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Lignes directrices à l'intention des collectivités éloignées et isolées (ÉI) dans le contexte d'une éclosion de grippe pandémique (H1N1)

4.0 Enjeux relatifs à la préparation pour les collectivités ÉI

La présente section traite d'enjeux précis et propose des éléments à considérer pour la planification en cas de pandémie dans les collectivités ÉI. Elle ne vise pas à remplacer les directives contenues dans les plans ou les lignes directrices locales, provinciales ou territoriales existantes.

4.1 Surveillance dans les collectivités ÉI

La surveillance du syndrome grippal (SG) dans une collectivité ÉI est importante pour guetter l'arrivée ou suivre la propagation de la pH1N1 dans une collectivité, notamment pour confirmer une éclosion1. Elle contribue également à évaluer l'efficacité du traitement antiviral par la détection des souches de virus résistantes aux antiviraux. Il est recommandée d'effectuer une analyse (écouvillonnage nasopharyngé) lorsque le patient est soupçonné d'être atteint d'un SG, si la transmission du virus dans la collectivité est limitée ou non connue. Lorsque la présence de la souche pandémique est confirmée dans une collectivité, l'analyse systématique chez des patients qui ne présentent pas un risque élevé de maladie respiratoire grave n'est plus recommandée.

Il est difficile d'avoir accès rapidement aux tests diagnostiques de la grippe dans les collectivités éloignées et isolées en raison des infrastructures et des retards dus au transport jusqu'aux laboratoires de référence. Malgré la faible efficacité de la méthode de détection rapide des antigènes et des analyses effectuées aux points de service actuellement offertes, il s'agit peut-être de la seule option dans les collectivités éloignées, aspect qui devrait être pris en compte dans la planification en vue de la grippexix.

En cas d'éclosion de grippe soupçonnée, jusqu'à 10 patients présentant un SG peuvent faire l'objet d'un dépistage par analyse effectuée aux points de service. Le raisonnement est le suivant : malgré la sensibilité limitée de ce test diagnostique, il existe une forte probabilité que le virus de la grippe soit détecté dans au moins 1 des échantillons lorsqu'on teste 10 patients symptomatiques faisant partie d'une grappe de cas présentant un lien épidémiologique. Un résultat positif pour la grippe attesterait de la présence du virus dans la grappe de cas et permettrait de déterminer la méthode appropriée de prise en charge de l'éclosion.

Une fois établie la présence du virus dans la collectivité, il n'est plus justifié d'effectuer des analyses, sauf chez les patients qui contractent une maladie respiratoire grave nécessitant une hospitalisation. En outre, des analyses ne sont pas nécessaires pour déterminer la fin d'une éclosion. Elle est évidente et se manifeste par l'absence de nouveaux cas de SG. Si de nouveaux cas apparaissent après une absence de SG dans la collectivité pendant une période donnée (2 à 4 semaines), il est utile d'entreprendre une deuxième ronde d'analyse pour examiner la possibilité de réapparition de la grippe ou d'apparition d'une nouvelle souche.

Si l'on analyse des échantillons prélevés dans une grappe de patients et que le virus est détecté chez un patient, on présume que les autres patients présentant un lien épidémiologique avec ce cas sont également atteints de grippe. D'autres cas liés épidémiologiquement et qui se sont présentés antérieurement (1 à 2 périodes d'incubation auparavant) seraient également considérés comme atteints de grippe.

Si l'on a recours à des analyses aux points de service pour évaluer l'activité grippale, les limites inhérentes à ces tests devraient être claires et les professionnels de la santé devraient être formés afin d'assurer une qualité optimale des prélèvements et des analyses. Le laboratoire de santé publique local peut offrir du soutien pour le choix et la validation des analyses effectuées aux points de service. De plus, les collectivités ÉI doivent tenter d'avoir une réserve de fournitures et d'écouvillons adéquats. 

Que des analyses aux points de service soient utilisées ou non, il est recommandé d'envoyer des échantillons d'un sous‑groupe de patients à un laboratoire de virologie de référence pour confirmer les résultats des analyses et pour effectuer des analyses supplémentaires, entre autres pour déterminer la souche du virus et, dans certains cas, la résistance aux antiviraux. 

Le système national de surveillance de la grippe pandémique et de la grippe est utilisé pour faire le suivi de la pandémie, ajuster les interventions et orienter la planification ultérieure. Il y a des sites sentinelles de Surveillance de l'influenza dans plusieurs milieux éloignés et isolés au Canada. On prévoit augmenter le nombre de ces sites prochainement selon les résultats obtenus par une étude pilote en Ontario. Les renseignements recueillis dans les services de santé sont un élément important de l'intervention et de la planification et les cas devraient être signalés aux unités de santé publique selon les procédures habituelles. D'autres ressources au sujet de la surveillance, y compris des fiches de renseignements et des fiches de suivi pour la surveillance du SG en milieu scolaire, sont présentées dans un guide sur la surveillance de la grippe à l'intention des communautés des Premières nations.

La définition de cas nationale utilisée à des fins de surveillance est présentée à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/hp-ps-info_definition-fra.php.

Surveillance de la résistance à l'oseltamivir :
Jusqu'à maintenant, on a noté des cas isolés d'infection à virus pH1N1 résistants à l'oseltamivir, dont plusieurs au Canada, mais ils n'ont pas été à l'origine de la propagation de souches résistantes. Dans la plupart des cas, la résistance a été notée chez des personnes à risque ayant reçu des antiviraux en prophylaxie post-exposition. Une surveillance continue de la résistance aux antiviraux est exercée à l'échelle mondiale. À l'heure actuelle, aucun cas n'a été observé dans une collectivité ÉI canadienne. Toutefois, les collectivités ÉI peuvent consulter leur laboratoire de santé publique provincial à propos du diagnostic et de la surveillance de la résistance aux antiviraux. 

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Difficulté à obtenir des données de surveillance
En raison des ressources limitées des collectivités ÉI, des préoccupations de certains membres des Premières nations, Inuits et Métis concernant la confidentialité, ainsi que de la complexité des formulaires de déclaration, il est difficile d'obtenir des données de surveillance dans les collectivités ÉI.

