Révision : Le 23 mars 2010
Les présentes lignes directrices reposent sur les observations scientifiques actuellement disponibles et sur l’opinion des experts sur ce nouveau virus; elles sont susceptibles de faire l’objet de révisions et de modifications à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles. Les lignes directrices suivantes doivent être utilisées en association avec les lignes directrices pertinentes émises par les provinces et les territoires. L’Agence de la santé publique du Canada affichera régulièrement des mises à jour et des documents sur le sujet sur son site www.phac-aspc.gc.ca
Le présent document d’orientation a été élaboré par l’Agence de la santé publique du Canada afin d’aider les cliniciens à prendre en charge les patientes qui, enceintes ou allaitant, présentent des symptômes d'un syndrome grippal (SG) dans le contexte de la pandémie de grippe pH1NI 2009. Ces lignes directrices doivent être utilisées en association avec les recommandations contenues dans Les lignes directrices de l’ASPC relatives au H1N1 à l’intention des professionnels de la santé et dans l’Annexe E du plan canadien de lutte contre la pandémie d'influenza[1].
Les groupes désignés à haut risque de complications et de décès liés à une infection au virus H1N1 comprennent les femmes enceintes ainsi que les femmes qui sont dans les six premières semaines du postpartum. Les observations actuelles indiquent que le risque de morbidité et de mortalité attribuable à la grippe augmente dans la deuxième moitié de la grossesse, surtout durant le 3e trimestre de grossesse[2], [3], [4]. De plus, l’expérience acquise avec des pandémies antérieures montre que ces femmes peuvent être touchées de manière disproportionnée par rapport aux femmes qui ne sont pas enceintes[3].
À l’heure actuelle, il est difficile d’affirmer que les virus de l’influenza sont transmissibles au fœtus par le placenta, mais on considère toutefois que cette classe de virus ne produit pas d’effets tétratogènes chez l’humain[2].
On ignore si le virus de l’influenza est transmis au bébé par le lait maternel. Cependant, les observations indiquent qu’une femme qui allaite tout en suivant un traitement antiviral transmet moins d’antiviraux par le lait maternel que si le nourrisson recevait lui-même ce genre de traitement. La poursuite de l’allaitement pendant la prise de médicaments antiviraux est peu susceptible de provoquer une exposition importante aux médicaments pour l’enfant et un ajustement du dosage des antiviraux en raison de l’allaitement n’est pas nécessaire[2]. En raison des avantages anti-infectieux du lait maternel pour les nourrissons et les faibles quantités d’antiviraux transmises au bébé par l’allaitement maternel, on recommande aux femmes de continuer à allaiter leur enfant alors qu’elles suivent leur traitement. On considère que l’oseltamivir et le zanamivir sont tous les deux compatibles avec l’allaitement[1].
Bien que les données soient limitées, le risque élevé de complications dues au pH1N1 chez les femmes enceintes, en particulier celles qui en sont aux derniers stages de la grossesse, sont des considérations importantes pour le traitement et la prophylaxie pendant la pandémie actuelle.
Le virus pandémique de l’influenza (pH1N1) est sensible à l’oseltamivir (Tamiflu® (Lien externe)
) et au zanamivir (Relenza® (Lien externe)
), mais il est résistant à l’amantadine. Même si on peut envisager d’utiliser tant l’oseltamivir que le zanamivir en période de grossesse[5], [6], on dispose de plus de données sur l’innocuité de l’oseltamivir que sur l’innocuité du zanamivir chez les femmes enceintes[2], [6]. Même s’il faut privilégier un traitement à l’oseltamivir, on pourrait choisir d’administrer du zanamivir aux femmes enceintes qui présentent des nausées et des vomissements. La réserve nationale d’antiviraux contient tant de l’oseltamivir que du zanamivir.
