Précédent | Table des matières
Dans l’ensemble, les Canadiens sont assez bien informés sur le VIH/sida. La plupart sont en mesure d’identifier les modes de transmission du VIH/sida. La majorité des Canadiens savent aussi que le sida est une maladie mortelle et qu’il n’est pas guérissable même si on est soigné à temps. Néanmoins, ils sont un peu moins nombreux qu’en 2003 à savoir que lorsqu’une personne a le VIH/sida, son corps ne peut pas se défendre contre des maladies ordinaires, et sensiblement moins nombreux à savoir qu’on peut être séropositif pour le VIH pendant dix ans ou plus sans développer le sida. En outre, certains Canadiens (moins d’un sur dix) continuent de penser, à tort, que le VIH peut se transmettre à l’occasion d’un baiser, d’une piqûre d’insecte, d’un éternuement ou de la toux ou par un contact occasionnel ou un contact avec des objets comme une fontaine d’eau potable ou une toilette. La vaste majorité des Canadiens reconnaissent que l’analyse sanguine constitue un moyen de diagnostiquer le VIH/sida (et la proportion a augmenté depuis 2003); pourtant, la proportion de Canadiens qui croient – à tort — que le VIH/sida peut être diagnostiqué lors d’un simple examen médical a considérablement augmenté depuis 2003 (passant de 8 p. 100 à 17 p. 100).
Les hommes gais demeurent aux yeux des Canadiens le principal groupe affecté par le VIH/sida, suivis des consommateurs de drogue par injection. Les résultats laissent entendre que les Canadiens sont maintenant un peu plus conscients qu’en 2003 que le VIH/sida peut affecter n’importe qui. En particulier, les Canadiens sont de plus en plus conscients du fait que les jeunes Canadiens constituent un groupe à risque de contracter le VIH/sida; ils affirment aussi que les jeunes femmes risquent de plus en plus de contracter le VIH. En outre, ils ne sont qu’une minorité à penser que le VIH/sida est surtout une maladie du tiers monde ou qui affecte les homosexuels ou les toxicomanes (et la proportion de ceux qui sont de cet avis a baissé depuis 2003). Une majorité écrasante de Canadiens pensent que le VIH/sida demeure un problème assez ou très sérieux au Canada de nos jours. Néanmoins, ils qualifient majoritairement de faible leur propre risque de contracter le VIH.
Comme en 2003, la majorité des Canadiens disent avoir eu une vie sexuelle active au cours des 12 derniers mois. Une forte majorité de ces personnes n’ont eu qu’un seul partenaire. À peu près le tiers des Canadiens disent avoir subi un test de dépistage du VIH (autrement que pour des raisons d’assurance, de don de sang et de participation à une recherche), chiffre en légère hausse depuis 2003.
La proportion de Canadiens qui connaissent ou ont connu une personne atteinte du VIH/sida demeure à peu près inchangée depuis 2003, à 37 p. 100. Plus de la moitié de ceux qui connaissent ou ont connu quelqu’un ayant le VIH/sida pensent que le fait de le savoir n’a pas eu d’influence, ou très peu, sur leur comportement envers cette personne. Ceux qui déclarent un changement de comportement sont moins susceptibles qu’en 2003 de qualifier celui-ci de négatif à l’égard des personnes dont ils savent qu’elles ont le VIH/sida, et plus portés à qualifier ce changement de positif (sous forme de plus de sympathie, d’une plus grande sensibilisation au VIH/sida ou d’une aide accrue envers les personnes concernées). En outre, la majorité des Canadiens pensent qu’ils réagiraient avec compassion s’ils apprenaient qu’une personne de leur connaissance a contracté le VIH/sida, bien qu’ils seraient encore plus compatissants s’il s’agissait d’un bon ami plutôt que d’un collègue ou d’un élève qui fréquente la même école que leur enfant.
Même si la majorité des Canadiens se pensent très disposés à venir en aide à quelqu’un de leurs connaissances qui aurait contracté le VIH/sida, leurs niveaux de tolérance envers les gens qui ont le VIH/sida ont en fait baissé depuis 2003. Moins de six Canadiens sur dix sont d’avis que les personnes qui ont le VIH/sida devraient pouvoir servir le public en qualité de coiffeur ou coiffeuse et environ le tiers seraient prêts à leur permettre d’exercer la profession de dentiste. En outre, plus de la moitié de la population canadienne se sentirait assez ou très mal à l’aise si un bon ami ou un membre de la famille fréquentait une personne atteinte du VIH/sida et près du quart seraient mal à l’aise de travailler dans un bureau où quelqu’un a attrapé le VIH/sida. Malgré que la majorité des Canadiens se croient renseignés sur la transmission du VIH/sida, la moitié seraient mal à l’aise, au restaurant, de boire dans un verre qu’a déjà utilisé une personne ayant le VIH/sida et près de trois sur dix se sentiraient mal à l’aise de porter un chandail qu’une personne qui a le VIH/sida a déjà porté.
Toutefois, seule une minorité de répondants avouent qu’ils ne pourraient pas devenir ou demeurer amis avec quelqu’un qui a le VIH/sida ou pensent que les personnes qui attrapent le VIH/sida à cause de leur comportement sexuel ou de la consommation de drogue ont ce qu’elles méritent (la majorité n’est pas prête à blâmer les personnes atteintes du VIH/sida). De plus, bien que les Canadiens témoignent de sentiments divergents quant à leur tolérance à l’égard du contact direct avec des personnes qui ont le VIH/sida, ils sont peu nombreux à éprouver des sentiments très négatifs (notamment, crainte, colère ou dégoût) envers les personnes qui ont le VIH/sida.
