Les présentes directives sont fondées sur les données scientifiques disponibles actuellement et sur l'opinion d'experts en santé publique dans les domaines des stratégies de lutte contre les maladies à l'échelle communautaire, des maladies infectieuses, de la gestion des urgences, des communications et de l'éthique; par conséquent, elles peuvent faire l'objet de révisions et de modifications au fur et à mesure que de nouvelles informations deviennent disponibles. Ces directives doivent être lues en parallèle avec d'autres directives pertinentes qui sont publiées ici et dans d'autres pays. L'Agence de la santé publique du Canada continuera de publier régulièrement des mises à jour et des documents complémentaires à l'adresse www.phac-aspc.gc.ca.
Le présent document a été élaboré par l'Agence de la santé publique du Canada afin de fournir une orientation aux exploitants de véhicules et appareils de transport en commun et aux membres de l'équipage à bord des avions, des trains, des traversiers et des autobus, au Canada ou à l'étranger, ainsi qu'aux exploitants et au personnel de terminaux de véhicules et appareils de transport en commun au Canada sur la prévention et la gestion des cas de syndrome grippal (SG) chez les passagers ou les membres de l'équipage qui s'apprêtent à embarquer dans des véhicules et appareils de transport en commun ou qui se trouvent à bord.
Ce document d'orientation vise principalement les véhicules et appareils de transport en commun qui parcourent de longs trajets, et plus particulièrement ceux qui voyagent entre différents territoires (c.‑à‑d. entre des régions métropolitaines, des provinces ou des pays) où, en raison de l'étroite proximité et du contact prolongé entre les gens, le risque de transmission du SG peut être plus grand.
Pour avoir l'orientation nécessaire concernant la prévention et la gestion de cas de syndrome grippal pouvant être attribués au virus de l'influenza H1N1 de 2009 sur les paquebots de croisière, veuillez consulter le document suivant : Prévention et gestion des cas de syndrome grippal (SG) pouvant être attribuables au virus de l'influenza H1N1 de 2009 sur les paquebots de croisière.
Le virus de la grippe H1N1 qui a commencé à se propager au printemps 2009 est un nouveau type de virus de la grippe A chez l'être humain. L'infection par le virus de la grippe H1N1 provoque un syndrome grippal (SG) semblable à la grippe saisonnière. Les symptômes grippaux sont caractérisés par une apparition soudaine d'une maladie respiratoire accompagnée de fièvre et de toux et de l'un ou plusieurs des troubles suivants : mal de gorge, douleur musculaire, douleur articulaire ou faiblesse. Les personnes peuvent également présenter des symptômes gastro-intestinaux et ne pas trop souffrir de la fièvre. Vous pouvez trouver de l'information destinée au public sur le virus au site Web Combattezlagrippe.ca.
Le virus de la grippe H1N1 de 2009 se propage d'une personne à l'autre principalement par les gouttelettes projetées en toussant ou en éternuant. Il peut également se propager par le contact avec des surfaces et des objets contaminés par les personnes affectées. La période d'incubation1 du virus de la grippe H1N1 de 2009 peut s'étendre jusqu'à quatre jours, et la période de contagion2 jusqu'à sept jours à partir de l'apparition des symptômes, dans les cas non compliqués. Cette période peut être plus longue (jusqu'à dix jours) chez les personnes atteintes de maladies graves et les enfants chez qui les symptômes et l'excrétion du virus pourraient persister. Tout comme la grippe saisonnière, la transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 est plus probable pendant les premiers jours d'infection où le malade présente le plus de symptômes.
Le risque de transmission du virus de la grippe pandémique (H1N1) de 2009 peut être accru dans le transport en commun en raison d'une plus grande proximité et du contact parfois prolongé entre les gens dans un endroit clos. Toutefois, il convient également de reconnaître que dans les cas de transmission sur grande échelle dans la collectivité, le risque d'attraper le SG dans le transport en commun peut ne pas être significativement plus grand que dans d'autres milieux communautaires.
1 Période d'incubation : Intervalle entre l'envahissement par un agent infectieux et l'apparition du premier signe ou symptôme de la maladie en question.
2 Période de transmissibilité : Période pendant laquelle un agent infectieux peut être transféré directement ou indirectement d'une personne infectée à une autre personne.
