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VIH/sida - Une enquête attitudinale
Rapport final

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Résumé

i) Contexte et méthodologie

La présente étude a pour objet de créer une mesure de base et d'apporter de l'information en vue des activités de communication et de marketing social conçues pour informer le public, le sensibiliser davantage et réduire l'incidence des comportements à risque associés à la contraction du VIH. Elle brosse un tableau général de la sensibilisation des Canadiens au VIH/sida, de leurs connaissances dans ce domaine, de leurs attitudes et de leur comportement, en même temps qu'elle isole certaines tendances de sous-groupes considérés notamment du point de vue de leurs différences démographiques et attitudinales.

L'étude repose sur les résultats de 2004 entrevues complètes réalisées auprès de Canadiens de 15 ans et plus répartis dans les dix provinces. Les territoires ne faisaient pas partie de l'échantillon. Le sondage téléphonique s'est déroulé en mars 2003. Lors de l'analyse, les résultats ont été pondérés pour tenir compte des proportions de la population selon le sexe, l'âge et la région.

ii) Les connaissances

Invités à dire s'ils savent comment se transmet le VIH, la plupart des Canadiens interrogés donnent comme réponse les rapports sexuels non protégés. Près de la moitié mentionnent le partage des aiguilles entre toxicomanes et trois sur dix affirment qu'il peut se transmettre par les transfusions sanguines. Seulement 9 p. 100 des Canadiens pensent que le VIH peut être transmis de la mère à l'enfant durant la grossesse et 6 p. 100 mentionnent les tatouages et le perçage des parties du corps. Six p. 100 des répondants croient que le VIH peut se transmettre par les baisers tandis qu'ils sont moins de 2 p. 100 à indiquer les piqûres de moustiques, le contact occasionnel ainsi que les éternuements ou la toux.

De l'avis des Canadiens, les groupes les plus touchés par le VIH/sida sont les hommes homosexuels et les utilisateurs de drogue par injection (47 et 31 p. 100, respectivement). À part ces groupes spécifiques, les répondants estiment qu'une diversité de citoyens sont aux prises avec la maladie, dont les personnes ayant des relations sexuelles non protégées, les travailleurs du sexe, les jeunes en général, les Autochtones et les personnes ayant besoin de transfusion sanguine.

Pour plus de la moitié des répondants, la principale raison de se protéger lors d'une relation sexuelle est de réduire le risque d'une maladie transmise sexuellement et, pour un peu moins de la moitié, de réduire le risque d'attraper le VIH/sida. (Malheureusement, puisque la question ne précisait pas « …une maladie transmise sexuellement autre que le VIH/ sida », ces deux catégories donnent probablement lieu à un certain chevauchement, des répondants ayant jugé que le VIH/sida faisait partie de la catégorie des maladies transmises sexuellement.)

Interrogés sur le moyen à prendre pour savoir de façon certaine si l'on a le VIH/sida, huit répondants sur dix citent la méthode de l'analyse sanguine. Huit p. 100 répondent par l'auto-diagnostic ou la visite médicale.

La majorité des Canadiens sont d'avis qu'il existe des thérapies assez efficaces pour aider les personnes atteintes du VIH/sida à mener une vie normale. Une personne sur huit croit que les thérapies contre le VIH/sida n'ont pas été très efficaces et 2 p. 100 estiment qu'elles ne l'ont pas été du tout.

Les trois quarts des Canadiens savent qu'on ne peut pas guérir du VIH/sida (même si on est soigné dès le début). Près d'un sur cinq croient qu'on peut en guérir si on est soigné dès le début.

Huit répondants sur dix savent que quand une personne a le VIH/sida, son corps ne peut plus se défendre contre les maladies ou affections ordinaires. Les trois quarts s'accordent à dire qu'une personne peut avoir le VIH pendant dix ans ou plus sans développer le sida, et six sur dix comprennent que le sida est toujours une maladie mortelle.

Près de quatre Canadiens sur dix savent qu'il existe une initiative globale du gouvernement fédéral concernant le VIH/sida. Seulement 5 p. 100 en connaissent le nom, soit la Stratégie canadienne sur le VIH/sida. Pour quatre Canadiens sur dix, Santé Canada est le principal responsable de la coordination de la Stratégie.

Invités à préciser dans quelle mesure ils se sentent informés au sujet du VIH/sida, le quart des répondants se disent très bien informés et sept sur dix croient posséder au moins un certain degré de connaissance sur la maladie.

