VIH/sida - Une enquête attitudinale
Rapport final
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6. Comportement
6.1 Comportement sexuel
Un peu plus des deux tiers des Canadiens (68 p. 100) disent avoir été actifs sur le plan sexuel au cours des douze derniers mois. La majorité (87 p. 100) n'ont eu qu'un seul partenaire sexuel au cours de cette période alors que 12 p. 100 ont eu au moins deux partenaires dans la dernière année. Ils ont en majorité (86 p. 100) entretenu une relation suivie avec leurs partenaires, mais 13 p. 100 disent avoir eu un partenaire occasionnel dans la dernière année. Enfin, la grande majorité (93 p. 100) affirment avoir eu des relations hétérosexuelles dans la dernière année, tandis que 7 p. 100 disent avoir eu des relations homosexuelles. (Moins d'un p. 100 des personnes interrogées ont eu des relations homosexuelles et hétérosexuelles.)


- Les hommes (71 p. 100), les personnes âgées de 25 à 34 ans (87 p. 100) et celles âgées de 35 à 44 ans (84 p. 100) ont plus tendance à indiquer qu'ils ont été actifs sur le plan sexuel au cours de la dernière année.
- Les Canadiens qui ont des enfants sont plus susceptibles d'avoir eu une vie sexuelle active au cours de la dernière année (89 et 78 p. 100 respectivement), ce qui est probablement attribuable à l'âge des répondants.
- Les personnes qui sont actives sur le plan sexuel, les hommes (15 p. 100), les jeunes de moins de 25 ans (34 p. 100), et par conséquent, ceux qui ont les revenus les plus faibles et qui n'ont pas d'enfants sont plus susceptibles d'avoir eu deux partenaires sexuels ou plus dans les 12 derniers mois. En fait, 43 p. 100 qui indiquent avoir eu trois partenaires ou plus sont tous âgés de moins de 30 ans (même si seulement 15 p. 100 de l'échantillon total est âgé de moins de 30 ans). Les personnes qui indiquent avoir eu deux partenaires ou plus indiquent souvent qu'elles vivent seules, qu'elles sont des parents célibataires, qu'elles vivent avec un ou des colocataires ou qu'elles vivent avec leur famille (c'est-à-dire avec leurs parents). Les personnes qui indiquent avoir eu trois partenaires ou plus sont celles qui indiquent le plus souvent être des célibataires vivant seuls ou des célibataires vivant avec des colocataires.
- Ces mêmes groupes démographiques indiquent plus souvent qu'ils ont des partenaires occasionnels. Au total, 17 p. 100 des hommes et 18 p. 100 des Canadiens n'ayant pas d'enfants indiquent avoir eu un partenaire occasionnel au cours des 12 derniers mois. Les probabilités qu'une personne ait eu un partenaire occasionnel diminuent avec l'âge (de 31 p. 100 pour ceux de moins de 25 ans à deux p. 100 pour ceux de 65 ans et plus). Les personnes de ce groupe indiquent le plus souvent qu'elles vivent seules, qu'elles sont des parents célibataires, qu'elles sont célibataires et qu'elles vivent avec des colocataires ou qu'elles vivent dans leur famille (c'est-à-dire avec leurs parents) (même si 27 p. 100 des personnes qui indiquent avoir des partenaires occasionnels indiquent aussi faire partie d'un couple).
- Les hommes et les Canadiens des provinces de l'Atlantique ont plus tendance à indiquer qu'ils ont eu le ou les mêmes partenaires sexuels au cours des 12 derniers mois.
| En bref, l'activité sexuelle est associée au sexe et à l'âge. Les hommes et les jeunes sont plus susceptibles d'avoir été actifs sur le plan sexuel, plus susceptibles d'avoir eu plusieurs partenaires et plus susceptibles aussi d'avoir eu un partenaire occasionnel. Comme l'indique le chapitre 4, les personnes qui déclarent avoir eu un partenaire occasionnel ou plusieurs partenaires sont plus susceptibles que l'ensemble des Canadiens de qualifier de moyen ou d'élevé leur risque de contracter le VIH. |
6.2 Compréhension et pratique de la sexualité à faible risque
L'enquête étudie aussi les motivations et le comportement des Canadiens en matière de sexualité à faible risque. Après leur avoir demandé quelle était selon eux la principale raison de pratiquer la sexualité à faible risque (les résultats sont présentés au chapitre 2), nous avons expliqué aux répondants que la sexualité à faible risque est celle qui réduit le risque de contracter ou de transmettre une infection sexuellement (y compris le VIH/sida), et qu'elle veut dire, entre autres, l'utilisation du condom ou l'abstinence de tout rapport sexuel. Nous leur demandions ensuite à quelle fréquence ils avaient pratiqué la sexualité à faible risque au cours des 12 derniers mois et qu'est-ce qui les motivait à adopter ce comportement.

