7 octobre 2009
L’Agence de la santé publique du Canada présente ce document d’orientation pour répondre au virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009. Le document et les recommandations reposent sur les données scientifiques actuellement disponibles au sujet de la grippe pandémique (H1N1) de 2009, ainsi que sur des avis d’experts lorsque les données scientifiques sont incomplètes. On pourra le réviser et le modifier à mesure que de nouveaux renseignements deviendront disponibles.
Il faut lire le document d’orientation qui suit de concert avec les documents d’orientation pertinents des provinces et des territoires. L’Agence de la santé publique du Canada affichera des mises à jour périodiques et des documents connexes sur ce site Web. Le gouvernement fédéral est déterminé à aider les communautés à contrôler et prévenir les maladies infectieuses, y compris le virus H1N1, par des mesures de santé publique comme l’hygiène des mains.
Les mains contaminées peuvent propager 80 % des infections courantes, y compris la grippe. Le type de réseau de distribution d’eau mis à la disposition des Canadiens varie énormément, ce qui peut agir sur la disponibilité d’eau propre pour usage quotidien normal comme le lavage des mains.
Les préparatifs d’urgence en cas de pandémie et les interventions visent notamment à réduire le plus possible les maladies graves et les décès, ainsi que les perturbations sociétales, chez les Canadiens à la suite d’une pandémie d’influenza. Dans ce contexte, ce document vise à présenter des recommandations et des conseils aux autorités de la santé publique, aux dirigeants communautaires et au grand public au sujet des pratiques communautaires d’hygiène des mains lorsqu’il y a de l’eau courante, lorsqu’il n’y en a pas et lorsqu’il n’y a pas d’eau propre. Le document contient aussi de l’information sur l’utilisation de désinfectants à base d’alcool lorsqu’ils sont indiqués en milieu communautaire. Si elles sont suivies, les recommandations contenues dans le présent document peuvent contribuer à réduire la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 dans la communauté. On s’attend à ce que les autorités de la santé publique et d’autres professionnels adaptent au besoin ce document d’orientation à leur contexte local.
Les recommandations présentées dans ce document d’orientation s’appuient sur des mesures communautaires existantes pour prévenir la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009. Pour en savoir davantage sur la prévention de la transmission du virus H1N1, veuillez consulter le document d’orientation intitulé « Lignes directrices sur les mesures de prévention individuelles et collectives destinées à prévenir la transmission des symptômes grippaux (SG) dans la communauté, notamment du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 ».
Ce document d’orientation fondé sur la situation canadienne peut donc différer un peu d’autres documents d’orientation produits par d’autres pays.
Le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 s’est propagé rapidement dans le monde entier. On s’attendrait normalement à ce que l’activité grippale fléchisse au cours des mois d’été, mais le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 a continué de circuler à des niveaux moindres au Canada et pourrait toujours ressurgir à l’automne.
On croit que le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 se propage entre êtres humains de la même façon que la grippe saisonnière, soit principalement par la toux ou les éternuements. Il peut aussi être transmis indirectement par auto-inoculation après un contact avec des surfaces et des objets contaminés par le virus provenant de personnes infectées.
Les recommandations qui suivent décrivent comment pratiquer l’hygiène des mains en milieux communautaires.
Voici des exemples de cas où il faut pratiquer l’hygiène des mains :
Lorsqu’il y a de l’eau courante* (au jour le jour et durant une éclosion) dans une communauté, il faut se laver les mains au savon ordinaire et à l’eau et les essuyer soigneusement. On recommande de procéder ainsi pour se laver les mains à l’eau courante :
S’il n’y a pas d’eau courante distribuée, on peut utiliser un contenant muni d’un robinet. Il faut se placer les mains sous le robinet à la fois pour les mouiller et pour les rincer. Veuillez noter qu’il faut réserver le contenant pour l’eau utilisée pour le lavage des mains et qu’il ne faut pas s’en servir pour y puiser de l’eau potable. Au besoin, placez un seau sous le contenant pour recueillir l’eau qui coule. Il faut nettoyer le contenant avant de le remplir. Il n’y a pas de désinfectant spécial à utiliser ou de méthode particulière de manipulation des déchets à appliquer contre la grippe : les nettoyants domestiques ou commerciaux ordinaires suffisent pour nettoyer le contenant. Après l’avoir nettoyé, il faut le rincer à l’eau avant de le remplir et de l’utiliser pour se laver les mains.
Lorsqu’il n’y a pas d’eau courante, on peut se laver les mains en utilisant deux contenants ouverts distincts (p. ex., seau et bol) : le premier contient la réserve d’eau et le deuxième sert à se laver les mains. Bouger les mains dans un contenant d’eau peut reproduire l’effet de l’eau courante. On recommande de procéder ainsi pour se laver les mains dans un contenant d’eau lorsqu’il n’y a pas d’eau courante :
Il importe de nettoyer le contenant qui a servi à se laver les mains et de le laisser sécher chaque fois, particulièrement si la communauté est aux prises avec une éclosion de H1N1. Il n’y a pas de désinfectant spécial à utiliser ou de méthode particulière de manipulation des déchets à appliquer contre la grippe : les nettoyants domestiques ou commerciaux ordinaires suffisent à cette fin.
On ne comprend pas encore à fond1 le degré de propreté atteint lorsqu’on se lave les mains avec de l’eau non traitée, mais l’exercice mécanique qui consiste à se laver les mains avec du savon et de l’eau – sans égard à sa qualité – éliminera toujours des matières organiques et certains germes. C’est pourquoi le lavage des mains au savon et à l’eau constitue toujours la méthode privilégiée en milieu communautaire.
