantique. La figure 7 illustre la répartition des différents types de partenaires oeuvrant avec les projets du PACE.
FIGURE 7: Organisations présentement en partenariat avec les projets du PACE de l'Atlantique
La nature des partenariats était aussi diverse que le genre de partenaires impliqués. Lors des groupes de discussion, des représentants d’agences communautaires ont déclaré qu’ils se sont associés de multiples façons, en commençant, dans certains cas, par la rédaction de la demande de financement. Les partenaires ont offert de l’espace, de l’encouragement, de la référence de cas et du leadership. Il s’agissait d’une relation interactive basée sur l’entraide et le soutien mutuel.
Dans certains cas, ces partenariats ont été créés avant que lesfonds ne soient disponibles. Certains groupes ont vu le PACE comme un moyen de mettre enmarche des partenariats dont on avait besoin.
Je pense que la mise en contact de tous ces organismes n'a jamais posé un problème majeur, mais ce qui avait manqué dans le passé c'étaient les ressources financières et autres ressources pour faire quelque chose qui aurait un impact.
Ce point de vue était confirmé par les données du Formulaire A de l'évaluation nationale où les projets ont signalé qu'avant l'annonce des programmes du PACE leur capacité de développer des programmes dépendait des actifs qui existaient déjà dans la communauté (voir figure 8). Cinquante-six pour cent (56 %) des projets ont signalé que la formulation d'une demande de projet au PACE dépendait des forces et des actifs déjà présents dans la communauté avant l'annonce du PACE.
FIGURE 8 : Dépendance envers les forces et les actifs existant dans la communauté pour préparer une demande de projet au PACE
Dans d’autres cas, l’établissement des partenariats a été plus compliqué parce qu'il y avait moins de liaisons communautaires. Cette constatation a été confirmée par l’évaluation nationale où les projets ont signalé que le développement de partenariats constituait parfois un obstacle à la préparation de leur demande. Le tableau 18, fait à partir de données nationales pour le Canada atlantique, illustre certains des défis mentionnés par les projets concernant les partenariats lors de la préparation d’une demande de projet au PACE.
TABLEAU 18 : Défis rencontrés lors de la préparation d’une demande au PACE
| Défis à la preparation d’une demande au PACE | Pourcentage (%) |
| Établir un partenariat qui représente différents points de vue dans la communauté | 44% |
| Développer un consensus parmi les partenaires concernant les besoins et les priorités de la communauté | 34% |
| Identifier un individu, une organisation ou un groupe pour assumer la responsabilité principale de la demande | 27% |
Opinions du personnel sur le développement de partenariats
Lors des entrevues, le personnel a souligné que souvent l’établissement des liens vitaux dans la communauté constituait un processus difficile, surtout pendant les étapes initiales du développement du projet. Les partenaires communautaires potentiels hésitaient à s’associer aux projets et à leur fournir du soutien parce qu’on ne connaissait pas grand-chose sur leur rôle ou leur efficacité potentielle dans la communauté. Donc, le personnel a dû gagner la confiance de la communauté. Au tout début, le personnel a éprouvé de la difficulté à «vendre» les programmes dans la communauté parce qu’ils n’étaient pas encore bien établis. Cependant, le personnel a aussi signalé que le nombre de partenaires communautaires a augmenté au fur et à mesure que la communauté voyait les résultats positifs chez les participants, que les centres et les programmes prenaient de l’expansion et que les projets se méritaient le respect et le soutien de la communauté.
Opinions des partenaires communautaires sur les partenariats.
Pour leur part, les partenaires communautaires ont parlé d’une façon positive des relations établies, mentionnant que ce genre de partenariat était «excellent» et qu’il avait créé de «bons rapports». Ils ont évoqué une «histoire de partenariats réussis» en notant que «la collaboration a été la clé du succès». Cependant, les représentants de la communauté ont signalé que l’établissement de relations«prenait du temps» et était «un processus qui évoluait». Ils ont parlé du besoin de compréhension mutuelle, de bonnes relations de travail et d’un climat confortable. Un des groupes de discussion a abordé certains de ces problèmes liés au développement de partenariats :
Je pense qu’ils sont plus à l’aise avec les partenariats maintenant, mais au début ils n’étaient pas efficaces. À un moment donné, j’étais avec Enfant et Famille et j’avais toujours l’impression qu’ils voulaient qu’on leur réfère des cas. Ils ne voulaient pas s’associer avec nous au début. Mais je crois que nous avons fait un bon bout de chemin.