Stratégies à envisager :

  • Collaboration des fournisseurs de soins de santé de première ligne des collectivités ÉI avec les planificateurs en santé publique pour la conception de formulaires de déclaration simplifiés.
  • Délégation de la présentation des données de surveillance au personnel de soutien par les fournisseurs de soins de santé.
  • Les planificateurs en santé publique pourraient demander aux écoles de participer directement à la surveillance pour détecter les cas avant l'éclosion. Des outils sur la surveillance du SG en milieu scolaire, dont des formulaires de suivi et des fiches de renseignements, se trouvent dans le guide sur la surveillance de la grippe à l'intention des communautés des Premières nations.
  • Les fournisseurs de soins de santé pourraient former du personnel sur les méthodes de déclaration des cas possibles et probables.
  • Collaboration des planificateurs en santé publique avec les gouvernements locaux pour mettre au point des stratégies de surveillance.
  • Amélioration de la communication entre l'hôpital et la collectivité par les planificateurs en santé publique en favorisant la transmission de l'information épidémiologique (p. ex. diagnostic de grippe H1N1 pour déterminer la présence du virus dans la collectivité).

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Déclaration irrégulière

Stratégies à envisager :

  • Les planificateurs en santé publique pourraient préconiser l'utilisation des définitions de cas nationales plutôt que des définitions régionales afin d'éviter la confusion dans les collectivités ÉI qui chevauchent deux provinces/territoires.
  • Les fournisseurs de soins de santé pourraient vérifier que l'information recueillie dans les services est aussi complète et détaillée que possible.

1Le terme « éclosion » est défini à l'annexe N des Lignes directrices pour la surveillance de la pandémie d'influenza du Plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza – Annexe II (http://www.phac-aspc.gc.ca/cpip-pclcpi/ann-n-fra.php

4.2 Soins cliniques dans les collectivités ÉI

On recommande aux fournisseurs de soins de santé des collectivités ÉI d'avoir recours aux lignes directrices provinciales et territoriales destinées aux cliniciens. Des renseignements additionnels, dont des algorithmes et des outils cliniques, sont présentés à l'annexe G (Mesures et lignes directrices relatives aux soins cliniques) du PCLPI. Toutefois, certaines adaptations peuvent être nécessaires selon les régions, où l'on peut également être confronté à des barrières linguistiques. Ces obstacles peuvent être surmontés, par exemple en engageant des interprètes/traducteurs communautaires formés pour les communications entre les patients et les fournisseurs de soins de santé (ainsi que pour traduire et expliquer les formulaires de collecte de données et recueillir des renseignements de surveillance importants). Pour de plus amples renseignements, consulter les Recommandations cliniques pour les patients se présentant avec des symptômes respiratoires au cours de la saison grippale 2009-2010.

La section suivante porte sur les diverses étapes de l'évaluation clinique et du traitement ainsi que sur les enjeux potentiels pour les fournisseurs de soins de santé des collectivités ÉI.

4.2.1 Auto-évaluation et premier triage dans les collectivités ÉI

Le triage vise à détecter les cas soupçonnés de pH1N1 en vue de la prise en charge clinique et à diminuer le risque de transmission du virus aux patients et aux travailleurs de la santé dans les établissements de soins de santé. 

L'éducation du public peut aider les gens à autoévaluer leur état et ainsi réduire la surcharge inutile du système de santé. De nombreuses autorités planifient la mise en œuvre de mesures spéciales (p. ex. première évaluation par téléphone) pour déterminer : si le patient est atteint de grippe et peut rester à la maison; s'il doit consulter un médecin pour subir une évaluation plus poussée; et s'il répond aux critères applicables au traitement précoce par antiviraux, par exemple ceux de l'algorithme présenté à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/tools_outils-fra.php

Des algorithmes sont fréquemment utilisés pendant le triage par téléphone pour déterminer si le patient doit consulter un médecin. S'il est alors établi qu'une évaluation clinique n'est pas nécessaire, on peut donner des directives au patient sur la manière de se soigner et lui indiquer quand il devrait recommuniquer avec un médecin si les symptômes s'aggravent ou persistent. Une liste des produits à avoir en réserve à la maison pour l'auto-prise en charge (p. ex. des médicaments pour soulager les symptômes) est présentée à l'annexe A et des conseils généraux se trouvent dans Votre guide de préparation contre le virus H1N1, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/guide/index-fra.php.

Il est recommandé de départager tous les patients qui se présentent à une clinique ou à un centre d'évaluation en fonction de la toux et de la fièvre; idéalement, la personne qui communique habituellement en premier avec les patients (p. ex. la réceptionniste) devrait s'en charger. En cas de toux et de fièvre, on peut demander au patient de se nettoyer les mains avec un désinfectant à base d'alcool à 60 % à 90 % ou avec de l'eau et du savon, de porter un masque chirurgical ou opératoire de grande qualité et de s'asseoir à plus de 2 mètres (6‑7 pieds) des autres patients, si possible. Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur la prévention et la lutte contre l'infection dans les collectivités ÉI, consulter les Lignes directrices pour la prise en charge clinique des patients présentant un syndrome grippal (SG) dans les collectivités éloignées et isolées, dans le contexte de la pandémie de grippe (H1N1) 2009.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Manque d'accès à de l'information culturellement adaptée
Dans les collectivités ÉI, l'éducation du public visant à encourager la promotion de l'autoévaluation avant de consulter peut être complexe en raison du manque d'accès à de l'information culturellement adaptée et de l'absence de téléphone à la maison.

Stratégies à envisager : 

  • Positionnement stratégique au sein de la collectivité par les planificateurs en santé publique d'outils de communication qui reflètent la diversité linguistique, les caractéristiques culturelles et liées à l'alphabétisme ainsi que les besoins de la collectivité. Lorsque de tels outils n'existent pas, des ressources sont fournies pour que les responsables à l'échelle locale ou régionale puissent en créer.
  • Adoption, par les planificateurs en santé publique, d'une approche multimédia comprenant des affiches, des messages à la radio communautaire, des messages d'intérêt public, des documents papier et des brochures livrées à la maison. 
  • Matériel promotionnel comprenant le numéro d'urgence sans frais sur la grippe de Service Canada, pour le grand public en français et en anglais, au 1‑800-O-CANADA ou TTY 1-800-465-7735. Les planificateurs devraient envisager l'utilisation de services d'interprétation professionnelle pour offrir des conseils téléphoniques sur la santé en d'autres langues. 
  • Examen par les fournisseurs de soins de santé de la possibilité de mettre en place un triage par téléphone, si possible.
  • Collectes par les planificateurs en santé publique des coordonnées de la SPNI des communautés des Premières nations.

