VIH/sida - Une enquête attitudinale
Rapport final
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8. Typologie des Canadiens
En plus des analyses de base citées tout au long du rapport, nous avons créé une typologie des Canadiens afin d'illustrer de quelle manière les connaissances et les attitudes touchant le VIH/sida convergent le plus souvent dans la population. Elle a été effectuée à l'aide d'une analyse factorielle et en grappes ainsi que d'analyses de fiabilité (menant au calcul de plusieurs indices déjà présentés dans le rapport).
Afin d'identifier et d'utiliser les dimensions sous-jacentes (nommées des facteurs) et de limiter la redondance des variables de mesure, douze variables établies en vertu d'une échelle ont été incluses dans l'analyse factorielle. Les trois facteurs définis ont servi à établir les indices de connaissance, d'aise et de distanciation décrits aux chapitres 2, 3 et 4. L'analyse de fiabilité a été effectuée selon ces facteurs et a produit des coefficients alpha de 0,65 ou plus, ce qui indique que les échelles moyennes calculées d'après les dimensions définies sont des mesures fiables sur le plan statistique.
À l'aide de ces trois facteurs, ainsi que du risque accrû d'infection à VIH/sida qui prévaut aujourd'hui comparativement à il y a dix ans, une analyse en grappes visant à identifier les groupes qui sont interprétables et qui s'excluent mutuellement a été effectuée. Cinq grappes ont été définies d'après les résultats obtenus. Ci-dessous paraît la description des segments.
a) Segment 1 : Inquiets informés
Ce segment représente le plus important groupe de Canadiens (42 p. 100). Il se compose des personnes les mieux informées (70 p. 100 ayant obtenu un indice élevé), des personnes les plus à l'aise avec les gens qui ont le VIH/ sida (43 p. 100 ayant obtenu un indice élevé) et des personnes qui sont moins portées à se distancer de la question (28 p. 100 ayant obtenu un indice peu élevé). Les inquiets informés ne tendent pas à croire que ce problème est moins grave qu'il y a dix ans (97 p. 100 étant d'accord pour dire que ce problème n'est pas en train de s'atténuer alors que seulement 59 p. 100 de l'ensemble des Canadiens étant aussi de cet avis).
- Ce groupe a plus tendance à être au courant des méthodes de transmission et de dépistage, et il démontre habituellement une meilleure compréhension du VIH/sida (par exemple, le délai entre l'infection à VIH et l'apparition du sida, ainsi que la nature de la maladie), et il sait qu'il n'existe aucune traitement curatif. Les membres de ce groupe sont plus susceptibles d'être au courant de la stratégie du gouvernement fédéral en matière de VIH/sida.
- Les membres de ce groupe croient le VIH/sida est un problème très grave qui ne s'est pas atténué dans les cinq dernières années et que le taux d'infection augmente au fil des ans. Ils ne croient pas non plus que les groupes de défense de la santé ont exagéré la gravité du problème. Ils sont plus enclins à croire que les mesures de dépistage et de protection prises par les personnes infectées par le VIH/sida ont augmenté au fil des ans. Ils ne sont pas portés à considérer cette maladie comme une maladie qui ne frappe que le tiers monde, les homosexuels ou les drogués.
- Ils sont très à l'aise face aux situations décrites dans l'enquête, n'ont pas tendance à blâmer les victimes qui ont contracté le VIH, affirment qu'ils pourraient être l'ami de quelqu'un qui a le VIH/sida et croient en général que les personnes infectées par le VIH devraient pouvoir servir le public (mais même dans ce groupe, plus de la moitié hésitent devant l'exemple des dentistes et des cuisiniers).