Lorsqu’il y aura contact avec des personnes à haut risque, il est recommandé d’utiliser de l’eau propre et du savon pour se laver les mains. Il faut se laver les mains de la façon décrite ci-dessus. Lorsqu’il n’y a pas d’eau propre disponible, il faut toutefois traiter l’eau disponible avant de se laver les mains ou utiliser un désinfectant à base d’alcool. Nous décrivons ces options ci-dessous.
Exemples de personnes à risque élevé :
Lorsqu’il y aura contact avec des personnes à risque élevé de complications de la grippe et qu’il n’y a pas d’eau propre (p. ex., lorsqu’il faut faire bouillir l’eau ou lorsqu’on ne connaît pas la qualité de l’eau ou sa provenance), on recommande les options suivantes pour nettoyer l’eau avant de se laver les mains :
Lorsque l’eau a été nettoyée comme il se doit, les directives sur le lavage des mains sont les mêmes que celles que l’on recommande lorsqu’il n’y a pas d’eau et qu’il faut utiliser un contenant (voir ci-dessus).
Ces désinfectants sont un excellent moyen de garder les mains propres et à l’extérieur de la maison, là où l’on n’a pas accès à de l’eau et du savon pour se laver les mains. Lorsqu’il y aura contact avec des personnes à risque élevé de complications de la grippe et qu’il n’y a pas d’eau propre ni de moyen de nettoyer l’eau, on recommande d’utiliser un désinfectant pour les mains sans eau.
Le désinfectant pour les mains doit être à base d’alcool‡ et doit contenir au moins 60 % d’alcool en volume (p. ex., éthanol, isopropanol ou n-propanol), et peuvent contenir des émollients et d’autres ingrédients actifs. Les désinfectants pour les mains à base d’alcool sont vendus sous forme de liquide, de gel et de mousse et il n’y a pas de différence au niveau de l’efficacité de chaque forme à condition que le produit contienne suffisamment d’alcool. Les désinfectants à main à base d’alcool utilisés correctement présentent un avantage : le temps de séchage d’environ 20 à 30 secondes assure qu’il y a un contact suffisant pour tuer la majorité des micro-organismes contaminants. Il est toutefois impératif d’éliminer toute souillure visible avant d’utiliser le désinfectant pour les mains si l’on veut qu’il soit efficace.
Pour utiliser un désinfectant pour les mains à base d’alcool, on recommande de procéder ainsi :
On recommande de lire et de suivre l’avis du fabricant au sujet de l’entreposage des désinfectants à main à base d’alcool afin d’éviter l’évaporation de l’alcool et de réduire le risque d’inflammabilité.
Des groupes religieux et culturels ont soulevé des préoccupations au sujet de l’utilisation de désinfectants pour les mains à base d’alcool. La recherche démontre que la peau n’absorbe pas l’alcool contenu dans les désinfectant à main. L’Organisation mondiale de la Santé recommande les désinfectants à main à base d’alcool, mais elle s’appuie sur des données scientifiques pour décrire d’autres moyens possibles si l’utilisation de ce produit préoccupe4.
* S’entend de tout type d’eau courante, y compris l’eau provenant d’un réseau de distribution d’eau, que la qualité de l’eau ait été jugée potable ou non.
† Il se peut que cette méthode ne soit pas efficace ou qu’elle soit dangereuse si l’on utilise la mauvaise quantité d’agent de blanchiment. Pour obtenir des détails précis sur la question, on recommande de consulter les lignes directrices régionales ou provinciales sur la décontamination de l’eau. En Ontario, par exemple, on recommande de mélanger 1,5 once (environ 3 cuillérées à table) d’agent de blanchiment au chlore liquide dans 10 gallons (45 litres) d’eau. Après avoir mélangé la solution, il faut la laisser reposer au moins 10 minutes avant de l’utiliser (ministère de la Santé et des Soins de longue durée de l’Ontario, 2002, http://www.health.gov.on.ca/french/publicf/pubf/watersafef/watersafe_boiledf.html).
‡ Lorsqu’on les a utilisés et s’ils sont mal entreposés, les produits sans alcool peuvent favoriser la reproduction de certaines bactéries et c’est pourquoi on ne les recommande pas actuellement. En outre, un ingrédient commun, soit la chlorhexidine, peut causer des réactions allergiques. On pourra régler une partie ou la totalité de ces problèmes par de futurs produits sans alcool, mais pour le moment, l’Agence de la santé publique du Canada ou l’Organisation mondiale de la Santé ne recommandent aucun produit sans alcool.
1 Organisation mondiale de la Santé (OMS). (2009). WHO Guidelines on Hand Hygiene in Health Care. Extrait le 26 août 2009 du site de l’OMS : http://whqlibdoc.who.int/publications/2009/9789241597906_eng.pdf.
2 Bloomfield, S.F., Aiello, A. E., Cookson, B., O'Boyle, C. et Larson, E. L. (2007). The effectiveness of hand hygiene procedures in reducing the risks of infections in home and community settings including handwashing and alcohol-based hand sanitizers. American Journal of Infection Control, 35(10), Supplement 1, S27-S64.
3 Squier, C.,Yu, V. L. et Stout, J. E. (2000). Waterborne Nosocomial Infections. Current Infectious Disease Reports, 2(6), 490-496.
4 Organisation mondiale de la Santé (OMS). (2009). WHO Guidelines on Hand Hygiene in Health Care. Extrait le 26 août 2009 du site de l’OMS : http://whqlibdoc.who.int/publications/2009/9789241597906_eng.pdf.
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