Sondage de suivi de 2006 sur les attitudes touchant le VIH/sida
Rapport Final
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5. Stigmatisation liée
au VIH/sida
5.1 Stigmatisation
La stigmatisation consiste à avoir des attitudes ou des convictions défavorables vis-à-vis de quelqu’un ou de quelque chose. La stigmatisation liée au VIH/sida peut se mesurer de diverses façons. La première mesure ci-dessous concerne les sentiments négatifs à l’égard des personnes qui ont le VIH/sida.
Les résultats du sondage de 2006 montrent que les Canadiens sont peu nombreux à avoir des
sentiments très négatifs envers les personnes qui ont le VIH/sida. Néanmoins, certains Canadiens
manifestent de ces sentiments – 13 p. 100 disent que « les gens qui ont le VIH/sida leur inspirent de la
crainte » et 5 p. 100 disent ressentir de la colère ou du dégoût vis-à-vis des gens qui ont le VIH/sida.

- Les femmes sont moins portées à dire que les gens qui ont le VIH/sida leur inspirent de la
colère, de la crainte ou du dégoût.
- Les aînés (65 ans et plus) sont plus susceptibles d’éprouver des sentiments très négatifs
(colère, crainte et dégoût) envers les personnes ayant le VIH/sida.
- Les Canadiens qui n’ont pas dépassé l’école secondaire et ceux dont le revenu du ménage
est le plus faible sont plus susceptibles que les autres d’éprouver de la colère, de la crainte et
du dégoût envers ceux qui ont le VIH/sida.
- Les Canadiens qui se croient les mieux informés ou qui le sont en réalité, ceux qui ont connu
quelqu’un atteint du VIH/sida et ceux qui ont une vie sexuelle active sont beaucoup moins
susceptibles d’éprouver des sentiments très négatifs (colère, crainte et dégoût).
- Les personnes nées à l’extérieur du Canada et celles qui déclarent une autre origine ethnique
que canadienne ou européenne sont plus susceptibles de ressentir de la colère, de la crainte
et du dégoût envers les gens qui ont le VIH/sida. Il en va de même des personnes très
religieuses.
- Les Canadiens les moins à l’aise avec les personnes ayant le VIH/sida, ceux qui se
distancient du VIH/sida (en tant que maladie qui n’arrive qu’aux autres) et ceux qui sont plus
susceptibles de stigmatiser les personnes atteintes du VIH/sida sont aussi plus susceptibles
de ressentir beaucoup de colère, de crainte et de dégoût à leur égard.
Une autre façon de mesurer la stigmatisation associée au VIH/sida consiste à comprendre
comment les Canadiens conçoivent l’amitié avec des personnes ayant le VIH/sida. Ils sont peu nombreux,
ici encore, à avoir une opinion stigmatisante, étant donné que huit sur dix environ affirment qu’ils pourraient
devenir ou demeurer amis avec quelqu’un qui a le VIH/sida. Toutefois, 12 p. 100 avouent qu’ils ne
pourraient pas demeurer amis et 9 p. 100, qu’ils ne pourraient pas devenir amis avec quelqu’un qui a le
VIH/sida. Cela représente une légère hausse en regard des résultats de 2003 où 8 p. 100 des répondants
étaient d’accord pour dire qu’ils ne pourraient pas être amis avec une personne ayant le VIH/sida.