Il s’agit avant tout d’éprouver un sentiment de confort, d’avoir un niveau de confiance, et ça ne se fait pas en un jour. Ça fonctionne mieux sans doute quand il y a une compréhension mutuelle.
Le personnel et les agences communautaires ont reconnu que les bonnes relations de travail dépendaient de la communication ouverte et de la volonté de laisser se développer la compréhension du PACE et de son potentiel. Dans l’ensemble, il y a eu un engagement profond au développement de telles relations et un désir de cultiver ces liens.
Les partenaires ont été impliqués de diverses façons spécifiques dans le cadre du PACE. À titre d’exemple, on a mentionné à plusieurs reprises que des groupes de citoyens avaient organisé des événements spéciaux pour les enfants aux projets du PACE, ou encore qu’ils avaient donné de la nourriture, des jouets, ou des fournitures aux projets. Des partenaires ont supervisé les travaux d’étudiants du secondaire dans la construction d’une maison de jeu pour un centre. On a aussi mentionné que des magasins à rayons avaient donné des jouets. Les agences communautaires ontreconnu l’importance de ces types de partenariat.
Ils ont fait des choses qui ont augmenté le degré de sensibilisation et d’appartenance... Certains groupes ont contribué au moment de la fête de Pâques et d’autres groupes ont couvert les dépenses de photocopie... Ce ne sont peut-être pas des organismes comme les Services sociaux ou la Santé publique, mais ce sont des entreprises et des individus de la communauté qui collaborent.
Les partenaires communautaires ont également travaillé avec les projets en fournissant de l’espace et des fonds. Selon les données nationales pour le Canada atlantique, pendant la période d’avril à septembre 1995, soixante-neuf pour cent (69 %) des projets ont utilisé des locaux qu’on a mis à leur disposition (sans frais de location). Les projets ont utilisé ces espaces (une moyenne approximative de 2 364 pieds carrés) pendant environ 16 jours par mois. Les espaces fournis provenaient de divers partenaires communautaires, comme l’indique la figure 9.
FIGURE 9 : Partenaires communautaires fournissant de l’espace aux projets du PACE
Les représentants des agences communautaires ont reconnu la valeur de ces dons et ont affirmé que ce genre de soutien a souvent été essentiel au fonctionnement continu du projet. Les agences ont également reconnu qu’elles ont souvent bénéficié de ces ententes. La femme d’un pasteur a parlé des effets que la contribution de l’espace au projet a eu sur l’église :
L’arrivée du projet dans notre espace a également aidé à faire disparaître le mythe qui entourait notre espace... Ça était un don, c’est aussi simple que ça. Nous avions sans doute l’impression que c’était nous qui fournissions de l’aide. En fait, c’est nous qui avions reçu quelque chose. La présence des gens de la communauté est tout à fait enrichissante du point de vue spirituel et je vois le centre comme un catalyseur pour des choses comme cela. Pas uniquement un endroit où référer les gens, mais un endroit qui aide à unir.
Selon les données nationales pour le Canada atlantique, pendant la période d’avril à septembre 1995, soixante-six pour cent (66 %) des projets du PACE ont reçu du financement gouvernemental(à l’exclusion du financement du PACE), soit du gouvernement fédéral ou des gouvernements provinciaux ou municipaux. Quarante-sept pour cent (47 %) des projets ont reçu de petits montants en provenance d’autres sources. La moyenne des fonds totaux reçus (pour six mois) était de 2 788 $. Les services que l’on a fournis comprenaient le transport, les frais de subsistance, de l’équipement spécial, le loyer, les services et les assurances.
Les partenaires ont participé en offrant leurs services comme personnes ressources disponibles quand le personnel avait besoin de leurs services. D’autres ont siégé au conseil d’administration ou ont joué un rôle consultatif. D’autres ont développé et offert des programmes aux sites des projets. Les partenaires des agences gouvernementales ont participé à la mise sur pied de séances d’information qui pouvaient atteindre un grand nombre de personnes, y compris des parents qui n’auraient peut-être pas contacté ces agences directement. D’autres partenaires ont utilisé les installations du centre pour offrir des programmes, étant donné que le centre était un «endroit plus neutre» que d’autres sites. Les partenaires ont se sont aussi servis de ressources (livres, cassettes, et autre matériel) disponibles au centre pour leur travail, et ils considéraient ces ressources comme un aspect important du centre.

