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Prévention et gestion des cas de syndrome grippal (SG) pouvant être attribuable au virus de l'influenza H1N1 de 2009 sur les paquebots de croisière

Mise à jour : 15 septembre 2009

Le présent document d'orientation est fondé sur les données scientifiques probantes qui sont actuellement disponibles, et devra être examiné et modifié à mesure que de nouveaux renseignements sont cumulés. Les lignes directrices suivantes doivent être lues de concert avec les documents d'orientation nationaux et internationaux pertinents. L'Agence de la santé publique du Canada publiera des mises à jour régulières et des documents connexes à l'adresse suivante : www.phac-aspc.gc.ca.


Introduction

Le présent document a été élaboré par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) afin d'offrir des lignes directrices aux exploitants de paquebots de croisière, au personnel médical et à l'équipage faisant escale dans les ports du Canada, au sujet de la prévention et de la gestion des cas de syndrome grippal (SG) pouvant être attribuables au virus de La grippe H1N1 de 2009, chez les passagers ou chez les membres de l'équipage. 

Contexte

Le virus de la grippe H1N1 qui a commencé à se propager au printemps 2009 est un nouveau type de virus de la grippe A chez l'être humain. L'infection par le virus de la grippe H1N1 provoque un syndrome grippal (SG) semblable à la grippe saisonnière. Les symptômes grippaux sont caractérisés par une apparition soudaine d'une maladie respiratoire accompagnée de fièvre et de toux et de l'un ou plusieurs des troubles suivants : mal de gorge, douleur musculaire, douleur articulaire ou faiblesse. Les personnes peuvent également présenter des symptômes gastrointestinaux, mais ne pas trop souffrir de la fièvre.

Le virus de la grippe H1N1 de 2009 se propage d'une personne à l'autre principalement par les gouttelettes projetées en toussant ou en éternuant. Il peut également se propager par le contact avec des surfaces et des objets contaminés par les personnes affectées. La période d'incubation du virus de la grippe H1N1 de 2009 peut s'étendre jusqu'à quatre jours et celle de la transmissibilité jusqu'à sept jours à partir de l'apparition des symptômes, dans les cas non compliqués. Cette période peut être plus longue (jusqu'à dix jours) chez les personnes atteintes de maladies graves et les enfants chez qui l'excrétion du virus pourrait persister. Tout comme la grippe saisonnière, la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 est plus probable pendant les premiers jours d'infection où le malade présente des symptômes et a une charge de virus élevée.

Le risque de transmission du virus de la grippe H1N1 de 2009 peut être accru sur les paquebots de croisière étant donné la proximité et le contact prolongé entre les passagers et les membres du personnel dans un environnement semi fermé. Les taux de morbidité et de mortalité associés au virus de la grippe H1N1 de 2009 peuvent également être accrus sur les paquebots de croisière en raison de la disponibilité plus restreinte des ressources médicales et autres en mer.

Recommandations en matière de prévention et de contrôle de l'infection à l'intention du personnel médical et des membres de l'équipage

En plus des pratiques habituelles, les mesures de prévention et de contrôle des infections suivantes devraient être prises par le personnel médical ou l'équipage des paquebots de croisière dans le cadre de la gestion de passagers ou de membres de l'équipage présentant un SG.

Autant que possible, ces recommandations sont conformes aux lignes directrices des documents connexes suivants de l'ASPC : Lignes directrices : Mesures de prévention et de contrôle des infections à l'intention des travailleurs de la santé dans les établissements de soins actifs et Lignes directrices concernant les soins ambulatoires permettant de traiter le syndrome grippal dans le contexte du virus pandémique H1N1.

  1. Dépistage

    Passagers – Tous les passagers devraient faire un test de dépistage des symptômes du SG au moment de l'embarquement. Conformément à la recommandation voulant que les personnes présentant un SG demeurent à la maison jusqu'à ce qu'elles ne présentent plus de symptômes, se sentent bien et soient en mesure de participer pleinement à leurs activités régulières, les passagers atteints d'un symptôme du SG ne devraient pas monter à bord du paquebot. Les passagers devraient être avertis de cette possibilité avant la date de départ.

    Équipage – Les membres de l'équipage devraient se voir demander d'effectuer une autoévaluation des symptômes d'un SG et d'avertir un membre de l'équipage désigné dès l'apparition de symptômes. Les exploitants de paquebots de croisière peuvent mettre en place des mécanismes facilitant et favorisant la déclaration des symptômes.

  2. Hygiène des mains et étiquette respiratoire en cas de toux

    Toutes les personnes à bord devraient avoir une bonne hygiène des mains. Le personnel médical et les membres de l'équipage doivent se laver les mains régulièrement au savon et à l'eau ou à l'aide d'un désinfectant à base d'alcool (taux de concentration d'alcool de 60 à 90 %). Si les mains paraissent sales, le nettoyage au savon et à l'eau s'avère nécessaire. Le désinfectant à base d'alcool (taux de concentration d'alcool de 60 à 90 %) devrait être facilement disponible.