- Ils sont plus enclins que les membres des autres groupes à indiquer qu'ils obtiennent leur information dans les magazines et les émissions de télévision qui traitent de la santé et ils accordent une forte préférence aux sites Web comme source d'information supplémentaire. Ils font énormément confiance aux professionnels de la santé et au milieu scientifique en tant que sources d'information et, dans une mesure moindre, aux organismes représentant les personnes infectées par le VIH/sida et aux personnes infectées par le VIH/sida
- Les membres de ce groupe appuient fortement l'engagement du gouvernement fédéral en ce qui concerne le VIH/sida et croient que ce dernier concentre son attention sur la sensibilisation du public et la recherche en vue d'un traitement. Ils fournissent le même genre de réponses lorsqu'on leur demande d'indiquer où le gouvernement devrait mettre l'accent, et ils privilégient en grand nombre la sensibilisation du public (58 p. 100). Ils ont aussi plus portés à indiquer que l'accent devrait être mis sur la prévention (63 p. 100) plutôt que sur le traitement et sur le plan international plutôt que national (62 p. 100). Dans ce groupe, deux personnes sur trois (68 p. 100) croient que le gouvernement fédéral devrait dépenser plus qu'il y a dix ans en matière de VIH/sida.
- Les membres de ce groupe sont plus susceptibles de connaître (ou d'avoir connu) quelqu'un qui a le VIH/sida (40 p. 100). Ils tendent à être les plus actifs sur le plan sexuel (76 p. 100), ce qui n'est pas étonnant puisqu'ils comptent un grand nombre de personnes âgées de 25 à 54 ans. Ils ne tendent pas à pratiquer une sexualité à faible risque, la monogamie étant la raison principale de leur comportement. De façon générale, ils ne se sentent pas à risque de contracter le VIH/sida, mais ce groupe est aussi celui qui est le plus susceptible d'avoir subi un test de dépistage du VIH au cours des deux dernières années (32 p. 100).
- Ce groupe est légèrement surreprésenté par les femmes et par les personnes qui décrivent leur ménage comme étant un couple avec des enfants. Ils sont les Canadiens les mieux nantis de tous les segments. Ils sont plus nombreux que la moyenne à être nés au Canada et ils sont sous-représentés par les minorités visibles.
| Ce segment se compose des personnes les mieux informées et les plus à l'aise avec les gens qui ont le VIH/ sida. Les inquiets informés tendent à croire qu'il s'agit d'un problème très sérieux et qui n'est pas en train de s'atténuer. Ils tendent à trouver leur information dans les magazines et les émissions de télévision qui traitent de la santé et ils accordent une forte préférence aux sites Web comme source d'information supplémentaire. Ils font énormément confiance aux professionnels de la santé et aux autorités en tant que sources d'information. Ils appuient fortement l'engagement du gouvernement et croient que ce dernier doit concentrer son attention sur la sensibilisation du public et la prévention. Ils sont plus susceptibles de connaître quelqu'un qui a le VIH/sida. Ils ne tendent pas à pratiquer une sexualité sans risques tout en étant le groupe le plus actif sur le plan sexuel, la monogamie étant leur raison principale (et, de façon générale, ils ne se sentent pas à risque). |
b) Segment 2 : Confiants informés
Ce segment comprend 24 p. 100 des Canadiens. Les membres de ce groupe obtiennent (en moyenne) le deuxième indice de connaissance le plus élevé (61 p. 100 ayant obtenu un indice élevé par rapport à 46 p. 100 pour l'ensemble des personnes interrogées), ils sont à l'aise face aux personnes infectées par le VIH (38 p. 100 ayant obtenu un indice élevé par rapport 35 p. 100 pour l'ensemble des répondants) et ils ne tendent pas à se distancer du VIH/sida (36 p. 100 ayant obtenu un indice élevé comparativement à 41 p. 100 pour l'ensemble des personnes interrogées). Ce groupe se distingue du premier segment dans quelques secteurs : les membres sont plus jeunes et moins bien nantis; et ils croient que l'ampleur du problème diminue au fil des ans (54 p. 100 comparativement à 23 p. 100 pour l'ensemble des répondants).
- En ce qui concerne la connaissance, les membres de ce groupe sont moins susceptibles d'être mal informés au sujet des méthodes de transmission et de dépistage. Ils savent aussi qu'il n'existe aucun traitement curatif, que le VIH/sida se manifeste par l'incapacité du corps de se défendre et que l'apparition du sida peut prendre jusqu'à dix ans ou plus après l'infection à VIH.
