Affiché: 2009-11-04
Le présent document d’orientation est fourni par l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) dans le contexte du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009. Les lignes directrices et les recommandations se fondent sur les données scientifiques dont nous disposons actuellement concernant la grippe pandémique (H1N1) de 2009 et sur des opinions d’expert quand les données scientifiques sont incomplètes. Le document pourra être révisé et modifié au fur et à mesure que de nouveaux renseignements deviendront disponibles.
Les lignes directrices qui suivent devraient être interprétées en conjonction avec les documents d'orientation pertinents des provinces et des territoires. L'ASPC affichera régulièrement des mises à jour et des documents connexes à l'adresse suivante : www.phac-aspc.gc.ca. Le gouvernement fédéral est déterminé à aider les communautés à contrôler et à prévenir les maladies infectieuses, y compris le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009.
Table des matières
Le document d’orientation a été préparé dans le but de donner des directives aux gestionnaires et planificateurs d’établissements sur les activités de préparation et de gestion relatives aux éclosions d’affections pseudo-grippales (APG)i, notamment la grippe pandémique (H1N1) de 2009, dans les établissements résidentiels (p. ex. : les foyers de soins personnels, les foyers de groupe, les maisons d’hébergement pour femmes, les refuges pour sans-abri, les établissements correctionnels et les centres de traitement des toxicomanies) de communautés éloignées et isolées.
Il est possible que les établissements résidentiels de communautés éloignées et isolées n’entrent pas dans la définition normalisée d’établissement ferméii dans un centre urbain. Pour obtenir des directives sur la gestion des éclosions dans un établissement fermé, directives qui doivent par ailleurs être suivies en tenant compte des plans des provinces et des territoires et de leurs champs de compétences, prière de consulter les Lignes directrices sur la gestion des éclosions du virus pandémique H1N1 2009 dans les établissements fermés1. Les établissements résidentiels de communautés éloignées et isolées ressemblent parfois davantage à des maisons; par conséquent, ils ont besoin de directives se rapportant précisément à leur situation. Voici quelques-unes des difficultés auxquelles ces établissements font face : capacité insuffisante en cas d’augmentation soudaine des besoins; espace limité et accès restreint aux ressources; distance importante avec les centres plus importants où il pourrait être possible d’obtenir des soins de santé et d’autres services.
Les lignes directrices sont basées sur la gestion des éclosions de grippe saisonnière et sur notre compréhension évolutive du comportement du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009. Elles contiennent des recommandations relatives à des facteurs de planification et à la gestion d’une éclosion d’APG dans un établissement résidentiel. Ces lignes directrices ne sauraient avoir préséance sur l’opinion clinique ou en santé publique des divers intervenants ni visent-elles à tenir lieu de conseils dans la gestion de la prestation des soins de santé individuels. Les gestionnaires et planificateurs d’établissements sont invités à travailler de concert avec leur régie régionale de la santé aux activités de planification et d’intervention en cas d’éclosion d’APG.
Les facteurs suivants doivent être pris en compte dans le cadre des activités de planification relatives aux éclosions d’influenza dans des établissements résidentiels :
Certaines activités de planification générales sont énumérées à l’Annexe A : Listes de contrôle aux fins de la planification du Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé (PCLCPI)3; elles peuvent s’avérer pertinentes pour les établissements résidentiels situés dans des communautés éloignées et isolées.
Il est recommandé d’élaborer des programmes d’éducation destinés au personnel, aux bénévoles et aux résidents/usagers portant sur les aspects suivants :
Les établissements résidentiels devraient envisager d’afficher les importants messages de prévention de la santé publique suivants :
Il est recommandé que les établissements résidentiels fournissent une quantité suffisante de dispositifs et de produits pour se laver les mains dans les toilettes, les cuisinettes et les autres endroits similaires dans leurs installations. Les établissements de communautés éloignées et isolées devraient aussi penser à se constituer une réserve adéquate de produits pour le lavage des mains et de désinfectants à base d’alcool.
Une bonne hygiène des mains et une étiquette respiratoire adéquate (éternuer et tousser dans sa manche, etc.) sont des mesures importantes de prévention de la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009.
