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Depuis la découverte du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) qui cause le syndrome d’immunodéficience acquise (sida) il y a plus de 20 ans, des millions de personnes dans le monde ont été infectées par le VIH et l’épidémie s’est répandue à l’échelle planétaire. Entre 36,7 et 45,3 millions de personnes à travers le monde sont atteintes du VIH; depuis le début de l’épidémie, le sida a provoqué la mort de plus de 24 millions de personnes. En décembre 2005, un rapport publié par ONUsida et l’Organisation mondiale de la santé estimait que dans la dernière année seulement, entre 4,3 et 6,6 millions de personnes avaient été infectées par le VIH et qu’entre 2,8 et 3,6 millions de sidéens étaient décédés. En outre, à la fin de 2004, environ 15 millions d’enfants (des Africains pour la plupart) avaient perdu l’un de leurs parents ou les deux à cause du sida1.
Le VIH s’attaque aux systèmes immunitaire et nerveux et, une fois atteinte, la personne développe le sida quelques années plus tard (parfois jusqu’à dix ans après avoir été infectée par le VIH). Le virus se transmet de diverses façons, y compris lors de relations sexuelles non protégées, même occasionnelles, avec une personne infectée; par le partage avec une personne infectée de seringues servant à l’injection de drogue; par le tatouage et/ou le perçage de la peau avec des aiguilles non stérilisées; par la transfusion de sang ou de produits sanguins contaminés; de même que par une mère infectée à son enfant pendant la grossesse, lors de l’accouchement ou par l’allaitement maternel2. Le VIH ne se transmet pas par un contact occasionnel, la salive ou des gouttelettes de salive, les piqûres de moustique ou des objets inanimés comme un siège de toilette, un verre ou des ustensiles3. À l’heure actuelle, il n’existe pas de vaccin contre le VIH et bien qu’il y ait des thérapies, la maladie n’est pas guérissable. En outre, le virus lui-même évolue rapidement, mue et crée de nouvelles souches qui présentent des défis en matière de dépistage, de prévention et de traitement.
Au Canada, le nombre de personnes infectées au VIH/sida continue de progresser, étant passé d’environ 40 000 en 1996 à 56 000 en 2002 et à un peu moins de 58 0004 en 2004. Beaucoup de gens ignorent qu’ils sont infectés par le VIH. La chose est particulièrement importante car, à moins d’avoir été diagnostiquées, ces personnes ne peuvent se prévaloir des soins disponibles de même que du soutien et des conseils propres à empêcher le VIH de se répandre.
Le nombre de nouvelles infections déclarées au VIH au Canada a augmenté annuellement de 20 p. 100 au cours des cinq dernières années (passant de 2 111 en 2000 à 2 529 en 2004); les femmes font maintenant l’objet de plus du quart des nouveaux diagnostics (comparativement à moins de 10 p. 100 en 1995). Celles qui ont entre 15 et 29 ans semblent être les plus à risque; les femmes de ce groupe d’âges représentaient 42 p. 100 des nouveaux cas diagnostiqués en 2004 (à comparer à 13 p. 100 entre 1985 et 1994). Ces tendances correspondent à la proportion croissante (30 p. 100 en 2004) de diagnostics du VIH attribuables à une transmission hétérosexuelle.
L’épidémie de VIH/sida au Canada est complexe et changeante. Le VIH s’attaque de plus en plus aux segments les plus vulnérables de la population canadienne soit, en particulier, les personnes marginalisées par les facteurs socioéconomiques, les consommateurs de drogue par injection, les femmes qui vivent dans la pauvreté, de nombreuses collectivités autochtones, les détenus et les jeunes hommes gais. Sur les quelque 56 000 Canadiens qui étaient atteints du VIH en 2002, 58 p. 100 étaient des hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, 20 p. 100 étaient des toxicomanes par voie d’injection et 18 p. 100 étaient des hétérosexuels. Cette dernière catégorie est diversifiée et comprend des personnes qui ont eu des relations sexuelles avec quelqu’un infecté par le VIH et des personnes nées dans un pays où le virus est endémique.
Les Autochtones demeurent surreprésentés parmi les personnes atteintes du VIH/sida au Canada. Alors que selon le recensement de 2001 ils ne forment que 3,3 p. 100 de la population canadienne, la proportion de sidéens confirmés parmi les Autochtones s’est accrue de 2,3 p. 100 à 14,8 p. 100 entre 1994 et 20045.
