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Les plus récentes données de l'Agence de la santé publique du Canada montrent que les hommes homosexuels continuent d'être touchés de façon disproportionnée par le VIH. On estime qu'en 2002, 40 p. 100 des nouveaux cas d'infection à VIH au Canada se sont produits chez les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes. Cette proportion était de 30 p. 100 en 1996. Les pratiques sexuelles à risque sont-elles à la hausse? La question mérite d'être posée. Selon le message véhiculé dans une campagne nationale de prévention du VIH menée par AIDS Vancouver, la réponse est un NON catégorique. La campagne « Nous Jouons Safe », lancée simultanément le 12 septembre 2005 à Vancouver, Edmonton, Winnipeg, Toronto, Montréal et Halifax, a pour but de combattre le mythe populaire selon lequel les hommes gais souffrent d'apathie et se sont lassés d'utiliser le condom. Avec le crochet humoristique « Peu importe son petit nom, merci d'en prendre soin », la campagne vise à valider et promouvoir les pratiques sexuelles plus sûres tout en soulignant que ces pratiques, y compris l'utilisation du condom, constituent la norme dans la communauté. Selon Phillip Banks, directeur de la prévention du VIH au sein de l'organisme AIDS Vancouver et coordonnateur national de la campagne, il est grand temps de reconnaître les efforts de la communauté gaie qui, au cours des 20 dernières années, a opté pour des pratiques sexuelles plus sûres et fait usage du condom. Il est indéniable, ajoute-t-il, que les efforts consentis par les hommes homosexuels lors des premières années de l'épidémie ont été le facteur le plus important dans la réduction des taux d'infection à VIH. Cette campagne reconnaît ces réussites et rappelle à la communauté gaie qu'elle doit poursuivre ses efforts. « Nous Jouons Safe » est la deuxième campagne nationale de prévention du VIH à l'intention des hommes gais menée par AIDS Vancouver avec l'appui du Fonds de marketing social communautaire sur le VIH/sida de l'ASPC. La première campagne a été entreprise en 2004, sous le thème « Penses-y – Comment fais-tu pour savoir? ». Elle ciblait un groupe restreint d'hommes homosexuels ayant des relations sexuelles anales non protégées avec des partenaires dont ils ignorent l'état sérologique relativement au VIH. Son but était de remettre en question les idées préconçues qu'ont certains hommes gais quant aux risques associés à leurs comportements sexuels. La campagne de 2005 s'adresse plutôt au plus grand nombre d'hommes homosexuels chez qui les pratiques sexuelles sûres constituent la norme. Selon le BC Centre for Excellence in HIV/AIDS, trois hommes gais sur quatre optent pour les pratiques sexuelles sûres, prenant très rarement ou jamais de risques les exposant au VIH. En plus de consolider les pratiques sexuelles sûres chez les hommes gais qui les utilisent, la campagne a pour objet de réduire le nombre de nouveaux cas d'infection en encourageant les autres membres de cette communauté réduire les risques. Les récents sondages montrent que les hommes gais sont conscients de la menace pour la santé que représente le VIH et s'en préoccupent, selon le D r Terry Trussler, directeur de la recherche du Community-Based Research Centre de Vancouver (l'un des organismes partenaires de la campagne). Il souligne que la campagne n'a pas pour objet de menacer ni blâmer les hommes gais, mais qu'au contraire, elle reconnaît que la communauté des hommes homosexuels dans son ensemble continue d'appuyer la prévention du VIH. Dans les six villes où elle se déroule, cette campagne bilingue livre ses messages sur des panneaux-réclame routiers, des affiches, des sous-verres et des cartes postales, et dans la publicité dans les transports en commun, les salles de toilette, les journaux et les magazines. L'utilisation d'images visuelles fortes sera limitée aux endroits d'accès limité aux adultes, comme les salles de toilettes des bars et les bains publics, afin d'éviter la controverse soulevée lors de la campagne « Penses-y » – certaines entreprises de placement publicitaire avaient alors refusé d'afficher certains produits promotionnels. De plus, un message d'intérêt public sera diffusé à la télévision et affiché sur les sites Web français et anglais de la campagne. « Nous Jouons Safe » a été élaborée gratuitement par le cabinet publicitaire Rethink Advertising, de Vancouver, permettant ainsi de consacrer des fonds supplémentaires à la production et la diffusion du matériel promotionnel, à l'achat de publicité et à la création du site Web de la campagne. En plus de AIDS Vancouver et de la Community-Based Research Centre Society, les partenaires de la campagne comprennent la AIDS Coalition of Nova Scotia, Sida Bénévoles Montréal, Action Séro-Zéro, le AIDS Committee of Toronto, le Nine Circles Community Health Centre, HIV Edmonton, les Two-Spirited People of the First Nations et la Société canadienne du sida. Pour de plus amples renseignements sur la campagne, consulter le site Web http://www.gaymenplaysafe.com/ |