    Toutes les personnes à bord doivent également observer une bonne étiquette respiratoire, notamment tousser ou éternuer dans un papier mouchoir, dans leur manche ou dans le creux de leur coude. Après avoir utilisé un mouchoir, les personnes doivent immédiatement le jeter à la poubelle et pratiquer les mesures d'hygiène des mains.

    Les exploitants de paquebots de croisière pourraient juger bon l'élaboration d'écriteaux exhortant une bonne hygiène des mains et l'étiquette respiratoire.

  3. Précautions dans le cadre des contacts

    Porter des gants lorsque vous entrez dans une pièce ou lorsque vous entrez en contact direct avec une personne pouvant souffrir d'un SG. Retirer les gants avant de quitter la pièce et les jeter dans une poubelle mains libres.

    Des blouses d'hôpital devraient être portées uniquement lorsqu'il y a risque de contamination avec des éclaboussures ou des projections de sécrétions et d'excrétions des voies respiratoires. Lorsque la blouse est portée, la retirer avant de quitter la pièce et la jeter dans une poubelle mains libres.

    Pratiquer les mesures d'hygiène des mains après avoir retiré la blouse ou les gants.

  4. Précautions contre la contamination par les gouttelettes et protection respiratoire

    Les décisions relatives à l'utilisation appropriée de la protection respiratoire et les précautions contre la contamination par les gouttelettes doivent être prises en collaboration avec le personnel médical, dans la mesure du possible.

    Le recours à la protection respiratoire, notamment l'utilisation des masques chirurgicaux, des masques faciaux ou des respirateurs N95, n'est pas recommandé pour les membres de l'équipage dans le cadre de leurs tâches générales.

    Les recommandations suivantes doivent être respectées par le personnel médical ou les membres de l'équipage participant à des tâches qui impliquent un contact avec les personnes présentant un SG :

    • Les membres du personnel devraient porter un masque chirurgical ou un masque opératoire lorsqu'ils sont dans un rayon de deux mètres d'une personne atteinte d'un SG.
    • Un respirateur N95 ayant fait l'objet d'essais d'ajustement devrait être porté si une intervention médicale générant des aérosols (IMGA) comme l'aspiration trachéale ou orale est pratiquée sur une personne chez qui un SG est soupçonné. Dans ce cas, limitez le personnel au minimum nécessaire et faites porter un respirateur N95 à toutes les personnes présentes dans la pièce (Voir la note portant sur l'IMGA1 ci-dessous pour une liste d'exemples).
    • Une fois sorti, de la chambre, retirer le masque ou le respirateur N95 par les courroies en prenant soin de ne pas toucher le masque ou le respirateur, et le jeter dans une poubelle mains libres.
    • Chaque fois qu'il est nécessaire de porter un masque ou un respirateur, le membre du personnel devrait également porter un équipement de protection pour les yeux et le visage (p. ex. lunettes à coques, lunettes de sécurité ou écran facial). Cet équipement devrait être retiré après avoir quitté la chambre et jeté dans une poubelle mains libres (si jetable) ou dans un bac à recyclage (si recyclable).
    • Les membres du personnel devraient pratiquer les mesures d'hygiène des mains avant et après avoir retiré leur équipement de protection respiratoire, du visage ou des yeux et après avoir quitté la chambre du patient.
  5. Nettoyage et désinfection

    Nettoyer et désinfecter l'équipement et les surfaces susceptibles d'avoir été contaminés par des gouttelettes ou des sécrétions des voies respiratoires selon les procédures recommandées par Santé Canada pour le nettoyage et la désinfection des paquebots de croisière relativement au virus H1N1, document distribué aux exploitants de paquebots de croisière (disponible sur demande à l'adresse suivante : phb_bsp@hc-sc.gc.ca).

Gestion des passagers et des membres de l'équipage présentant un SG

Le traitement clinique des passagers et des membres de l'équipage présentant un SG devrait s'effectuer conformément aux Lignes directrices concernant les soins ambulatoires permettant de traiter le syndrome grippal dans le contexte du virus pandémique H1N1 de l'Agence de la santé publique du Canada.

Les passagers et les membres de l'équipage atteints d'un SG qui sont autrement en bonne santé et ne souffrent pas de problèmes de santé sous-jacents devraient être traités avec des soins de soutien. Un traitement avec des antiviraux est recommandé pour les femmes enceintes, dans leur deuxième ou troisième trimestre, et pour les personnes exposées à un risque accru de complications, par exemple, une immunodéficience, le diabète, une maladie cardiovasculaire ou une pneumopathie (p. ex. asthme ou maladie pulmonaire obstructive chronique). Les passagers et les membres de l'équipage atteints d'un SG exigeant davantage de soins de soutien devraient si possible être transférés dans un établissement de soins actifs.

Les passagers et les membres de l'équipage présentant un SG devraient s'isoler dans leur cabine jusqu'à ce qu'ils ne présentent plus de symptômes, se sentent bien et soient en mesure de participer pleinement à leurs activités régulières. Ils devraient recevoir des directives sur l'hygiène des mains et l'étiquette respiratoire. Les passagers et les membres de l'équipage isolés devraient être étroitement surveillés pour détecter des signes de détérioration de l'état clinique ou de complications.