Dans environ les trois quarts des groupes de discussion, l’importance de la référence de noms a été mentionnée comme une activité de partenariat. Les agences communautaires et les projets ont généralement établi un système bilatéral de référence de noms qui fonctionnait bien et qui fournissait des services et de l’information nécessaires aux parents.
Si je cherche un cours sur le rôle parental ou quelque chose comme ça, je vais communiquer avec le centre pour savoir quand le prochain cours aura lieu. J’ai des gens qui pourraient réellement en bénéficier et ...si vous avez des clients qui pourraient en bénéficier tout de suite, ils pourraient essayer de les y introduire...
Pour nous à la Santé publique, je considère que le centre nous a réellement aidés parce que nous ne pouvons atteindre toutes les mamans que nous avions l’habitude d’atteindre et maintenant nous pouvons leur dire qu’il y a un endroit pour elles.
Perspectives du personnel sur les noms référés
Comme l’illustrent les commentaires suivants, le personnel a souligné que le sentiment de communauté s’est renforcé lorsqu’il y avait des noms référés de façon bilatérale entre le PACE et les agences communautaires.
...des merveilleux partenariats dans la communauté, une prise de conscience communautaire qui, vous savez, je ne dis pas que nous sommes là et que tout le monde nous connaît, mais je crois que les gens qui nous réfèrent des noms, qui ont la confiance de le faire...
Il y a eu un autre événement vraiment significatif, je crois, quand une maman est arrivée au centre avec le nom de notre centre de ressources familiales écrit par un médecin sur une feuille de son bloc de prescription.
Tel que mentionné précédemment, plusieurs des partenaires communautaires ont été impliqués dans le projet du PACE depuis le début. La grande majorité des groupes de discussion avaient au moins un membre qui avait fait partie du groupe initial qui avait formulé une demande de fonds pour un projet. Ainsi, les partenaires communautaires ont souvent joué un rôle actif dans l’élaboration de la demande et la planification du centre. Cette préparation de la demande a souvent pris beaucoup d’heures de réunion et de travail afin de développer une vision de ce que devait être le centre. Un membre d’un groupe de discussion a décrit ce processus de la façon suivante :
Quand j’ai rencontré [coordinatrice] pour la première fois, elle avait le centre de ressources familiales dans une boîte de carton... Je venais tout juste d'être embauchée comme travailleuse sociale auprès des jeunes enfants et j'ai ri avec elle parce que j'ai dit, «Bon, je vais ouvrir un dossier». Donc, elle avait une boîte et moi j’avais un dossier et nous étions dans ce nouveau programme. Elle disait «De quoi est-ce qu'un centre de ressources familiales a l'air?»... Elle est même allée voir différentes organisations et leur a simplement demandé ce qu’ils voulaient dans un centre. Elle a aussi demandé un tas de choses aux parents comme, «Qu'est-ce que vous voulez?»
L’implication des partenaires au début des projets s'est confirmée dans les résultats des données nationales (Formulaire A) pour la région de l'Atlantique. La figure 10 montre l'agence, l’organisation ou le groupe qui a pris l'initiative d'élaborer une demande de projet au PACE. La forte implication de la communauté dans la région de l'Atlantique est évidente car cinquante-et-un pour cent (51 %) des demandes ont été soumises par des agences communautaires ou des coalitions de groupes communautaires. Quinze pourcent (15 %) des demandes ont été préparées par des résidents individuels et dix pour cent (10 %) ont été préparées par des groupes de revendication.
FIGURE 10 : Organisations qui ont joué un rôle déterminant dans la préparation d'une demande de projet au PACE
D’après les données nationales pour le Canada atlantique, les résidents et les partenaires de la communauté ont joué un rôle actif dans le choix d’éléments clés à inclure dans les demandes de projets au PACE. Pendant la préparation des demandes de projets dans la région de l’Atlantique, les principaux décideurs étaient des résidents individuels (83 %), des agences communautaires et des prestataires de services (80 %), des agences ou ministères gouvernementaux (73 %), et des groupes de revendication (59 %).
