Il faut lire le présent document d’orientation parallèlement aux documents d’orientation pertinents des provinces et des territoires. L'Agence de la santé publique du Canada publiera des mises à jour régulières et des documents connexes au www.phac-aspc.gc.ca.
Le présent document d'orientation fournit des renseignements sur les éléments suivants :
Le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 s’est rapidement propagé partout dans le monde. Bien qu’il soit normalement possible de s'attendre à ce que l'activité grippale diminue au cours des mois d'été jusqu'au point de cesser presque entièrement, le virus de la grippe pandémique a continué à circuler en sourdine au Canada et a connu une résurgence cet automne.
Jusqu’à maintenant, les cas d’infection par le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 ont provoqué un syndrome grippal comparable à la grippe saisonnière.
Le SG est défini comme étant l’apparition soudaine d'une maladie respiratoire avec fièvre et toux accompagnée d'un ou de plusieurs des symptômes suivants – mal de gorge, arthralgie, myalgie ou prostration – qui pourraient être attribuables au virus de l'influenza. Chez les enfants de moins de 5 ans, des symptômes gastro-intestinaux peuvent également se manifester. Chez les patients de moins de 5 ans ou de plus de 65 ans, il est possible que la fièvre ne soit pas très importante.
Dans le cas du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009, des symptômes gastro‑intestinaux ont été observés dans au moins un tiers des cas, ainsi qu’une absence de fièvre dans un groupe d’âge plus large.
La définition du syndrome grippal à des fins de traitement ou d'isolement dans un milieu donné devrait être adaptée afin d’assurer une sensibilité et une spécificité appropriées au milieu postsecondaire et à celui des pensionnats.
Ce virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 se propage sans doute de personne à personne de la même façon que le virus de la grippe saisonnière, qui se transmet de manière prédominante par la toux et les éternuements. Il peut aussi être transmis indirectement par autoinoculation après un contact avec des surfaces et des objets contaminés par le virus provenant de personnes infectées.
La période d'incubation du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 est évaluée à environ quatre jours (mais peut se situer entre un et sept jours) et la période de transmissibilité à sept jours dans les cas sans complications. La période peut être plus longue chez les enfants (jusqu'à dix jours) et les autres personnes chez qui les symptômes et l'élimination du virus peuvent persister (c'est-à-dire les personnes immunodéficientes ou gravement malades). Comme c'est le cas avec la grippe saisonnière, la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 est plus probable au cours des premiers jours de l'infection, lorsque la personne atteinte présente les symptômes et une charge virale élevée.
Comme pour la grippe saisonnière, la gravité de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 chez les humains peut varier de légère à aiguë, les deux tiers des patients hospitalisés jusqu'à maintenant étant des personnes qui présentent des facteurs de risque connus pour entraîner des complications en cas de grippe : maladie chronique, immunosuppression ou grossesse. Ce virus semble en outre entraîner une maladie plus grave que la grippe saisonnière chez les patients de 5 à 64 ans; toutefois, la majorité des personnes infectées par le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 n'ont pas dû être hospitalisées et se sont rétablies dans la collectivité.
Bien que la présence et la transmission de la maladie aient été constatées chez des enfants d’âge scolaire et chez de jeunes adultes dans les établissements d’enseignement, y compris les écoles résidentielles et les pensionnats de plusieurs provinces et territoires du Canada, à la lumière de la situation actuelle de propagation de la maladie au sein de la communauté, il n’est pas recommandé de procéder à la fermeture généralisée des établissements en ce moment. Les décisions concernant les fermetures d’établissements d’enseignement individuels relèvent du pouvoir discrétionnaire des autorités locales compétentes et se basent habituellement sur des considérations comme les inquiétudes des autorités locales de la santé publique, de la communauté scolaire locale ou de la communauté locale, les répercussions de l’absentéisme scolaire ou l’insuffisance de personnel dans le cadre des opérations scolaires et les conséquences négatives pouvant découler de la fermeture des établissements.
Les programmes de communication qui éduquent les parents, les tuteurs, les étudiants, les enfants, le corps enseignant et le personnel jouent un rôle important dans le contrôle de la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 dans les pensionnats et dans les cadres d’apprentissage postsecondaire.
Les facteurs les plus importants du contrôle de la propagation du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 dans les cadres d’apprentissage postsecondaire et dans les pensionnats sont les suivants :
Les responsables de la santé publique pourraient considérer de partager ces messages clés lorsqu’ils communiquent avec les administrations des pensionnats ou des établissements postsecondaires.
Les établissements postsecondaires et les pensionnats devraient élaborer des programmes de communication qui satisfont aux besoins des parents, des tuteurs, des étudiants, du corps enseignant et du personnel. Il est possible que les documents de communication doivent être adaptés aux niveaux de langage et de littératie, au besoin.
