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Document d'orientation sur l'utilisation du vaccin monovalent inactivé contre la grippe pandémique A (H1N1) 2009

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7.0 Groupes pour qui le vaccin est recommandé

7.1 Personnes à haut risque de complications associées au pH1N1 et leurs soignants

7.1.1 Personnes de moins de 65 ans atteintes d’une affection chronique

Ce groupe court un plus grand risque de complications du pH1N1, qui peuvent nécessiter une hospitalisation ou une admission à l’USI, et même occasionner un décès5,6.

Un certain nombre de problèmes de santé chroniques sont associés à un risque accru de complications de la grippe, et une infection grippale peut entraîner une exacerbation de la maladie chronique. Citons en particulier les troubles cardiaques ou pulmonaires (y compris la dysplasie broncho‑pulmonaire, la fibrose kystique et l’asthme), mais aussi le diabète sucré et d’autres maladies métaboliques; le cancer; l’immunodéficience et l’immunodépression (par suite d’une maladie sous‑jacente ou d’un traitement); les maladies du rein; l’anémie ou les hémoglobinopathies; et les affections qui compromettent l’évacuation des sécrétions respiratoires et qui sont associées à un risque accru d’aspiration. On retrouve également dans cette catégorie les enfants et adolescents (de 6 mois à 18 ans) qui sont traités à l’acide acétylsalicylique pour troubles médicaux pendant de longues périodes à cause du risque accru du syndrome de Reye associé à la grippe saisonnière.

Dans certaines séries de cas aux États-Unis, l’obésité (définie comme l’indice de masse corporelle [IMC] ≥30) ou l’obésité morbide (IMC ≥40) a été observée chez des patients hospitalisés aux prises avec une nouvelle infection associée au pH1N125,26. Toutefois, la plupart d’entre eux accusaient d’autres facteurs de risque médicaux sous-jacents. On effectue actuellement des études pour déterminer si l’obésité est un facteur de risque autonome associé à une infection grave.

7.1.2 Femmes enceintes

Les femmes enceintes atteintes des affections chroniques citées ci‑dessus courent un risque élevé de complications associées à la grippe et constituent un groupe prioritaire pour la vaccination à n’importe quel stade de leur grossesse tant pour la grippe saisonnière que pour la grippe pandémique27.

Plusieurs études ont décrit le risque associé à la grippe chez les femmes enceintes en bonne santé et des examens sommaires ont été publiés28-34. Jusqu’à présent, les observations épidémiologiques concernant l’impact du virus pH1N1 sur les femmes enceintes indiquent que bien qu’il existe un risque quatre à cinq fois plus élevé de complications dans cette population, comparativement à la population en général, le risque absolu demeure faible6,9.

Des études sur la grippe saisonnière dans lesquelles les données ont été stratifiées selon l’âge gestationnel montrent que le risque associé à la grippe n’est pas également distribué durant tous les trimestres de la grossesse35-37. Dans ces études, le taux d’hospitalisation liée à la grippe n’est pas significativement plus élevé durant le premier trimestre d’une grossesse normale, mais croît plus tard et culmine au cours du troisième trimestre. Une tendance similaire a été observée avec la souche pandémique6.

La réponse anticorps au vaccin anti-pH1N1 chez les femmes enceintes ne devrait pas différer de celle des personnes non enceintes. Ce point de vue est corroboré par les résultats préliminaires d’un essai clinique sur le vaccin anti-pH1N1 (voir la section « Immunogénicité et efficacité »). On a émis l’hypothèse que le passage transplacentaire des anticorps de la mère protège le nouveau-né. Un essai comparatif avec répartition aléatoire mené au Bangladesh a fourni la première preuve issue de ce type d’essai d’une protection mère‑nourrisson conférée par un vaccin contre la grippe saisonnière administré à la mère pendant la grossesse38. On a obtenu une efficacité de 63 % (Intervalle de confiance [IC] 95 %, 5 % à 85 %) pour le vaccin contre une grippe confirmée en laboratoire chez les nourrissons de six mois. Une évaluation approfondie est nécessaire pour déterminer si ces résultats peuvent être extrapolés à d’autres situations. Cependant, ces données donnent à penser que la vaccination des femmes enceintes contre le virus pH1N1 pourrait aussi réduire le risque d’infection chez les jeunes nourrissons.