Nous avons effectué une analyse factorielle afin de condenser les éléments qui reflètent le degré de connaissance des répondants touchant le VIH/sida et de créer ainsi un indice de connaissance aux fins de notre étude. Les résultats ont été réduits à trois degrés de connaissance : élevé, moyen et faible. Un répondant sur cinq se révèle peu informé, un sur trois se situe dans la moyenne et près de la moitié atteignent le niveau élevé de notre indice de la connaissance.

iii) La perception du risque

Presque tous les Canadiens estiment que le VIH/ sida constitue un problème assez sérieux ou très sérieux. Seulement 3 p. 100 d'entre eux croient qu'il s'agit d'un problème pas tellement sérieux.

Une vaste majorité de Canadiens estiment courir peu de risque d'attraper eux-mêmes le VIH/sida. Sept p. 100 jugent courir un risque moyen de contracter le VIH/sida et 1 p. 100 seulement croient ce risque élevé.

En ce qui concerne la perception générale du risque de nos jours, plus de la moitié des Canadiens ne croient pas que le VIH/sida soit un problème bien moins grave de nos jours qu'il y a dix ans. En fait, près de la moitié des Canadiens sont d'avis que le risque d'attraper le VIH/sida est plus élevé de nos jours qu'il y a cinq ans. (Trente p. 100 jugent que ce risque est à peu près le même et 19 p. 100 croient qu'il a maintenant diminué.) La majorité croit que le taux d'infection au VIH/sida est à la hausse à comparer à il y a dix ans. À ce propos, un peu plus des deux tiers des Canadiens pensent que le gouvernement fédéral devrait accorder plus d'attention au VIH/sida et que les groupes de défense de la santé n'ont pas exagéré la gravité du VIH/sida.

En ce qui a trait à des facteurs de risque précis, environ la moitié des Canadiens croient que ceux qui ont reçu des transfusions de sang courent plus de risque de contracter le VIH/sida, mais les deux tiers des Canadiens ne croient pas que les donneurs de sang courent un plus grand risque. En majorité, les Canadiens ne sont pas prêts à dire que le VIH/sida est une maladie qui affecte surtout les habitants du tiers monde, les homosexuels et/ou les drogués.

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Une analyse factorielle portant sur des questions ayant suscité des réponses semblables en ce qui concerne le risque a produit des résultats intéressants. La série de réponses en cause, réunies sous forme d'indice, est interprétée en tant que « facteur de distanciation ». C'est-à-dire que plus le pointage est élevé, plus le répondant tend à se distancer du problème du VIH/sida. Le quart des répondants se situent au bas de cet indice, c'est-à-dire qu'ils tendent à ne pas envisager le VIH/ sida comme un problème ne concernant que les autres. Le tiers d'entre eux obtiennent sur cet indice une note moyenne et près de la moitié atteignent une note élevée (et tendent à penser que le problème est très cloisonné et ne peut probablement pas les toucher directement).

La majorité des Canadiens sont d'avis que les tests de dépistage du VIH ont augmenté de nos jours. Seulement 15 p. 100 croient que le dépistage n'a pas changé. Un peu moins des deux tiers des Canadiens estiment que les personnes infectées par le VIH/sida prennent les mesures nécessaires pour protéger les autres, et 22 p. 100 croient que la fréquence n'a pas changé depuis dix ans. Un peu plus de la moitié des Canadiens ont l'impression que les pratiques sexuelles sans risques ont augmenté au cours des dix dernières années, tandis que 26 p. 100 pensent que la fréquence de ces pratiques n'a pas changé et que 11 p. 100 croient qu'elle a diminué.

iv) Les sources d'information

Nous avons demandé aux Canadiens quelles ont été par le passé leurs sources normales d'information sur le VIH/sida. Les sources le plus fréquemment citées sont les nouvelles à la télévision et les articles de journaux. Viennent ensuite les magazines sur la santé, les émissions sur la santé à la télévision, puis l'école. Les Canadiens disent à raison de 12 p. 100 avoir obtenu de l'information sur le VIH/sida auprès de leur famille ou de leurs amis, alors que 10 p. 100 en ont obtenu dans des livres ou à la bibliothèque, auprès d'un médecin ou sur Internet. Les sources d'information les moins fréquentes sont la publicité à la télévision et en général, les organismes concernant le sida, les émissions sur la santé à la radio et Santé Canada.

