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Le rapport qui suit présente les données de surveillance du VIH et du sida et fournit un tableau des personnes qui ont reçu un diagnostic d'infection à VIH ou de sida au Canada. Ces données de surveillance sous-estiment l'ampleur de l'épidémie de VIH et ne reflètent donc pas le nombre réel de personnes infectées par le VIH (prévalence) ni le nombre de nouveaux cas d'infection qui surviennent chaque année (incidence). Parmi les raisons qui expliquent cette sous-estimation, mentionnons les retards de déclaration, la sous-déclaration et l'évolution des comportements à l'égard du dépistage du VIH (ceux et celles qui se présentent pour subir un test de dépistage). Par ailleurs, les données de surveillance ne nous renseignent que sur les personnes qui ont subi le test de dépistage et qui ont reçu un diagnostic d'infection à VIH ou de sida, et non sur les personnes qui n'ont pas subi de dépistage et qui n'ont pas fait l'objet d'un diagnostic. De plus, comme le VIH cause une infection chronique dont la période de latence est longue, de nombreuses personnes récemment infectées au cours d'une année donnée pourraient n'obtenir un diagnostic que plusieurs années plus tard.
L'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a produit des estimations de la prévalence du VIH à la fin de 2005 et de son incidence en 20051. Ces estimations ont été obtenues grâce à une combinaison de méthodes, qui comprennent des données de sources très variées, y compris des rapports de tests de dépistage du VIH, des rapports sur les cas de sida, des enquêtes sur la population générale, des études épidémiologiques ciblées et des données de recensement. Nous avons estimé qu'à la fin de 2005, environ 58 000 personnes (entre 48 000 et 68 000) vivaient avec le VIH au Canada (y compris celles atteintes du sida), dont environ 27 % étaient des cas non diagnostiqués. Nous avons estimé que le nombre de Canadiens récemment infectés par le VIH était situé, en 2005, entre 2 300 et 4 500. L'ASPC produit tous les trois ans des estimations sur la prévalence et l'incidence du VIH. Les prochaines estimations sur le VIH pour 2008 seront rendues publiques en 2009.
Figure 1
Nombre de tests positifs pour le VIH signalés par année du test, 1999-2008
En tout, 67 442 tests positifs pour le VIH ont été signalés à l'ASPC de 1985 (début de la déclaration des cas) jusqu'au 31 décembre 2008. Le nombre de tests positifs signalés en 2008 était de 2 623, une augmentation de 7,0 % par rapport à l'année précédente.
La figure 1 montre la tendance du nombre de tests positifs pour le VIH déclarés pendant la dernière décennie. La diminution du nombre de tests positifs signalés pendant la fin des années 1990 s'est inversée en 2001, alors qu'on a observé une augmentation de 5,3 % par rapport à l'année précédente, suivie par une augmentation de 11,4 % en 2002. Les fluctuations annuelles subséquentes du nombre de tests positifs signalés étaient relativement minimes (de 0,5 % à 3,8 %) jusqu'en 2008.
Plus de 80 % de tous les tests positifs signalés en 2008 proviennent des trois provinces suivantes — 42,7 % de l'Ontario, 24,7 % du Québec et 13,6 % de la Colombie-Britannique. Les tendances relatives au nombre d'infections à VIH nouvellement diagnostiquées varient selon les provinces et les territoires. En 2008, les taux les plus élevés ont été observés en Saskatchewan (20,8), où ils étaient équivalents à plus du double des taux observés en Ontario (10,3), en Colombie-Britannique (9,5) et au Québec (9,8), tandis que les taux les plus faibles ont été signalés à Terre-Neuve-et-Labrador (0,7), dans les Territoires du Nord-Ouest (0,0) et au Nunavut (0,0).
Figure 2A
Pourcentage de tests positifs pour le VIH chez les hommes selon le groupe d'âge et l'année du test, 1985-2008

Depuis le début de l'épidémie de VIH/sida, la tendance relative à la répartition selon le sexe a révélé une augmentation constante du nombre de résultats positifs pour le VIH chez les femmes (de tous les âges). Avant 1999, les femmes représentaient 11,7 % des personnes ayant obtenu un test positif pour le VIH, tandis que, en 2006, cette proportion avait atteint 27,8 %, soit le pourcentage le plus élevé depuis le début de l'épidémie. Les données de surveillance pour 2008 montrent une légère diminution du nombre et de la proportion des tests positifs signalés chez les femmes par rapport à 2006. Chez les adultes (15 ans et plus) en 2008 qui ont indiqué leur sexe, 669 (26,2 %) des tests positifs concernaient des femmes, ce qui représente une augmentation de 11,2 % par rapport à l'année précédente.
L’examen des données de surveillance au fil du temps montre que la proportion des tests positifs signalés chez les jeunes adultes continue de diminuer, tandis que le contraire est observé chez les adultes plus âgés. Si l’on compare la période de 1985 à 1998 à l’année 2008, la proportion d’adultes de 15 à 39 ans est passée de 73,0 % à 54,0 %, tandis que cette proportion chez les adultes de 40 ans et plus est passée de 27,0 % à 46,0 %. Si l’on compare les données selon le sexe, on constate que la proportion d’hommes âgés de 15 à 39 ans a beaucoup diminué, passant de 72,0 % à 49,6 %, et que cette proportion chez les femmes a légèrement diminué pour passer de 80,4 % à 65,9 %. Pour ce qui est des adultes âgés de 40 ans et plus, la proportion a augmenté; en effet, elle est passée de 28,0 % à 50,4 % chez les hommes et de 19,6 % à 34,1 % chez les femmes (figures 2A et 2B).
Figure 2B
Pourcentage de tests positifs pour le VIH chez les femmes selon le groupe d'âge et l'année du test, 1985-2008

