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Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) est la cause du syndrome d'immunodéficience acquis (sida). Ce virus attaque et endommage les systèmes immunitaire et verveux de l'organisme rendant l'hôte vulnérable à la maladie. Les personnes infectées par le virus peuvent demeurer sans symptôme pendant dix ans ou plus avant que les symptômes réels apparaissent.
Le VIH/sida est un problème de santé majeur auquel font face les Canadiens. Chaque jour, environ onze Canadiens sont infectés par le VIH, et on estime que 4 190 Canadiens ont été nouvellement infectés en 1999. De plus, le nombre de nouvelles infections en 1999 chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes a augmenté de 30 p. 100 par rapports aux niveaux de 1996, même si le taux d'incidence est demeuré pratiquement le même dans la population globale. Les estimations les plus récentes indiquent qu'en 1999, 49 800 Canadiens vivaient avec le VIH (y compris les Canadiens vivant avec le sida), ce qui représente une augmentation de 24 p. 100 depuis 1996.2
De plus, la prévalence du VIH/sida est probablement plus grande en raison des cas qui tardent à être signalés et du signalement d'un nombre moins élevé de cas que le nombre réel. On estime qu'environ 30 p. 100 des personnes qui vivent avec le VIH/sida ne sont pas au courant qu'elles sont infectées.3 Aussi, un grand nombre des personnes infectées ne signalent pas leur maladie par crainte d'être victimes de discrimination et pour d'autres raisons.
Bien qu'il y ait eu des progrès considérables dans le domaine de la recherche en vue du développement de nouvelles pharmacothérapies, le sida est toujours une maladie mortelle. On estime qu'à la fin de 1999, 51 000 personnes avaient reçu un diagnostic positif de VIH depuis 1985 et que de ce nombre, 30 p. 100 étaient décédées.4 Il n'existe toujours aucun vaccin contre l'infection à VIH, et bien que de nouveaux traitements soient sans cesse découverts pour prolonger la vie des personnes infectées par le VIH/sida, il n'existe toujours aucun traitement leur permettant de guérir. Le traitement est encore plus complexe du fait que le virus est en mutation constante, ce qui rend la pharmacothérapie existante inefficace.
Le VIH utilise différentes voies de transmission. Les voies suivantes sont celles qui sont les plus fréquentes : les relations sexuelles non protégées avec une personne infectée; le partage de seringues de drogues injectables avec une personne déjà infectée; le tatouage, le perçage corporel ou l'acuponcture avec des aiguilles non stérilisées; les transfusions de sang ou de produits sanguins; pendant la grossesse, à l'accouchement ou à l'allaitement, une mère peut transmettre le virus à son enfant. Les risques de contracter le VIH/sida sont plus grands chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes et chez les utilisateurs de drogues intraveineuses.
Le VIH/sida infecte de plus en plus de personnes qui font partie des segments plus vulnérables de la population canadienne, bon nombre de ces personnes faisant partie de groupes à risque élevé et marginalisés par des facteurs socio-économiques. Ces groupes comprennent entre autres : les femmes qui vivent dans la pauvreté; les Autochtones, les détenus et les jeunes hommes homosexuels. Par exemple, de 1996 à 1999, on a constaté une hausse de 91 p. 100 de la prévalence aux infections à VIH dans la population autochtone5. Les gens provenant de pays où le VIH est devenu endémique courent aussi des risques élevés d'être infectés. De nombreux facteurs font augmenter la vulnérabilité au VIH, notamment les comportements sexuels risqués, l'utilisation de substances illicites (y compris les drogues injectables par intraveineuse) et le sentiment que peut avoir une personne qui croit que le VIH ne constitue pas une menace pour elle. D'après le rapport le plus récent d'ONUSIDA, la moitié des nouvelles infections dans le monde se rapportent à des jeunes.
L'émergence de l'infection à VIH dans diverses populations exercent de nouvelles pressions sur les systèmes de santé6. Bon nombre des nouvelles populations touchées font face à de multiples désavantages, y compris la maladie mentale, la dépendance aux drogues et à l'alcool, des abus par des membres de la famille et l'itinérance. Ces groupes requièrent des soins et des traitements qui hypothèquent la capacité de la collectivité de fournir l'appui requis. De plus, les nouvelles pharmacothérapies qui prolongent la vie des personnes souffrant du VIH/sida exercent aussi de nouvelles pressions sur le système d'aide aux victimes du sida en ce qui concerne le retour au travail, la prise des médicaments et les problèmes financiers.
Les taux d'incidence et de prévalence demeurent élevés malgré le grand nombre d'initiatives d'information et de promotion de la santé mises en place, ce qui suscite de nombreuses questions. Parmi les hypothèses suggérées, on note la complaisance et l'optimisme reliés à l'efficacité perçue des nouvelles pharmacothérapies, l'abandon du condom, la fausse assurance qu'entraîne un test négatif de dépistage du VIH, le manque d'expérience directe relative à l'épidémie de sida au sein de la génération des jeunes hommes homosexuels et le désir d'échapper aux normes rigoureuses des relations sexuelles protégées.