4.2.2 Première évaluation des patients présentant un SG dans les collectivités ÉI

La première évaluation comprend l'anamnèse (signes/symptômes, affections sous‑jacentes) et l'examen physique axé sur les signes vitaux, l'état mental, l'appareil cardiorespiratoire et de l'état fonctionnel. 

L'infection par le virus pH1N1 cause un syndrome grippal (SG) semblable à celui de la grippe saisonnière. Les critères de dépistage de la pH1N1 suivants peuvent servir à l'évaluation/au triage des patients et sont fondés sur les données probantes connues jusqu'à présentxx.

Critères de dépistage clinique du SG dans le contexte de la pH1N1

  • Apparition soudaine de toux et de fièvre > 38,0 °C (100,4 °F)*.
  • Un ou plusieurs des symptômes courants suivants :
    • Mal de gorge
    • Coryza (écoulement nasal, congestion)
    • Fatigue/malaise/prostration
    • Myalgies/arthralgies (douleurs musculaires/articulaires)
    • Maux de tête
    • Diminution de l'appétit
    • Symptômes digestifs (nausées, vomissements et/ou diarrhée)

* Remarque : les données épidémiologiques (d'avril à août 2009) indiquent que chez les patients ayant un diagnostic confirmé par laboratoire, 100 % des enfants de moins de 2 ans se sont présentés avec de la fièvre, 90 % des femmes enceintes se sont présentées avec de la fièvre et 50 % des personnes de plus de 65 ans se sont présentées sans fièvre. Les présentations atypiques étaient les plus fréquentes chez les nourrissons, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Les personnes atteintes d'une maladie respiratoire chronique peuvent présenter une apparition ou une aggravation de la toux.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Isolement professionnel des infirmières
Les infirmières travaillent de manière indépendante dans de nombreuses collectivités ÉI et devront probablement prendre des décisions cliniques, possiblement sans consultation.

Stratégies à envisager : 

  • Évaluation, par le personnel de triage formé, du tableau clinique à l'aide des algorithmes propres à la région, pour décider si le patient est renvoyé à la maison avec des directives à suivre, est pris en charge dans la collectivité ou est candidat pour l'EVASAN à la suite de la première évaluation (voir la section 4.2.6 de ce document pour de l'information sur l'évacuation des patients par voie aérienne ou terrestre). 
  • Décision par les infirmières de devancer l'EVASAN des patients lorsque des intempéries sont prévues ou en hiver lorsque les conditions météorologiques sont imprévisibles.
  • Formation ou élaboration de politiques à l'avance, à l'intention des centres d'aiguillage, portant sur les circonstances où il faut transférer des patients « moins malades » à des établissements de soins actifs.
  • Utilisation par les fournisseurs de soins de santé d'autres moyens de communication fiables (p. ex. téléphones satellites, courriel, en plus du service téléphonique ordinaire) pour consulter les médecins.
  • Examen par les planificateurs de la possibilité de mettre en place une ressource collective centralisée (p. ex. Télésanté) de soutien pour la prise de décisions cliniques.
  • Mise en place par les fournisseurs de soins de santé d'une unité d'observation de courte durée pour les patients dont le pronostic clinique n'est pas clair avant de décider de les renvoyer à la maison avec des directives, de les traiter ou de les évacuer.
  • Élaboration par les collectivités de lignes directrices pour la prise en charge des patients lorsqu'il n'y a pas d'infirmière. Pour obtenir de plus amples renseignements, consulter les Lignes directrices : Prendre soin à la maison d'une personne infectée par le virus de la grippe H1N1 dans une collectivité éloignée et isolée.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Taux supérieurs d'infection et d'atteinte grave
Selon certaines données, les taux d'attaque et la fréquence affections liées à un risque de maladie grave seraient plus importants dans les collectivités ÉI. Il est possible que bon nombre de ces affections à risque ne soient pas diagnostiquées.

Stratégies à envisager : 

  • Les fournisseurs de soins de santé pourraient prendre en compte de la prévalence élevée des maladies chroniques ainsi que la plus grande probabilité de surpeuplement dans les collectivités ÉI lors de la première évaluation.
  • Une fois la pH1N1 détectée dans une collectivité éloignée et isolée, les fournisseurs de soins de santé pourraient offrir le traitement par des antiviraux à toutes les personnes présentant un SG et les consultant, peu importe la gravité de l'atteinte ou la présence ou non de facteurs de risques d'atteinte gravexxi.
  • Suivi des patients traités 24 h à 48 h après le début du traitement par les fournisseurs de soins de santé pour évaluer l'amélioration clinique. Ce peut être fait par le personnel administratif ou des membres des collectivités, si des directives claires sont émises à propos des circonstances où les patients doivent se présenter pour une nouvelle évaluation. 

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Ressources humaines et lieux de soins limités
La capacité d'effectuer une évaluation clinique dans un établissement de soins de santé existant peut être limitée dans une collectivité ÉI.

Stratégies à envisager :

  • Regroupement, par les fournisseurs de soins de santé, des patients présentant des symptômes de SG (p. ex. voir ces patients l'après-midi) pour éviter d'exposer, dans les cliniques, les patients qui ne sont pas atteints de la grippe. Consulter les lignes directrices sur la prévention et le contrôle des infections pour tout conseil sur les mesures à prendre pour protéger les travailleurs de la santé.
  • Mise en place de lieux de soins non habituels (p. ex. écoles, centres communautaires) par les planificateurs en santé publique. Pour obtenir plus de renseignements sur des lieux de soins non habituels, consulter l'annexe J (Lignes directrices à l'intention des lieux de soins de santé et des soignants non traditionnels) du PCLPI.
  • Négociation à l'avance par les planificateurs en santé publique d'accords avec les lieux de soins non habituels en tenant compte des besoins en approvisionnement. 
  • Les fournisseurs de soins de santé et les planificateurs en santé publique pourraient créer une liste de bénévoles formés, de travailleurs de rechange, etc. pour aider à la prise en charge des patients présentant un SG dans les établissements de rechange et les centres de santé. Consulter la section 6.0 de ce document pour obtenir des renseignements sur la formation.
  • Les planificateurs en santé publique pourraient conclure un accord d'aide mutuelle avec les régions/collectivités voisines.