En plus des pratiques habituelles, il est recommandé que les mesures suivantes de prévention et de contrôle de l'infection soient prises à bord des véhicules et appareils de transport en commun.
1. Auto-dépistage
Passagers - Conformément à la recommandation voulant que les personnes présentant un SG demeurent à la maison jusqu'à ce qu'elles ne présentent plus de symptômes, se sentent bien et soient en mesure de participer pleinement à leurs activités régulières, les passagers atteints d'un symptôme du SG ne devraient pas voyager ni embarquer dans les véhicules et appareils de transport en commun, dans la mesure du possible. Pour faciliter la communication de cette recommandation, il est suggéré que les exploitants et le personnel des véhicules et appareils de transport en commun songent à fournir de l'information pertinente aux passagers, par exemple, en plaçant des affiches qui les informent des symptômes du SG et qui leur recommandent de rester à la maison s'ils ont de tels symptômes. La communication de ce message important aux passagers avant la date de leur départ peut leur être utile lorsqu'ils évaluent leur aptitude à voyager.
Les passagers frappés du SG qui ne peuvent éviter ou reporter un voyage devraient essayer d'éviter de prendre le transport en commun. Si ce n'est pas possible, les passagers devraient suivre les conseils donnés dans la section sur la prise en charge ci-après.
Les exploitants de véhicules et d'appareils de transport en commun peuvent élaborer des politiques qui facilitent les changements de réservation pour cause de maladie, au cas où ils n'en auraient pas encore.
Si un passager d'un véhicule ou appareil de transport en commun montre des symptômes de SG, avant l'arrivée à la frontière canadienne, la première chose à faire c'est de s'assurer qu'il reçoit des soins médicaux le plus rapidement possible, si c'est nécessaire, selon le protocole de la compagnie et les lois en vigueur dans le pays où se trouve le véhicule ou l'appareil de transport en commun, à ce moment-là.
Équipage - Il est recommandé que les membres de l'équipage effectuent une autoévaluation des symptômes d'un SG et d'avertir un membre de l'équipage désigné dès l'apparition de symptômes. Les exploitants de véhicules et appareils de transport en commun peuvent mettre en place des mécanismes facilitant et favorisant la déclaration des symptômes.
Pour les passagers ou les membres de l'équipage chez lesquels se manifestent les symptômes du SG en cours de voyage, les conseils donnés à la section sur la prise en charge ci‑dessous peuvent s'appliquer.
2. Hygiène des mains et étiquette respiratoire en cas de toux et d'éternuement
Les exploitants de moyens de transport peuvent penser à faire des affiches qui encouragent une bonne hygiène des mains et l'étiquette respiratoire. De telles affiches pourraient être placées à bord des véhicules et appareils de transport en commun et à l'intérieur des terminaux dans des endroits bien visibles.
Il est recommandé que toutes les personnes à bord pratiquent une bonne hygiène des mains. Il est également recommandé de se laver les mains régulièrement au savon et à l'eau ou à l'aide d'un désinfectant à base d'alcool (taux de concentration d'alcool de 60 à 90 %). Si les mains sont visiblement souillées, le nettoyage au savon et à l'eau s'avère nécessaire.
Il est également recommandé que toutes les personnes à bord observent une bonne étiquette respiratoire, notamment tousser ou éternuer dans un papier mouchoir, dans leur manche ou dans le creux de leur coude. Après avoir utilisé un mouchoir, les personnes doivent immédiatement le jeter à la poubelle et pratiquer les mesures d'hygiène des mains.
De plus, il est recommandé que les exploitants de moyens de transport s'assurent qu'il y a suffisamment de produits pour le lavage des mains et/ou de désinfectant à base d'alcool (taux de concentration d'alcool de 60 à 90 %).
3. Autres précautions
L'utilisation de gants, de blouses d'hôpital, de dispositifs de protection respiratoire, notamment des masques chirurgicaux, des masques faciaux ou des masques N95, ainsi que de matériel de protection des yeux n'est pas recommandée pour les membres de l'équipage dans le cadre de leurs tâches générales.
Il est avant tout important de faire porter un masque, s'il y en a, à la personne malade, comme il est décrit ci‑dessous dans la section sur la prise en charge, et de pratiquer une bonne hygiène des mains et une bonne étiquette respiratoire en cas de toux et d'éternuement.