L’implication des partenaires de la communauté s’est maintenue souvent au-delà de l’étape de la préparation d’une demande, puisqu’on s’attendait à ce qu’ils s’impliquent davantage dans la gestion de programme et la prestation des programmes dans les centres. La figure 11 indique le pourcentage des programmes auxquels les groupes ont contribué pendant la préparation de demande de projet (Formulaire national A), pendant la phase du début (Formulaire national B) et pendant la période d’avril à septembre 1995 (Formulaire national C).
FIGURE 11 : Partenaires pendant la phase de préparation de la demande, la phase du début du projet et la phase en cours
Les résultats démontrent que les partenaires du PACE sont demeurés sensiblement les mêmes du temps depuis l’élaboration du projet jusqu’à septembre 1995. Les partenariats avec les clubs sociaux et avec les groupes religieux ont augmenté durant la phase initiale, alors que les partenariats avec la communauté, les agences communautaires et gouvernementales et les groupes de revendication ont diminué avec le temps. Dans les groupes de discussion communautaires, certains partenaires ont parlé de leur implication continue dans le projet tout en signalant que les projets avaient de moins en moins besoin d’eux.
Les projets vont réussir même si nous n’y sommes pas. Ça montre à quel point ils ont grandi. Mais ils avaient besoin de nous au début.
On espérait également que les programmes procureraient des avantages aux communautés et aux régions avoisinantes qu’ils desservaient. Selon les données nationales du Formulaire national B pour le Canada atlantique, les avantages anticipés pour les régions avoisinantes et les communautés où se trouvaient les 485 programmes énumérés étaient avant tout le renforcement d’un esprit communautaire / régional (signalé dans 65 % des programmes). On a également mentionné (voir tableau 19) une amélioration de la sécurité (31 %) et une augmentation de ressources, comme les parcs, les terrains de jeux (14 %).
TABLEAU 19 : Avantages anticipés pour la communauté
Pourcentage (%) |
|
| Esprit communautaire accru | 65% |
| Sécurité accrue | 31% |
| Plus de ressources (c.-à-d. parcs, terrains de jeux) | 14% |
| Autre | 2% |
Dans le cadre des groupes de discussion, on a demandé aux représentants communautaires jusqu’à quel point ils croyaient que les projets du PACE avaient aidé la communauté. Les partenaires communautaires ont cité un grand nombre d’avantages pour la communauté. Leurs réponses ont souvent été liées aux activités spécifiques accomplies dans le cadre des projets et à l’impact que ce genre d’activité avait sur la vie des individus, sur les familles, et en dernier essor, sur la communauté. Dans un cas seulement, un membre de la communauté a mis en doute la valeur des partenariats pour la communauté.
Parmi les réponses positives, on retrouve des avantages pour les familles, y compris la possibilité de croissance personnelle et de formation sur le rôle parental grâce aux activités et aux autres ressources disponibles aux centres; grâce aux réseaux sociaux qui offraient l’occasion de parler à d’autres parents «dans le même bateau»; grâce au répit de la routine du foyer qui pouvait soulager le stress parental; et grâce à la présence d’un endroit qui permettait aux enfants de jouer et d’acquérir des habiletés nécessaires pour l’école. Parmi les autres avantages, on a mentionné une connaissance accrue de la communauté et des ressources qui s’y trouvent.
Des représentants des agences communautaires ont constaté l’aspect durable de ce genre d’avantage en signalant que «quand tu aides un parent ou un enfant, tu les aides tous» parce que les changements individuels font boule de neige au niveau de la communauté. Les partenaires ont aussi remarqué que la participation des parents aux projets entraînait une implication accrue dans la communauté. Les citations suivantes illustrent ces convictions :
Mais toute formation des parents se reflète sur l’enfant et je suis sûre que les parents qui sont ici ont une meilleure connaissance de ce que c’est que la communauté et des parents qui y vivent, des organismes et des gens à qui s’adresser naturellement quand ils veulent quelque chose.
