Le présent document d’orientation doit être consulté en même temps que la documentation pertinente des provinces et des territoires. L’Agence de la santé publique du Canada publiera des mises à jour périodiques et de la documentation connexe sur le www.phac-aspc.gc.ca.
Le présent document d’orientation a été élaboré par l’Agence de la santé publique du Canada afin que les cliniciens puissent prendre en charge les patientes qui, enceintes ou allaitant, présentent de la toux et de la fièvre dans le contexte de la pandémie de grippe H1NI de 2009. Ce document est fondé sur les preuves scientifiques et les opinions d’experts reçues à ce jour et est assujetti à des révisions et modifications à mesure que de nouvelles données deviennent disponibles.
Ces lignes directrices doivent être utilisées conjointement avec les recommandations contenues dans les lignes directrices à l’intention des cliniciens en services de soins ambulatoires, les lignes directrices pour l’intervention en santé publique face aux cas de grippe H1N1 en 2009 (Virus H1N1 - Information pour les professionnels de la santé) et l’annexe E du Plan canadien de lutte contre la pandémie d’influenza1.
À ce jour, les groupes désignés à haut risque de complications liées à la grippe saisonnière et au virus H1N1 de 2009 comprennent les femmes dans leur deuxième et troisième trimestre de grossesse ainsi que les femmes qui sont dans les quatre premières semaines du postpartum. Les preuves indiquent que ces femmes sont exposées à des risques accrus de complications et de morbidité liées à la grippe, surtout durant le 3e trimestre de grossesse2, 3, 4. De plus, l’expérience acquise avec des pandémies antérieures montre qu’elles peuvent être touchées de manière disproportionnée par rapport aux femmes qui ne sont pas enceintes3.
À l’heure actuelle, il est difficile d’affirmer que les virus de la grippe sont transmissibles au fœtus par le placenta, mais on considère toutefois que cette classe de virus ne produit pas d’effets tétratogènes chez l’humain2.
On ignore si le virus de la grippe est transmis au bébé par le lait maternel. Les preuves indiquent qu’une femme qui allaite tout en suivant un traitement antiviral transmet moins d’antiviraux par le lait maternel que si le nourrisson recevait lui-même ce genre de traitement.
À ce jour, le virus de la pandémie de grippe H1N1 est sensible à l’oseltamivir (Tamiflu) et au zanamivir (Relenza), mais il est résistant à l’amantadine. Même si on peut envisager d’utiliser tant l’oseltamivir que le zanamivir en période de grossesse5, 6, les données indiquent que l’oseltamivir est plus sûr que le zanamivir chez les femmes enceintes2, 6. Par conséquent, il faut privilégier un traitement à l’oseltamivir. On pourrait choisir d’administrer du zanamivir aux femmes enceintes qui présentent de la nausée et des vomissements. La réserve nationale d’antiviraux contient tant de l’oseltamivir que du zanamivir.
Les cliniciens envisageront sérieusement d’administrer de l’oseltamivir ou du zanamivir à toutes les femmes enceintes qui présentent des symptômes grippaux (SG) alors qu’elles sont dans leur deuxième ou troisième trimestre de grossesse ou durant les quatre premières semaines du postpartum. Les symptômes grippaux sont caractérisés par une apparition soudaine de fièvre et de toux accompagnées de l’un des troubles suivants : mal de gorge, arthralgie, myalgie ou prostration. Pour les patients placés dans un milieu de soins ambulatoires, l’efficacité du traitement est optimale s’il est administré au moins 48 heures suivant l’apparition de la maladie. On peut envisager de commencer à traiter les femmes enceintes hospitalisées pour lesquelles la grippe H1N1 est confirmée, probable ou soupçonnée et ce, même 48 heures après l’apparition des symptômes.
Toute femme enceinte doit être informée des risques accrus de complications si elle attrape la grippe, notamment celle liée au virus H1N1 2009 et elle doit se faire examiner rapidement par un professionnel de la santé. Cette information est tout particulièrement importante pour les femmes enceintes qui ont de jeunes enfants souffrant de symptômes grippaux. Une fiche de renseignements est offerte sur les femmes enceintes et H1N1 2009.
En raison des avantages anti-infectieux du lait maternel pour les nourrissons et les faibles quantités d’antiviraux transmises au bébé par l’allaitement maternel, on recommande aux femmes de continuer à allaiter leur enfant alors qu’elles suivent leur traitement. On considère que l’oseltamivir et le zanamivir sont tous les deux compatibles avec l’allaitement1.
La posologie applicable aux femmes enceintes est la même que celle des autres adultes. Pour l’oseltamivir (Tamiflu), la dose est d’une gélule de 75 mg deux fois par jour pendant 5 jours. Dosage pour le zanamivir (Relenza) : deux inhalations de 5 mg (10 mg total) deux fois par jours pendant 5 jours. On trouvera plus d’information à l’intérieur de la monographie des produits respectifs.
Le signalement des effets indésirables aux médicaments antiviraux est une source d’information qui contribue à accroître leur innocuité et leur efficacité. Veuillez signaler les effets indésirables graves en ligne ou en appelant au 1‑866‑234‑2345.
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