Outre son coût en argent et en vies humaines pour les individus et les familles au Canada (comme partout dans le monde), l’épidémie de sida constitue un énorme fardeau pour le système de soins de santé. L’Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida a été mise au point au Canada afin de contribuer à la réaction globale et intégrée du gouvernement du Canada au VIH/sida. Issue de la Stratégie canadienne sur le VIH/sida, l’Initiative fédérale tient compte des recommandations du Comité permanent de la santé, des leçons tirées des stratégies fédérales antérieures sur le VIH/sida et des consultations auprès des intervenants, des provinces et des territoires. En mai 2004, le gouvernement fédéral a fait savoir qu’il augmenterait ses crédits annuels accordés au VIH/sida, lesquels passeraient de 42,2 pour atteindre 84,4 millions de dollars en 2008-2009. L’Initiative fédérale de lutte contre le VIH/sida au Canada a été officiellement lancée en janvier 2005.
L’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) a confié à EKOS le soin de réaliser le sondage de suivi de 2006 sur les attitudes touchant le VIH/sida, afin d’apporter de l’eau au moulin de l’Initiative fédérale dans ses activités de communication et de marketing social touchant le VIH/sida, lesquelles visent à renseigner le public, à hausser les niveaux de sensibilisation et à réduire la fréquence des comportements à risque associés à l’infection au VIH. Le sondage comporte également des questions précises sur la stigmatisation et la discrimination attribuables au VIH/sida, dont les réponses apporteront des éclaircissements en vue de la campagne de marketing social sur le VIH/sida qui s’élabore sous la direction de l’ASPC.
Les résultats du sondage seront également utiles dans le domaine des programmes et des politiques, tant au sein du gouvernement que dans le secteur non gouvernemental. Bon nombre des résultats de 2006 ont des points de comparaison avec les mesures de base établies en 2003. La comparaison permettra de comprendre en quoi les connaissances, les attitudes et les comportements se sont modifiés au fil des années. Les futurs sondages de suivi sur le VIH/sida continueront de mesurer les changements survenus dans ces domaines.
Le sondage de 2006 a été conçu afin d’obtenir un tableau d’ensemble de la sensibilisation et des connaissances des Canadiens ainsi que de leurs attitudes et de leur comportement à l’égard du VIH/sida, et pour comprendre les différences qui peuvent exister dans l’ordre de la démographie et des attitudes. Voici quelques-uns des sujets abordés dans le sondage :
Le sondage de 2006 comportait 2 036 entrevues complètes avec des Canadiens et des Canadiennes de plus de 15 ans (voir le questionnaire à l’annexe A). Des citoyens des dix provinces y ont participé. Les territoires faisaient aussi partie de l’échantillon, mais l’analyse par région n’en tient pas compte. Le sondage comprenait également un suréchantillon de jeunes et de répondants nés à l’extérieur du Canada, de manière à obtenir 300 cas dans chacun de ces groupes. Il s’est effectué au téléphone en février 2006. Les numéros de téléphone ont été sélectionnés par composition aléatoire (CA) pour le choix des ménages. Nous n’avons pas cherché à randomiser la sélection du répondant au sein d’un ménage. Les entrevues, d’une durée moyenne de 22,5 minutes, ont été menées par des enquêteurs bilingues dûment formés. Le taux de participation au sondage est de 24 p. 100 (voir les détails à l’annexe B). Un taux variant entre 20 et 25 p. 100 constitue un taux de participation normal pour un sondage d’opinion publique d’intérêt national au moyen d’un questionnaire de cette longueur.
Le sondage a été enregistré auprès du Centre canadien d’enregistrement des sondages (CCES) vu la nature délicate de quelques-unes des questions de l’entrevue. Les répondants potentiels qui souhaitaient avoir de plus amples renseignements au sujet de l’étude (notamment en ce qui concerne son but de même que sa légitimité et celle de certaines questions) pouvaient se renseigner en composant le numéro sans frais des Associés de recherche EKOS ou le numéro de téléphone d’une personne-ressource à l’Agence de la santé publique du Canada.
Le sondage a été mené par des intervieweurs hautement qualifiés des centres d’appels d’EKOS à Ottawa et Edmonton et des superviseurs de sondages qui s’assuraient du respect de la méthodologie et de la qualité du travail. On effectuait jusqu’à huit appels téléphoniques additionnels à des heures variables lors des journées subséquentes afin de tenter de joindre de nouveau les répondants qui étaient absents lors du premier appel téléphonique. On fixait un nouveau rendez-vous avec les répondants qui désiraient répondre au sondage. Le registre quotidien des appels téléphoniques comportait de l’information sur tous les appels téléphoniques (appel ayant abouti (oui/non), sondage complété (oui/non), rendez-vous (oui/non).
