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Le sans-abrisme, l'utilisation de drogues injectables et l'abus d'alcool font beaucoup de victimes chez les Autochtones de Prince George, en Colombie-Britannique. Afin de redresser ces déterminants de la santé – et prévenir de nouvelles infections à VIH et à hépatite C – le centre culturel Fire Pit aide les Autochtones à risque à renouer avec leur culture et à mieux comprendre l'impact du processus de colonisation sur leur vie et les risques de contracter le VIH. Exploité par le Positive Living North (un organisme autochtone de services liés au sida de Prince George) en partenariat avec la Central Interior Native Health Society, le centre Fire Pit (« foyer extérieur ») est un endroit où les Autochtones – et leurs amis – peuvent se rassembler pour apprendre, partager et comprendre des notions de culture, de santé et de communauté. La coordinatrice du centre, Catherine Baylis, explique qu'en tant qu'Autochtone, elle reconnaît qu'il faut intégrer la culture dans les efforts de prévention du VIH. Selon elle, ce projet ramène les concepts de culture et de ressourcement dans le contexte de la rue afin de prévenir le VIH et l'hépatite C. Selon M me Baylis, la majorité des nouveaux cas d'infection à VIH à Prince George se rapportent aux hommes autochtones, et l'utilisation de drogues injectables (UDI) en est le principal mode de transmission. Cependant, l'UDI et les pratiques sexuelles à risque peuvent exposer d'autres segments de la population autochtone, en particulier les femmes et les jeunes, à la maladie. En aidant les gens à renouer avec leur culture et à comprendre les processus historiques, on s'engage activement dans un processus de décolonisation et de ressourcement – ce qui contribue à éloigner les gens des activités à risque, de dire M me Baylis. Le centre Fire Pit a ouvert ses portes en octobre 2003 avec l'appui financier du Plan d'action communautaire sur le sida et du ministère provincial de la Santé. Au cours de sa deuxième année d'exploitation, il a aussi été appuyé par le Fonds pour les projets sur le VIH/sida des communautés hors réserve des Premières nations, des Inuits et des Métis de l'Agence de la santé publique du Canada. Le centre est actuellement ouvert trois après-midi par semaine et fréquenté par 70 à 80 personnes par jour. Selon M me Baylis, étant donné que la clientèle du centre est composée en grande partie de gens sans abri et que la pauvreté est une réalité sociale croissante, le Fire Pit éprouve un grand besoin de nourriture. Cela ne faisait pas partie du plan original, ajoute-t-elle, mais ce sont les besoins des visiteurs qui déterminent les types de services à offrir. Dans la culture autochtone, la nourriture est considérée comme un remède et une étape du processus de ressourcement. Souvent, c'est elle qui attire les gens au centre; une fois qu'ils y sont, les visiteurs sont encouragés à participer au « cercle de la parole » et à d'autres activités culturelles, comme le perlage et la fabrication de capteurs de rêves. Le fait d'être situé dans le même édifice que le centre de santé autochtone local (qui défraie une partie de son loyer) a permis au centre Fire Pit d'établir de bonnes relations avec les professionnels de la santé qui y travaillent. M me Baylis explique qu'en plus d'un conseiller en matière de VIH sur place, les visiteurs du centre culturel ont accès à un conseiller en matière de drogues et d'alcool, à un travailleur de soutien en santé mentale et à une infirmière communautaire par le biais du centre de santé autochtone, dont les médecins également sont à la main. La coordonnatrice considère le centre Fire Pit comme la base culturelle des soins de santé primaires pour les Autochtones de Prince George. À cause de son approche intégrée à l'offre de services, le centre Fire Pit a pu obtenir du financement d'autres ministères, dont le ministère provincial des Ressources humaines. Au palier fédéral, Ressources humaines et Développement des compétences Canada contribue à son budget alimentaire et au salaire d'un coordonnateur en nutrition. D'autres organismes soutiennent également le centre culturel de diverses façons, signale Mme Baylis. Par exemple, étant donné que la lecture et l'écriture posent problème pour certaines personnes à risque, des contacts ont été établis avec le Prince George Friendship Centre pour voir ce qui pouvait être fait en cette matière. Le Friendship Centre s'est alors associé à l'organisme de formation Prince George Nechako Aboriginal Employment Training Association pour faire don au centre Fire Pit de trois ordinateurs munis de logiciels d'alphabétisation. En 2005, le centre Fire Pit a remporté un prix Accolades de la British Columbia Persons With AIDS Society pour ses programmes novateurs de prévention du VIH. Sa démarche d'intégrer la culture, l'alimentation et la santé à ses activités a aussi attiré l'attention d'autres organismes de services liés au sida. Il est difficile de mesurer l'impact immédiat du Fire Pit sur la prévention du VIH, reconnaît Mme Baylis, qui fait remarque que les non-Autochtones à risque y sont aussi les bienvenus. Mais la réussite du centre se constate du fait que les autres pourvoyeurs de services dans la communauté considèrent le Centre Fire Pit comme un service de santé essentiel et que des personnes d'autres communautés s'intéressent aussi à appliquer son modèle chez eux. Pour plus d'information sur le centre Fire Pit, consulter www.positivelivingnorth.ca |