La présente section traite d'enjeux précis et propose des éléments à considérer pour la planification en cas de pandémie dans les collectivités ÉI. Elle ne vise pas à remplacer les directives contenues dans les plans ou les lignes directrices locales, provinciales ou territoriales existantes.
La surveillance du syndrome grippal (SG) dans une collectivité ÉI est importante pour guetter l'arrivée ou suivre la propagation de la pH1N1 dans une collectivité, notamment pour confirmer une éclosion1. Elle contribue également à évaluer l'efficacité du traitement antiviral par la détection des souches de virus résistantes aux antiviraux. Il est recommandée d'effectuer une analyse (écouvillonnage nasopharyngé) lorsque le patient est soupçonné d'être atteint d'un SG, si la transmission du virus dans la collectivité est limitée ou non connue. Lorsque la présence de la souche pandémique est confirmée dans une collectivité, l'analyse systématique chez des patients qui ne présentent pas un risque élevé de maladie respiratoire grave n'est plus recommandée.
Il est difficile d'avoir accès rapidement aux tests diagnostiques de la grippe dans les collectivités éloignées et isolées en raison des infrastructures et des retards dus au transport jusqu'aux laboratoires de référence. Malgré la faible efficacité de la méthode de détection rapide des antigènes et des analyses effectuées aux points de service actuellement offertes, il s'agit peut-être de la seule option dans les collectivités éloignées, aspect qui devrait être pris en compte dans la planification en vue de la grippexix.
En cas d'éclosion de grippe soupçonnée, jusqu'à 10 patients présentant un SG peuvent faire l'objet d'un dépistage par analyse effectuée aux points de service. Le raisonnement est le suivant : malgré la sensibilité limitée de ce test diagnostique, il existe une forte probabilité que le virus de la grippe soit détecté dans au moins 1 des échantillons lorsqu'on teste 10 patients symptomatiques faisant partie d'une grappe de cas présentant un lien épidémiologique. Un résultat positif pour la grippe attesterait de la présence du virus dans la grappe de cas et permettrait de déterminer la méthode appropriée de prise en charge de l'éclosion.
Une fois établie la présence du virus dans la collectivité, il n'est plus justifié d'effectuer des analyses, sauf chez les patients qui contractent une maladie respiratoire grave nécessitant une hospitalisation. En outre, des analyses ne sont pas nécessaires pour déterminer la fin d'une éclosion. Elle est évidente et se manifeste par l'absence de nouveaux cas de SG. Si de nouveaux cas apparaissent après une absence de SG dans la collectivité pendant une période donnée (2 à 4 semaines), il est utile d'entreprendre une deuxième ronde d'analyse pour examiner la possibilité de réapparition de la grippe ou d'apparition d'une nouvelle souche.
Si l'on analyse des échantillons prélevés dans une grappe de patients et que le virus est détecté chez un patient, on présume que les autres patients présentant un lien épidémiologique avec ce cas sont également atteints de grippe. D'autres cas liés épidémiologiquement et qui se sont présentés antérieurement (1 à 2 périodes d'incubation auparavant) seraient également considérés comme atteints de grippe.
Si l'on a recours à des analyses aux points de service pour évaluer l'activité grippale, les limites inhérentes à ces tests devraient être claires et les professionnels de la santé devraient être formés afin d'assurer une qualité optimale des prélèvements et des analyses. Le laboratoire de santé publique local peut offrir du soutien pour le choix et la validation des analyses effectuées aux points de service. De plus, les collectivités ÉI doivent tenter d'avoir une réserve de fournitures et d'écouvillons adéquats.