Les résultats globaux du sondage ont été pondérés aux fins de l’analyse de manière à refléter les proportions réelles de la population du point de vue du sexe, de l’âge et de la région. Lors de l’analyse des observations6, des indices ont été établis afin de représenter des éléments multiples du sondage (comme l’indice des connaissances et l’indice de l’aise). Ils ont été créés au moyen d’une analyse factorielle et ont été utilisés comme variables indépendantes afin d’étudier leurs rapports avec d’autres éléments du questionnaire. Ces indices ont également permis de créer une typologie multidimensionnelle des Canadiens en ce qui concerne le VIH/sida (elle est exposée au chapitre 9).
Dans le présent rapport, il faut entendre par « jeunes » les Canadiens de moins de 25 ans et par « aînés » les personnes de 65 ans ou plus. Une question portait aussi sur l’origine ethnique. Puisque seulement 177 répondants se sont dits originaires du Moyen-Orient, de l’Asie, de l’Amérique latine, des Caraïbes et de l’Afrique, ils ont été placés dans une catégorie générale appelée « autre ». Cela nous a permis d’isoler les personnes d’origine canadienne, française, britannique, européenne, autochtone et « autre ». Lorsqu’il y a référence tout au long du rapport aux personnes d’une autre origine ethnique que canadienne, britannique, européenne et ainsi de suite, il s’agit du groupe de répondants qui se sont dits d’origine moyen-orientale, asiatique, latino-américaine, caraïbe et africaine.
Le tableau ci-dessous donne la taille de l’échantillon des principaux groupes démographiques analysés de même que la marge d’erreur associée à chaque segment7.
| (n) | Marge d’erreur* | |
| Ensemble | 2036 | 2.2 |
| Région | ||
| Colombie-Britannique | 253 | 6.2 |
| Alberta | 204 | 6.9 |
| Saskatchewan et Manitoba | 203 | 6.9 |
| Ontario | 649 | 3.8 |
| Québec | 495 | 4.4 |
| Provinces de l’Atlantique | 219 | 6.6 |
| Sexe | ||
| Hommes | 917 | 3.2 |
| Femmes | 1,119 | 2.9 |
| Âge | ||
| Moins de 25 ans | 303 | 5.6 |
| 25-34 ans | 245 | 6.3 |
| 35-44 ans | 343 | 5.3 |
| 45-64 ans | 762 | 3.6 |
| 65 ans et plus | 346 | 5.2 |
| Niveau de scolarité | ||
| Moins que l’école secondaire | 783 | 3.5 |
| Collège/Un peu de postsecondaire | 665 | 3.8 |
| Université ou études supérieures | 562 | 4.1 |
| Revenu | ||
| Moins de $20,000 | 209 | 6.8 |
| $20,000-$39,000 | 379 | 5.0 |
| $40,000-$59,000 | 338 | 5.3 |
| $60,000-$79,000 | 208 | 6.8 |
| $80,000 ou plus | 438 | 4.7 |
* Calculé au niveau de confiance de 95 p. 100. C’est-à-dire que, dans l’ensemble, les résultats du Sondage de suivi de 2006 sur les attitudes sont jugés exacts à ± 2,2 p. 100, dix-neuf fois sur vingt.
1 Programme commun des Nations Unies et de l’Organisation mondiale de la santé sur le VIH/sida (ONUSIDA) (décembre 2005). Mise à jour sur l’épidémie du sida.
2 Programme sur le sida de l’Association canadienne de santé publique (mai 1995). Réponses aux questions sur le VIH/sida.
3 Société royale du Canada (1988).
4 Programme commun des Nations Unies et de l’Organisation mondiale de la santé sur le VIH/sida (ONUSIDA) (décembre 2005). Mise à jour sur l’épidémie du sida.
5 Agence de la santé publique du Canada (2005). Le VIH et le sida au Canada : Rapport de surveillance en date du 31 décembre 2004.
6 Deux progiciels de statistiques ont été utilisés : StatXp, qui accompagne le logiciel Interviewer destiné à la collecte de données, afin de créer des tableaux à bannière pour l’analyse, et SPSS, pour l’analyse de segmentation.
7 La marge d’erreur mesure l’exactitude des résultats. Elle indique jusqu’à quel point les résultats du sondage pour chaque segment étudié peuvent s’écarter de la valeur réelle pour l’ensemble de la population (c.-à-d. que l’observation sera exacte jusqu’à un certain nombre de points de pourcentage, 19 fois sur 20).
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