D'après la définition ci-dessus, près de la moitié des Canadiens (48 p. 100) disent n'avoir jamais pratiqué la sexualité à faible risque au cours des douze derniers mois, tandis qu'un peu plus du quart (27 p. 100) l'ont toujours fait. Une personne sur dix a rarement ou parfois pratiqué la sexualité à faible risque dans la dernière année, et 10 p. 100 des répondants l'ont fait la plupart du temps.
La méthode la plus commune de sexualité à faible risque employée par les Canadiens au cours des douze derniers mois est le condom (utilisé par 72 p. 100 d'entre eux). Moins d'un sur dix d'entre eux dit n'avoir eu qu'un seul partenaire (7 p. 100) ou s'être abstenu de tout rapport sexuel (6 p. 100), tandis que 8 p. 100 ont utilisé la pilule contraceptive, même si cette méthode de contraception n'est pas conforme à la définition d'une sexualité à faible risque fournie aux fins de l'enquête.

- Sur les personnes qui ont indiqué avoir des partenaires sexuels occasionnels, 44 p. 100 affirment qu'elles pratiquent toujours la sexualité à faible risque et 23 p. 100 la pratiquent la plupart du temps (mais 20 p. 100 des personnes ayant des partenaires sexuels occasionnels indiquent qu'elles ne pratiquent jamais la sexualité à faible risque). De même, 49 p. 100 des personnes qui ont deux partenaires pratiquent toujours la sexualité à faible risque et 44 p. 100 de celles qui ont trois partenaires en font tout autant. Enfin, 22 p. 100 des personnes qui ont deux partenaires et 35 p. 100 des personnes qui ont trois partenaires pratiquent la sexualité à faible risque la plupart du temps.
- Les groupes qui indiquent avoir des partenaires occasionnels et multiples (c'est-à-dire les jeunes, les hommes et ceux qui n'ont pas d'enfants) pratiquent toujours ou la plupart du temps la sexualité à faible risque.
- La méthode de sexualité à faible risque choisie par les personnes qui ont des partenaires occasionnels et multiples est presque toujours le condom (selon ce qu'affirment de 84 à 88 p. 100 de ces segments de la société).
- Les hommes ont plus tendance à indiquer le condom (75 p. 100) comme méthode de sexualité à faible risque, et les femmes ont plus tendance à indiquer la pilule contraceptive (10 p. 100). Les jeunes semblent avoir plus utilisé le condom ou la pilule contraceptive au cours de la dernière année (84 et 16 p. 100 respectivement).
Les personnes qui ont pratiqué la sexualité à faible risque au cours de la dernière année devaient ensuite indiquer la principale raison de pratiquer la sexualité à faible risque, et celles qui ne l'avaient pas fait devaient indiquer la principale raison de ne pas pratiquer la sexualité à faible risque. Le risque de grossesse est la principale raison de pratiquer la sexualité à faible risque la plus souvent citée (35 p. 100), suivi du risque de contracter des maladies transmises sexuellement (27 p. 100) ou du risque de contracter le VIH/sida (10 p. 100). Un plus petit nombre de répondants indiquent qu'ils pratiquent la sexualité à faible risque simplement pour assumer leurs responsabilités (7 p. 100) ou à la demande de leur partenaire (4 p. 100).
La vaste majorité (87 p. 100) de ceux et celles qui n'ont pas pratiqué la sexualité à faible risque donnent pour raison le fait de n'avoir qu'un seul partenaire sexuel. Pour une faible minorité, les raisons invoquées sont l'absence de risque d'attraper une MTS (4 p. 100), le fait que leur partenaire a subi récemment un test de dépistage du VIH/sida (1 p. 100), le fait de supposer que leur partenaire n'a pas le VIH/sida (1 p. 100), l'idée qu'ils ne sont pas encore prêts à pratiquer la sexualité à faible risque (1 p. 100) ou la volonté d'avoir un enfant (3 p. 100).

- Les personnes qui ont des partenaires occasionnels ont plus tendance à citer le risque de maladies transmises sexuellement (MTS) que les autres Canadiens.
- Les personnes de moins de 25 ans ont plus tendance à citer le risque de MTS comme principale raison de pratiquer la sexualité à faible risque (37 p. 100), tandis que celles âgées de 25 à 34 ans et de 35 à 44 ans ont plus tendance à citer le risque de grossesse comme facteur de motivation (50 et 43 p. 100 respectivement).