- Les personnes âgées sont aussi plus portées à penser qu’elles ne pourraient pas devenir ou
demeurer amies avec quelqu’un qui a le VIH/sida.
- Les Québécois sont moins enclin à vouloir se lier d’amitié avec une personne atteinte de
VIH/sida que les autres Canadiens, quoique le pourcentage est encore peu élevé (15%).
- Les femmes sont plus susceptibles que les hommes de penser qu’elles pourraient devenir
amies avec une personne ayant le VIH/sida.
- La proportion de Canadiens qui pensent pouvoir devenir ou demeurer amis avec quelqu’un qui
a le VIH/sida augmente avec le niveau de scolarité.
- Les Canadiens qui se croient bien informés au sujet du VIH/sida, ceux qui affichent un haut
niveau de connaissance et ceux qui ont déjà connu quelqu’un ayant le VIH/sida sont tous plus
portés à croire qu’ils pourraient devenir ou demeurer amis avec une personne ayant le
VIH/sida.
- Les Canadiens qui ont de fortes convictions religieuses sont moins enclins à penser qu’ils
pourraient demeurer amis avec quelqu’un qui a le VIH/sida.
- Les Canadiens les plus susceptibles de stigmatiser les personnes ayant le VIH/sida ont
naturellement beaucoup moins tendance à dire qu’ils pourraient devenir ou demeurer amis
avec quelqu’un qui a le VIH/sida. Il en va de même des Canadiens plus susceptibles de
considérer le VIH/sida comme une maladie qui n’arrive qu’aux autres, de ceux qui sont mal à
l’aise avec les personnes ayant le VIH/sida ainsi que des gens moins susceptibles de
reconnaître les droits des personnes ayant le VIH/sida.
Tolérance envers les personnes ayant le VIH/sida, par variables démographiques
| |
Dans quelle mesure êtes-vous d’accord pour dire… |
| |
Je ne pourrais pas devenir ami avec
quelqu’un qui a le VIH/sida |
Je ne pourrais pas demeurer ami avec
quelqu’un qui a le VIH/sida |
% en désaccord avec cette idée |
% en désaccord avec cette idée |
| Ensemble |
81 |
79 |
| Sexe |
| Hommes |
76 |
76 |
| Femmes |
86 |
81 |
| Âge |
| <25 |
90 |
86 |
| 25-34 |
87 |
90 |
| 35-44 |
86 |
84 |
| 45-64 |
81 |
78 |
| 65+ |
63 |
52 |
| Niveau de scolarité |
| Sec. ou moins |
72 |
68 |
| Collége |
83 |
83 |
| Université |
90 |
87 |
| Niveau de connaissance (autoévalué) |
| Élevé |
84 |
85 |
| Faible |
78 |
70 |
| Connaissance de quelqu’un qui a le VIH/sida |
| Oui |
89 |
85 |
| Non |
76 |
75 |
| Vie sexuelle active |
| Oui |
84 |
83 |
| Non |
75 |
67 |
| Lieu de naissance |
| Canada |
82 |
80 |
| Étranger |
77 |
74 |
| Liens avec la religion |
| Faibles |
85 |
84 |
| Moyens |
82 |
78 |
| Forts |
75 |
73 |
| Indice des connaissances |
| Faible |
66 |
60 |
| Moyens |
80 |
78 |
| Élevé |
89 |
86 |
| Indice de l’aise |
| Faible |
63 |
59 |
| Moyens |
88 |
86 |
| Élevé |
94 |
96 |
| Indice de la distanciation |
| Faible |
89 |
86 |
| Moyens |
77 |
73 |
| Élevé |
63 |
66 |
| Indice de la stigmatisation |
| Faible |
94 |
93 |
| Moyens |
56 |
50 |
| Élevé |
13 |
18 |
| Indice de la discrimination |
| Élevé |
62 |
56 |
| Moyens |
80 |
77 |
| Faible |
88 |
87 |
On peut aussi mesurer la stigmatisation liée au VIH/sida au moyen des attitudes qui consistent
à jeter le blâme sur les personnes ayant le VIH/sida, comme si elles étaient responsables de leur sort. De
l’avis d’un Canadien sur dix, les gens qui attrapent le VIH/sida à cause du sexe ou de la drogue ont ce qu’ils
méritent (10 p. 100), mais la plupart des Canadiens ne sont pas prêts à jeter le blâme sur ces personnes
(79 p. 100 sont en désaccord avec l’énoncé). De même, près des trois quarts des Canadiens (74 p. 100) ne
sont pas d’accord pour dire que les personnes qui attrapent le VIH/sida ne doivent s’en prendre qu’à ellesmêmes.

- Les aînés (65 ans et plus) et les personnes moins scolarisées et à faible revenu sont moins
portées à être en désaccord avec l'idée que les personnes qui contractent le VIH/sida ont ce
qu'elles méritent ou ne doivent s'en prendre qu'à elles-mêmes.
- Ceux qui ont obtenu un pointage plus élevé sur l’échelle d’attitudes sont moins portés à être
d’accord avec l’idée que les personnes qui contractent le VIH/sida à cause du sexe ou de leur
consommation de drogue ont ce qu’elles méritent ou ne doivent s’en prendre qu’à ellesmêmes.
- Les personnes nées à l’extérieur du Canada, en particulier celles qui se déclarent d’une autre
origine ethnique que canadienne ou européenne, sont plus portées à penser que les gens qui
ont contracté la maladie à cause du sexe ou de leur consommation de drogue ont ce qu’ils
méritent et ne doivent s’en prendre qu'à eux-mêmes.
- Ceux qui ont connu personnellement quelqu’un qui avait le VIH/sida et ceux qui mènent une
vie sexuelle active sont moins susceptibles de penser que les personnes qui ont contracté la maladie à cause du sexe ou de leur consommation de drogue ont ce qu’elles méritent et ne
doivent s’en prendre qu'à elles-mêmes.
- Les Canadiens les plus susceptibles de stigmatiser les personnes ayant le VIH/sida sont plus
susceptibles de penser que les personnes qui ont été infectées à cause du sexe ou de leur
consommation de drogue ont ce qu’elles méritent et ne doivent s’en prendre qu'à ellesmêmes.
Il en va ainsi des Canadiens plus susceptibles de considérer le VIH/sida comme une
maladie qui n’arrive qu’aux autres, de ceux qui sont mal à l’aise avec les personnes ayant le
VIH/sida ainsi que des gens moins susceptibles de reconnaître les droits des personnes
atteintes du VIH/sida.
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