L‘étiquette respiratoire exige de tousser ou d’éternuer dans un papier mouchoir, de le jeter immédiatement et de se laver les mains aussitôt, ou de tousser ou d’éternuer dans le pli du coude ou de la manche et non dans la main, si aucun mouchoir n’est à la portée.
Le lavage des mains à l’eau et au savon est une méthode très efficace en milieu communautaire, car cette action mécanique est efficace pour enlever la saleté visible aussi bien que les microbes. Lorsqu’il est impossible de se laver les mains, il est recommandé d’utiliser un gel antiseptique à base d’alcool (teneur en alcool entre 60 et 90 %); toutefois, l’utilisation d’un tel gel à lui seul ne sera pas nécessairement efficace si les mains sont visiblement sales. Dans les établissements tels que les refuges pour sans-abri et les haltes d’accueil, le désinfectant pour les mains à base d’alcool devrait être distribué par le personnel ou à partir de distributeurs fixés au mur.
On recommande de prévoir des mouchoirs et des poubelles partout dans l’établissement. Les poubelles doivent être vidées fréquemment dans les conteneurs à déchets.
Les virus de la grippe peuvent survivre sur certaines surfaces pendant plusieurs heures et même pendant des jours, mais ils sont rapidement éliminés par le nettoyage des surfaces sur lesquelles ils se trouvent.
Le nettoyage des objets et des surfaces qui sont souvent touchés (les poignées de porte, les robinets, les surfaces de travail, les claviers d’ordinateur, les téléphones, les rampes, etc.) contribuera à éviter la transmission du virus de la grippe d’un objet à une personne et d’une personne à une autre par la contamination des mains.
Afin de diminuer le risque d’auto-inoculation de l’infection par le contact avec des surfaces contaminées, il est recommandé que les établissements résidentiels nettoient fréquemment (au moins deux fois par jour) les surfaces souvent touchées et qu’ils veillent à toujours avoir suffisamment de produits pour le lavage des mains. Les établissements de communautés éloignées et isolées devraient aussi penser à se constituer une réserve adéquate de produits de nettoyage domestique.
En général, aucun désinfectant particulier ni aucun traitement des rebuts différent n’est exigé dans le contexte de la grippe; les produits ménagers courants suffisent à cette fin, tout comme les pratiques habituelles en matière de traitement des rebuts. Il est possible d’obtenir des renseignements supplémentaires en lisant l’étiquette des produits. Il suffit également de laver la vaisselle, les vêtements et la literie d’une personne atteinte d’une APG avec un détergent ordinaire et de l’eau.
Il n’est pas recommandé de laisser la responsabilité de la désinfection d’un établissement à ses résidents ou usagers à moins que ceux-ci n’aient suivi une formation sur l’utilisation de produits nettoyants et sur les procédures de nettoyage et qu’ils ne soient supervisés.
La vaccination constitue la principale stratégie de prévention de la grippe. Les recommandations en vigueur sur la vaccination contre la grippe saisonnière, quand de telles recommandations sont disponibles, sont affichées sur le site Web du Comité consultatif national de l’immunisation.
Le vaccin contre la grippe pandémique (H1N1) de 2009 est disponible depuis octobre 2009. La stratégie sur la séquence de la vaccination contre la grippe pandémique définit les groupes et les personnes qui ont le plus grand besoin d’être immunisés et ceux qui s’occupent de ces mêmes personnes4. En voici la liste :
Bon nombre de résidents des établissements résidentiels de communautés éloignées et isolées entrent dans les catégories d’individus qui ont le plus grand besoin d’être immunisés et sont désignés pour recevoir les premières doses du vaccin quand celui-ci sera prêt. On recommande aux gestionnaires d’établissements résidentiels de communiquer avec les fournisseurs de soins de santé qui administreront le vaccin. On pourrait envisager de tenir une clinique de vaccination dans l’établissement; la faisabilité d’une telle initiative variera d’un emplacement à l’autre.
