Le présent document a été élaboré par l'Agence de la santé publique du Canada afin de fournir une orientation aux exploitants de véhicules et appareils de transport en commun et aux membres de l'équipage à bord des avions, des trains, des traversiers et des autobus, au Canada ou à l'étranger, ainsi qu'aux exploitants et au personnel de terminaux de véhicules et appareils de transport en commun au Canada sur la prévention et la gestion des cas de syndrome grippal (SG) chez les passagers ou les membres de l'équipage qui s'apprêtent à embarquer dans des véhicules et appareils de transport en commun ou qui se trouvent à bord. Le présent document est une mise à jour du document d’orientation du 23 octobre 2009 intitulé « Prévention et prise en charge des cas de syndrome grippal (SG), y compris de grippe pandémique H1N1 de 2009, dans les moyens de transport, notamment les avions, trains, traversiers et autobus ».
Ce document d’orientation vise principalement les véhicules et appareils de transport en commun qui parcourent de longs trajets, et plus particulièrement ceux qui voyagent entre différents territoires (c.-à-d. entre des régions métropolitaines, des provinces ou des pays) où, en raison de l’étroite proximité et du contact prolongé entre les gens, le risque de transmission du SG peut être plus grand.
Il convient de noter que ce guide a été élaboré sur la base de la situation au Canada et peut ainsi varier d’autres documents d’orientation élaborés par d’autres pays.
Pour avoir l'orientation nécessaire concernant la prévention et la gestion de cas de syndrome grippal pouvant être attribués au virus de l'influenza H1N1 de 2009 sur les paquebots de croisière, veuillez consulter le document suivant : Prévention et gestion des cas de syndrome grippal (SG) pouvant être attribuables au virus de l'influenza H1N1 de 2009 sur les paquebots de croisière.
Le virus de la grippe H1N1 qui a commencé à se propager au printemps 2009 est un nouveau type de virus de la grippe A chez l'être humain. L'infection par le virus de la grippe H1N1 provoque un syndrome grippal (SG) semblable à la grippe saisonnière. Vous pouvez trouver de l'information destinée au public sur le virus au site Web Combattezlagrippe.ca.
Aux fins de la surveillance, le SG est défini comme étant l'apparition soudaine de symptômes respiratoires accompagnée de fièvre et de toux ainsi qu'au moins un des symptômes suivants : maux de gorge, douleurs musculaires, douleurs articulaires, ou état de faiblesse pouvant être attribuables au virus d'influenza. Chez les enfants de moins de 5 ans, des symptômes gastro-intestinaux peuvent également se manifester. Chez les patients de moins de 5 ans ou de plus de 65 ans, il est possible que la fièvre ne soit pas très importante.
Dans le cas du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009, des symptômes gastro‑intestinaux ont été observés dans au moins un tiers des cas, ainsi qu’une absence de fièvre dans un groupe d’âge plus large.
Comme pour la grippe saisonnière, la gravité de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 chez les humains peut varier de légère à aiguë, 60% pourcent des patients hospitalisés jusqu'à maintenant étant des personnes qui présentent des facteurs de risque connus pour entraîner des complications en cas de grippe : maladie chronique, immunosuppression ou grossesse. Ce virus semble en outre entraîner une maladie plus grave que la grippe saisonnière chez les patients de 5 à 64 ans; toutefois, la majorité des personnes infectées par le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 n'ont pas dû être hospitalisées et se sont rétablies dans la collectivité.
Le virus de la grippe H1N1 de 2009 se propage d'une personne à l'autre principalement par les gouttelettes projetées en toussant ou en éternuant. Il peut également se propager par le contact avec des surfaces et des objets contaminés par les personnes affectées. La période d’incubation1 pour le virus de la grippe pandémique (H1N1) 2009 peut durer jusqu’à quatre jours, avec un éventail d’un à sept jours, et la période de contagion2 peut durer jusqu’à sept jours à compter de l’apparition des symptômes dans les cas sans complications. La période peut être plus longue chez les enfants (jusqu'à dix jours) et les autres personnes chez qui les symptômes et l'élimination du virus peuvent persister (c'est-à-dire les personnes immunodéficientes ou gravement malades). Tout comme la grippe saisonnière, la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 est plus probable pendant les premiers jours d'infection où le malade présente le plus de symptômes.