Les exploitants de véhicules et appareils de transport en commun qui désirent mettre en œuvre d'autres pratiques de contrôle des infections peuvent consulter le document d'orientation suivant : Lignes directrices : Mesures de prévention et de contrôle des infections pour les soins préhospitaliers -_ Virus H1N1 (grippe porcine chez l'être humain) - Agence de la santé publique du Canada
4. Nettoyage et désinfection
Nettoyer et désinfecter l'équipement et les surfaces susceptibles d'avoir été contaminés par des gouttelettes ou des sécrétions des voies respiratoires selon les procédures recommandées par Santé Canada pour le nettoyage et la désinfection des moyens de transport dans un document distribué aux exploitants de moyens de transport (disponible sur demande à l'adresse suivante : phb_bsp@hc-sc.gc.ca).
Il est recommandé que les passagers et membres de l'équipage présentant un SG soient séparés des autres passagers et membres de l'équipage le plus possible, de préférence de 2 mètres au moins, sans compromettre la sécurité. Idéalement, les personnes qui présentent des symptômes d'un SG devraient être isolées ou regroupées (s'il y en a plusieurs qui présentent un SG) dans une cabine distincte équipée de toilettes réservées à leur seul usage jusqu'à ce qu'elles ne présentent plus de symptômes, se sentent bien et soient en mesure de participer pleinement à leurs activités régulières ou être invitées à descendre du véhicule ou de l'appareil de transport en commun, selon la première éventualité. Le nombre de membres de l'équipage qui interagissent avec la personne malade devrait être réduit au minimum dans la mesure du possible. Il est recommandé de demander aux personnes présentant un SG de porter un masque facial ou un masque chirurgical, le cas échéant, afin de protéger les autres. Les membres de l'équipage peuvent inciter les personnes malades à pratiquer une bonne hygiène des mains et l'étiquette respiratoire. Les personnes isolées devraient être surveillées et, au besoin, autorisées à descendre à la prochaine escale prévue, à moins qu'une évacuation médicale soit nécessaire plus vite et soit faisable.
Si c'est possible, il est recommandé d'isoler les passagers malades avec un membre de la famille ou un compagnon et de fournir à ce dernier l'information contenue dans le document Comment prendre soin d'une personne infectée par le virus de l'influenza H1N1 à la maison.
Il n'est pas nécessaire d'isoler les membres de l'équipage ou les soignants qui ont été en contact avec une personne présentant un SG s'ils se sentent bien, mais il leur est recommandé de surveiller leur état de santé pendant les quatre jours qui suivent l'exposition et de s'isoler eux‑mêmes dès l'apparition des symptômes du SG.
Si un voyageur à bord d'un véhicule ou appareil de transport en commun présente des symptômes d'un SG, avant son arrivée à la frontière canadienne, on doit tout d'abord prendre les dispositions nécessaires pour qu'il reçoive les soins médicaux le plus rapidement possible, si nécessaire, selon le protocole de la compagnie et les lois en vigueur dans le territoire où le véhicule ou l'appareil de transport en commun se trouve à ce moment-là.
Il est recommandé que les personnes qui présentent des symptômes du SG restent à la maison ou se trouvent un logement au point de débarquement si elles ne sont pas dans leur collectivité, jusqu'à ce qu'elles ne présentent plus de symptômes, se sentent bien et soient en mesure de participer pleinement à leurs activités régulières. Le site Web Combattezlagrippe.ca. donne d'autres renseignements sur la grippe.
Transporteurs internationaux - La Loi sur la mise en quarantaine exige que l'exploitant d'un avion, d'un train, d'un traversier ou d'un autobus, servant au transport de personnes et de marchandises, signale à l'autorité compétence toute personne, marchandise ou chose à bord du véhicule ou appareil qui pourrait causer la propagation d'une maladie transmissible, y compris la grippe (H1N1), inscrite à l'annexe de la Loi. Cette déclaration devrait être faite aussitôt que possible, soit avant l'arrivée du véhicule ou de l'appareil au Canada, soit avant son départ du Canada. L'autorité en informera un agent de quarantaine.