Je crois que ça donne du pouvoir aux femmes et aux familles. Cela leur permet d’identifier des stratégies, de les identifier avec d’autres gens. Et quand ils retournent et en parlent dans leur milieu, de plus en plus de gens viennent aux centres et c’est ce que nous voyons dans les centres qui fonctionnent bien. Alors cela va améliorer les habiletés parentales et les habiletés des enfants et, avec le temps, ça fera boule de neige dans le système scolaire.
On s’attendait également à ce que les programmes offerts par les centres procurent des avantages au réseau de prestation de services. Selon les données nationales pour le Canada atlantique, ces avantages incluaient : une disponibilité et une accessibilité accrues des services (64 %); un niveau plus élevé d’intégration et/ou de coordination (58 %); et une meilleure qualité de service (42 %). Parmi les autres avantages signalés dans le cas de deux pour cent (2 %) des programmes, il y avait plus d’information ou de sensibilisation sur les ressources et les services. (Dans 15 % des programmes il n’y a eu aucune mention d’impacts directs sur le réseau de prestation de services.)
Les partenaires communautaires ont également discuté de l’impact des projets du PACE sur la prestation de services dans la communauté. Les discussions ont porté sur quatre secteurs : la connaissance accrue des services, la réponse à un besoin de la communauté, l’atmosphère des projets, et le développement professionnel des partenaires tel que vécu dans le cadre des projets. Ces sujets de discussion ont enrichi l’information provenant des données nationales en ajoutant une autre dimension, à savoir l’influence positive de l’implication dans le PACE sur les prestataires de services eux-mêmes.
Les partenaires communautaires ont signalé que les centres ont rendu d’autres services plus accessibles en raison de l’information véhiculée au centre ou fournie par un conférencier d’une agence. Grâce à ces contacts, les parents ont pu approcher plus facilement les représentants d’autres organisations et agences :
Ça facilite le premier contact. Il est plus facile d’aller à l’agence si tu as besoin de quelque chose. Ce n’est plus un endroit étranger.
Cela ramène ces gens qui sont sensés être notre soutien à un niveau où la communauté y a accès.
Les répondants des CC / CCP ont fait remarquer que les projets sont devenus plus experts à exploiter les services communautaires pour le compte de leurs participants. Ils se sont servis des partenariats qu’ils avaient créés et ils ont identifié les services que d'autres partenaires ou groupes communautaires pourraient offrir dans le but de forger d'autres liens.
Ce qu'ils disent, c'est que le Centre de ressources familiales fait assez de programmes. Dans beaucoup de cas, on essaie de faire trop, mais on sait qu'il y a une autre organisation, que ce soit la Croix Rouge, l'école, un groupe social, la Santé communautaire, qui pourrait nous dépanner. Grâce aux partenariats, les centres font du réseautage et les contacts se font plus facilement.

Les représentants communautaires ont déclaré que les projets avaient répondu à un besoin ou à une lacune dans les services. Les projets du PACE ont assuré des services qui n’auraient pas été disponibles autrement, ou bien parce que ce genre de service n’avait jamais été disponible ou qu’il avait été éliminé en raison des coupures des services gouvernementaux.
Le projet a répondu à un besoin dans la communauté, un besoin auquel on n’aurait jamais pu répondre sans cela. En plus, l’approche est unique.
Et en raison des changements dus aux coupures gouvernementales, et de la façon dont la Santé publique et le ministère de la Santé évoluent, j’ai l’impression que je ne fais plus le travail que je suis sensée faire. En travaillant avec le PACE, au moins je sais que quelqu’un fait les choses qui, d’après moi, sont essentielles. Même si on ne me permet plus de les faire, quelqu’un les fait quelque part et cela me réconforte.
Les partenaires communautaires ont déclaré qu’étant donné l’atmosphère aux centres, les gens allaient y demander des services plus facilement qu’à d’autres agences. Les partenaires communautaires ont parlé d’environnements agréables que les programmes du PACE ont réussi à créer. Les projets ont donc contribué à la prestation de services en augmentant l’accès aux services pour les gens qui n’auraient pas cherché de l’aide à d’autres endroits.