Les sources d'information sur la santé en général sont semblables à celles qui concernent le VIH/ sida. Les quatre principales sources ne changent pas quoique les gens sont plus nombreux à mentionner les nouvelles à la télévision et les articles de journaux comme source d'information sur le VIH/ sida que sur la santé en général. L'école ainsi que la famille ou les amis sont des sources d'information plus probables en ce qui concerne le VIH/sida. Les médecins et l'Internet servent beaucoup moins souvent de source d'information sur le VIH/sida que sur la santé en général.

Les sources d'information auxquelles les Canadiens auraient le plus recours aujourd'hui en ce qui concerne le VIH/sida sont les sites Web ou l'Internet de même que les médecins et les autres professionnels de la santé. La préférence irait ensuite aux livres et aux bibliothèques, puis à Santé Canada, alors que seulement 6 p. 100 préféreraient comme source d'information les organismes concernant le sida. Assez peu de Canadiens préfèrent les revues scientifiques sur la santé, la famille ou les amis, l'école ou les autres formes de médias.

Pour les trois quarts des Canadiens, leur médecin de famille et les autres professionnels de la santé constituent les sources d'information les plus dignes de confiance. Sept sur dix font confiance aux milieux de la recherche scientifique, et les deux tiers voient dans Santé Canada une source digne de confiance. Ils sont moins de la moitié à accorder leur confiance à quelqu'un qui aurait le VIH et au gouvernement du Canada en général, et le quart d'entre eux voient dans leur propre famille et leurs amis une source d'information digne de confiance. Les médias sont la source la moins bien cotée par les Canadiens.

v) La tolérance

La vaste majorité des Canadiens croient qu'ils pourraient être l'ami de quelqu'un qui a le VIH/sida. En outre, plus des trois quarts ne sont pas prêts à dire que les personnes infectées par le VIH/sida à cause du sexe ou de la drogue ont eu ce qu'elles méritent. Ils sont moins de quatre sur dix à penser que les personnes ayant le VIH/sida devraient pouvoir servir le public en qualité de dentistes et de cuisiniers, alors que près de la moitié des Canadiens estiment que ces personnes ne devraient pas pouvoir servir le public dans ces fonctions.

Les Canadiens font preuve d'un peu moins de tolérance ou d'acceptation quand on leur demande dans quelle mesure ils seraient à l'aise lors d'un contact direct avec des personnes ayant le VIH/sida. Les résultats de six scénarios différents ont permis de dresser une « échelle d'aise » au moyen d'une analyse factorielle. Près du quart des Canadiens semblent être mal à l'aise à l'égard du VIH/sida (seuls un ou deux de ces six scénarios les mettraient à l'aise), 41 p. 100 seraient assez à l'aise (deux ou trois des scénarios les mettant à l'aise) et 35 p. 100 semblent être très à l'aise (ainsi qu'ils le disent en ce qui concerne plus de trois des six scénarios).

Quatre Canadiens sur dix connaissent ou ont connu quelqu'un qui a ou avait le VIH/sida.

vi) Le comportement

Un peu plus des deux tiers des Canadiens disent avoir été actifs sur le plan sexuel au cours des douze derniers mois. La majorité n'ont eu qu'un(e) seul(e) partenaire sexuel(le) au cours de cette période alors que 12 p. 100 ont eu au moins deux partenaires dans la dernière année. Ils ou elles ont en majorité entretenu une relation suivie avec leur(s) partenaire(s), mais 13 p. 100 disent avoir eu un(e) partenaire occasionnel(le) dans la dernière année. Enfin, 7 p. 100 disent avoir eu des relations homosexuelles.

L'activité sexuelle est associée au sexe et à l'âge. Les hommes et les jeunes sont plus susceptibles d'avoir été actifs sur le plan sexuel, plus susceptibles d'avoir eu plusieurs partenaires et plus susceptibles aussi d'avoir eu un(e) partenaire occasionnel(le). Les personnes qui déclarent avoir eu un(e) partenaire occasionnel(le) ou plusieurs partenaires sont plus susceptibles que l'ensemble des Canadiens de qualifier de moyen ou d'élevé leur risque de contracter le VIH.