Que des analyses aux points de service soient utilisées ou non, il est recommandé d'envoyer des échantillons d'un sous‑groupe de patients à un laboratoire de virologie de référence pour confirmer les résultats des analyses et pour effectuer des analyses supplémentaires, entre autres pour déterminer la souche du virus et, dans certains cas, la résistance aux antiviraux.Le système national de surveillance de la grippe pandémique et de la grippe est utilisé pour faire le suivi de la pandémie, ajuster les interventions et orienter la planification ultérieure. Il y a des sites sentinelles de Surveillance de l'influenza dans plusieurs milieux éloignés et isolés au Canada. On prévoit augmenter le nombre de ces sites prochainement selon les résultats obtenus par une étude pilote en Ontario. Les renseignements recueillis dans les services de santé sont un élément important de l'intervention et de la planification et les cas devraient être signalés aux unités de santé publique selon les procédures habituelles. D'autres ressources au sujet de la surveillance, y compris des fiches de renseignements et des fiches de suivi pour la surveillance du SG en milieu scolaire, sont présentées dans un guide sur la surveillance de la grippe à l'intention des communautés des Premières nations.
La définition de cas nationale utilisée à des fins de surveillance est présentée à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/hp-ps-info_definition-fra.php.
Surveillance de la résistance à l'oseltamivir :
Jusqu'à maintenant, on a noté des cas isolés d'infection à virus pH1N1 résistants à l'oseltamivir, dont plusieurs au Canada, mais ils n'ont pas été à l'origine de la propagation de souches résistantes. Dans la plupart des cas, la résistance a été notée chez des personnes à risque ayant reçu des antiviraux en prophylaxie post-exposition. Une surveillance continue de la résistance aux antiviraux est exercée à l'échelle mondiale. À l'heure actuelle, aucun cas n'a été observé dans une collectivité ÉI canadienne. Toutefois, les collectivités ÉI peuvent consulter leur laboratoire de santé publique provincial à propos du diagnostic et de la surveillance de la résistance aux antiviraux.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Difficulté à obtenir des données de surveillance
En raison des ressources limitées des collectivités ÉI, des préoccupations de certains membres des Premières nations, Inuits et Métis concernant la confidentialité, ainsi que de la complexité des formulaires de déclaration, il est difficile d'obtenir des données de surveillance dans les collectivités ÉI.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Déclaration irrégulière
Stratégies à envisager :
On recommande aux fournisseurs de soins de santé des collectivités ÉI d'avoir recours aux lignes directrices provinciales et territoriales destinées aux cliniciens. Des renseignements additionnels, dont des algorithmes et des outils cliniques, sont présentés à l'annexe G (Mesures et lignes directrices relatives aux soins cliniques) du PCLPI. Toutefois, certaines adaptations peuvent être nécessaires selon les régions, où l'on peut également être confronté à des barrières linguistiques. Ces obstacles peuvent être surmontés, par exemple en engageant des interprètes/traducteurs communautaires formés pour les communications entre les patients et les fournisseurs de soins de santé (ainsi que pour traduire et expliquer les formulaires de collecte de données et recueillir des renseignements de surveillance importants). Pour de plus amples renseignements, consulter les Recommandations cliniques pour les patients se présentant avec des symptômes respiratoires au cours de la saison grippale 2009-2010.
La section suivante porte sur les diverses étapes de l'évaluation clinique et du traitement ainsi que sur les enjeux potentiels pour les fournisseurs de soins de santé des collectivités ÉI.
Le triage vise à détecter les cas soupçonnés de pH1N1 en vue de la prise en charge clinique et à diminuer le risque de transmission du virus aux patients et aux travailleurs de la santé dans les établissements de soins de santé.
L'éducation du public peut aider les gens à autoévaluer leur état et ainsi réduire la surcharge inutile du système de santé. De nombreuses autorités planifient la mise en œuvre de mesures spéciales (p. ex. première évaluation par téléphone) pour déterminer : si le patient est atteint de grippe et peut rester à la maison; s'il doit consulter un médecin pour subir une évaluation plus poussée; et s'il répond aux critères applicables au traitement précoce par antiviraux, par exemple ceux de l'algorithme présenté à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/tools_outils-fra.php.