- Toutefois, les membres de ce groupe tendent à minimiser la gravité du problème et à percevoir la situation comme étant modérée plutôt que grave. Ils croient que le risque de contracter le VIH est demeuré plus ou moins semblable depuis cinq ans et que le problème est beaucoup moins grave qu'il y a dix ans (54 p. 100 d'entre eux étant d'accord avec la dernière affirmation de l'enquête).
- Ils se sentent à l'aise dans la plupart des scénarios reliés aux personnes ayant le VIH/sida et ils sont enclins à dire qu'ils pourraient être l'ami de quelqu'un qui a le VIH/sida. Ils n'ont pas tendance à se distancer de la maladie ni à la percevoir comme étant une maladie qui frappe uniquement le tiers monde, les homosexuels et les utilisateurs de drogues injectables. Ils ne croient pas non plus que les personnes qui contractent le VIH n'ont que ce qu'elles méritent. En fait, elles sont portées à dire que les personnes infectées par le VIH/sida s'efforcent plus qu'auparavant de protéger les autres.
- En ce qui concerne les préférences en matière de médias d'information, les membres de ce groupe se fient plus aux nouvelles télévisées et aux écoles pour obtenir de l'information sur le VIH/sida, ainsi qu'aux sites Web comme source d'information générale sur la santé. Par rapport à de nombreux autres Canadiens, ils préfèrent légèrement obtenir de l'information sur le VIH/sida en consultant les sites Web.
- Cela dit., il n'est peut-être pas surprenant de constater que dans ce groupe, ils sont 10 p. 100 de plus à affirmer que les dépenses actuelles du gouvernement dans ce domaine devraient être moins élevées que par le passé. Selon eux, le gouvernement devrait accorder une attention plus grande à la prévention par rapport au traitement.
- Nous constatons quelques différences au sein de ce groupe en termes de comportement sexuel comparativement à la moyenne nationale.
- Ce groupe est légèrement surreprésenté par des personnes de la jeune vingtaine. Il n'est donc pas surprenant de constater que la principale raison pour laquelle les membres du groupe mettent l'accent sur la sexualité à faible risque est le risque de grossesse (d'une perspective générale et en dans leurs propres comportements sexuels).
| Ce groupe est très informé et se sent à l'aise, en général, avec les personnes qui ont le VIH/sida. Les confiants informés tendent toutefois à minimiser la gravité du problème qui, selon eux, s'améliore avec le temps. Ils voudraient que le gouvernement s'intéresse surtout à la thérapie et ils comptent le plus souvent sur les nouvelles à la télévision, l'école et les sites Web comme sources d'information dignes de confiance, ce qui n'est pas étonnant puisqu'il s'agit du segment le plus jeune de la population canadienne. |
c) Segment 3 : Inquiets moyennement informés
Ce groupe est composé de 14 p. 100 des Canadiens. Les membres de ce groupes ont une connaissance moyenne du VIH/sida (56 p. 100 ont obtenu un indice peu élevé et 44 p. 100 ont obtenu un indice moyen) et sont moyennement à l'aise pour face aux contacts avec des personnes infectées par le VIH (30 p. 100 ont obtenu un indice peu élevé dans ce domaine). Toutefois, ils se sentent concernés par cette question et ils ne tendent pas à penser que le sida est un problème moins grave aujourd'hui au Canada qu'il y a dix ans (89 p. 100). Ils ont moins tendance que de nombreux autres Canadiens à se distancer de la question, et ils ne sont en général pas d'accord pour dire que le sida est une maladie qui frappe uniquement le tiers monde, les homosexuels et les utilisateurs de drogues injectables. Ils ne croient pas non plus que les personnes infectées par le VIH n'ont que ce qu'elles méritent (29 p. 100 ont obtenu un indice peu élevé comparativement à 23 p. 100 qui ont obtenu un indice élevé dans ce domaine).
