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Rapport d'étape sur le VIH/sida et les populations distinctes : Femmes

Sommaire

La proportion des infections à VIH attribuées aux femmes adultes a augmenté progressivement au cours des dix dernières années. En 2008, on estimait que les femmes représentaient 17 % des personnes vivant avec le VIH et 26 % de tous les nouveaux cas d'infection au VIH au Canada. Bien que le nombre annuel de rapports de tests positifs pour le VIH chez les femmes ait varié au cours de la dernière décennie, rien n'indique qu'il est en déclin. Environ les trois quarts des nouveaux cas d'infection qui sont apparus chez les femmes en 2008 sont attribuables à une exposition par contact hétérosexuel et plus du tiers, à une exposition par utilisation de drogues par injection. Sur une note positive, la proportion de cas confirmés de VIH par transmission périnatale chez les nourrissons a diminué, passant de 9,3 % en 2000 à 1,7 % en 2008.

Le rapport reconnaît que certains groupes de femmes au Canada, notamment les femmes autochtones, les femmes provenant de pays où le VIH est endémique, les utilisatrices de drogues par injection et celles qui vivent en prison, demeurent surreprésentés parmi la population atteinte du VIH/sida. À titre d'exemple, les femmes autochtones sont presque aussi nombreuses à présenter une infection au VIH que les hommes autochtones, et les femmes provenant de pays où le VIH est endémique représentent plus de la moitié (54,2 %) des rapports de tests positifs pour le VIH attribués aux femmes. Enfin, il convient de noter que le taux d'infection au VIH est plus élevé chez les femmes incarcérées que chez leurs homologues masculins (4,7 % comparativement à 1,7 %).

Bien que les différences biologiques chez les femmes les rendent plus susceptibles que les hommes de contracter le VIH, un certain nombre de facteurs socioéconomiques, également appelés « déterminants de la santé », influent également sur la vulnérabilité des femmes au VIH. Les déterminants de la santé, tels que le sexe, le revenu, le niveau de scolarité, le chômage, la stabilité du logement, l'accès aux services de santé, aux services de soutien social et aux réseaux sociaux, le milieu social (p. ex., collectivités isolées sur le plan géographique, milieu carcéral, zones rurales ou urbaines défavorisées), le racisme et le développement durant la petite enfance peuvent accroître ou réduire la vulnérabilité des femmes au VIH. En plus des grands déterminants de la santé, il a été démontré que d'autres facteurs, tels que la violence sexuelle, la culture et la stigmatisation et la discrimination liées au VIH/sida, jouaient un rôle dans la vulnérabilité des femmes au VIH.

Le rapport traite en détail de l'expérience vécue des femmes en rapport avec ces déterminants et souligne la nécessité d'adopter des approches qui s'attaquent aux causes profondes du VIH. Il est important d'établir comment le sexe, un déterminant clé, interagit avec plusieurs autres formes d'inégalité sociale pour accroître la vulnérabilité des femmes au VIH. En recensant et en examinant les facteurs qui favorisent la résilience ou augmentent la vulnérabilité au VIH/sida, le présent rapport tente de refléter la diversité de la population féminine et la nature complexe de la vie des femmes.

Le rapport fait état de 87 projets de recherche canadiens d'une durée limitée qui se sont déroulés entre 2006 et 2009 et qui étaient axés sur le VIH/sida chez les femmes au Canada. Les grands thèmes abordés dans ces recherches étaient les stratégies de prévention, d’intervention et de traitement. Bon nombre de projets portaient sur des segments particuliers de la population féminine, dont les suivants : femmes vivant avec le VIH/sida, femmes travailleuses du sexe, femmes provenant de pays où le VIH est endémique, jeunes filles à risque, femmes autochtones, utilisatrices de drogues par injection, femmes lesbiennes, bisexuelles ou transgenres et femmes incarcérées.

Dans le présent rapport, on examine la réponse actuelle au VIH/sida chez les femmes, sur le plan des politiques et des programmes. À ce titre, on présente une vue d’ensemble des stratégies axées sur des populations précises à l’échelle nationale, provinciale et territoriale des réseaux, des coalitions et des organismes consultatifs axés sur des populations visées, ainsi que des organisations et des projets axés sur la prestation de programmes et de projets portant sur le VIH/sida chez les femmes et la réponse à l’infection chez les femmes incarcérées. Le rapport souligne également que les interventions qui visent à donner plus de pouvoir aux femmes et à favoriser le leadership chez les femmes à risque de contracter le VIH/sida jouent un rôle important dans le renforcement de leur résilience à l'égard du VIH.

Les projets et les travaux de recherche résumés dans le cadre du présent rapport indiquent qu'un large éventail d’organismes participent à la prestation de services en matière de prévention, de soins, de traitement et de soutien destinés aux femmes, y compris les organismes communautaires de services liés au VIH/sida, les services de santé ou d’hygiène sexuelle et les organismes gouvernementaux. Ces communautés et les organisations de partout au pays ont relevé le défi et contribuent aux mesures visant à réduire le nombre d'infections dans cette population et à combler les besoins des femmes qui vivent avec le VIH ou risquent de contracter cette infection. En dépit de ces efforts importants et considérables, il reste beaucoup à faire. Pour parvenir à réduire les cas d’infection au VIH et de sida dans cette population, il est nécessaire de déployer des efforts efficaces, adaptés et soutenus visant à prévenir la transmission et l’acquisition du VIH, tout en améliorant la qualité de vie des femmes vivant avec le VIH/sida.