Des algorithmes sont fréquemment utilisés pendant le triage par téléphone pour déterminer si le patient doit consulter un médecin. S'il est alors établi qu'une évaluation clinique n'est pas nécessaire, on peut donner des directives au patient sur la manière de se soigner et lui indiquer quand il devrait recommuniquer avec un médecin si les symptômes s'aggravent ou persistent. Une liste des produits à avoir en réserve à la maison pour l'auto-prise en charge (p. ex. des médicaments pour soulager les symptômes) est présentée à l'annexe A et des conseils généraux se trouvent dans Votre guide de préparation contre le virus H1N1, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/guide/index-fra.php.
Il est recommandé de départager tous les patients qui se présentent à une clinique ou à un centre d'évaluation en fonction de la toux et de la fièvre; idéalement, la personne qui communique habituellement en premier avec les patients (p. ex. la réceptionniste) devrait s'en charger. En cas de toux et de fièvre, on peut demander au patient de se nettoyer les mains avec un désinfectant à base d'alcool à 60 % à 90 % ou avec de l'eau et du savon, de porter un masque chirurgical ou opératoire de grande qualité et de s'asseoir à plus de 2 mètres (6‑7 pieds) des autres patients, si possible. Pour obtenir des renseignements supplémentaires sur la prévention et la lutte contre l'infection dans les collectivités ÉI, consulter les Lignes directrices pour la prise en charge clinique des patients présentant un syndrome grippal (SG) dans les collectivités éloignées et isolées, dans le contexte de la pandémie de grippe (H1N1) 2009.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Manque d'accès à de l'information culturellement adaptée
Dans les collectivités ÉI, l'éducation du public visant à encourager la promotion de l'autoévaluation avant de consulter peut être complexe en raison du manque d'accès à de l'information culturellement adaptée et de l'absence de téléphone à la maison.
Stratégies à envisager :
La première évaluation comprend l'anamnèse (signes/symptômes, affections sous‑jacentes) et l'examen physique axé sur les signes vitaux, l'état mental, l'appareil cardiorespiratoire et de l'état fonctionnel.
L'infection par le virus pH1N1 cause un syndrome grippal (SG) semblable à celui de la grippe saisonnière. Les critères de dépistage de la pH1N1 suivants peuvent servir à l'évaluation/au triage des patients et sont fondés sur les données probantes connues jusqu'à présentxx.
Critères de dépistage clinique du SG dans le contexte de la pH1N1
* Remarque : les données épidémiologiques (d'avril à août 2009) indiquent que chez les patients ayant un diagnostic confirmé par laboratoire, 100 % des enfants de moins de 2 ans se sont présentés avec de la fièvre, 90 % des femmes enceintes se sont présentées avec de la fièvre et 50 % des personnes de plus de 65 ans se sont présentées sans fièvre. Les présentations atypiques étaient les plus fréquentes chez les nourrissons, les personnes âgées et les personnes immunodéprimées. Les personnes atteintes d'une maladie respiratoire chronique peuvent présenter une apparition ou une aggravation de la toux.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Isolement professionnel des infirmières
Les infirmières travaillent de manière indépendante dans de nombreuses collectivités ÉI et devront probablement prendre des décisions cliniques, possiblement sans consultation.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Taux supérieurs d'infection et d'atteinte grave
Selon certaines données, les taux d'attaque et la fréquence affections liées à un risque de maladie grave seraient plus importants dans les collectivités ÉI. Il est possible que bon nombre de ces affections à risque ne soient pas diagnostiquées.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Ressources humaines et lieux de soins limités
La capacité d'effectuer une évaluation clinique dans un établissement de soins de santé existant peut être limitée dans une collectivité ÉI.