Près de la moitié des Canadiens disent n'avoir jamais pratiqué la sexualité sans risques au cours des douze derniers mois, tandis qu'un peu plus du quart l'ont toujours fait. Une personne sur dix a pratiqué la sexualité sans risques rarement ou parfois dans la dernière année, et 10 p. 100 encore des répondants l'ont fait la plupart du temps.haut de la page

La vaste majorité de ceux et celles qui n'ont pas pratiqué la sexualité sans risques donnent pour raison le fait de n'avoir qu'un(e) seul(e) partenaire sexuel(le). Pour une faible minorité, les raisons invoquées sont l'absence de risque d'attraper une MTS, le fait que leur(s) partenaire(s) a ou ont subi récemment un test de dépistage du VIH/sida, le fait de supposer que leur(s) partenaire(s) n'a ou n'ont pas le VIH/sida, l'idée qu'ils ou elles ne sont pas encore prêt(e)s à pratiquer la sexualité sans risques, ou la volonté de devenir enceinte.

La méthode la plus commune de sexualité sans risques employée par les Canadiens au cours des douze derniers mois est le condom (utilisé par 72 p. 100 d'entre eux). Moins de 10 p. 100 de ceux qui rapportent utiliser la sexualité sans risques disent n'avoir eu qu'un(e) seul(e) partenaire ou s'être abstenus de tout rapport sexuel. Un autre huit p. 100 ont utilisé la pilule contraceptive. Le risque d'une grossesse est la raison principale qui est le plus souvent citée (par 35 p. 100) pour la pratique d'une sexualité sans risques, suivie par le risque d'attraper une maladie transmise sexuellement ou le risque d'attraper le VIH/sida.

Moins de 10 p. 100 affirment que leur pratique en matière de sexualité sans risques a changé au cours de la dernière année. Comme raison, un peu plus d'une personne en cause sur quatre se dit plus inquiète qu'auparavant tandis que dans une proportion plus faible, les autres raisons sont le fait d'être mieux informé maintenant, de n'avoir qu'un(e) seul(e) partenaire, d'avoir plusieurs partenaires ou d'essayer de devenir enceinte.

Un peu plus du quart des Canadiens disent avoir subi un test de dépistage du VIH pour d'autres raisons que pour une question d'assurance, de don de sang ou de participation à une recherche. Quatre sur dix de ces personnes n'ont pas subi de test dans les deux dernières années tandis que quatre sur dix en ont subi un au cours de la même période et que 18 p. 100 en ont subi deux ou plus.

Le dernier test a été le plus souvent effectué dans le bureau d'un médecin (63 p. 100). Une personne sur dix a subi son dernier test dans une clinique de santé sexuelle et 7 p. 100 l'ont subi dans une clinique anonyme. Près de deux sur dix des personnes en cause ont subi leur dernier test ailleurs que dans les endroits mentionnés.

vii) L'engagement du gouvernement

Près des trois quarts des répondants sont favorables à l'engagement du gouvernement fédéral, 21 p. 100 y sont assez favorables et seulement 5 p. 100 disent ne pas y être favorables. Parmi la minorité qui n'appuie pas l'engagement du gouvernement fédéral à l'égard du VIH/sida, les raisons le plus souvent invoquées sont le manque de confiance dans le gouvernement fédéral (cité par 40 p. 100), le fait de ne connaître personne qui a le VIH/sida (11 p. 100), le souhait que les crédits fédéraux soient canalisés vers des domaines plus cruciaux (12 p. 100) et la conviction que la responsabilité en matière de prévention du VIH/sida appartient à l'individu (7 p. 100).

En outre, près des deux tiers des répondants pensent que le gouvernement fédéral devrait dépenser pour le VIH/sida davantage qu'il y a dix ans, alors que 28 p. 100 sont d'avis que les dépenses doivent rester les mêmes.

Près de la moitié des répondants ignorent où le gouvernement fédéral concentre présentement son attention. Près de trois Canadiens sur dix croient que l'attention du gouvernement fédéral se concentre sur la sensibilisation du public et la recherche d'une thérapie. Environ trois sur dix pensent que le gouvernement fédéral s'efforce surtout de trouver un remède ou un vaccin pour le VIH/sida ou de soigner les personnes infectées. Une minorité de répondants croient que le gouvernement fédéral se concentre sur les programmes et le financement dans d'autres domaines.