Le risque de transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 peut être accru dans le transport en commun en raison d'une plus grande proximité et du contact parfois prolongé entre les gens dans un endroit clos. Toutefois, il convient également de reconnaître que dans les cas de transmission sur grande échelle dans la collectivité, le risque d'attraper le SG dans le transport en commun peut ne pas être significativement plus grand que dans d'autres milieux communautaires.
1 Période d'incubation : Intervalle entre l'envahissement par un agent infectieux et l'apparition du premier signe ou symptôme de la maladie en question.
2 Période de transmissibilité : Période pendant laquelle un agent infectieux peut être transféré directement ou indirectement d'une personne infectée à une autre personne.
Le vaccin contre la grippe est la mesure la plus efficace de prévention et de contrôle de la grippe.
En plus des pratiques habituelles, il est recommandé que les mesures suivantes de prévention et de contrôle de l'infection soient prises à bord des véhicules et appareils de transport en commun.
1. Auto-dépistage
Passagers - Conformément à la recommandation voulant que les personnes présentant un SG demeurent à la maison jusqu'à ce qu'elles se sentent bien et soient en mesure de participer pleinement à leurs activités régulières, les passagers atteints d'un symptôme du SG ne devraient pas voyager ni embarquer dans les véhicules et appareils de transport en commun, dans la mesure du possible. Pour faciliter la communication de cette recommandation, il est suggéré que les exploitants et le personnel des véhicules et appareils de transport en commun songent à fournir de l'information pertinente aux passagers, par exemple, en plaçant des affiches qui les informent des symptômes du SG et qui leur recommandent de rester à la maison s'ils ont de tels symptômes. La communication de ce message important aux passagers avant la date de leur départ peut leur être utile lorsqu’ils évaluent leur aptitude à voyager.
Les passagers atteints du SG qui ne peuvent éviter ou reporter un voyage devraient consulter le document d’orientation intitulé Lignes directrices sur les mesures de prévention individuelles et collectives destinées à prévenir la transmission des symptômes grippaux (SG) dans la communauté, notamment du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 pour obtenir des recommandations visant à réduire le risque de transmission du virus au sein de la collectivité. Ces recommandations comprennent des mesures invitant les gens à utiliser la bonne technique de lavage des mains, à respecter l’étiquette respiratoire et, si possible, à éviter le transport en commun afin d’éviter d’exposer les autres au virus.
Les exploitants de véhicules et d’appareils de transport en commun peuvent élaborer des politiques qui facilitent les changements de réservation pour cause de maladie, au cas où ils n’en auraient pas encore.
Équipage – Il est recommandé que les membres de l'équipage effectuent une autoévaluation des symptômes d'un SG et d'avertir un membre de l'équipage désigné dès l'apparition de symptômes. Les exploitants de véhicules et appareils de transport en commun peuvent mettre en place des mécanismes facilitant et favorisant la déclaration des symptômes.
Pour les passagers ou les membres de l’équipage chez lesquels se manifestent les symptômes du SG en cours de voyage, les conseils donnés à la section sur la prise en charge ci-dessous peuvent s’appliquer.
2. Hygiène des mains et étiquette respiratoire en cas de toux et d'éternuement
Les exploitants de moyens de transport peuvent penser à faire des affiches qui encouragent une bonne hygiène des mains et l'étiquette respiratoire. De telles affiches pourraient être placées à bord des véhicules et appareils de transport en commun et à l’intérieur des terminaux dans des endroits bien visibles.
Quant à l’hygiène des mains :
Toutes les personnes à bord devraient également observer une bonne étiquette respiratoire, notamment tousser ou éternuer dans un papier mouchoir, dans leur manche ou dans le creux de leur coude. Après avoir utilisé un mouchoir, les personnes doivent immédiatement le jeter à la poubelle et pratiquer les mesures d'hygiène des mains.
3. Autres précautions
L'utilisation de gants, de blouses d'hôpital, de dispositifs de protection respiratoire, notamment des masques chirurgicaux, des masques faciaux ou des masques N95, ainsi que de matériel de protection des yeux n'est pas recommandée pour les membres de l'équipage dans le cadre de leurs tâches générales.