Le caractère mortel du VIH/sida semble avoir le plus d’effet sur le malaise engendré dans le public par cette maladie. Les autres facteurs qui, selon plus de la moitié des Canadiens, exercent une forte influence sur le malaise que le public peut éprouver comprennent l’association entre le VIH/sida et la consommation de drogue par injection, l’association entre le VIH/sida et le vagabondage sexuel et son association avec l’homosexualité.
La majorité des Canadiens pensent que les personnes atteintes du VIH/sida ont les mêmes droits que les autres en matière de soins de santé, de logement et d’emploi, mais ils sont partagés quant au droit de ces personnes d’avoir une vie sexuelle active. Les Canadiens ne croient pas qu’il faille priver de certains de leurs droits les gens qui ont le VIH/sida afin de protéger la population. Ils sont d’avis que l’intolérance et la stigmatisation associées au VIH/sida ont d’importantes répercussions sur les personnes atteintes de la maladie; la majorité des Canadiens pensent que ces personnes ne sont pas disposées à dire aux autres qu’elles ont le VIH/sida; plus de la moitié pensent que les gens qui ont le VIH/sida éprouvent de la difficulté à obtenir un logement, des soins de santé ou un emploi, et quatre sur dix sont d’accord pour dire que les gens ne sont pas prêts à subir un test de dépistage du VIH à cause de la stigmatisation associée à cette maladie.
La majorité des Canadiens estiment que les personnes qui ont le VIH/sida devraient assumer la responsabilité de protéger les autres contre leur maladie et qu’elles ont l’obligation d’informer les autres de leur état.
Les articles de journaux et la télévision en général sont pour les Canadiens les deux principales sources d’information récente sur le VIH/sida. Interrogés quant à savoir ou ils s’adresseraient aujourd’hui pour obtenir de l’information sur le VIH/sida, la majorité des Canadiens mentionnent Internet puis les médecins, d’autres professionnels de la santé ou les livres et les bibliothèques. En ce qui a trait aux moyens efficaces de communiquer aux gens de l’information sur le VIH/sida, les Canadiens répondent le plus souvent par les messages d’intérêt public à la télévision, suivis par les dépliants ou dossiers d’information envoyés au domicile des gens, les messages d’intérêt public dans les journaux et les messages d’intérêt public à la radio. Comme en 2003, les Canadiens ne sont qu’une minorité (un peu plus du tiers) à être au courant d’une initiative globale du gouvernement fédéral touchant le VIH/sida.
Pour les Canadiens, leur médecin de famille ou un autre professionnel de la santé est la source d’information sur le VIH/sida la plus digne de confiance (impression qui s’est encore accrue depuis 2003), suivie par l’ASPC ou un pharmacien. Ils sont un peu plus de la moitié à considérer le gouvernement fédéral comme une source digne de confiance, et à peu près la même proportion à juger qu’une personne atteinte du VIH/sida est une source très digne de confiance. Ils sont beaucoup moins prêts à accorder leur confiance à une clinique anonyme qu’à leur médecin de famille ou, même, à un pharmacien. Alors que les jeunes sont les plus susceptibles de mentionner l’école comme leur principale source d’information sur le VIH/sida, ils ne considèrent pas un enseignant ou un conseiller scolaire comme sources d’information très dignes de confiance.
Les Canadiens se sentiraient le plus à l’aise de se renseigner sur le VIH/sida auprès de leur médecin de famille, d’un autre professionnel de la santé ou d’un pharmacien, sources qui sont également mentionnées comme les plus dignes de confiance.
Vue d’ensemble
Malgré des niveaux de connaissance élevés, il y a des lacunes importantes en ce qui concerne la transmission du VIH/sida, son diagnostic et ses effets sur la santé. Alors que les hommes gais et les consommateurs de drogue par injection sont tenus pour être les groupes les plus à risque d’infection, les Canadiens semblent être de plus en plus conscients du fait que le VIH/sida peut affecter n’importe qui et que, en particulier, les jeunes sont de plus en plus à risque.
Bien que les Canadiens se croient disposés à soutenir une personne atteinte du VIH/sida, leurs niveaux de tolérance ont quelque peu diminué. Même s’ils appuient les droits des personnes atteintes du VIH/sida en matière de soins de santé, de logement et d’emploi, un grand nombre de Canadiens ne seraient pas à l’aise de voir quelqu’un qui a le VIH/sida exercer auprès du public une profession comme celle de dentiste. Beaucoup se sentiraient également mal à l’aise, au restaurant, de boire dans un verre qu’une personne qui a le VIH/sida a déjà utilisé, ce qui laisse entendre qu’ils ne sont pas tout à fait convaincus quant aux modes de transmission. Les Canadiens appuient les droits des gens qui ont le VIH/sida et pensent que ces personnes subissent des répercussions négatives en raison de la stigmatisation associée à cette maladie. Les résultats montrent que, en théorie, les Canadiens sont tolérants et à l’aise avec les gens qui ont le VIH/sida mais qu’ils ne le sont pas toujours en pratique.
Le caractère mortel du VIH/sida semble avoir le plus d’effet sur le malaise du public à l’égard de cette maladie, suivi par l’association entre le VIH/sida et la consommation de drogue par injection, le vagabondage sexuel ou l’homosexualité.
Si les journaux et la télévision demeurent les principales sources d’information sur le VIH/sida, les Canadiens sont de plus en plus susceptibles de citer également comme source Internet. En outre, les Canadiens sont davantage portés à consulter Internet, un médecin ou un autre professionnel de la santé lorsqu’ils recherchent de l’information sur le VIH/sida. Le médecin de famille ou un autre professionnel de la santé, l’ASPC ou un pharmacien sont les sources d’information les plus dignes de confiance aux yeux des Canadiens et celles avec lesquelles ils sont le plus à l’aise.
Pour partager cette page, veuillez cliquez sur le réseau sociale de votre choix.