Les exploitants de transporteurs aériens peuvent déclarer les cas à un agent de quarantaine en informant un contrôleur aérien ou le centre de leur transporteur aérien. L'information sera ensuite relayée à l'agent de service de l'aéroport ou au centre des opérations de l'aéroport, qui en informera à son tour l'agent de quarantaine.
Les exploitants de trains et d'autobus peuvent déclarer les cas à un agent de quarantaine en informant un agent de l'Agence des services frontaliers du Canada le plus tôt possible. L'exploitant peut avoir recours à des protocoles de déclaration préexistants ou peut déclarer le cas à son arrivée au premier point d'entrée, s'il lui est impossible de faire une notification préalable. L'agent des services frontaliers communiquera à son tour avec un agent de quarantaine.
Une fois avisé de la présence d'un voyageur malade à bord d'un véhicule ou appareil de transport en commun arrivant au Canada, l'agent de quarantaine, qui peut collaborer avec un agent d'inspection frontalière, évaluera la situation et fera savoir si des mesures supplémentaires sont nécessaires en vertu de la Loi sur la mise en quarantaine. Les services de quarantaine aviseront également Santé Canada ou les agents de santé publique provinciaux et locaux selon les protocoles établis.
Si un voyageur à bord d'un véhicule ou appareil de transport en commun présente des symptômes d'un SG et nécessite une attention médicale avant son arrivée à la frontière canadienne, il convient en tout premier lieu de prendre les dispositions nécessaires pour qu'il reçoive des soins médicaux le plus tôt possible, selon les protocoles de la compagnie et les lois en vigueur sur le territoire où le transporteur se trouve à ce moment-là.
Si le véhicule ou l'appareil de transport en commun se présente à la frontière canadienne, l'exploitant doit informer un agent de quarantaine ou un intermédiaire aussitôt que possible. Même si le voyageur malade est débarqué avant son arrivée, il faut quand même avertir l'agent de quarantaine afin qu'il puisse évaluer si, en vertu de la Loi, d'autres mesures sont nécessaires pour ceux qui ont été en contact avec le voyageur malade.
Traversiers internationaux : Cette déclaration peut se faire conformément aux procédures décrites dans les Aides radio à la navigation maritime, Partie 4, Généralités, sous la rubrique Messages de quarantaine.
Les traversiers naviguant dans l'Atlantique, le Saint‑Laurent, les Grands Lacs, le lac Winnipeg et l'Arctique de l'Est devraient se référer à l'adresse suivante :
http://www.ccg-gcc.gc.ca/folios/00026/docs/part-4a-2009-fra.pdf (p. 4-43)
Les traversiers naviguant dans le Pacifique et l'Arctique de l'Ouest devraient se référer à l'adresse suivante :
http://www.ccg-gcc.gc.ca/folios/00026/docs/part-4p-2009-fra.pdf (p. 4-38)
Transporteurs nationaux - Les exploitants de véhicules ou d'appareils de transport en commun ayant des itinéraires nationaux n'ont aucune obligation légale de faire des déclarations aux autorités de santé publique. Toutefois, les autorités de santé publique sont à leur disposition pour toute consultation concernant des épidémies ou des cas suspects de SG sur leurs véhicules ou appareils. Il est recommandé que ces exploitants consultent, au besoin, l'autorité de santé publique responsable du territoire où ils s'arrêtent.
Il est recommandé que les personnes atteintes d'un SG qui doivent être transférées hors du véhicule ou de l'appareil de transport portent un masque facial ou un masque chirurgical durant le transfert, s'il y en a et si elles le tolèrent.
Les membres de l'équipage qui participent à un transfert devraient respecter les recommandations énoncées dans la section ci-dessus intitulée Prise en charge des passagers et des membres de l'équipage présentant un SG.
Il est recommandé d'élaborer un plan de débarquement, qui comprend l'organisation de voies de sorties sécuritaires et rapides à l'intention des personnes malades et des autres voyageurs ou membres d'équipage, afin de limiter la possibilité de propagation de l'infection.
Le terminal du véhicule ou de l'appareil de transport en commun et les services médicaux d'urgence devraient être avisés, comme il convient, qu'ils recevront un patient atteint d'un SG de sorte qu'ils puissent prendre les mesures nécessaires.
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