Quant à savoir où le gouvernement fédéral devrait selon eux concentrer son attention, la moitié des répondants mentionnent la sensibilisation du public (28 p. 100 seulement étant persuadés que c'est ce qu'il fait présentement). Le tiers d'entre eux voudraient que le gouvernement fédéral effectue de la recherche pour trouver une thérapie (27 p. 100 étant persuadés qu'il le fait présentement). Les Canadiens estiment également que le gouvernement fédéral devrait s'efforcer de trouver un remède ou un vaccin, de soigner les personnes infectées, de sensibiliser les jeunes et de faire de la prévention auprès d'eux.

viii) Typologie des Canadiens

En plus des analyses de base citées tout au long du rapport, nous avons créé une typologie des Canadiens afin d'illustrer de quelle manière les connaissances et les attitudes touchant le VIH/sida convergent le plus souvent dans la population. Elle a été effectuée à l'aide d'une analyse factorielle et en grappes ainsi que d'analyses de fiabilité (menant au calcul de plusieurs indices déjà présentés dans le rapport).

  • Inquiets informés : Ce segment se compose des personnes les mieux informées et les plus à l'aise avec les gens qui ont le VIH/ sida. Les inquiets informés tendent à croire qu'il s'agit d'un problème très sérieux et qui n'est pas en train de s'atténuer. Ils tendent à trouver leur information dans les magazines et les émissions de télévision qui traitent de la santé et ils accordent une forte préférence aux sites Web comme source d'information supplémentaire. Ils font énormément confiance aux professionnels de la santé et aux autorités en tant que sources d'information. Ils appuient fortement l'engagement du gouvernement et croient que ce dernier doit concentrer son attention sur la sensibilisation du public et la prévention. Ils sont plus susceptibles de connaître quelqu'un qui a le VIH/sida. Ils ne tendent pas à pratiquer une sexualité sans risques tout en étant le groupe le plus actif sur le plan sexuel, la monogamie étant leur raison principale (et, de façon générale, ils ne se sentent pas à risque).
     
  • Confiants informés : Ce groupe est très informé et se sent à l'aise, en général, avec les personnes qui ont le VIH/sida. Les confiants informés tendent toutefois à minimiser la gravité du problème qui, selon eux, s'améliore avec le temps. Ils voudraient que le gouvernement s'intéresse surtout à la thérapie et ils comptent le plus souvent sur les nouvelles à la télévision, l'école et les sites Web comme sources d'information dignes de confiance, ce qui n'est pas étonnant puisqu'il s'agit du segment le plus jeune de la population canadienne.haut de la page
     
  • Inquiets moyennement informés : Ce groupe se situe la plupart du temps dans la moyenne. Toutefois, ceux qui en font partie estiment que le VIH/sida est un problème très sérieux, ils en sont très inquiets et se disent très favorables à l'engagement du gouvernement.
     
  • Négateurs moyennement informés : Ce groupe est assez peu informé et très mal à l'aise en compagnie de personnes ayant le VIH/sida. Ses membres se caractérisent par une forte tendance à minimiser le problème et les risques. À ce titre, ils tendent à percevoir le VIH/sida comme le problème des autres et sont plutôt prêts à jeter le blâme. Vu cette tendance à compartimenter la question, ils croient que le gouvernement devrait porter son attention à l'extérieur du Canada et vers des groupes particuliers. Comme on pouvait s'y attendre, ils sont les moins susceptibles de connaître quelqu'un qui a le VIH/sida. Ils font plus que tout autre groupe confiance aux médias comme source fiable d'information sur le VIH/sida.
     
  • Mal à l'aise non informés : Ce groupe a en général pour caractéristiques d'en savoir le moins sur le VIH/sida, d'être le plus mal informé et de mal percevoir le problème, d'être très mal à l'aise à propos des personnes ayant le VIH/ sida et même de les craindre. Par conséquent, ses membres se croient personnellement plutôt à risque. Comme sources d'information, ils sont plus sceptiques que les autres Canadiens à l'égard des personnes et des organisations faisant autorité, et ils se montrent en général moins favorables à l'engagement du gouvernement en ce qui concerne le VIH/sida. Ils font le plus souvent partie des segments à faible revenu et peu scolarisés de la société.