Si j’avais essayé de mettre sur pied le programmeY’a personne n’est parfait, personne ne serait venu parce que nous avons la Santé mentale, les Infirmières hygiénistes et Santé et Services communautaires. Il y a assez de paranoïa autour de ce genre de service institutionnel que les clients ne se mettent pas en ligne pour venir. Mais le même programme fonctionne à deux milles d’ici, au centre de ressources familiales. La coordinatrice en a organisé un et elle a une liste d’attente. Ce sont les mêmes gens qui forment notre clientèle, mais si nous voulions offrir le service, nous n’aurions aucun client. Nous avons beaucoup de clients en commun, mais quand le service est offert au centre, les gens ne se sentent pas visés et il y a une ligne d’attente.
Ils offrent la confiance, ce que les autres n’offrent pas. Les gens ont confiance en ce centre. Ce n’est pas dirigé par des gens qui ont de grands diplômes ou qui n’ont aucune idée de ce que c’est que de souffrir. Les gens du projet sont au courant de cela, ils sont directement impliqués. C’est donc pour cette raison que les gens qui viennent ici se sentent à l’aise.
Dans certains cas, les préjugés associés à certains services ont limité la capacité de certains partenaires communautaires de travailler avec le projet.
Ici, je dois avoir l’autorisation. Je dois m’assurer que le travail avec le centre n’entre pas en conflit avec mon emploi. Il y a des gens qui font partie du centre avec lesquels j’ai travaillé dans le passé. Ils vont se méfier de moi, ils savent qui je suis. Ma position au centre devient un peu plus difficile parce que je connais de plus en plus de gens. Je sais que je ne suis pas sensée être ici en raison du fait que je suis liée avec ce qui fait peur aux gens.
Les répondants des CC / CCP ont mentionné que le PACE avait montré comment les partenariats entre parents, personnel et prestataires de services peuvent fonctionner. La participation au PACE a fourni une expérience d’apprentissage de la réalité et du fonctionnement des partenariats. Les prestataires de services ont été obligés d’examiner leurs méthodes de travail et ce qu’ils considèrent leur champ d’action spécifique. Les projets du PACE ont dû écarter toute notion de services fournis uniquement par des professionnels et accepter l’implication des gens qui pouvaient parler avec les clients d’une façon moins intimidante.

Par exemple, une mère a-t-elle besoin d’un professionnel de la santé pour se faire orienter vers une diète plus saine?
Le PACE a mis en question plusieurs systèmes et plusieurs individus. Il a certainement mis en question le système bureaucratique. Il a certainement mis en question les relations fédérales / provinciales. Il a incité les professionnels à penser d’une façon totalement différente... Et il a obligé les communautés et les parents à se rendre compte de leur pouvoir et de leur potentiel.
Sans le PACE, nous n’aurions jamais su ce que les communautés pouvaient faire, nous n’aurions jamais connu les différents genres de partenariats qui peuvent être établis. Cela nous a donné beaucoup de choses. Cela nous a fatigués beaucoup, mais cela nous a donné beaucoup. Nous sommes toujours ici... plus engagés que jamais.
Les partenaires communautaires ont également signalé un quatrième aspect de la prestation de services que les projets du PACE ont affecté – les prestataires de la communauté eux-mêmes. Les partenaires du PACE ont signalé que les projets avaient servi de lieu de rencontre pour les professionnels et qu’ils les avaient aidés à développer un réseau professionnel. Les partenaires ont également utilisé les ressources des projets dans leur propre travail et dans certains cas, les centres ont acheté les livres et le matériel pour les partenaires communautaires. Cependant, d’après certains partenaires, le partenariat a surtout ranimé leur foi dans la capacité et la bonté naturelle des gens et des parents, foi qui sommeillait en raison des années de travail dans le système.
Cela m’aide à réapprendre. Avant de devenir travailleuse sociale auprès des jeunes enfants, j’avais travaillé aux services de la Protection pendant six ou sept ans. Après un poste comme cela, tu as tendance à voir tout le monde en délinquant... J’ai dû réapprendre que les gens sont bons dans l’ensemble et qu’il y a beaucoup de parents qui, si on leur donne la chance, vont continuer à évoluer comme parents... Cela m’a aidé à réapprendre que, malgré notre condition dans la vie, nous voulons tous faire ce qu’il y a de mieux pour nos enfants.