La présente étude a pour objet de créer une mesure de base et d'apporter de l'information en vue des activités de communication et de marketing social conçues pour informer le public, de sensibiliser davantage le public et de réduire l'incidence des comportements à risque associés à l'infection à VIH. Des évaluations futures des initiatives conçues dans le but global de réduire les taux d'infection à VIH au Canada pourront mesurer les impacts dans ce domaine. La présente enquête contribuera à mesurer plus efficacement les changements en ce qui concerne la sensibilisation, la connaissance, le comportement et l'attitude de la population, et elle servira de point de repère pour l'évaluation des changements futurs apportés dans ce domaine.
L'enquête a été conçue pour brosser un tableau global de la sensibilisation des Canadiens au VIH/sida, de leurs connaissances dans ce domaine, de leurs attitudes et de leurs comportements, ainsi que pour isoler certaines tendances de sous-groupes considérés notamment du point de vue de leurs différences démographiques et attitudinales. L'enquête porte entre autres sur les questions suivantes :
L'étude repose sur les résultats de 2004 entrevues complètes réalisées auprès de Canadiens de 15 ans et plus provenant des dix provinces, le territoires ne faisant pas partie de l'échantillon. Le sondage s'est déroulé en mars 2003 par téléphone. Les numéros de téléphone des ménages contactés ont été sélectionnés à l'aide d'un processus de composition aléatoire (CA). Aucun effort précis n'a été fait pour rendre la sélection des répondants aléatoire dans les ménages interrogés. L'entrevue se déroulait sur environ 19 minutes avec des intervieweurs bilingues et formés dans ce domaine. Le taux de participation au sondage a été de 22 p. 100 (détails à l'annexe B). Le taux de participation représentatif à une enquête nationale d'opinion publique est de 25 p. 100 pour un questionnaire de cette longueur.
L'enquête a été enregistrée auprès du Canadian Survey Registration Centre (CSRC) compte tenu de la nature délicate de certaines questions de l'entrevue. Nous avons aussi donné aux répondants potentiels le numéro sans frais de Recherche Ekos, ainsi que le nom d'une personne-ressource et le numéro de téléphone de Santé Canada, lorsqu'ils demandaient d'obtenir de plus amples renseignements sur l'étude (particulièrement sur le but visé par l'étude et sur la légitimité de l'étude et sur certaines questions en particulier). Seulement quelques appels ont été faits au CSRC et au numéro sans frais de Recherche EKOS au sujet de l'enquête. De plus, aucun répondant qui a accepté de répondre au questionnaire et qui a avait déjà répondu à la plupart des questions posées n'a mis fin à l'entrevue lorsque l'intervieweur lui a posé les questions les plus délicates au sujet de ses comportements.
Lors de l'analyse, les résultats ont été pondérés pour tenir compte des proportions de la population selon le sexe, l'âge et la région. Dans l'analyse des résultats7, un certain nombre d'indices ont été créés pour représenter de multiples facteurs associés à l'enquête (p. ex., le niveau de connaissance et le degré d'aise en ce qui concerne les personnes vivant avec le VIH/sida). Ces indices ont été créés avec l'aide de l'analyse des facteurs et ont été utilisés en tant que variables indépendantes afin d'examiner les relations existant avec d'autres facteurs du questionnaire. Ils ont aussi été utilisés pour la création d'une typologie multivariable des Canadiens à propos du VIH/sida (qui est présentée dans le chapitre 8). Dans le présent rapport, le terme « jeunes » s'entend des Canadiens de moins de 25 ans et le terme « personnes âgées » s'entend des personnes de 65 ans et plus.
Le tableau ci-dessous indique les dimensions des échantillons des principaux sous-groupes utilisés dans l'analyse, ainsi que la marge d'erreur associée à chacun.
(n) |
Marge d'erreur |
|
| Total | 2004 |
± 2.2 % |
|
Région |
||
| Colombie-Britannique | 258 |
± 6,1 % |
| Alberta | 187 |
± 7,2 % |
| Saskatchewan et Manitoba | 146 |
± 8,1 % |
| Ontario | 749 |
± 3,6 % |
| Québec | 496 |
± 4,4 % |
| Provinces de l'Atlantique | 162 |
± 7,7 % |
| Sexe | ||
| Homme | 900 |
± 3,3 % |
| Femme | 1104 |
± 3,0 % |
| Âge | ||
| Moins de 25 | 245 |
± 6,3 % |
| 25-34 | 347 |
± 5,3 % |
| 35-44 | 438 |
± 4,7 % |
| 45-64 | 714 |
± 3,7 % |
| 65 et plus | 230 |
± 6,5 % |
| Niveau de scolarité | ||
| Inférieur au niveau secondaire | 754 |
± 3,6 % |
| Niveau collégial | 423 |
± 4,8 % |
| Études universitaires noncomplétées | 216 |
± 6,7 % |
| Diplôme universitaire | 592 |
± 4,0 % |
| Revenu | ||
| Moins de 20 000 $ | 227 |
± 6,5 % |
| 20 000 $-39 000 $ | 424 |
± 4,8 % |
| 40 000 $-59 000 $ | 350 |
± 5,2 % |
| 60 000 $-79 000 $ | 240 |
± 6,3 % |
| 80 000 $ et plus | 379 |
± 5,0 % |
* Calcul fondé sur un niveau de confiance de 95 %, c'est-à-dire que les résultats généraux de l'Enquête sur la sensibilisation au VIH/sida sont considérés exacts à plus ou moins 2,2 % dix-neuf fois sur vingt.