4.2.3 Deuxième évaluation des patients présentant un SG dans les collectivités ÉI

La deuxième évaluation, si elle est nécessaire, comprend des analyses en laboratoire, comme l'analyse des prélèvements de sécrétions nasopharyngées par écouvillonnage, pour approfondir l'examen et l'évaluation des patients. Par contre, une fois établie la présence de la grippe dans une collectivité, la décision de traiter ou non le patient ne devrait PAS être fondée sur le résultat d'une analyse effectuée au point de service, mais plutôt sur l'évaluation clinique et les affections sous-jacentes pouvant poser un risque chez le patient. Les directives concernant le choix des analyses sont présentées à l'annexe G (Mesures et lignes directrices relatives aux soins cliniques) du PCLPI, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/cpip-pclcpi/ann-g-fra.php. Les lignes directrices à l'intention des laboratoires et le protocole pour le prélèvement des sécrétions nasopharyngées par écouvillonnage se trouvent à l'annexe C (Lignes directrices à l'intention des laboratoires en cas de pandémie d'influenza) du PCLPI, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/cpip-pclcpi/pdf-f/annex_c-fra.pdf, et dans les Directives provisoires sur la détection et la caractérisation du virus H1N1 pandémique (2009) en laboratoire, disponibles à http://www.nml-lnm.gc.ca/new-nouv/assets/pdf/FR_H1N1_Best_Practice.pdf. PDF Le lien suivant vous amène à un autre site web (lien externe)

Comme décrit ci-dessus, il est difficile d'avoir rapidement accès aux tests diagnostiques de la grippe dans les collectivités ÉI. Dans le cadre de la prise de décision clinique, l'évaluation clinique et les affections sous-jacentes des patients peuvent orienter les décisions relatives au traitement. Malgré leur efficacité limitée, la méthode de la détection rapide des antigènes et les analyses effectuées aux points de service actuellement offertes sont les seules options de tests diagnostiques dans les collectivités ÉI. En raison de la très faible sensibilité (15 % à 60 %) de ces analyses et de la possibilité de faux positifs (surtout si la personne effectuant l'analyse est inexpérimentée), elles sont déconseillées pour la prise de décision clinique liée au diagnostic et au traitement de la grippe chez des patients en particulier. 

Les variations extrêmes de température et les retards dans le transport des échantillons des collectivités ÉI peuvent nuire à l'exactitude des résultats des analyses de laboratoire (p. ex. si un échantillon est congelé puis décongelé, les tests par PCR peuvent être faussement négatifs). Il est conseillé de tout mettre en œuvre pour que le transport des échantillons soit effectué sans délai. 

Les lignes directrices pour la prévention et la lutte contre l'infection, les pratiques exemplaires de laboratoire ainsi que l'évaluation et la prise en charge cliniques des habitants des collectivités ÉI sont présentées dans les Lignes directrices pour la prise en charge clinique des patients présentant un syndrome grippal (SG) dans les collectivités éloignées et isolées, dans le contexte de la pandémie de grippe (H1N1) 2009, disponibles à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/hp-ps/guideili-ldsg09-fra.php. Il est recommandé de recueillir et manipuler les échantillons prélevés par des cliniciens dans les collectivités ÉI conformément aux recommandations de ces lignes directrices.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Retards dans l'obtention des résultats des analyses diagnostiques
Malgré qu'il soit généralement recommandé de prélever des sécrétions nasopharyngées par écouvillonnage à des fins de surveillance et que ce soit justifié dans certaines situations cliniques (p. ex. chez les patients gravement atteints devant être hospitalisés, pour les enquêtes sur les éclosions), il peut y avoir des retards dans la réception des résultats. Il est important que les cliniciens ne retardent pas la prise de décision concernant le traitement des cas suspects en attendant les résultats.

Stratégies à envisager : 

  • Les fournisseurs de soins de santé des collectivités ÉI pourraient avoir accès à des experts par téléphone ou par courriel (ou par d'autres moyens de communication fiables) pour appuyer la prise de décision clinique tout au long de la pandémie.
  • Élaboration d'une stratégie de dépistage par les planificateurs en santé publique avant la prochaine vague.

4.2.4 Contacts étroits dans les collectivités ÉI

Une fois la pandémie confirmée, il n'est pas recommandé d'effectuer une recherche des contacts à des fins de surveillance. En raison de la propagation de la pH1N1 à grande échelle au sein d'une collectivité et pour réduire le risque de résistance aux antiviraux, on n'offre pas systématiquement de prophylaxie antivirale postexposition (prévention) aux contacts étroits2. Toutefois, on peut les informer de consulter pour obtenir un traitement précoce en cas d'apparition de symptômes apparentés à la grippe. 

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Surpeuplement et isolement des cas
En général, on recommande aux personnes à risque d'éviter les contacts avec les cas et aux autres, de garder une distance d'au moins 2 mètres (6‑7 pieds) avec les cas. Cette mesure peut être difficile à appliquer dans un endroit surpeuplé. 