Les femmes comptent pour une proportion importante des tests positifs signalés chez les jeunes adultes (figure 3). En 2008, les jeunes femmes âgées de 15 à 19 ans représentaient la majorité (58,3 %) des tests signalés parmi ce groupe d'âge, tendance observée pendant les dix années précédentes. De 1999 à 2008, parmi les tests positifs signalés pour ce groupe d'âge, l'utilisation de drogues par injection était responsable de 49,3 % des cas chez les femmes, comparativement à 17,6 % chez les hommes, ce qui fait ressortir l'importance de l'utilisation de drogues par injection dans la transmission du VIH chez les jeunes femmes.
Pour 52,2 % des tests positifs pour le VIH chez les adultes en 2008, la catégorie d’exposition n’a pas été signalée ou aucun risque n’a été relevé. Les pourcentages qui suivent n’incluent que les cas comprenant des informations sur le risque lié à la transmission du VIH. Les données sur la catégorie d’exposition ne sont pas disponibles pour le Québec, alors ils ne sont pas inclus dans la discussion des tendances parmi les catégories d’exposition dans les rapports de tests positifs qui suivent.
Figure 3
Nombre de tests positifs pour le VIH chez les adultes selon le groupe d'âge et le sexe, 2008

Les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HRSH) représentent la plus grande proportion des tests positifs pour le VIH chez les adultes en 2008 (45,1 % des cas), tandis que la catégorie d'exposition par contact hétérosexuel comptait pour 30,8 % des tests positifs. Entre 1999 et 2008, le nombre de tests positifs pour le VIH parmi les HRSH a augmenté de 37,5 % (figure 4A). Le nombre a atteint un maximum en 2004, avant de baisser pour deux années de suite. Pour les deux dernières années, le nombre annuel de tests positifs pour le VIH signalés et attribués au HRSH a légèrement augmenté.
La troisième catégorie d'exposition la plus fréquemment signalée en 2008 a été l'utilisation de drogues par injection (UDI), qui représentait 19,1 % du nombre total de tests positifs chez les adultes. Alors qu'elle a compté pour une proportion décroissante du risque lié à la transmission du VIH pendant la fin des années 1990, la proportion est restée relativement stable au cours des cinq dernières années. Cependant, les variations dans le nombre annuel de tests positifs signalés attribués à l'utilisation de drogues par injection sont plus prononcées chez les femmes que chez les hommes (figures 4A et 4B).
Figure 4A
Nombre de tests positifs pour le VIH chez les hommes selon l'année du test et la catégorie d'exposition, 1999-2008

Les données de surveillance pour 2008 montrent que les femmes représentent 41,9 % des résultats positifs causés par l'injection de drogues, 53,1 % des résultats positifs attribués à la sous-catégorie Pays d'endémie au VIH, 48,7 % des résultats positifs attribués à la sous-catégorie Het-Risque et 43,2 % des résultats positifs attribués à la sous-catégorie ARS-Het. Voir l'annexe 1 pour la définition des catégories d'exposition.
En 2008, 73,9 % des tests positifs pour le VIH ne comportaient pas de données sur l'appartenance ethnique. L'Ontario et le Québec ne fournissent aucune donnée concernant l'origine ethnique avec leurs rapports de tests positifs pour le VIH. Par conséquent, les caractéristiques et les tendances suivantes doivent être considérées dans le contexte des limites associées aux données et ne devraient pas être considérées comme étant représentatives du Canada au niveau national (voir l'annexe 2). Parmi les tests positifs signalés en 2008, la majorité (44,6 %) concernait des Blancs, 29,4 %, des Autochtones, 14,5 %, des Noirs, et 11,5 %, des personnes qui ont indiqué être d'un autre groupe ethnique ou d'une autre race.
Figure 4B
Nombre de tests positifs pour le VIH chez les femmes selon l'année du test et la catégorie d'exposition, 1999-2008

Parmi les tests positifs signalés de 1985 à 2008 (personnes de tous les âges) comportant des renseignements sur le sexe, les hommes étaient principalement de race blanche (69,8 %), et on comptait un nombre minime d'Autochtones (15,5 %) et de Canadiens de race noire (5,7 %). Par contre, chez les femmes, on observe une quasi-égalité entre les Blanches (38,2 %) et les Autochtones (40,3 %), tandis que les Canadiennes de race noire représentaient 16,9 % du nombre total de cas.
Lorsque l'on compare la période de 1998 à 2002 à l'année 2008, on observe une diminution de la proportion de tests positifs signalés (pour les personnes de tous les âges) attribuée aux Blancs, qui est passée de 61,3 % à 44,6 %. De ce fait, les proportions de tests positifs signalés attribuées aux Autochtones et aux Canadiens de race noire ont augmenté, passant de 23,4 % à 29,4 % et de 7,3 % à 14,5 %, respectivement.
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