Les sections suivantes présentent des recommandations et des renseignements qui peuvent être partagés par les responsables de la santé publique dans le cadre de la communication avec les administrateurs scolaires.
Recommandations :
Recommandations :
En tenant compte du milieu scolaire où les personnes ne sont pas formées sur l’utilisation appropriée des masques de même que du risque possible d’infection associé à une utilisation inappropriée du masque, leur usage dans les écoles n’est pas recommandé.
Il est recommandé d’encourager les élèves de même que les membres du personnel et du corps enseignant à effectuer ce qui suit :
Se laver les mains et se couvrir le nez et la bouche au moment de tousser ou d’éternuer sont des moyens importants de prévenir la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1). Pour en savoir plus sur l'hygiène des mains et l'étiquette respiratoire, veuillez consulter le site suivant : http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/index-fra.php.
L'étiquette respiratoire exige de tousser ou d’éternuer dans son coude ou sur sa manche plutôt que dans ses mains nues s’il n’y a pas de de papier-mouchoir, ou encore, de tousser et éternuer dans un mouchoir jetable, de jeter le mouchoir sans tarder et de se laver les mains immédiatement après.
Il faudrait envisager de fournir plus de postes de nettoyage (ou de postes de désinfectants à base d’alcool) de même que des papiers mouchoirs et des récipients à rebuts dans les écoles postsecondaires et les pensionnats. Il est également recommandé de fournir plus de papiers mouchoirs et des récipients à rebuts dans les zones surveillées (p. ex. les salles de classe). Si des désinfectants à base d’alcool sont fournis pour suppléer aux installations de lavage des mains, il est recommandé de fixer des distributeurs verrouillés au mur en permanence et de les installer en zones surveillées. La fiche technique et l'étiquette de chaque produit fournissent des renseignements additionnels relatifs à l'emplacement et à l'entreposage de ces produits désinfectants, ainsi que des mises en garde s'appliquant à ces produits.
Il convient de noter que le lavage des mains avec du savon ordinaire et de l’eau demeure la façon privilégiée pour l’hygiène des mains dans les écoles, car l’action du frottement des mains est efficace pour déloger les saletés visibles de même que les microbes. Dans les cas où les lavabos pour le lavage des mains ne sont pas disponibles, l’utilisation des désinfectants à base d’alcool peut être envisagée. Si les mains sont visiblement sales, les gels désinfectants pour les mains pourraient ne pas réussir à éliminer efficacement le virus de l’influenza.
Les virus de l’influenza peuvent survivre sur certaines surfaces pendant plusieurs heures et même plusieurs jours, mais ils sont rapidement détruits par le nettoyage. Nettoyer les objets et les surfaces qui sont fréquemment touchées par de nombreux étudiants ou membres du personnel, ainsi que les surfaces touchées très souvent, comme les poignées de porte, les robinets, les claviers d’ordinateurs, les téléphones, etc., aidera à prévenir la transmission du virus de l’influenza de personne à personne par l’intermédiaire des mains contaminées.
Il est recommandé que les surfaces très souvent touchées des établissements postsecondaires et des pensionnats soient nettoyées au moins deux fois par jour. En général, il n’est pas nécessaire d’employer de produit désinfectant particulier ni d’appliquer des pratiques particulières pour manipuler les déchets en cas d’influenza. Les déchets doivent être manipulés conformément aux normes habituelles et de nombreux produits désinfectants à usage domestique ou commercial sont efficaces contre le virus de l’influenza. Des renseignements spécifiques sur un produit, y compris sur son efficacité contre le virus de l'influenza H1N1, peuvent se trouver sur l’étiquette du produit de nettoyage ou sur le site Web du fabricant1. Si des produits désinfectants à usage domestique ou commercial ne sont pas disponibles, les surfaces dures peuvent être nettoyées en utilisant un mélange contenant une partie d’eau de Javel pour neuf parties d’eau. Soyez toujours prudent lorsque vous utilisez de l’eau de Javel car l’eau de Javel non diluée est corrosive et pourrait endommager la peau, les tissus et autres surfaces.
Il est conseillé aux établissements postsecondaires et aux pensionnats de surveiller les provisions de produits de nettoyage. Tous les éviers, toilettes, cuisines et salles de classe devraient être bien stockés en tout temps avec des fournitures pour le nettoyage des mains (p. ex. avec du savon et des serviettes de papier). Considérez l’utilisation supervisée de gels désinfectants à base d’alcool pour les mains (concentration de 60 à 90 % d’alcool) dans les classes qui n’ont pas de lavabos pour se laver les mains.