Il est avant tout important de pratiquer une bonne hygiène des mains et de respecter l’étiquette respiratoire. Si une personne malade n’est pas capable de pratiquer l’étiquette respiratoire, elle pourrait porter un masque chirurgical de haute qualité pour réduire le risque de propagation du virus au sein du milieu.
Les exploitants de véhicules et appareils de transport en commun qui désirent mettre en œuvre d'autres pratiques de contrôle des infections peuvent consulter le document d'orientation suivant : Lignes directrices : Mesures de prévention et de contrôle des infections pour les soins préhospitaliers - Virus H1N1 (grippe porcine chez l'être humain) - Agence de la santé publique du Canada.
4. Nettoyage et désinfection
Nettoyer et désinfecter l'équipement et les surfaces susceptibles d'avoir été contaminés par des gouttelettes ou des sécrétions des voies respiratoires selon les procédures recommandées par Santé Canada dans le document intitulé « Procédures de désinfection recommandées pour les exploitants de moyens de transport (avions, trains de voyageurs, traversiers, autocars et navires de croisière) et de terminaux (aérogares, gares maritimes [navires de croisière/traversiers], gares d’autocars et gares ferroviaires) ainsi que pour leur personnel » qui est disponible à l’adresse suivante : http://www.phac-aspc.gc.ca/alert-alerte/h1n1/guidance_lignesdirectrices/convey-trans-fra.php.
Il est recommandé que les passagers et membres de l'équipage présentant un SG soient séparés des autres passagers et membres de l'équipage le plus possible, de préférence de 2 mètres au moins, sans compromettre la sécurité. Idéalement, les personnes qui présentent des symptômes d'un SG devraient être isolées ou regroupées (s'il y en a plusieurs qui présentent un SG) dans une cabine distincte équipée de toilettes réservées à leur seul usage jusqu'à ce qu'elles se sentent bien et soient en mesure de participer pleinement à leurs activités régulières ou qu’elles soient invitées à descendre du véhicule ou de l'appareil de transport en commun, selon la première éventualité. Le nombre de membres de l'équipage qui interagissent avec la personne malade devrait être réduit au minimum dans la mesure du possible, et les personnes présentant un SG devraient être encouragées à continuer de pratiquer une bonne hygiène des mains et l'étiquette respiratoire. Il est recommandé de demander aux personnes présentant un SG de porter un masque facial ou un masque chirurgical, le cas échéant, afin de protéger les autres. Les personnes isolées devraient être surveillées et, au besoin, autorisées à descendre à la prochaine escale prévue, à moins qu'une évacuation médicale soit nécessaire plus vite et soit faisable.
Si c'est possible, il est recommandé d'isoler les passagers malades avec un membre de la famille ou un compagnon et de fournir à ce dernier l'information contenue dans le document Comment prendre soin d'une personne infectée par le virus de l'influenza H1N1 à la maison.
Il n'est pas nécessaire d'isoler les membres de l'équipage ou les soignants qui ont été en contact avec une personne présentant un SG s'ils se sentent bien, mais il leur est recommandé de surveiller leur état de santé pendant les sept jours qui suivent l'exposition et de s'isoler eux‑mêmes dès l'apparition des symptômes du SG.
Si un voyageur à bord d'un véhicule ou appareil de transport en commun présente des symptômes d'un SG, il faut tout d'abord prendre les dispositions nécessaires pour qu'il reçoive les soins médicaux le plus rapidement possible, si nécessaire, selon le protocole de la compagnie et les lois en vigueur dans le territoire où le véhicule ou l'appareil de transport en commun se trouve à ce moment-là.
Il est recommandé que les personnes qui ont commencé à présenter des symptômes du SG au cours d’un déplacement se trouvent un logement au point de débarquement si elles ne sont pas dans leur collectivité, jusqu'à ce qu'elles se sentent bien et soient en mesure de participer pleinement à leurs activités régulières. Le site Web Combattezlagrippe.ca contient d'autres renseignements sur la grippe.