Stratégies à envisager :
La deuxième évaluation, si elle est nécessaire, comprend des analyses en laboratoire, comme l'analyse des prélèvements de sécrétions nasopharyngées par écouvillonnage, pour approfondir l'examen et l'évaluation des patients. Par contre, une fois établie la présence de la grippe dans une collectivité, la décision de traiter ou non le patient ne devrait PAS être fondée sur le résultat d'une analyse effectuée au point de service, mais plutôt sur l'évaluation clinique et les affections sous-jacentes pouvant poser un risque chez le patient. Les directives concernant le choix des analyses sont présentées à l'annexe G (Mesures et lignes directrices relatives aux soins cliniques) du PCLPI, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/cpip-pclcpi/ann-g-fra.php. Les lignes directrices à l'intention des laboratoires et le protocole pour le prélèvement des sécrétions nasopharyngées par écouvillonnage se trouvent à l'annexe C (Lignes directrices à l'intention des laboratoires en cas de pandémie d'influenza) du PCLPI, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/cpip-pclcpi/pdf-f/annex_c-fra.pdf, et dans les Directives provisoires sur la détection et la caractérisation du virus H1N1 pandémique (2009) en laboratoire, disponibles à http://www.nml-lnm.gc.ca/new-nouv/assets/pdf/FR_H1N1_Best_Practice.pdf.
Comme décrit ci-dessus, il est difficile d'avoir rapidement accès aux tests diagnostiques de la grippe dans les collectivités ÉI. Dans le cadre de la prise de décision clinique, l'évaluation clinique et les affections sous-jacentes des patients peuvent orienter les décisions relatives au traitement. Malgré leur efficacité limitée, la méthode de la détection rapide des antigènes et les analyses effectuées aux points de service actuellement offertes sont les seules options de tests diagnostiques dans les collectivités ÉI. En raison de la très faible sensibilité (15 % à 60 %) de ces analyses et de la possibilité de faux positifs (surtout si la personne effectuant l'analyse est inexpérimentée), elles sont déconseillées pour la prise de décision clinique liée au diagnostic et au traitement de la grippe chez des patients en particulier.
Les variations extrêmes de température et les retards dans le transport des échantillons des collectivités ÉI peuvent nuire à l'exactitude des résultats des analyses de laboratoire (p. ex. si un échantillon est congelé puis décongelé, les tests par PCR peuvent être faussement négatifs). Il est conseillé de tout mettre en œuvre pour que le transport des échantillons soit effectué sans délai.
Les lignes directrices pour la prévention et la lutte contre l'infection, les pratiques exemplaires de laboratoire ainsi que l'évaluation et la prise en charge cliniques des habitants des collectivités ÉI sont présentées dans les Lignes directrices pour la prise en charge clinique des patients présentant un syndrome grippal (SG) dans les collectivités éloignées et isolées, dans le contexte de la pandémie de grippe (H1N1) 2009, disponibles à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/hp-ps/guideili-ldsg09-fra.php. Il est recommandé de recueillir et manipuler les échantillons prélevés par des cliniciens dans les collectivités ÉI conformément aux recommandations de ces lignes directrices.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Retards dans l'obtention des résultats des analyses diagnostiques
Malgré qu'il soit généralement recommandé de prélever des sécrétions nasopharyngées par écouvillonnage à des fins de surveillance et que ce soit justifié dans certaines situations cliniques (p. ex. chez les patients gravement atteints devant être hospitalisés, pour les enquêtes sur les éclosions), il peut y avoir des retards dans la réception des résultats. Il est important que les cliniciens ne retardent pas la prise de décision concernant le traitement des cas suspects en attendant les résultats.
Stratégies à envisager :
Une fois la pandémie confirmée, il n'est pas recommandé d'effectuer une recherche des contacts à des fins de surveillance. En raison de la propagation de la pH1N1 à grande échelle au sein d'une collectivité et pour réduire le risque de résistance aux antiviraux, on n'offre pas systématiquement de prophylaxie antivirale postexposition (prévention) aux contacts étroits2. Toutefois, on peut les informer de consulter pour obtenir un traitement précoce en cas d'apparition de symptômes apparentés à la grippe.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Surpeuplement et isolement des cas
En général, on recommande aux personnes à risque d'éviter les contacts avec les cas et aux autres, de garder une distance d'au moins 2 mètres (6‑7 pieds) avec les cas. Cette mesure peut être difficile à appliquer dans un endroit surpeuplé.