- Les parents d'enfants qui n'ont pas atteint l'adolescence citent plus souvent le risque de grossesse comme principale raison de pratiquer la sexualité à faible risque (48 p. 100), tandis que les personnes qui n'ont pas d'enfants indiquent plus le risque de MTS comme principal facteur de motivation (30 p. 100), des résultats qui sont probablement attribuables à l'âge des répondants.
- Les résidents du Québec citent plus souvent le risque de contracter le VIH/sida comme principale raison de pratiquer la sexualité à faible risque (16 p. 100).
- En ce qui concerne les raisons de ne pas pratiquer la sexualité à faible risque, les personnes qui ont des partenaires occasionnels (14 p. 100) ont plus tendance à assumer que leurs partenaires n'ont pas le VIH/sida que celles qui n'ont pas de partenaires occasionnels ou à indiquer qu'elles n'étaient pas prêtes pour la rencontre (11 p. 100). Les personnes qui n'ont pas de partenaires occasionnels indiquent habituellement que la principale raison pour laquelle elles ne pratiquent pas la sexualité à faible risque est qu'elles n'ont qu'un partenaire (89 p. 100).
- Les femmes ont plus tendance à indiquer que la principale raison pour laquelle elles ne pratiquent pas la sexualité à faible risque est qu'elles n'ont qu'un seul partenaire (90 p. 100). Les personnes âgées de 25 à 34 ans sont plus nombreuses à indiquer que la raison pour laquelle elles ne le font pas est qu'elles tentent de devenir enceintes (9 p. 100), tandis que celles âgées de 35 ans et plus ont plus tendance à indiquer qu'elles n'ont pas pratiqué la sexualité à faible risque parce qu'elles n'avaient qu'un seul partenaire.
Donc, les personnes qui ont des partenaires occasionnels ou multiples, les jeunes et les personnes qui n'ont pas d'enfants semblent plus pratiquer la sexualité à faible risque pour réduire le risque de maladies transmises sexuellement. Les résidents du Québec sont plus portés à citer la réduction du risque de VIH/sida en particulier, tandis que les personnes âgées de 25 à 44 ans et les parents d'enfants qui n'ont pas atteint l'adolescence sont plus susceptibles de citer la réduction du risque de grossesse.
En ce qui concerne les raisons de ne pas pratiquer la sexualité à faible risque, les personnes qui ont des partenaires occasionnels ont plus tendance à assumer que leurs partenaires n'ont pas la maladie ou à indiquer qu'elles n'étaient pas prêtes à la rencontre. Les femmes et les personnes de 35 ans et plus sont plus aptes à n'avoir eu qu'un seul partenaire, tandis que les personnes âgées de 25 à 34 ans sont plus nombreuses à tenter de concevoir un enfant. |
Les personnes qui indiquent avoir été actives sur le plan sexuel dans les 12 derniers mois devaient ensuite indiquer si leurs pratiques en matière de sexualité à faible risque avaient changé au cours des 12 derniers mois, et, le cas échéant, pourquoi. Une minorité de personnes (7 p. 100) affirment que leurs pratiques en matière de sexualité à faible risque sans risques ont changé au cours de la dernière année, tandis que la vaste majorité (91 p. 100) n'indique aucun changement.
Les personnes qui ont changé leurs pratiques en matière de sexualité à faible risque indiquent diverses raisons pour lesquelles elles ont agi de la sorte. Un peu plus d'une personne en cause sur quatre (26 p. 100) se dit plus inquiète qu'auparavant tandis qu'une plus faible proportion (16 p. 100) se dit moins inquiète. D'autres indiquent qu'ils ont changé leurs pratiques parce qu'ils sont maintenant plus informés (17 p. 100), parce qu'ils n'ont qu'un seul partenaire (14 p. 100), parce qu'ils ont plus de partenaires (5 p. 100) ou parce qu'elles tentent de devenir enceintes (8 p. 100).
- Les probabilités que les pratiques aient changé en matière de sexualité à faible risque diminuent avec l'âge, de 18 p. 100 chez les personnes de moins de 25 ans à zéro p. 100 chez les personnes âgées. Elles diminuent aussi plus le revenu augmente, de 17 p. 100 chez ceux gagnent moins de 20 000 $ à 2 p. 100 chez ceux qui gagnent 80 000 $ ou plus.
- Les personnes qui indiquent avoir des partenaires occasionnels ou multiples sont aussi sensiblement plus susceptibles d'indiquer que leurs pratiques ont récemment changé (16 à 18 p. 100 chez ceux qui ont des partenaires occasionnels et qui indiquent avoir deux partenaires, et 22 p. 100 chez ceux qui indiquent avoir trois partenaires).
- Les personnes qui n'ont pas d'enfants ont aussi plus tendance à indiquer qu'elles ont changé leurs pratiques en matière de sexualité à faible risque au cours des 12 derniers mois (9 p. 100), des résultats qui dépendent grandement de l'âge des répondants.
- Les personnes qui croient que le risque de contracter le VIH/sida a augmenté au cours des cinq dernières années et celles qui affirment avoir une bonne connaissance de la question ont aussi plus tendance à avoir changé leurs pratiques au cours des 12 derniers mois (10 et 11 p. 100 respectivement).