Stratégies à envisager :

  • Les fournisseurs de soins de santé pourraient informer toutes les personnes ayant des contacts étroits avec un cas et vivant avec une personne malade de consulter en cas de SG afin de recevoir un traitement précoce.
  • Les fournisseurs de soins de santé recommandent d'autres mesures, dont le port d'un masque chirurgical ou opératoire de haute qualité par les patients incapables de respecter l'étiquette respiratoire lorsqu'ils se trouvent dans la même pièce que des personnes en santé. Cela dit, on a peu de données au sujet du port d'un masque comme moyen de réduire la transmission de la grippe à la maison. Des directives sur l'utilisation adéquate des masques à la maison sont présentées à l'adresse http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/rem-iso/guid_home-maison-fra.php
  • Les planificateurs en santé publique et les fournisseurs de soins de santé pourraient diffuser de l'information sur l'hygiène des mains (autres méthodes efficaces de lavage des mains en l'absence d'eau courante) et l'étiquette respiratoire aux patients, aux personnes qui sont en contact avec eux et aux gens en général (voir www.combattezlagrippe.ca).Le lien suivant vous amène à un autre site web (lien externe)

De l'information destinée aux personnes qui prennent soin d'un patient est présentée dans les Lignes directrices : Prendre soin à la maison d'une personne infectée par le virus de la grippe H1N1 dans une collectivité éloignée et isolée, disponibles http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/rem-iso/guid_home-maison-fra.php.


2Le terme « contacts étroits » renvoie au fait que la personne s'est occupée d'un cas probable ou confirmé de grippe pandémique (H1N1) 2009, a habité avec celui-ci ou a eu des contacts directs avec les sécrétions des voies respiratoires ou les liquides corporels de celui-ci (ASPC, Formulaire de déclaration de cas du virus de la grippe H1N1 pour les 100 premiers cas).

4.2.5 Prise en charge thérapeutique, y compris l'utilisation d'antiviraux dans les collectivités ÉI

Des directives générales portant sur le traitement par des antiviraux sont présentées à l'annexe E (Utilisation des médicaments antiviraux durant une pandémie) du PCLPI. Des directives additionnelles concernant la prise en charge des patients dans une collectivité ÉI sont présentées dans les Lignes directrices pour la prise en charge clinique des patients présentant un syndrome grippal (SG) dans les collectivités éloignées et isolées, dans le contexte de la pandémie de grippe (H1N1) 2009

Des directives pour la gestion d'une éclosion dans une collectivité éloignée et isolée sont présentées dans les Lignes directrices sur les activités de préparation et de gestion relatives aux affections pseudo-grippales (APG), notamment la grippe pandémique (H1N1) 2009, dans les établissements résidentiels des communautés éloignées et isolées.

Ce ne sont pas tous les habitants d'une collectivité ÉI qui sont jugés plus à risque de complications de la grippe. Par contre, les cliniciens traitants devraient connaître les facteurs de risque (p. ex. affection chronique sous-jacente, grossesse, âge inférieur à 5 ans), qui peuvent influencer l'examen et le jugement clinique. 

Jusqu'à maintenant, notre expérience liée à l'éclosion de pH1N1 appuie l'évaluation et le traitement précoces des personnes à risque de complications présentant un SG comme moyen de réduire la morbidité et la mortalité. En raison des particularités des collectivités ÉI, on recommande d'envisager le traitement précoce de toutes les personnes présentant un SG, peu importe la gravité de l'atteinte ou de l'état de santé sous‑jacent. Si un patient traité par antiviraux y répond mal, on pourrait soupçonner une résistance aux antiviraux et la signaler aux autorités sanitaires locales. 

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Disponibilité des antiviraux
La disponibilité des antiviraux dans une collectivité ÉI peut être influencée par le transport et les conditions météorologiques, qui peuvent retarder le début du traitement (entre 24 h et 48 h après l'apparition des symptômes).

Stratégies à envisager :

  • Collaboration des planificateurs en santé publique avec la province/territoire et/ou la SPNI pour constituer une réserve d'antiviraux dans une collectivité, de manière à traiter au moins 17,5 % de sa population. Il est possible que la pandémie de grippe (H1N1) de 2009 se propage rapidement dans certaines collectivités éloignées et isolées, ce qui pourrait entraîner un besoin accru en antiviraux (supérieur à 17,5 %). On devrait envisager d'augmenter les réserves dans les endroits où des délais de plus de 48 h sont prévus.   
  • Prise en compte de la démographie particulière caractérisant de nombreuses collectivités ÉI et de la proportion appropriée d'antiviraux nécessaires (p. ex. une plus grande proportion de doses pour enfants que dans les collectivités canadiennes urbaines) par les planificateurs en santé publique.
  • Pendant la constitution des réserves d'antiviraux, les planificateurs en santé publique pourraient tenir compte de diverses questions, entre autres de l'espace d'entreposage et de la sécurité des réserves. Les questions importantes comprennent aussi la gestion des stocks, le réapprovisionnement et le remplacement/rotation des produits en voie de péremption, en utilisant d'abord les produits qui seront bientôt périmés. Consulter le Rapport sur les options pour la gestion de la Réserve nationale d'antiviraux, pour obtenir des renseignements supplémentaires sur la gestion des réserves d'antiviraux.
  • Suivi régulier de la vitesse à laquelle les réserves d'antiviraux s'épuisent et déclaration de cette tendance aux autorités sanitaires régionales par les fournisseurs de soins de santé afin d'assurer un réapprovisionnement adéquat.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Accès limité à TamifluMD en poudre pour suspension
Il se peut que les collectivités ÉI aient un accès limité à TamifluMD en poudre pour suspension buvable, destinée aux personnes incapables d'avaler les gélules ou aux enfants (en doses pédiatriques) lorsqu'il ne reste plus de gélules pédiatriques. Les instructions pour la préparation de la suspension buvable par le pharmacien sont présentées dans la monographie de TamifluMD xxii; toutefois, il n'y a peut-être pas de pharmacien disponible dans la collectivité ÉI pour préparer le médicament.

Stratégies à envisager :

  • En l'absence de TamifluMD en poudre pour suspension buvable ou en gélules pédiatriques, on peut faire une préparation d'urgence à partir de gélules pour adultes, en suivant les directives présentées dans la monographie du produit. Consulter les Lignes directrices pour la prise en charge clinique des patients présentant un syndrome grippal (SG) dans les collectivités éloignées et isolées, dans le contexte de la pandémie de grippe (H1N1) 2009, disponibles à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/hp-ps/guideili-ldsg09-fra.php, pour obtenir la marche à suivre.
  • Les médecins susceptibles d'être appelés à faire cette préparation pourraient constituer des réserves de matériel comprenant un mortier et un pilon, des flacons de verre ambre ou en PTPE, des couvercles à l'épreuve des enfants et des étiquettes.