Les cliniciens envisageront sérieusement d’administrer de l’oseltamivir ou du zanamivir à toutes les femmes enceintes qui présentent des symptômes grippaux (SG) particulièrement si elles en sont à leur deuxième ou troisième trimestre de grossesse ou durant les six premières semaines du postpartum. Les symptômes grippaux cliniques sont caractérisés par une apparition soudaine de fièvre et de toux, souvent accompagnées de mal de gorge, rhinite, fatigue/malaise/prostration, myalgie/douleurs articulaires, maux de tête, perte de l’appétit et de symptômes gastrointestinaux (au moins un des symptômes suivants : nausée, vomissements et diarrhée). Les femmes enceintes sont aussi plus susceptibles de signaler un certain essoufflement[7]. Étant donné qu’il semble exister un risque de mortalité accru chez les femmes enceintes comparativement à la population en général, les femmes enceintes doivent faire l’objet d’une attention médicale accrue et recevoir une thérapie à base d'antiviraux le plus tôt possible dans les 48 heures après l'apparition des symptômes. Cependant, on peut envisager de commencer à traiter les femmes enceintes hospitalisées pour lesquelles la grippe H1N1 est confirmée, probable ou soupçonnée et ce, même 48 heures après l’apparition des symptômes.
Toute femme enceinte doit être informée des risques accrus de complications si elle souffre de la grippe, notamment celle liée au virus pH1N1 et elle doit être examinée rapidement par un professionnel de la santé. Cette information est tout particulièrement importante pour les femmes enceintes qui ont de jeunes enfants souffrant de syndromes grippaux. Une fiche de renseignements sur les femmes enceintes et le virus pandémique H1N1 est disponible à l'adresse http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/pdf/Factsheet_Pregnant_breastfeeding-fra.pdf
.
La posologie applicable aux femmes enceintes est la même que celle des autres adultes. Pour l’oseltamivir (Tamiflu), la dose est d’une gélule de 75 mg deux fois par jour pendant 5 jours. Dosage pour le zanamivir (Relenza) : deux inhalations de 5 mg (10 mg total) deux fois par jours pendant 5 jours. On trouvera plus d’information dans la monographie des produits respectifs.
Le signalement des effets indésirables aux médicaments antiviraux est une source d’information qui contribue à accroître leur innocuité et leur efficacité. Veuillez signaler rapidement tout effet indésirable grave présumé impliquant un médicament antiviral comme le préconisent les autorités territoriales, provinciales ou locales à Santé Canada, à l'adresse : Déclaration des effets indésirables, Direction des produits de santé commercialisés (Lien externe)
ou en appelant au 1 866 234‑2345.
1 Agence de la santé publique du Canada (2006). Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza pour le secteur de la santé, Annexe E. Localisation : Annexe E du Plan (Lien externe) ![]()
2 Tanaka, T., K. Nakajima, A. Murashima et coll. (version initiale publiée le 15 juin 2009) « Safety of neuraminidase inhibitors against novel influenza A (H1N1) in pregnant and breastfeeding women. » Jounal de l’Association médicale canadienne, 7 juillet 2009. 181(1-2). Localisation : Article du JAMC : « Safety of neuraminidase inhibitors against novel influenza A » (Lien externe) ![]()
3 Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) Déclaration sur la vaccination antigrippale pour la saison 2008‑2009. Relevé des maladies transmissibles au Canada. 2008, vol. 34; ACS-3 p. 6-7. Site Web à consulter : CCNI - Déclaration sur la vaccination antigrippale pour 2008 2009
4 New York City Department of Health and Mental Hygiene (3 juin 2009). Health Department reports that more than 80% of New Yorkers hospitalized with H1N1 flue have had one or more underlying risk factors. (Communiqué) Localisation : Communiqué du Department of Health de New York (Lien externe) ![]()
5 Agence européenne du médicament (29 mai 2009) « Follow-Up Recommendations from CHMP on Novel Influenza (H1N1) outbreak ». EMEA/H/A-5.3/1172 Article 5(3) of Regulation (EC) No 726/2004. Localisation : EMEA CHMP Recommendations (Lien externe)
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6 Centre for Disease Control and Prevention (12 mai 2009) Novel influenza A (H1N1) virus infections in three pregnant women – États‑Unis, avril- mai 2009. MMWR Dispatch 58; 1-3. Localisation : MMWR Dispatch (Lien externe) ![]()
7 Jamieson, J., M. Honein, S. Rasmussen et autres. « H1N1 2009 influenza virus during pregnancy in the USA. » Lancet. 8 août 2009;374(9688):451-8. Diffusion électronique 28 juillet 2009.
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