En résumé

Dans l'ensemble, les Canadiens sont très bien renseignés sur le VIH/sida. Ils comprennent généralement la nature de la maladie ainsi que ses modes de transmission et les méthodes de dépistage. Ils sont relativement peu nombreux à être mal informés sur les façons de contracter le VIH/sida ou de déceler le VIH. Ils sont assez bien au courant du fait que les hommes homosexuels et les utilisateurs de drogue par injection sont les groupes les plus à risque au Canada. Ils savent aussi, pour la plupart, que bien qu'il existe des thérapies assez efficaces, il n'y a pas de guérison pour le VIH/sida. Les points de vue sont toutefois très partagés quant au fait que le sida constitue toujours une maladie mortelle. Même parmi les mieux renseignés, ce fait n'est pas toujours bien compris.

Malgré des niveaux de connaissance élevés à propos de la maladie, la sensibilisation aux efforts accomplis par le gouvernement dans ce domaine est très faible. Très peu de gens connaissent la Stratégie canadienne sur le VIH/sida ou savent même ce sur quoi le gouvernement concentre ses efforts. Néanmoins, ils sont très en faveur de l'engagement gouvernemental à l'égard du VIH/sida et, de façon générale, mettent surtout l'accent sur la sensibilisation du public, la prévention et la recherche d'une thérapie.

Compte tenu du degré d'information, on ne saurait s'étonner que pour la majorité des Canadiens le VIH/sida constitue un problème très sérieux et qui n'est pas en train de s'atténuer. Il y a relativement peu de Canadiens pour qui le VIH/sida est le problème de quelqu'un d'autre (p. ex., celui du tiers monde, des homosexuels ou des drogués). Par contre, chacun a l'impression que le risque d'attraper soi-même le VIH est extrêmement faible.

La plupart des répondants se disent à l'aise en général à l'idée de côtoyer quelqu'un qui a le VIH/ sida; cependant, ils sont plus nombreux à être mal à l'aise à l'idée qu'une personne atteinte puisse servir le public ou fréquenter l'école de leur enfant.

Le profil des sources d'information reflète assez bien celui des sources où l'on va chercher d'autres renseignements sur la santé, sauf pour un accent un peu plus prononcé en ce qui concerne les nouvelles à la télévision, les articles de journaux, les programmes de santé et l'école, et un peu moins prononcé en ce qui concerne les médecins et l'Internet. Par contre, ces dernières sources sont précisément celles que le public préférerait pouvoir consulter au sujet du VIH/ sida.

En matière de comportement, la sexualité sans risques n'est pratiquée que par une faible minorité des personnes actives sur le plan sexuel, et presque toujours en raison de partenaires occasionnels ou multiples. Elle est rarement pratiquée par les personnes qui entretiennent une relation suivie.

Pour ce qui est du dépistage, le quart des répondants ont subi un test mais, de leur nombre, près de la moitié n'en ont pas subi dans les deux dernières années. Parmi les personnes ayant fait l'objet de dépistage depuis deux ans, la plupart n'ont subi qu'un seul test.

Vue d'ensemble

Malgré des niveaux de connaissance élevés, il existe une lacune en ce qui concerne l'approche gouvernementale touchant le VIH/sida. Les Canadiens sont toutefois très en faveur de l'engagement du gouvernement et ils seraient intéressés à en apprendre davantage sur les efforts relatifs à la sensibilisation du public, à la prévention et à la recherche d'une thérapie (étant donné que le VIH/sida leur semble un problème sérieux dont il faut s'occuper).

Alors qu'il ne manque assurément pas d'information à propos du VIH/sida sur Internet, il est intéressant de constater que les Canadiens disent consulter l'Internet (et les médecins) moins souvent sur ce problème particulier que sur d'autres reliés à la santé, tout en disant préférer ce moyen d'information. Lors de prochaines campagnes de communication, il conviendrait sans doute de signaler les principaux sites Web capables de renseigner les Canadiens sur le VIH/sida et la stratégie fédérale dans ce domaine.

Bien que les Canadiens affichent en théorie des niveaux élevés de tolérance et d'aise, ces niveaux sont probablement plus faibles en pratique compte tenu de la variation dans les réponses à diverses questions et la réaction à divers scénarios présentés dans le sondage.

Du point de vue du comportement, la façon d'aborder les messages incitant à une pratique sexuelle sans risques pose tout un problème étant donné que même les mieux renseignés témoignent d'une légèreté devant le risque d'attraper le VIH et la nécessité d'adopter des mesures de protection. Le caractère mortel du VIH/sida n'étant pas très bien saisi, les messages incitant à une sexualité sans risques auraient sans doute plus d'effet si l'on faisait ressortir en même temps le caractère fatal de la maladie (quel que soit le délai entre sa contraction et le décès).


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