Déclaration des effets indésirables des antiviraux survenus dans des collectivités ÉI

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les effets indésirables, consulter le document de Santé Canada intitulé La déclaration d'effets indésirables d'antiviraux lors d'une pandémie de grippe – Lignes directrices pour les professionnels de la santé et les consommateurs.
Comme la déclaration des effets indésirables peut s'avérer particulièrement difficile dans les collectivités ÉI, les trois méthodes de déclaration suivantes sont acceptables :

  • Téléphoner sans frais au 1-866-234-2345.
  • Remplir une déclaration en ligne à l'adresse www.santecanada.gc.ca/medeffet.
  • Remplir un formulaire de déclaration de Canada Vigilance et l'envoyer sans frais par télécopieur au 1-866-678-6789.
Le formulaire de déclaration de Canada Vigilance peut également être envoyé par la poste, dans une enveloppe préaffranchie. Le formulaire et l'étiquette préaffranchie sont disponibles à l'adresse www.santecanada.gc.ca/medeffet ou par téléphone au 1‑866‑234‑2345. Les professionnels de la santé peuvent également se procurer le formulaire de déclaration des effets indésirables à la fin du Compendium des produits et spécialités pharmaceutiques (CPS).

4.2.6 Évacuation d'un patient d'une collectivité ÉI par voie aérienne ou terres

L'accès à un établissement de soins actifs est un enjeu propre aux collectivités ÉI. Dans certains cas, il peut être nécessaire de transférer un patient à un établissement de soins actifs en raison de la gravité des symptômes, de l'étendue des soins requis et de l'incapacité à donner ces soins et/ou de l'absence d'équipement médical ou de services adéquats (p. ex. ventilateurs, oxygénothérapie). 

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Enjeux liés au transport
Le petit nombre de vols (p. ex. vols peu fréquents, non-disponibilité des pilotes pour les EVASAN pour cause de maladie) ou les intempéries compliquent le transfert des patients dont l'état est critique d'une collectivité ÉI.

Stratégies à envisager : 

  • Les fournisseurs de soins de santé ont à leur portée les coordonnées des services de soutien du transport local. 
  • Registre des personnes malades ou à risque (p. ex. femmes enceintes) tenu par les fournisseurs de soins de santé afin d'anticiper la détérioration clinique potentielle et ainsi y répondre rapidement par un transfert en temps opportun.
  • Les fournisseurs de services de santé connaissent la manière d'accéder à du soutien clinique additionnel au sein de leur organisme (gestionnaire, médecin hygiéniste) et à l'extérieur (hôpitaux régionaux, soutien de laboratoire, spécialistes des maladies infectieuses, pédiatres, médecins en santé publique et infirmières praticiennes). 
  • Information des centres d'aiguillage au sujet des lignes directrices cliniques dans les collectivités ÉI et des recommandations pour la consultation ou le transfert précoces dans certaines situations (p. ex. en cas d'intempéries prévues). 
  • Préparation des planificateurs des services de santé pour les évacuations en cas d'urgence en communiquant régulièrement avec les services de rapatriement et de soutien aux soins actifs de leur région. Vérification de l'existence d'une politique/procédure selon laquelle les employés d'EVASAN ou de l'entreprise de transport aérien sont préparés et ont l'équipement/les fournitures nécessaires pour appliquer les mesures appropriées de contrôle de l'infection en présence de personnes présentant un SG et soupçonnées d'être atteintes de la pH1N1. Un plan de continuité des opérations est nécessaire pour assurer le maintien du service de transport d'urgence dans la collectivité. 
  • Planification de solutions de rechange s'il n'y a pas de services d'EVASAN (p. ex. aide du MDN).
  •  Fournitures médicales disponibles en quantité suffisante pour prendre soin des patients qui ont besoin de soins continus, mais qui ne peuvent être évacués. 

4.3 Maintien des services de santé dans les collectivités ÉI

Le mode de prestation des soins de santé diffère dans les collectivités ÉI et l'on peut en tenir compte pendant l'élaboration des stratégies de lutte contre la grippe pandémique. Plusieurs types de travailleurs de la santé, professionnels ou non, offrent des services dans les collectivités ÉI. Des directives additionnelles sur la planification des services de santé sont présentées dans le Document d'orientation relatif à la planification des services de santé dans les collectivités éloignées et isolées dans le contexte de la grippe pandémique (H1N1) de 2009, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/guidance_lignesdirectrices/hspric-psscei-fra.php.

4.3.1 Maintien des services cliniques essentiels

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Manque de ressources humaines
Les pénuries actuelles de personnel et l'absence de capacité de pointe constituent un enjeu important dans les collectivités ÉI. Le manque de ressources humaines pourrait être exacerbé pendant une pandémie par l'absentéisme lié à la maladie et aux responsabilités personnelles et/ou familiales.

Stratégies à envisager : 

  • Vaccination des fournisseurs de soins de santé.
  • Les planificateurs en santé publique pourraient faire appel aux autres membres clés de la communauté (aînés, guérisseurs traditionnels, autres professionnels) pour l'éducation des membres de la collectivité au moyen des lignes directrices et du matériel approuvés, et pour fournir des renseignements sur l'auto-prise en charge pendant une pandémie.
  • Les planificateurs en santé publique pourraient envisager de recruter des professionnels retraités ou des professionnels autorisés d'autres régions (p. ex. déploiement au Manitoba d'infirmières autorisées de l'Ontario.
  • Accords d'aide mutuelle entre les planificateurs en santé publique et les autorités sanitaires voisines.
  • Les planificateurs en santé publique pourraient envisager de nouvelles dispositions législatives visant les organismes de réglementation professionnelle afin de permettre aux retraités autorisés qui ont toujours une assurance contre les fautes professionnelles médicales d'aider en cas d'urgence.
  • Les fournisseurs de soins de santé et les planificateurs en santé publique réaffectent des employés de la santé publique au soin des patients atteints de pH1N1. 
  • Traitement antiviral précoce des fournisseurs de soins de santé présentant des symptômes de SG s'ils ont un risque accru d'atteinte grave ou de complications liées à la grippe en raison d'affections sous-jacentes. Au cours d'une vague de pandémie grave qui peut restreindre le niveau des effectifs, on peut envisager le traitement précoce d'employés malades ne présentant pas d'affections sous‑jacentes.
  • Collaboration entre les fournisseurs de soins de santé et les experts des maladies infectieuses pour examiner la possibilité d'offrir une prophylaxie postexposition aux travailleurs de la santé de première ligne à risque accru de complications qui ont été exposés à la pH1N1 dans leur milieu de travail. Cette mesure est évaluée au cas par cas et elle est prise dans des circonstances exceptionnelles, comme en cas de pénurie d'employés. 
  • Les planificateurs en santé publique pourraient envisager l'élaboration d'une politique, en collaboration avec les établissements d'enseignement ou les organismes de réglementation professionnelle concernés, permettant à d'autres fournisseurs de soins de santé autorisés de préparer et d'administrer des médicaments.