Stratégies à envisager :
De l'information destinée aux personnes qui prennent soin d'un patient est présentée dans les Lignes directrices : Prendre soin à la maison d'une personne infectée par le virus de la grippe H1N1 dans une collectivité éloignée et isolée, disponibles http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/rem-iso/guid_home-maison-fra.php.
2Le terme « contacts étroits » renvoie au fait que la personne s'est occupée d'un cas probable ou confirmé de grippe pandémique (H1N1) 2009, a habité avec celui-ci ou a eu des contacts directs avec les sécrétions des voies respiratoires ou les liquides corporels de celui-ci (ASPC, Formulaire de déclaration de cas du virus de la grippe H1N1 pour les 100 premiers cas).
Des directives générales portant sur le traitement par des antiviraux sont présentées à l'annexe E (Utilisation des médicaments antiviraux durant une pandémie) du PCLPI. Des directives additionnelles concernant la prise en charge des patients dans une collectivité ÉI sont présentées dans les Lignes directrices pour la prise en charge clinique des patients présentant un syndrome grippal (SG) dans les collectivités éloignées et isolées, dans le contexte de la pandémie de grippe (H1N1) 2009.
Des directives pour la gestion d'une éclosion dans une collectivité éloignée et isolée sont présentées dans les Lignes directrices sur les activités de préparation et de gestion relatives aux affections pseudo-grippales (APG), notamment la grippe pandémique (H1N1) 2009, dans les établissements résidentiels des communautés éloignées et isolées.
Ce ne sont pas tous les habitants d'une collectivité ÉI qui sont jugés plus à risque de complications de la grippe. Par contre, les cliniciens traitants devraient connaître les facteurs de risque (p. ex. affection chronique sous-jacente, grossesse, âge inférieur à 5 ans), qui peuvent influencer l'examen et le jugement clinique.
Jusqu'à maintenant, notre expérience liée à l'éclosion de pH1N1 appuie l'évaluation et le traitement précoces des personnes à risque de complications présentant un SG comme moyen de réduire la morbidité et la mortalité. En raison des particularités des collectivités ÉI, on recommande d'envisager le traitement précoce de toutes les personnes présentant un SG, peu importe la gravité de l'atteinte ou de l'état de santé sous‑jacent. Si un patient traité par antiviraux y répond mal, on pourrait soupçonner une résistance aux antiviraux et la signaler aux autorités sanitaires locales.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Disponibilité des antiviraux
La disponibilité des antiviraux dans une collectivité ÉI peut être influencée par le transport et les conditions météorologiques, qui peuvent retarder le début du traitement (entre 24 h et 48 h après l'apparition des symptômes).
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Accès limité à TamifluMD en poudre pour suspension
Il se peut que les collectivités ÉI aient un accès limité à TamifluMD en poudre pour suspension buvable, destinée aux personnes incapables d'avaler les gélules ou aux enfants (en doses pédiatriques) lorsqu'il ne reste plus de gélules pédiatriques. Les instructions pour la préparation de la suspension buvable par le pharmacien sont présentées dans la monographie de TamifluMD xxii; toutefois, il n'y a peut-être pas de pharmacien disponible dans la collectivité ÉI pour préparer le médicament.
Stratégies à envisager :
Déclaration des effets indésirables des antiviraux survenus dans des collectivités ÉI
Pour obtenir de plus amples renseignements sur les effets indésirables, consulter le document de Santé Canada intitulé La déclaration d'effets indésirables d'antiviraux lors d'une pandémie de grippe – Lignes directrices pour les professionnels de la santé et les consommateurs.