Les établissements devraient aviser leur fournisseur de soins de santé ou régie régionale de la santé, suivant la pratique habituelle, si le nombre de cas d’APG est plus élevé que ce à quoi on peut s’attendre ou si des cas sévères se déclarent. À moins que des protocoles en place n’exigent une procédure différente, le médecin conseil en santé publique déterminera la portée des mesures de lutte contre l’éclosion et la nécessité de limiter les admissions dans l’établissement et les transferts à partir de celui-ci. On invite les établissements à travailler de concert avec leur régie régionale de la santé afin de fournir de l’information et de prendre part à l’intervention.
Les résidents, les employés et les visiteurs devraient effectuer un autodépistage des signes d’APG. Une affiche décrivant les signes et symptômes de ces affections est habituellement installée à l’entrée des établissements pour demander aux personnes présentant des symptômes de ne pas entrer. Les employés, bénévoles ou visiteurs qui sont atteints d’APG doivent demeurer à la maison jusqu’à ce qu’ils se sentent bien et soient en mesure de vaquer normalement à toutes leurs activités courantes.
Il faut s’en tenir aux pratiques habituelles en matière d’accès aux services médicaux et aux médicaments. Pour obtenir des services de santé pendant une urgence, il est préférable de planifier à l’avance avec les fournisseurs de santé habituels et la régie régionale de la santé. Les gestionnaires et planificateurs d’établissements sont invités à travailler de concert avec leur régie régionale de la santé pour intervenir advenant une éclosion d’APG. À ce jour, l’infection par le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 a entraîné des symptômes semblables à ceux de la grippe saisonnière.
Si des soins de santé sont donnés dans votre établissement, il est possible d’obtenir des directives en consultant les documents suivants :
La prescription d’antiviraux et la supervision de l’utilisation de tels agents doivent se faire selon les pratiques courantes de l’établissement. Le traitement de la grippe par antiviraux est le même pour les résidents de ces établissements que pour le grand public.
D’après l’évaluation clinique, certaines personnes atteintes d’APG et se trouvant dans des établissements résidentiels pourraient faire l’objet d’un dépistage précoce et d’un traitement par agents antiviraux, surtout si elles sont jugées à risque de développer des complications graves d’une infection par le virus H1N1, soit : les enfants de moins de cinq ans (surtout ceux de moins de deux ans), les femmes enceintes (surtout celles qui en sont à leur 2e ou 3e trimestre) et les personnes présentant des problèmes de santé sous-jacents5.
Les déclarations de réactions indésirables à des agents antiviraux constituent une source importante d’information qui permettra d’assurer une utilisation des plus sûres et des plus efficaces de ces produits. Prière de consulter un professionnel de la santé en cas de réaction indésirable présumée.
Conformément à ce qui a été indiqué précédemment, afin d’aider à diminuer la transmission du virus entre les personnes malades et les personnes en santé, le dépistage rapide des symptômes et la pratique immédiate de l’auto-isolement des personnes symptomatiques sont des mesures cruciales. Les personnes atteintes d’APG doivent s’auto-isoler jusqu’à ce qu’elles se sentent bien et soient en mesure de vaquer normalement à leurs activités courantes.
Les résidents malades doivent signaler leurs symptômes au personnel puis être confinés à leur chambre; il est possible d’isoler plusieurs résidents malades dans la même chambre.
Quand il est possible de le faire, les lits doivent être séparés par une distance d’au moins deux mètres. Une disposition tête/pied des lits peut aider à accroître la distance entre les individus. On peut envisager d’utiliser des séparateurs temporaires dans les grands dortoirs pour isoler les usagers malades (comme des rideaux suspendus entre les lits) s’il n’est pas possible d’obtenir des chambres individuelles.
Le nombre d’employés prenant soin des résidents/usagers malades doit être limité le plus possible. On recommande aux établissements de prendre des dispositions pour fournir les résidents/usagers malades en liquides, nourriture, mouchoirs et poubelles. Maintenir des contacts sociaux demeure important en période de pandémie, surtout pour les personnes qui sont isolées à des fins de prévention de la contagion. Dans la mesure du possible, il faut veiller à offrir aux résidents en isolation des moyens adaptés pour communiquer avec leur famille et leurs amis (p. ex. par téléphone, par courriel ou par l’envoi de messages textes).