Envisager d'isoler les passagers malades avec un membre de sa famille ou un compagnon ayant reçu des instructions sur la façon de prendre soin, à la maison, d'une personne infectée par le virus de la grippe H1N1. En cas de contact étroit entre le soignant et la personne atteinte d'un SG, tant le soignant que la personne atteinte d'un SG devraient porter un masque. Le premier devrait également porter une protection pour les yeux lorsqu'il se trouve dans un rayon de deux mètres d'une personne présentant un SG. Il n'est pas nécessaire d'isoler les soignants des personnes atteintes d'un SG s'ils se sentent bien, mais il faut leur conseiller de s'isoler au premier signe de SG.

Les passagers et les membres de l'équipage atteints d'un SG ne devraient quitter leur chambre que pour des raisons médicales ou autres nécessités; si c'est le cas, ils devraient porter un masque, si toléré.

Si un débarquement, un transfert ou un déplacement s'avère nécessaire avant la fin de la période d'isolation, il faut aviser le voyageur de terminer cette période à la maison (s'il s'agit de sa destination finale) ou de trouver un logement au point de débarquement (s'il s'agit d'un transit) en vue de terminer le reste de la période d'isolation avant d'entreprendre un autre voyage. 

Déclaration des cas

Navires internationaux - La Loi sur la mise en quarantaine exige que l'exploitant d'un navire arrivant au Canada informe l'agent de quarantaine, dès que possible avant son arrivée à destination, qu'une personne à bord est soupçonnée être atteinte d'une maladie transmissible énumérée dans la Loi. Étant donné que la grippe de type A fait partie de cette liste, l'exploitant d'un paquebot de croisière qui transporte une personne soupçonnée d'être atteinte du virus de la grippe pandémique H1N1 est tenu de déclarer ce cas à l'agent de quarantaine.  

Cette déclaration peut se faire selon les procédures décrites dans les Aides radio à la navigation maritime, partie IV, Généralités – Procédures, sous la rubrique Messages de quarantaine :

Les paquebots de croisière en exploitation dans l'Atlantique, le fleuve St-Laurent, les Grands Lacs, le lac Winnipeg et l'est de l'arctique doivent se référer au document suivant : http://www.ccg-gcc.gc.ca/folios/00026/docs/part-4a-2009-fra.pdf (p. 4-44) PDF Version

Les paquebots de croisière en exploitation dans le Pacifique et l'Arctique de l'Ouest doivent se référer au document suivant : hhttp://www.ccg-gcc.gc.ca/folios/00026/docs/part-4p-2009-fra.pdf (p. 4-37) PDF Version

Une fois avisé de la présence d'un voyageur malade à bord d'un paquebot de croisière arrivant au Canada, l'agent de quarantaine évaluera la situation et fera savoir si des mesures supplémentaires sont nécessaires en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine. Les services de quarantaine aviseront également Santé Canada ou les agents de santé publique provinciaux et locaux selon les protocoles établis.

Navires nationaux – Les éclosions de maladies respiratoires sont des problèmes de santé devant être déclarés au Canada. Voilà pourquoi, le personnel médical à bord d'un navire est tenu de rapporter les éclosions de SG soupçonnées d'être causées par le virus de la grippe pandémique (H1N1) 2009 à l'autorité de santé publique responsable de l'administration où il fait son entrée.

Transfert d'un patient

Les passagers ou les membres de l'équipage atteints d'un SG devant être transférés dans un établissement de soins actifs doivent porter un masque durant le transfert, si toléré. 

En plus des pratiques courantes, le personnel médical ou les membres de l'équipage impliqués dans un transfert devraient respecter les recommandations susmentionnées pour le personnel médical ou les membres de l'équipage qui prennent part à des activités de travail impliquant un contact avec une personne atteinte d'un SG. 

Il faudrait élaborer un plan de débarquement, qui comprend l'organisation de voies de sorties sécuritaires et rapides à l'intention des personnes malades et des autres voyageurs ou membres de l'équipage, afin de limiter la possibilité de propagation de l'infection.

Il importe de veiller à ce que l'autorité portuaire, le terminal de croisière, les services d'urgence médicale et l'hôpital recevant les malades soient avisés, comme il convient, qu'ils recevront un patient atteint d'un SG de sorte qu'ils puissent prendre les mesures nécessaires.


1Intervention médicale pouvant générer des aérosols (IMGA) : Toute intervention menée sur un patient pouvant entraîner la production d'aérosols de différentes dimensions, notamment des noyaux de gouttelettes. Par exemple : ventilation non invasive en pression positive à deux niveaux (BiPAP, VPPC), intubation endotrachéale, drainage des voies respiratoires, ventilation par oscillation à haute fréquence, soins d'une trachéostomie, physiothérapie de la poitrine, administration de médicaments en aérosol, induction de l'expectoration à des fins diagnostiques, bronchoscopie, autopsie des tissus pulmonaires.