Transporteurs internationaux - La Loi sur la mise en quarantaine exige que l'exploitant d'un avion, d'un train, d'un traversier ou d'un autobus qui arrive au Canada, avise ou fait aviser un agent de quarantaine de toute personne à bord du véhicule ou de l’appareil qui risquerait de propager une maladie transmissible inscrite à l’annexe de la Loi sur la mise en quarantaine, y compris le virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009. Cette déclaration devrait être faite aussitôt que possible, soit avant l'arrivée du véhicule ou de l'appareil au Canada.
Les exploitants de transporteurs aériens peuvent déclarer les cas à un agent de quarantaine en informant un contrôleur aérien ou le centre de leur transporteur aérien. L’information sera ensuite relayée à l’agent de service de l’aéroport ou au centre des opérations de l’aéroport, qui en informera à son tour l’agent de quarantaine.
Les exploitants de trains et d'autobus peuvent déclarer les cas à un agent de quarantaine en communiquant avec l’agent de service de l’Agence de la santé publique du Canada au 1‑800‑545‑7661 avant d’entrer au Canada ou, s’il n’est pas possible de faire une notification préalable, en communiquant avec un agent de l'Agence des services frontaliers du Canada dès l’arrivée du véhicule ou de l’appareil au premier point d'entrée. L’agent de service ou l'agent des services frontaliers communiquera à son tour avec un agent de quarantaine.
Une fois avisé de la présence d'un voyageur malade à bord d'un véhicule ou appareil de transport en commun arrivant au Canada, l'agent de quarantaine, qui peut collaborer avec un agent des services frontaliers, évaluera la situation et fera savoir si des mesures supplémentaires sont nécessaires en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine. Les services de quarantaine aviseront également Santé Canada ou les agents de santé publique provinciaux et locaux selon les protocoles établis.
Si le véhicule ou l’appareil de transport en commun se présente à la frontière canadienne, l’exploitant doit informer un agent de quarantaine ou un intermédiaire aussitôt que possible. Même si le voyageur malade est débarqué avant son arrivée, il faut quand même avertir l'agent de quarantaine afin qu'il puisse évaluer si, en vertu de la Loi, d'autres mesures sont nécessaires pour ceux qui ont été en contact avec le voyageur malade.
Traversiers internationaux : Cette déclaration peut se faire conformément aux procédures décrites dans les Aides radio à la navigation maritime, Partie 4, Généralités, sous la rubrique Messages de quarantaine.
Les traversiers naviguant dans l'Atlantique, le Saint‑Laurent, les Grands Lacs, le lac Winnipeg et l'Arctique de l'Est devraient se référer à l'adresse suivante :
http://www.ccg-gcc.gc.ca/folios/00026/docs/part-4a-2009-fra.pdf (p. 4-43)
Les traversiers naviguant dans le Pacifique et l'Arctique de l'Ouest devraient se référer à l'adresse suivante :
http://www.ccg-gcc.gc.ca/folios/00026/docs/part-4p-2009-fra.pdf (p. 4-38)
Transporteurs nationaux – les autorités de santé publique sont disponibles pour toute consultation concernant des épidémies ou des cas suspects de SG sur les véhicules ou les appareils de transport se déplaçant au Canada. Il est recommandé que les exploitants consultent, au besoin, l'autorité de santé publique responsable du territoire où ils s'arrêtent.
Il est recommandé que les personnes atteintes d'un SG qui doivent être transférées hors du véhicule ou de l'appareil de transport portent un masque chirurgical de haute qualité durant le transfert, s'il y en a et si elles le tolèrent.
Les membres de l'équipage qui participent à un transfert devraient respecter les recommandations énoncées dans la section ci-dessus intitulée Prise en charge des passagers et des membres de l'équipage présentant un SG.
Il est recommandé d’élaborer un plan de débarquement, qui comprend l’organisation de voies de sorties sécuritaires et rapides à l’intention des personnes malades et des autres voyageurs ou membres d’équipage, afin de limiter la possibilité de propagation de l’infection.
Le terminal du véhicule ou de l'appareil de transport en commun et les services médicaux d'urgence devraient être avisés, comme il convient, qu'ils recevront un patient atteint d'un SG de sorte qu'ils puissent prendre les mesures nécessaires.
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