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Rapport d’étape sur le VIH/sida et les populations distinctes : Autochtones

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Sommaire

Les Autochtones (Premières nations, Inuits et Métis) constituent un segment particulier de la population touchée par l’épidémie concentrée de VIH/sida au Canada.

Les Autochtones représentaient environ 3,8 % de la population totale du Canada en 2006, dont près de 60 % d’Autochtones s’étant identifiés comme membres d’une Première nation lors du recensement, 33 % comme Métis et 4 % comme Inuits. La population autochtone augmente plus rapidement que la population non autochtone, soit de 45 % entre 1996 et 2006, un taux près de six fois plus élevé que le taux de croissance de la population non autochtone. La population autochtone est aussi plus jeune que la population non autochtone. L’âge médian de la population non autochtone est de 40 ans, contre 27 ans pour la population autochtone. Différentes mesures de l’état de santé (p. ex. espérance de vie, taux de maladies chroniques et infectieuses) révèlent que les Autochtones sont généralement en moins bonne santé que les non-Autochtones.

D’après les données disponibles, les Autochtones sont surreprésentés dans les cas de VIH et de sida au Canada. On estime que les  Autochtones représentent 8 % de toutes les personnes vivant avec le VIH (y compris le sida) au Canada en 2008. La même année, on estimait que 300 à 520 nouveaux cas d‘infection au VIH touchaient des Autochtones, soit 12,5 % de tous les nouveaux cas d’infection. Dans l’ensemble, le taux d’infection au VIH était environ 3,6 fois plus élevé chez les Autochtones que chez les non-Autochtones en 2008. Les infections au VIH chez les Autochtones sont diagnostiquées à un plus jeune âge que chez les non-Autochtones et elles touchent également un nombre plus élevé de femmes comparativement à la population non autochtone. Contrairement à la population générale du Canada, l’utilisation de drogues injectables est la principale catégorie d’exposition au VIH pour les hommes et les femmes autochtones. Des études semblent aussi indiquer que les Autochtones qui utilisent des drogues injectables peuvent être plus susceptibles de contracter le VIH que les non-Autochtones qui font de même. Les relations hétérosexuelles représentent la deuxième catégorie d’exposition la plus courante pour les hommes et les femmes autochtones. Bien que la catégorie d’exposition au VIH constituée des hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes continue de représenter le plus grand nombre de nouveaux cas d’infection au VIH dans la population générale du Canada, il s’agit de la troisième catégorie d’exposition la plus fréquente après l’utilisation de drogues injectables et les relations hétérosexuelles chez les hommes autochtones.

Les déterminants de la santé ont une incidence évidente sur la vulnérabilité de la population autochtone à l’infection au VIH. La vulnérabilité d’une personne augmente ou diminue en fonction des facteurs suivants : revenu, scolarité, chômage, accès à un logement stable, développement dans la petite enfance (p. ex. antécédents de mauvais traitements), milieu physique (p. ex. collectivités géographiquement isolées, milieux carcéraux), accès à des services de santé, réseau de soutien et milieux sociaux (p. ex. homophobie, stigmatisation et discrimination liées au VIH/sida), sexe, antécédents de violence sexuelle et, pour cette population en particulier, le fait d’avoir vécu le racisme et les effets multigénérationnels du colonialisme et du système des pensionnats. Le rapport décrit aussi en détail quelques expériences vécues par des membres des Premières nations, des Inuits et des Métis par rapport à ces déterminants et il étaie une approche qui s’attaque aux causes profondes de l’infection au VIH. On souligne dans la documentation l’importance de vivre les traditions, les valeurs et la spiritualité ancestrales ou de rétablir un lien avec elles comme élément de la résistance au VIH, à la fois pour les Autochtones vivant avec la maladie et pour mettre au point des mesures de prévention adaptées et efficaces.

Le rapport recense 49 projets de recherche exécutés au Canada entre 2006 et 2008 qui portaient sur le VIH/sida chez les Autochtones. Les domaines d’étude généraux comprennent la prévention du VIH, l’accès aux soins et le développement de la capacité de recherche communautaire. De nombreux projets se concentrent aussi sur les sous-populations, dont les Autochtones vivant avec le VIH/sida, les femmes, les adolescents et les utilisateurs de drogues injectables. Peu de projets de recherche recensés portent explicitement sur les Premières nations ou les Inuits et aucun sur les Métis. En outre, peu d’études ou d’évaluations exhaustives ont été menées pour déterminer l’efficacité d’interventions particulières pour prévenir les nouveaux cas d’infection au VIH ou satisfaire aux besoins des Autochtones vivant avec le VIH/sida. Les renseignements que les études d’évaluation et d’examen de populations particulières produisent sont essentiels pour mettre au point des interventions fondées sur des données probantes.

Le rapport examine la réponse actuelle au VIH/sida chez les Autochtones à l’échelle des politiques et des programmes. Cela comprend une vue d’ensemble des stratégies axées sur des populations particulières à l’échelon national et provincial ou territorial; les réseaux, coalitions et organes consultatifs pour des populations distinctes; les organismes et les projets qui misent sur l’exécution de programmes et de projets de lutte contre le VIH/sida chez les Inuits, les Métis et les Premières nations hors réserve; les projets de lutte contre le VIH/sida dans les réserves; et la lutte contre le VIH/sida chez les Autochtones dans les pénitenciers fédéraux et les prisons provinciales ou territoriales. Le rapport révèle que différents organismes s’occupent d’offrir des services de prévention, de soins, de traitement et de soutien aux Autochtones, notamment des organismes communautaires de lutte contre le VIH/sida; des organismes autochtones de lutte contre le VIH/sida; d’autres organismes autochtones comme des centres de santé et des centres d’amitié; ainsi que d’autres organismes, comme des centres de santé communautaire. En outre, bon nombre des politiques et programmes recensés dans le rapport ne se concentrent pas explicitement sur les besoins et les conditions propres aux Premières nations, aux Inuits ou aux Métis par rapport à la prévention, aux soins, au traitement ou au soutien du VIH/sida.

Des collectivités et des organismes à la grandeur du Canada ont relevé le défi et font leur part pour réduire le nombre grandissant de cas d’infection dans cette population et pour satisfaire aux besoins des Autochtones qui vivent avec le VIH/sida ou qui y sont vulnérables. En dépit de ces efforts importants et considérables, il reste beaucoup à faire. Des interventions efficaces, soutenues et adaptées au plan culturel pour prévenir la transmission et l’acquisition du VIH et à améliorer la qualité de vie des Autochtones vivant avec le VIH/sida sont nécessaires pour lutter efficacement contre l’épidémie dans cette population.

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