- Les membres de ce groupe ont un niveau de connaissance moyen et leurs réponses en ce qui concerne les méthodes de transmission, le dépistage, les groupes les plus affectés et l'existence ou l'absence d'un traitement curatif reflètent donc en général les résultats au niveau national.
- En termes de risque perçu, les membres de ce groupe sont ceux qui tendent le plus à croire que le problème s'intensifie depuis cinq ans. La plupart d'entre eux (80 p. 100) croit que le taux d'infection à VIH augmente depuis dix ans, même s'ils sont plus susceptibles que la moyenne de croire qu'il existe un traitement curatif pour le VIH/sida. Deux sur trois (69 p. 100) croient que le gouvernement fédéral devrait augmenter ses dépenses en ce qui concerne le VIH/sida.
- En ce qui concerne le degré d'aise dans diverses situations, les membres de ce groupe sont plus enclins que la moyenne à dire que les personnes infectées par le VIH ne devraient pas servir le public (53 p. 100 ne sont pas d'accord avec cette idée si on prend l'exemple des dentistes et des cuisiniers). Ils indiquent un certain malaise dans tous les scénarios décrits se rapportant à des personnes infectées par le VIH/sida.
- Leurs opinions au sujet de la fiabilité des diverses sources d'information, ainsi que leur perception de l'attention et de l'engagement manifestés par le gouvernement du Canada, sont aussi fortes que celles des autres Canadiens dans ce domaine.
- Les membres de ce groupe sont moins susceptibles de connaître une personne infectée par le VIH.
- Sur le plan démographique, peu de facteurs différencie ce groupe des autres Canadiens, un groupe qui est surreprésenté par des Canadiens plus âgés et des résidents du Québec.
| Ce groupe se situe la plupart du temps dans la moyenne. Toutefois, ceux qui en font partie estiment que le VIH/sida est un problème très sérieux, ils en sont très inquiets et se disent très favorables à l'engagement du gouvernement. |
d) Segment 4 : Négateurs moyennement informés
Ce segment est composé de 11 p. 100 des Canadiens, il a une connaissance de moyenne à peu élevée du VIH/sida (62 p. 100 ayant obtenu un indice peu élevé comparativement à 21 p. 100 pour l'ensemble des répondants), et il est assez mal à l'aise en compagnie de personnes infectées par le VIH/sida (43 p. 100 ayant obtenu un indice peu élevé comparativement à 24 p. 100 pour l'ensemble des répondants). Les membres de ce groupe ont tendance à minimiser le problème et à se distancer de la question (83 p. 100 ayant obtenu un indice élevé dans ce domaine comparativement à seulement 41 p. 100 pour l'ensemble des répondants). Ils tendent à croire que de nos jours, le sida est un problème moins grave au Canada qu'il y a dix ans et que le sida est une maladie qui ne frappe que le tiers monde, les homosexuels et les utilisateurs de drogues injectables. Les membres de ce groupe ont beaucoup de similitudes avec ceux du cinquième groupe (mal à l'aise non informés), mais leur niveau de connaissance est quelque peu plus élevé et le malaise qu'ils ressentent en compagnie de personnes qui ont le sida n'est pas aussi profond. Toutefois, ils se distancent encore plus du VIH/sida que les membres du cinquième groupe.
- Les membres de ce groupe sont plus susceptibles que la moyenne d'être mal informés à propos des méthodes de transmission et du dépistage. Ils tendent moins à croire que la moyenne que les homosexuels et les utilisateurs de drogues injectables sont les groupes les plus affectés. Ils sont aussi plus aptes à croire qu'il existe un traitement curatif pour le VIH/sida.
- Les membres de ce groupe ont plus tendance que ceux des autres groupes à croire que le VIH/sida n'est pas un problème grave. Ils sont aussi moins susceptibles que de nombreux Canadiens de croire que le risque a diminué depuis cinq ans. La plupart des personnes faisant partie de ce segment (83 p. 100) croient que ce problème est beaucoup moins grave qu'il y a dix ans et que les organismes de défense de la santé ont exagéré le risque d'infection à VIH/sida. Ils ont aussi tendance à croire qu'il existe des traitements efficaces.