4.3.2 Fournitures et équipement

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Manque de fournitures cliniques
L'emplacement géographique et les conditions météorologiques peuvent nuire à la disponibilité des ressources cliniques (p. ex. équipement de protection individuelle, médicaments pour le soulagement des symptômes, oxygène) dans les collectivités ÉI.

Stratégies à envisager : 

  • Communication des fournisseurs de soins de santé avec la SPNI de leur province/territoire pour obtenir de l'information sur l'accès aux réserves de fournitures etd'équipement.
  • Constitution par les fournisseurs de soins de santé de réserves sûres et adéquates (pour 4 semaines) de fournitures et d'équipement.
  • Les planificateurs en santé publique pourraient prévoir très à l'avance le réapprovisionnement, en tenant compte des retards dus au transport et aux intempéries.
  • Accords d'aide mutuelle concernant les réserves de fournitures entre les fournisseurs de soins de santé et les autorités sanitaires voisines.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Capacité limitée d'entreposage dans un milieu contrôlé et sûr
Le manque éventuel d'espace d'entreposage contrôlé et sûr dans les collectivités ÉI pourrait poser des problèmes d'entreposage et de la gestion des réserves de fournitures d'urgence.   

Stratégies à envisager : 

  • Les planificateurs en santé publique étudient tous les sites d'entreposage possibles dans la collectivité; ils s'assurent que l'aire d'entreposage est protégée contre les dommages causés par les éléments et ne présente pas de risque (p. ex. feu, eau, rongeurs), que les réserves sont entreposées de manière sécuritaire et qu'elles sont inspectées régulièrement.
  • Les planificateurs en santé publique assurent aux fournisseurs de soins de santé un accès facile aux installations d'entreposage.

4.4 Vaccination dans les collectivités ÉI

Les lignes directrices nationales concernant le vaccin anti-pH1N1 sont affichées http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/vacc/pdf/monovacc-guide-fra.pdf. Le Cadre de priorisation des vaccins pandémiques (http://www.phac-aspc.gc.ca/cpip-pclcpi/vf/index-fra.php) présente de l'information qui s'est avérée utile pour élaborer des recommandations à propos des personnes devant avoir un accès rapide au vaccin ou pour déterminer les personnes chez qui il serait le plus avantageux. À l'heure actuelle, le vaccin anti‑pH1N1 est offert à l'ensemble de la population canadienne. Dans la mise en œuvre des programmes de vaccination dans les communautés éloignées et isolées, ce sont les détails opérationnels qui posent des difficultés.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Retards dans la livraison du vaccin
La livraison et le transport du vaccin aux collectivités ÉI peuvent être difficiles en raison d'intempéries, et peuvent également avoir des conséquences sur la chaîne du froid.

Stratégies à envisager : 

  • Communication des planificateurs en santé publique avec la SPNI ou leur province/territoire pour obtenir de l'information sur les stratégies de vaccination de masse et des directives au sujet de leur application dans la collectivité.
  • Soutien par les planificateurs en santé publique du transport rapide et sûr des vaccins, où un système de surveillance de la température permet de vérifier le respect de la chaîne du froid, conformément au protocole habituel pour l'envoi de vaccins à une collectivité ÉI.
  • Envoi prévu par les planificateurs en santé publique de la totalité des vaccins (100 % des quantités attribuées) en une fois, dès que possible, tout en tenant compte des conditions météorologiques à partir du mois de novembre.
  • Les fournisseurs de soins de santé pourraient prévoir d'autres dates pour les séances de vaccination en cas de retard de livraison du vaccin.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Prise en charge des effets indésirables du vaccin 
Il est préférable (et recommandé) que les personnes susceptibles de souffrir d'effets indésirables (p. ex. personnes allergiques aux œufs ou ayant déjà eu un effet indésirable après un vaccin) dans une collectivité ÉI ne soient pas vaccinées en raison des difficultés liées à la prise en charge d'une réaction anaphylactique dans un milieu ÉI.

Stratégies à envisager : 

  • Élaboration par les planificateurs en santé publique de politiques visant les patients atteints d'allergie grave aux œufs. Le concept d'immunité collective doit être expliqué au patientxxiii. Si le patient désire tout de même être vacciné, et que c'est possible, il devrait être aiguillé vers un milieu offrant une supervision et un soutien adéquats, par exemple un établissement de soins actifs.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Ressources humaines insuffisantes pour procéder à la vaccination
La vaccination de masse dans les collectivités ÉI peut être opérationnellement difficile en raison des ressources insuffisantes pour mettre en place des séances de vaccination tout en maintenant les services habituels et les autres campagnes de vaccination et en répondant à l'augmentation des besoins à l'automne. 