Comme la déclaration des effets indésirables peut s'avérer particulièrement difficile dans les collectivités ÉI, les trois méthodes de déclaration suivantes sont acceptables :
L'accès à un établissement de soins actifs est un enjeu propre aux collectivités ÉI. Dans certains cas, il peut être nécessaire de transférer un patient à un établissement de soins actifs en raison de la gravité des symptômes, de l'étendue des soins requis et de l'incapacité à donner ces soins et/ou de l'absence d'équipement médical ou de services adéquats (p. ex. ventilateurs, oxygénothérapie).
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Enjeux liés au transport
Le petit nombre de vols (p. ex. vols peu fréquents, non-disponibilité des pilotes pour les EVASAN pour cause de maladie) ou les intempéries compliquent le transfert des patients dont l'état est critique d'une collectivité ÉI.
Stratégies à envisager :
Le mode de prestation des soins de santé diffère dans les collectivités ÉI et l'on peut en tenir compte pendant l'élaboration des stratégies de lutte contre la grippe pandémique. Plusieurs types de travailleurs de la santé, professionnels ou non, offrent des services dans les collectivités ÉI. Des directives additionnelles sur la planification des services de santé sont présentées dans le Document d'orientation relatif à la planification des services de santé dans les collectivités éloignées et isolées dans le contexte de la grippe pandémique (H1N1) de 2009, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/guidance_lignesdirectrices/hspric-psscei-fra.php.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Manque de ressources humaines
Les pénuries actuelles de personnel et l'absence de capacité de pointe constituent un enjeu important dans les collectivités ÉI. Le manque de ressources humaines pourrait être exacerbé pendant une pandémie par l'absentéisme lié à la maladie et aux responsabilités personnelles et/ou familiales.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Manque de fournitures cliniques
L'emplacement géographique et les conditions météorologiques peuvent nuire à la disponibilité des ressources cliniques (p. ex. équipement de protection individuelle, médicaments pour le soulagement des symptômes, oxygène) dans les collectivités ÉI.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Capacité limitée d'entreposage dans un milieu contrôlé et sûr
Le manque éventuel d'espace d'entreposage contrôlé et sûr dans les collectivités ÉI pourrait poser des problèmes d'entreposage et de la gestion des réserves de fournitures d'urgence.
Stratégies à envisager :
Les lignes directrices nationales concernant le vaccin anti-pH1N1 sont affichées http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/vacc/pdf/monovacc-guide-fra.pdf. Le Cadre de priorisation des vaccins pandémiques (http://www.phac-aspc.gc.ca/cpip-pclcpi/vf/index-fra.php) présente de l'information qui s'est avérée utile pour élaborer des recommandations à propos des personnes devant avoir un accès rapide au vaccin ou pour déterminer les personnes chez qui il serait le plus avantageux. À l'heure actuelle, le vaccin anti‑pH1N1 est offert à l'ensemble de la population canadienne. Dans la mise en œuvre des programmes de vaccination dans les communautés éloignées et isolées, ce sont les détails opérationnels qui posent des difficultés.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Retards dans la livraison du vaccin
La livraison et le transport du vaccin aux collectivités ÉI peuvent être difficiles en raison d'intempéries, et peuvent également avoir des conséquences sur la chaîne du froid.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Prise en charge des effets indésirables du vaccin
Il est préférable (et recommandé) que les personnes susceptibles de souffrir d'effets indésirables (p. ex. personnes allergiques aux œufs ou ayant déjà eu un effet indésirable après un vaccin) dans une collectivité ÉI ne soient pas vaccinées en raison des difficultés liées à la prise en charge d'une réaction anaphylactique dans un milieu ÉI.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Ressources humaines insuffisantes pour procéder à la vaccination
La vaccination de masse dans les collectivités ÉI peut être opérationnellement difficile en raison des ressources insuffisantes pour mettre en place des séances de vaccination tout en maintenant les services habituels et les autres campagnes de vaccination et en répondant à l'augmentation des besoins à l'automne.