Les pensionnats et les établissements d’enseignement postsecondaire doivent également songer aux autres besoins et pratiques en matière de nettoyage qui peuvent s’avérer pertinents pour leur milieu et leurs activités. Par exemple, il est recommandé que les bouteilles d’eau utilisées par les équipes sportives ne soient pas partagées par les membres de l’équipe. Un autre exemple serait les embouchures sur les instruments musicaux, particulièrement sur ceux utilisés par plus d’un étudiant; ces embouchures devraient être lavées et désinfectées selon les pratiques normalisées recommandées pour l’instrument. Le fait d’encourager les étudiants à se procurer leur propre embouchure peut être utile. Comme il est possible que de nombreuses activités variées doivent être prises en compte, les responsables des écoles et des services de garde sont encouragés à examiner les activités et pratiques actuelles au sein de leur établissement afin de déterminer les domaines où une amélioration du nettoyage ou une augmentation de sa fréquence seraient recommandées.
Il est recommandé aux établissements postsecondaires et aux pensionnats de mettre sur pied des mécanismes visant à surveiller l’activité de SG dans leurs établissements. Afin de faciliter la déclaration des étudiants, du personnel et des membres du corps enseignant, les établissements peuvent songer à instaurer une ligne téléphonique à fin unique ou une méthode en ligne pour recevoir les déclarations de maladie.
Il est également recommandé que les établissements postsecondaires et les pensionnats établissent une stratégie visant à reconnaître un groupe de cas de SG ou d’autres déclencheurs qui nécessitent une consultation avec les responsables locaux de santé publique. Une action rapide aidera à s'assurer que des mesures appropriées peuvent être mises en œuvre pour atténuer l'impact et la propagation de la maladie à la fois aux élèves et au personnel.
Comme il est reconnu que la consultation avec les responsables de la santé publique peut être effectuée pour un certain nombre de raisons, il est recommandé que l’avis et la consultation avec ceux‑ci soient faits pour les éclosions ou les situations inhabituelles. Des exemples de ces situations seraient lorsque l’absentéisme des élèves/personnel est plus élevé que ce qui serait normalement prévu à n'importe quel jour ou quand une maladie peu commune ou plus grave est observée.
La décision de fermer les écoles ou les établissements postsecondaires, qu’elle soit proactive (dans l’anticipation de la maladie ou des éclosions), ou plus typiquement réactionnelle (en réponse à la maladie ou des éclosions), demeure à la discrétion des autorités locales, provinciales ou territoriales appropriées, conformément aux lois et autres exigences applicables, et serait typiquement basée sur des considérations telles que des préoccupations pour la santé publique locale, des préoccupations pour la communauté scolaire ou pour la communauté locale, l’impact de l’absentéisme scolaire ou des pénuries de personnel sur le fonctionnement de l’école et les conséquences potentiellement négatives à la suite de la fermeture des écoles.
Fermetures proactives – L’Agence de la santé publique du Canada ne recommande pas les fermetures proactives généralisées des pensionnats et universités en ce moment de la pandémie. Bien que certaines études de modélisation aient montré le potentiel d’une transmission réduite ou d’une anticipation de la période de pointe des vagues pandémiques au cours des fermetures proactives généralisées et prolongées des écoles, cet avantage potentiel doit être pesé contre les coûts économiques et sociaux, les questions d'éthique, y compris un fardeau anormal sur les populations spécifiques, et la rupture possible des services clés comme les soins de santé. En ce moment, le virus de la grippe pandémique H1N1 de 2009 est connu pour se propager facilement d'humain à humain et a été détecté à travers le Canada. À la lumière de la situation actuelle de propagation de la maladie au sein de la communauté et de l'innocuité générale de la maladie, les autorités estiment que les fermetures généralisées des écoles n'offrent pas suffisamment d'avantages pour justifier les nombreux coûts que cette mesure engendrerait. Si l'épidémiologie de la maladie change et que le virus devenait très virulent ces recommandations seront reconsidérées de même que d’autres stratégies d’éloignement social, puisque la possibilité que les étudiants se regroupent à d’autres endroits ne peut pas être écartée, réduisant ainsi les bénéfices visés avec les fermetures des établissements.
Si des fermetures réactionnelles sont envisagées à l’échelle locale, il faut s’attendre à ce que les agents de santé publique et les administrateurs scolaires puissent tenir compte de certaines considérations comme les répercussions de l’absentéisme scolaire ou du manque de personnel sur la sûreté des opérations scolaires et les opposer à l’objectif visant à minimiser la perturbation et à assurer la sécurité des élèves.
Veuillez prendre note qu’il y a beaucoup de facteurs de protection présents dans les cadres d’apprentissage postsecondaire et dans les pensionnats qui doivent être considérés spécialement pendant une période d’interruption comme une pandémie. Ces milieux sont excellents pour accomplir les actions suivantes :
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