Stratégies à envisager :

  • Vaccination de tous les membres de la collectivité en même temps plutôt que d'établir un ordre de priorité. Comme ils sont relativement peu nombreux, que les éclosions soulèvent de nombreux problèmes et qu'il y a suffisamment de vaccins pour tous les Canadiens, cette stratégie est plus rapide et plus efficace que la vaccination par phases.  
  • Les planificateurs en santé publique pourraient envisager, pour la campagne de vaccination des collectivités ÉI, le transport par voie aérienne d'une équipe d'infirmières qui vaccinerait les membres de la collectivité pendant que les employés sur place poursuivent leurs activités habituelles.
  • Les fournisseurs de soins de santé pourraient faire la promotion de la campagne et y participer, ce qui favoriserait l'adhésion de la population, de même que la vaccination précoce des aînés des communautés autochtones.     
  • Administration d'autres vaccins (p. ex. antipneumococcique) par les fournisseurs de services de santé pendant la vaccination anti-pH1N1, si c'est possible, pour réduire/éliminer le besoin de multiples campagnes.

Les collectivités qui désirent se préparer pour à des séances de vaccination de masse pourraient consulter le document Cliniques de vaccination de masse dans les collectivités éloignées et isolées. Un cours en ligne sur la vaccination contre la grippe H1N1 destiné aux professionnels de la santé est offert sur le site http://www.mdpasseport.com/. Consulter la section Formation de ce document pour obtenir de plus amples renseignements.

4.5 Mesures de santé publique dans les collectivités ÉI

Les collectivités ÉI sont plus vulnérables aux éclosions de grippe en raison de multiples facteurs (p. ex. environnementaux) prédisposant à la transmission. Dans ces milieux, même en l'absence de cas confirmés, il est important de diminuer les conséquences d'une propagation rapide. Il est recommandé d'envisager une enquête sur les éclosions et une prise en charge précoces en collaboration avec les services locaux de santé publique. Des mesures de santé publique communautaires seront considérées, comme l'isolement volontaire à domicile des personnes malades, la publication d'avis aux voyageurs et, si nécessaire, la fermeture d'écoles et l'annulation ou le report de rassemblements publics, selon les circonstances locales. Des lignes directrices sur la fermeture des écoles, des garderies et des camps sont présentées à www.phac.aspc.gc.ca et des mesures de santé publique sont décrites dans un document diffusé à l'échelle nationale intitulé Lignes directrices sur les mesures de prévention individuelles et collectives destinées à prévenir la transmission des symptômes grippaux (SG) dans la communauté, notamment du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/hp-ps-info_health-sante-fra.php. De plus, des directives sur la manière de prendre soin d'une personne malade à la maison sont présentées dans les Lignes directrices : Prendre soin à la maison d'une personne infectée par le virus de la grippe H1N1 dans une collectivité éloignée et isolée, offertes à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/rem-iso/guid_home-maison-fra.php.

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Manque de fournitures non médicales
La livraison et le transport des fournitures non médicales (p. ex. savon, aliments, articles de maison, etc.) dans les collectivités ÉI peuvent être difficiles en raison des moyens de transport limités, de la possibilité de maladie dans les foyers et d'autres facteurs, dont les intempéries.

Stratégies à envisager :

  • Préparation des collectivités et des familles; encourager et sensibiliser les gens, les familles et les collectivités à constituer une réserve de fournitures (savon, produits d'entretien ménager, denrées non périssables, mouchoirs de papier, etc.) pour répondre à leurs besoins. Consulter l'annexe A pour obtenir un exemple de liste de provisions à garder à la maison.          

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Accès limité à l'eau courante
Contrairement à la plupart des collectivités urbaines au Canada, certaines collectivités ÉI ont un accès limité à de l'eau courante propre pour l'hygiène des mains. Les directives existantes pour le lavage des mains présupposent un accès à de l'eau courante propre.

Stratégies à envisager :

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Rassemblements publics
Une éventuelle transmission de l'infection pendant un rassemblement pourrait compromettre les ressources déjà limitées des collectivités ÉI.

Stratégies à envisager :

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Conséquences de la fermeture des écoles
La fermeture des écoles dans les milieux ÉI peut avoir des conséquences importantes dans la collectivité. En raison du nombre réduit de suppléants dans la collectivité, il peut être impossible pour l'école de mettre en œuvre un plan de continuité des opérations en cas de taux d'attaque élevé. Par conséquent, les écoles peuvent rester fermées plus longtemps que dans les collectivités urbaines.  

Stratégies à envisager : 

Enjeu propre aux collectivités ÉI : Absence potentielle de campagnes adaptées pour la sensibilisation en matière de santé publique
Les collectivités ÉI sont probablement moins exposées que les collectivités urbaines aux campagnes de sensibilisation en matière de santé publique. De plus, les messages sont rarement adaptés aux collectivités ÉI (p. ex. approvisionnement en eau limité, manque d'accessibilité aux fournitures) et l'on ne tient pas toujours compte des considérations liées aux connaissances sur la santé, aux barrières linguistiques et à l'accès limité aux moyens de télécommunications, comme le téléphone et Internet.  

Stratégies à envisager :

  • Les planificateurs en santé publique pourraient repérer les collectivités où des stratégies de communication adaptées aux particularités locales sont nécessaires. Les stratégies adaptées comprennent : envoi postal, radio communautaire, collaboration avec les collectivités voisines pour obtenir de l'information, affiches, porte-à-porte et rencontres communautaires. On peut également demander à des personnes proches ou inspirant confiance (p. ex. aînés inuits ou médecins autochtones) de transmettre les messages.
  • Les planificateurs en santé publique pourraient concevoir et présenter des campagnes adaptées spécifiquement à la situation des collectivités ÉI. Des affiches en diverses langues faisant la promotion de l'étiquette respiratoire et de l'hygiène des mains sont disponibles dans la section Outils et ressources du site Web de l'ASPC à http://www.fightflu.ca/tools-outils-fra.html.

4.6 Gestion de la surmortalité dans les collectivités ÉI

Même si, jusqu'à maintenant, la pH1N1 n'a pas causé de maladie grave et de décès à grande échelle, il est possible que d'importantes perturbations économiques et sociales et un grand nombre de décès surviennent. L'annexe I (Lignes directrices sur la gestion des décès de masse durant une pandémie d'influenza) du PCLPI , présente des renseignements sur les considérations d'ordre religieux et culturel liées à la manière de traiter les dépouilles et sur les enjeux propres aux collectivités ÉI en cas de nombreux décès.