- Ce groupe, qui a une opinion compartimentée du VIH/sida, tend plus à croire que les donneurs de sang sont plus à risque de contracter le VIH.
- Ce groupe est celui qui vient au second rang parmi les groupes les plus mal à l'aise en compagnie de les personnes infectées par le VIH/sida et les personnes qui en font partie sont celles qui sont les plus susceptibles de dire qu'elles ne pourraient pas être l'ami de quelqu'un qui a le sida (peut-être parce qu'elles croient aussi que le VIH/sida ne frappe que les autres). À l'instar des membres du cinquième groupe (mal à l'aise non informés), ils tendent à croire que les personnes qui contractent le VIH/sida par des relations sexuelles et la consommation de drogues injectables n'ont que ce qu'elles méritent.
- Les membres de ce groupe sont plus enclins que les membres de tous les autres groupes à faire confiance aux médias comme source d'information digne de confiance. À l'instar des membres du cinquième groupe (mal à l'aise non informés), ces personnes ont aussi plus tendance que les autres Canadiens à se fier à l'information que leur fournissent des amis et des membres de leur famille.
- De plus, étant donné que les membres de ce groupe se distancent du VIH/sida, ils préféreraient que le gouvernement du Canada concentrent ses efforts sur le plan international plutôt que sur le plan national et sur des groupes en particuliers plutôt que sur la population en général.
- Ils sont moins susceptibles de connaître quelqu'un qui a le VIH/sida que les membres de tous les autres groupes de Canadiens (69 p. 100 affirment ne connaître personne qui a le VIH/sida). Même si 42 p. 100 d'entre eux ne sont pas actifs sur le plan sexuel, les membres de ce groupe ont légèrement plus tendance que les membres des autres groupes à croire qu'ils risquent de contracter le VIH/sida. À l'instar des membres du cinquième groupe (mal à l'aise non informés), ils sont moins susceptibles d'avoir subi un test de dépistage du VIH/sida.
- Ce groupe est composé d'une proportion plus grande que la moyenne de personnes âgées (bien que cette proportion ne soit pas aussi élevée que dans le prochain groupe) et d'une proportion plus faible que la moyenne de personnes ayant des niveaux de scolarité et de revenu élevés (bien que cette proportion ne soit pas aussi faible que dans le prochain groupe). Ce groupe est aussi surreprésenté par des résidents du Québec et des résidents nés à l'extérieur du Canada.
| Ce groupe est assez peu informé et très mal à l'aise en compagnie de personnes ayant le VIH/sida. Ses membres se caractérisent par une forte tendance à minimiser le problème et les risques. À ce titre, ils tendent à percevoir le VIH/sida comme le problème des autres et sont plutôt prêts à jeter le blâme. Vu cette tendance à compartimenter la question, ils croient que le gouvernement devrait porter son attention à l'extérieur du Canada et vers des groupes particuliers. Comme on pouvait s'y attendre, ils sont les moins susceptibles de connaître quelqu'un qui a le VIH/sida. Ils font plus que tout autre groupe confiance aux médias comme source fiable d'information sur le VIH/sida. |
e) Segment 5 : Mal à l'aise non informés
Ce groupe n'est composé que de 6 p. 100 des Canadiens. Les personnes faisant partie de ce groupe ont habituellement le niveau de connaissance de loin le plus faible à propos du VIH/sida (100 p. 100 ayant obtenu l'indice le plus bas possible comparativement à 21 p. 100 pour l'ensemble des Canadiens). Elles sont aussi très mal à l'aise en compagnie de personnes infectées par le VIH (61 p. 100 ayant obtenu un indice peu élevé comparativement à 24 p. 100 pour l'ensemble de l'échantillon). Les membres de ce groupe n'ont pas une aussi grande tendance à minimiser le problème du sida au Canada et à croire que ce problème est moins grave qu'il y a dix ans, mais ils tendent à se distancer de la question du VIH/sida puisqu'ils croient que le sida est une maladie qui frappe principalement les pays du tiers monde, les homosexuels et les utilisateurs de drogues injectables et que les personnes qui contractent le VIH par des relations sexuelles et la consommation de drogues injectables n'ont que ce qu'elles méritent (78 p. 100 ayant obtenu un indice de distanciation élevé comparativement à 41 p. 100 de l'ensemble des répondants).