Stratégies à envisager :
Les collectivités qui désirent se préparer pour à des séances de vaccination de masse pourraient consulter le document Cliniques de vaccination de masse dans les collectivités éloignées et isolées. Un cours en ligne sur la vaccination contre la grippe H1N1 destiné aux professionnels de la santé est offert sur le site http://www.mdpasseport.com/. Consulter la section Formation de ce document pour obtenir de plus amples renseignements.
Les collectivités ÉI sont plus vulnérables aux éclosions de grippe en raison de multiples facteurs (p. ex. environnementaux) prédisposant à la transmission. Dans ces milieux, même en l'absence de cas confirmés, il est important de diminuer les conséquences d'une propagation rapide. Il est recommandé d'envisager une enquête sur les éclosions et une prise en charge précoces en collaboration avec les services locaux de santé publique. Des mesures de santé publique communautaires seront considérées, comme l'isolement volontaire à domicile des personnes malades, la publication d'avis aux voyageurs et, si nécessaire, la fermeture d'écoles et l'annulation ou le report de rassemblements publics, selon les circonstances locales. Des lignes directrices sur la fermeture des écoles, des garderies et des camps sont présentées à www.phac.aspc.gc.ca et des mesures de santé publique sont décrites dans un document diffusé à l'échelle nationale intitulé Lignes directrices sur les mesures de prévention individuelles et collectives destinées à prévenir la transmission des symptômes grippaux (SG) dans la communauté, notamment du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009, disponible à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/hp-ps-info_health-sante-fra.php. De plus, des directives sur la manière de prendre soin d'une personne malade à la maison sont présentées dans les Lignes directrices : Prendre soin à la maison d'une personne infectée par le virus de la grippe H1N1 dans une collectivité éloignée et isolée, offertes à http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/rem-iso/guid_home-maison-fra.php.
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Manque de fournitures non médicales
La livraison et le transport des fournitures non médicales (p. ex. savon, aliments, articles de maison, etc.) dans les collectivités ÉI peuvent être difficiles en raison des moyens de transport limités, de la possibilité de maladie dans les foyers et d'autres facteurs, dont les intempéries.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Accès limité à l'eau courante
Contrairement à la plupart des collectivités urbaines au Canada, certaines collectivités ÉI ont un accès limité à de l'eau courante propre pour l'hygiène des mains. Les directives existantes pour le lavage des mains présupposent un accès à de l'eau courante propre.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Rassemblements publics
Une éventuelle transmission de l'infection pendant un rassemblement pourrait compromettre les ressources déjà limitées des collectivités ÉI.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Conséquences de la fermeture des écoles
La fermeture des écoles dans les milieux ÉI peut avoir des conséquences importantes dans la collectivité. En raison du nombre réduit de suppléants dans la collectivité, il peut être impossible pour l'école de mettre en œuvre un plan de continuité des opérations en cas de taux d'attaque élevé. Par conséquent, les écoles peuvent rester fermées plus longtemps que dans les collectivités urbaines.
Stratégies à envisager :
Enjeu propre aux collectivités ÉI : Absence potentielle de campagnes adaptées pour la sensibilisation en matière de santé publique
Les collectivités ÉI sont probablement moins exposées que les collectivités urbaines aux campagnes de sensibilisation en matière de santé publique. De plus, les messages sont rarement adaptés aux collectivités ÉI (p. ex. approvisionnement en eau limité, manque d'accessibilité aux fournitures) et l'on ne tient pas toujours compte des considérations liées aux connaissances sur la santé, aux barrières linguistiques et à l'accès limité aux moyens de télécommunications, comme le téléphone et Internet.
Stratégies à envisager :
Même si, jusqu'à maintenant, la pH1N1 n'a pas causé de maladie grave et de décès à grande échelle, il est possible que d'importantes perturbations économiques et sociales et un grand nombre de décès surviennent. L'annexe I (Lignes directrices sur la gestion des décès de masse durant une pandémie d'influenza) du PCLPI , présente des renseignements sur les considérations d'ordre religieux et culturel liées à la manière de traiter les dépouilles et sur les enjeux propres aux collectivités ÉI en cas de nombreux décès.
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