7.1.3 Enfants en bonne santé âgés de 6 à 59 mois

Comparativement aux enfants plus âgés en bonne santé et aux jeunes adultes, les enfants de 6 à 59 mois, notamment ceux de moins de 12 mois, risquent davantage une hospitalisation attribuable à la grippe pH1N16. Même si la majorité des jeunes enfants sont hospitalisés pendant une période relativement courte, c’est ce groupe qui affiche les plus hauts taux d’admission à l’USI et de ventilation mécanique au Canada. La vaccination antigrippale saisonnière est efficace chez les enfants plus âgés21,39,40, mais peu d’essais ont porté expressément sur les enfants de 6 à 23 mois.

7.1.4 Personnes vivant dans des collectivités éloignées et isolées

Les personnes vivant dans des collectivités éloignées et isolées ont un accès limité aux soins médicaux et, partant, risquent davantage de souffrir de complications en raison de traitements retardés ou de la difficulté d’obtenir des soins intensifs. Dans certaines collectivités éloignées des Premières nations, Inuits et Métis, on observe une proportion plus élevée de jeunes et une forte concentration d’individus atteints d’affections chroniques, d’où un risque accru de résultats graves. Le recours à la vaccination dans de telles collectivités pourrait provoquer l’apparition d’une immunité collective si le taux de vaccination est suffisant, ce qui pourrait par la suite contribuer à prévenir la propagation de l’infection dans ces milieux. Il est aussi plus facile sur le plan logistique de cibler l’ensemble d’une communauté lorsque cette dernière est petite et située à l’écart.

7.1.5 Personnes qui prennent soin de personnes à risque élevé de complications liées à la grippe ou d’hospitalisation

Les personnes susceptibles de transmettre la grippe à une personne à risque élevé devraient être immunisées, que l’individu à risque ait ou non été lui‑même immunisé. À cet égard, il a été démontré que la vaccination des travailleurs de la santé au moyen du vaccin contre la grippe saisonnière diminue aussi bien le risque de maladie auquel ils sont personnellement exposés que le risque de décès ou d’autres complications graves chez les patients qu’ils soignent41-46. Parmi les personnes plus susceptibles de transmettre la grippe à un individu à risque de complications médicales ou d’hospitalisation, mentionnons les suivantes :

Travailleurs de la santé

La vaccination des travailleurs de la santé les protège d’une infection tout en réduisant la transmission de l’infection aux patients vulnérables, ce qui prévient également les éclosions dans les établissements de soins de santé. De plus, cette pratique contribue à maintenir l’infrastructure de services de santé essentielle requise pour intervenir en cas de pandémie.

Cette recommandation s’applique à tous les travailleurs de la santé qui jouent un rôle dans la lutte contre la pandémie ou la prestation des services de santé essentiels, notamment ceux qui fournissent des soins directs aux patients ainsi que ceux qui appuient la prestation des services de santé. Ce groupe comprend les employés à plein temps et à temps partiel, les étudiants, les visiteurs fréquents et les bénévoles, c’est-à-dire toutes les personnes qui s’acquittent de fonctions liées aux soins de santé.

Parmi les milieux de soins visés figurent les soins actifs, les soins de longue durée, les soins ambulatoires/communautaires, les services médicaux d’urgence, les laboratoires, les services de santé publique, les pharmacies, etc.

Contacts familiaux et soignants
  • de nourrissons âgés de moins de 6 mois
  • de personnes immunodéprimées

Cette recommandation vise à protéger indirectement les personnes à risque élevé qui ne peuvent être vaccinées ou qui ne répondent pas au vaccin. Il est fortement recommandé que leurs contacts familiaux (adultes et enfants) soient vaccinés, que la personne à risque élevé ait ou non été elle‑même vaccinée. Cette recommandation s’applique donc aux contacts familiaux des nourrissons âgés de moins de 6 mois (qui courent un risque élevé de complications liées à la grippe, mais qui ne sont pas admissibles à la vaccination antigrippale), les membres d’un ménage où l’on prévoit la naissance d’un nourrisson pendant la saison grippaleet les contacts familiaux de personnes immunodéprimées (qui devraient avoir une réponse immunitaire réduite au vaccin contre la grippe pH1N1).