- En termes de connaissance, ce groupe est très mal informé au sujet des méthodes de transmission et du dépistage, ainsi qu'au sujet des groupes les plus affectés par le VIH. Environ la moitié des membres de ce groupe croient qu'il existe un traitement curatif pour le VIH/sida et ils sont les moins susceptibles de savoir que le VIH se manifeste par l'incapacité du corps de se défendre contre la maladie et les infections.
- Ils tendent à croire que le VIH/sida est un problème moins grave aujourd'hui qu'il y a dix ans et ils croient que le risque d'infection augmente au fil des ans. D'autre part, ils croient que les organismes de défense de la santé ont exagéré le problème.
- Ils manifestent le plus grand malaise (60 à 80 p. 100) dans une situation se rapportant à une personne ayant le VIH/sida et ils tendent à croire que les personnes qui en sont infectées n'ont que ce qu'elles méritent. Ce sont aussi les personnes qui s'opposent le plus à la possibilité que les personnes infectées par le VIH/sida puissent servir le public (63 p. 100 d'entre elles affirment que ces personnes ne devraient pas occuper des postes comme dentiste ou cuisinier). Bien que les membres de ce groupe soient moins susceptible que la moyenne d'indiquer qu'ils connaissent quelqu'un qui a le VIH/sida, ils indiquent en général qu'ils passent moins de temps avec ces personnes, lorsqu'ils en connaissent.
- Même si les membres de ce groupe n'affichent aucune tendance particulière en ce qui concerne leurs sources d'information sur le VIH/sida, ils manifestent une plus grande méfiance à l'égard des médecins, des professionnels de la santé et des scientifiques, ainsi qu'à l'égard des personnes qui ont le VIH et des organismes représentant les intérêts des personnes infectées par le VIH. Ils sont plus susceptibles que les membres des autres groupes à se fier à l'information que leurs fournissent des amis et des membres de leur famille.
- Les membres de ce groupe ont une faible connaissance des efforts du gouvernement du Canada en matière de VIH/sida; toutefois, ils appuient moins l'engagement du gouvernement dans ce domaine que la plupart des Canadiens.
- Bien que la majorité des membres de ce groupe ne sont pas actifs sur le plan sexuel, ils ont plus tendance que de nombreux Canadiens à croire qu'ils risquent de contracter le VIH/sida. Toutefois, ils sont moins susceptibles que les membres des autres groupes d'avoir subi un test de dépistage.
- Ce groupe est disproportionnellement composé d'hommes, de personnes âgées (42 p. 100 des membres de ce groupes ayant plus de 65 ans), de personnes ayant un niveau de scolarité et un revenu peu élevés et de personnes vivant seules. Ces personnes sont plus susceptibles d'être des résidents du Québec et le pourcentage de ces personnes qui sont nées à l'extérieur du Canada et qui appartiennent à des minorités visibles est plus grand que la moyenne.
| Ce groupe a en général pour caractéristiques d'en savoir le moins sur le VIH/sida, d'être le plus mal informé et de mal percevoir le problème, d'être très mal à l'aise à propos des personnes ayant le VIH/ sida et même de les craindre. Par conséquent, ses membres se croient personnellement plutôt à risque. Comme sources d'information, ils sont plus sceptiques que les autres Canadiens à l'égard des personnes et des organisations faisant autorité, et ils se montrent en général moins favorables à l'engagement du gouvernement en ce qui concerne le VIH/sida. Ils font le plus souvent partie des segments à faible revenu et peu scolarisés de la société. |
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