Les parents ont signalé que les projets du PACE les ont aidés à découvrir ce qui est disponible dans la communauté. Des 151 parents interviewés, 60 parents (39,7 %) ont indiqué que leur participation au projet avait amélioré leur connaissance de la communauté. Leurs réponses sont résumées au tableau 20. Les parents qui ont parlé de leur connaissance de la communauté dans des groupes de discussion ont formulé le même genre de réponses.
TABLEAU 20 : Ce que les parents ont appris à propos de la communauté
| Pourcentage (%) | |
| Information générale concernant la communauté | 19% |
| Information sur des programmes ou agences spécifiques | 20% |
| Vision du projet comme ressource pour accéder à la communauté | 5% |
| Rien appris | 17% |
| Inconnu | 44% |
| nombre = 151 (les chiffres étant arrondis, le total n’est pas 100 %) | |
Les parents ont indiqué avoir obtenu de l’information sur la communauté en général en lisant les bulletins, les brochures, les calendriers et les avis affichés au centre. Ils ont déclaré avoir appris des choses sur différentes activités et différents groupes dans la communauté. Les parents qui avaient déménagés récemment dans la région avaient beaucoup apprécié l’information distribuée par le centre. D’autres parents ont signalé qu’ils n’auraient peut-être pas été au courant des activités de la communauté s’ils n’étaient pas allés au centre. Ils ont décrit le centre comme une source cruciale d’information.
Beaucoup de choses qui se passent dans la communauté se passent ici. On est les premiers à entendre parler de ce qui se passe. Depuis que je viens ici, je suis mieux informée.
Les parents ont indiqué que, grâce à leur participation au projet, ils ont découvert des agences ou des programmes qu’ils ne connaissaient pas auparavant. Cela leur a permis de s’inscrire à différents cours et de participer à des activités communautaires et à des visites d’agences. Ils se sont également renseignés sur les ressources pour les familles monoparentales, les programmes prénataux, les cliniques, les centres pour femmes, l’Association de la santé mentale, et Santé et Services communautaires. Une femme décrit le centre comme une source d’information communautaire de la façon suivante :
Pour les gens qui ne connaissent rien des Services sociaux et des affaires comme ça, ils leur expliqueront. Il y a des annonces sur les gardiennes, par exemple. Si tu as besoin d’une gardienne ou si tu as besoin d’un appartement, de vêtements pour les enfants ou d’un lit de bébé ou n’importe quoi. Ils ont beaucoup d’information.
Trois parents ont mentionné que, grâce aux activités au centre, ils comprenaient mieux le fonctionnement des agences et le rôle des individus qui y travaillent. Les parents ont aussi indiqué que le centre leur a permis de profiter des conférenciers et de l’information, auxquels ils n’auraient pas eu accès autrement. Dans les entrevues et les groupes de discussion de parents, les parents ont souligné la valeur des rencontres avec le personnel des agences :
Et j’ai rencontré beaucoup de gens des services sociaux... vous savez ce que je veux dire? Vous savez, si vous avez un visage que vous connaissez, c’est plus facile si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’est-ce pas?
Plusieurs parents voyaient les projets comme des personnes ressources qui aident à répondre aux besoins individuels et à établir des contacts dans la communauté au moyen de l’information et des références. Ces parents ont décrit le projet comme étant la clé qui donnait accès à la communauté.
Tu ne savais pas que le centre était là pour offrir quelque chose à la communauté, puis tu découvres que la communauté est là pour aider. Les ministères sont là pour faire quelque chose pour toi.
Mon affaire était d’apprendre comment être parent... Aujourd’hui je sais que je n’ai pas besoin d’appeler les Services sociaux et de parler à dix personnes différentes pour trouver ce que je veux savoir. Je peux téléphoner au centre et parler à la coordinatrice et elle peut me dire à qui je dois parler et où je dois aller. Je n’avais pas ça auparavant. Alors c’est ce que le centre doit être, ça doit être un centre de ressources.
Vingt-six parents (26) ont dit qu’ils n’avaient rien appris de neuf sur la communauté. À peu près la moitié des parents ont nuancé leurs réponses en disant qu’ils étaient déjà au courant de ce qu’il y avait de disponible dans la communauté ou qu’ils n’étaient pas allés souvent au centre. Une seule personne a répondu très négativement. Elle a affirmé que le personnel ne connaissait pas grand-chose sur la communauté et n’avait pas grand-chose à offrir aux parents dans ce domaine.

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