7.2  Autres groupes qui pourraient bénéficier du vaccin contre la grippe pandémique

Comme on l’a déjà signalé, outre les personnes à risque élevé mentionnées précédemment, on recommande aussi le vaccin anti‑pH1N1 pour tous les Canadiens qui ne présentent pas de contre‑indication. Un programme de vaccination efficace qui cible tous les Canadiens est la pierre angulaire d’une planification en cas de pandémie et d’une stratégie de lutte contre celle‑ci. Cette stratégie vise à diminuer la morbidité et la mortalité, et à réduire au minimum les perturbations sociales. La vaccination d’une grande partie de la population devrait alléger le fardeau imposé au système de soins de santé et aux infrastructures sociales. Les sous‑sections ci‑dessous ont été déterminées pendant le processus de planification pandémique antérieure qui a permis d’établir l’ordre avec lequel le vaccin sera administré dans les provinces et territoires du Canada (Le lien suivant vous amène à un autre site web (lien externe) http://www.atlantique.phac.gc.ca/alert-alerte/h1n1/vacc/vacc-fra.php). Chaque sous‑section présente également une justification de l’utilisation du vaccin pour chacun des groupes.

7.2.1  Enfants en bonne santé âgés de 5 à 18 ans

Dans ce groupe, le taux de maladie est élevé. Une certaine proportion de tous ceux qui tombent malades, même ceux qui n’éprouvent pas d’affections sous-jacentes, subiront quelques complications graves. La vaccination de ce groupe pourrait réduire la transmission de l’infection à la population en général moyennant des taux suffisamment élevés de vaccination.

7.2.2  Adultes en bonne santé âgés de 19 à 64 ans

On encourage les personnes de ce groupe d’âge à se faire vacciner, même si elles n’appartiennent pas à l’un des groupes à risque élevé susmentionnés. La vaccination assure une protection personnelle, et en limitant l’infection et la maladie, elle permettra aux adultes en bonne santé de poursuivre leur travail et de prendre soin de leurs proches.

7.2.3  Intervenants de première ligne (p. ex., policiers, pompiers)

Ces intervenants sont souvent appelés à intervenir dans des situations d’urgence médicale et risquent davantage d’être exposés à la grippe pH1N1. Ils constituent un rouage essentiel du système de santé, qu’il convient de protéger.

7.2.4  Travailleurs des secteurs de la volaille et du porc 

Étant donné que le virus pH1N1 peut infecter le porc, la volaille et les humains, une personne en contact avec des porcs ou de la volaille risque de favoriser la transmission de la grippe pH1N1 à ces animaux. Cette recommandation s’appuie sur la prémisse selon laquelle cette mesure pourrait avoir pour effet de réduire le risque de réassortiment des gènes du virus grippal chez le porc, la volaille ou l’humain. 

7.2.5  Adultes âgés de 65 ans et plus

Cette population affiche un taux d’attaque plus faible par le virus pH1N1, probablement par suite d’une immunisation acquise d’expositions antérieures; c’est pourquoi l’on y prévoit un moins grand nombre de cas de grippe. Néanmoins, si les personnes âgées sont infectées, elles présentent un risque plus élevé de complications et de décès attribuables à la grippe. Aussi, le vaccin contribuera à réduire les risques d’infection dans ce groupe et, du même souffle, les éventuelles complications.

7.2.6  Personnes, quel que soit leur âge, qui habitent un foyer de soins ou autre établissement de soins de longue durée

Les éclosions de grippe pH1N1 dans les établissements de soins de longue durée devraient être plutôt rares, en raison de l’immunité déjà acquise par les résidents âgés. Par contre, dans les établissements de soins pour bénéficiaires internes s’adressant à des adultes plus jeunes, de telles éclosions risquent de survenir plus fréquemment. Le cas échéant, elles peuvent entraîner une morbidité et une mortalité élevées, puisque les résidents peuvent être atteints d’une ou de plusieurs maladies chroniques et vivent dans un milieu institutionnel qui facilite la transmission de la maladie.


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