6.3 Comportement en matière de dépistage
Un peu plus du quart des Canadiens (27 p. 100) disent avoir subi un test de dépistage du VIH pour d'autres raisons que pour une question d'assurance, de don de sang ou de participation à une recherche. 
Nous avons ensuite demandé à ces personnes combien de fois elles avaient subi un test de dépistage depuis deux ans. Quatre sur dix de ces personnes (42 p. 100) n'ont pas subi de test dans les deux dernières années tandis que quatre sur dix (38 p. 100) en ont subi un au cours de la même période et que 18 p. 100 en ont subi deux ou plus.
Nous avons aussi demandé aux personnes qui ont subi des tests de dépistage du VIH où leur dernier test avait été effectué. Le dernier test a été le plus souvent effectué dans le bureau d'un médecin (63 p. 100). Une personne sur dix (10 p. 100) a subi son dernier test dans une clinique de santé sexuelle et 7 p. 100 l'ont subi dans une clinique anonyme. Près de deux personnes sur dix (19 p. 100) ont subi leur dernier test ailleurs que dans les endroits mentionnés.

- Une plus grande proportion des personnes qui sont actives sur le plan sexuel indique avoir subi un test de dépistage du VIH (32 p. 100 par rapport à 14 p. 100 chez celles qui ne sont pas actives sur le plan sexuel). De plus, le pourcentage de Canadiens qui ont subi un test de dépistage est plus élevé chez les personnes qui ont des partenaires occasionnels (45 p. 100). Ce pourcentage augmente plus le nombre de partenaires augmente (de 30 p. 100 chez les personnes qui ont un seul partenaire, à 41 p. 100 chez celles qui en ont deux et à 51 p. 100 chez celles qui en ont trois).
- Les femmes sont sensiblement plus susceptibles que les hommes d'avoir déjà subi un test de dépistage (29 p. 100 par rapport à 24 p. 100). Les Canadiens âgés de 25 à 34 ans et de 35 à 44 ans sont aussi plus susceptibles d'avoir subi un test de dépistage (46 p. 100 et 35 p. 100 respectivement), ainsi que les parents de jeunes enfants (45 p. 100) et les personnes qui connaissent quelqu'un qui a le VIH/sida (35 p. 100).
- Les personnes qui ont une bonne connaissance (perçue ou réelle) (30 p. 100), un degré d'aise élevé à l'égard des personnes infectées par le VIH/sida (34 p. 100) et celles qui ont moins tendance à se distancer du VIH/sida (33 p. 100) ont plus tendance à indiquer qu'elles ont subi un test de dépistage du VIH/sida.
- Les personnes qui ont terminé leurs études au niveau secondaire ou à un niveau inférieur sont moins aptes à avoir subi un test de dépistage (23 p. 100).
- Toutefois, parmi les personnes qui ont subi un test de dépistage, ce sont les jeunes qui sont les plus aptes à avoir subi un test de dépistage ou plus au cours des deux dernières années (91 p. 100), ce qui correspond au profil des jeunes selon lesquels ceux-ci ont des partenaires multiples et occasionnels plus souvent.
- Le nombre de tests indiqués par les personnes qui ont des partenaires occasionnels et par celles qui ont deux ou trois partenaires est aussi plus élevé que celui indiqué par les autres personnes. Par exemple, les personnes qui ont des partenaires occasionnels indiquent avoir subi en moyenne 1,51 test de dépistage, tandis que celles qui n'ont pas de partenaires occasionnels indiquent avoir subi 0,86 test en moyenne.
- Les résidents du Québec, les hommes, les personnes qui n'ont pas d'enfants et les personnes nées à l'extérieur du Canada ont plus tendance à avoir subi leur dernier test de dépistage à une clinique de santé sexuelle.
| En bref, les tests de dépistage du VIH sont plus fréquents chez les personnes qui sont actives sur le plan sexuel et qui ont des partenaires occasionnels et multiples. Il en est de même pour les femmes, les personnes âgées de 25 à 44 ans, les parents de jeunes enfants et les personnes qui connaissent quelqu'un qui a la maladie. De plus, les personnes qui ont une bonne connaissance (perçue ou réelle) de la maladie, celles qui ont un degré d'aise élevé à l'égard des personnes infectées par le VIH/sida et les personnes qui ont moins tendance à se distancer de la question sont plus aptes à avoir subi un test de dépistage du VIH/sida au cours des deux dernières années. Les jeunes et les personnes qui ont des partenaires occasionnels et multiples indiquent aussi avoir subi plus souvent que les autres des tests de dépistage. |
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