Il peut s’avérer nécessaire de limiter les déplacements des employés entre les étages. Advenant une pandémie, on s’attend à ce que, dans la plupart des cas, les résidents touchés qui ont des besoins spéciaux soient traités et récupèrent dans leur établissement. Il faut alors demander les soins médicaux qui s’imposent pour les résidents qui sont gravement malades.
Si une éclosion plus étendue ou grave se déclare, les établissements devront peut-être restreindre l’admission de tous les employés non essentiels, des visiteurs et du public pendant la durée de l’épisode dans le but de protéger les résidents, le personnel ainsi que les proches des résidents. Dans un même ordre d’idées, les résidents atteints pourraient être isolés à l’intérieur même de l’établissement jusqu’à ce que le risque de transmission disparaisse. Une telle façon de faire peut s’avérer impossible en cas de surpeuplement ou en présence de populations transitoires (temporaires).
Bien qu’il n’y ait que peu d’éléments probants pouvant justifier le port d’un masque dans les résidences pour réduire la transmission du virus grippal, il peut cependant être utile de faire porter un masque à la personne atteinte lorsqu’elle se trouve dans la même pièce qu’une personne en santé afin de contribuer à réduire le risque de transmission du virus aux autres.
Il n’existe présentement pas suffisamment d’éléments de preuve pouvant justifier de recommander le port du masque par les personnes asymptomatiques (fournisseurs de soins) pour aider à réduire le risque de transmission du virus dans la résidence. Si une personne asymptomatique choisit de porter un masque facial ou chirurgical pendant qu’elle prodigue des soins à une personne grippée qui ne porte pas de masque, cette mesure pourrait ne pas procurer la protection voulue à moins de se conformer rigoureusement aux consignes sur l’utilisation du masque et les bonnes pratiques d’hygiène personnelle, notamment une hygiène stricte des mains.
La décision de fermer des établissements tels que des refuges pour sans-abri est laissée à la discrétion des autorités locales et des fournisseurs de services, qui doivent alors tenir compte de la situation locale et de la capacité des établissements de continuer à offrir les mêmes niveaux de service. L’Agence de la santé publique du Canada ne recommande pas la fermeture généralisée d’établissements tels que les refuges pour sans-abri et les haltes d’accueil en raison de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 puisqu’une telle décision viendrait ajouter une pression supplémentaire aux populations recevant les services de ces établissements. Il est recommandé que les agents locaux de la santé publique travaillent de concert avec les fournisseurs de services à l’établissement de programmes visant à prévenir et à contrôler la transmission des APG dans de tels milieux.
1 Agence de la santé publique du Canada (2009). Lignes directrices intérimaires sur la gestion des éclosions du virus pandémique H1N1 2009 dans les établissements fermés.
2 Agence de la santé publique du Canada. (2009). Document d'orientation relatif à la planification des services de santé dans les collectivités éloignées et isolées dans le contexte de la grippe pandémique (H1N1) de 2009.
3 Agence de la santé publique du Canada. (2006). Annexe A : Listes de contrôle aux fins de la planification. Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé.
4 Agence de la santé publique du Canada. (16 septembre 2009). Émission des « Principes directeurs sur la séquence de la vaccination contre la grippe H1N1 » du gouvernement du Canada. Communiqué.
5 Agence de la santé publique du Canada (ASPC). (octobre 2009). Recommandations cliniques pour les patients se présentant avec des symptômes respiratoires au cours de la saison grippale 2009-2010.
i Définition des APG à des fins de surveillance : Apparition soudaine d'une maladie respiratoire avec fièvre et toux accompagnée d’un ou de plusieurs des symptômes suivants - mal de gorge, arthralgie, myalgie ou prostration - qui pourraient être attribuables au virus de l’influenza. Chez les enfants de moins de 5 ans, des symptômes gastro-intestinaux peuvent également se manifester. Chez les patients de moins de 5 ans ou de plus de 65 ans, il est possible que la fièvre ne soit pas très importante.
ii D’après la version révisée récemment de l’Annexe E du Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza dans le secteur de la santé portant sur l’utilisation des médicaments antiviraux pendant une pandémie, un établissement est « fermé » s’il compte une population résidentielle stable sans trop de roulement et qu’il est possible d’en fermer des services ou des sections.
Pour partager cette page, veuillez cliquez sur le réseau sociale de votre choix.