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Même si l'épidémie de VIH/sida n'est pas nécessairement grave dans toutes les provinces et dans tous les territoires du Canada, on peut affirmer avec certitude qu'elle le sera à l'avenir. Dans certaines provinces et certains territoires affichant un faible nombre de nouveaux cas d'infection au VIH. Par exemple, l'incidence d'infection transmise sexuellement laisse croire à l'existence de pratiques sexuelles dangereuses qui accroissent le risque d'infection au VIH. Dans certaines communautés ainsi que dans les centres correctionnels fédéraux et provinciaux, la prévalence de l'usage de drogues par injection et de l'hépatite C illustre également le risque d'infection au VIH.
Rien ne permet de garantir que la décennie d'incidence décroissante se poursuivra à l'avenir.
Au Canada, toutes les provinces et tous les territoires ont réagi à l'épidémie du VIH/sida, et la plupart se sont dotés de bases solides pour faire face à l'épidémie actuelle et y réagir à l'avenir, le cas échéant. Dans la majorité des cas, on a établi une stratégie exhaustive, solide et réfléchie en vue d'orienter les intervenants. Certaines disposent de structures officielles pour la gestion de la politique et des activités sur le VIH/sida tandis que d'autres les gèrent de manière moins structurée, mais non moins efficace.
Toutes les provinces et tous les territoires assurent un contrôle de l'épidémie et tentent d'améliorer leurs systèmes de surveillance et de reddition de comptes. Les systèmes de santé publique s'efforcent de veiller à ce que les partenaires soient notifiés et de tenir des activités de sensibilisation au VIH/sida et à la santé en matière de sexualité dans leurs écoles et auprès des populations à risque. Les provinces et territoires intègrent le dépistage du VIH à leurs programmes de dépistage prénatal respectifs et peuvent assurer un dépistage nominatif, non nominatif et, parfois, anonyme.
De plus, toutes les provinces et tous les territoires misent sur des projets et des organismes (dont certains, dans quelques provinces, bénéficient d'un financement non pas provincial ou territorial, mais bien fédéral) afin de réduire la vulnérabilité et les préjudices et de fournir des soins et du soutien. Dans bon nombre de cas, la responsabilité incombe aux autorités de santé locales et, dans bon nombre de provinces ou territoires, les administrations municipales participent activement aux efforts de lutte contre l'épidémie. À certains endroits, les divers intervenants gouvernementaux et communautaires travaillent ensemble à définir les priorités et à affecter les ressources. Il arrive aussi que les intervenants s'efforcent de trouver des moyens de dépasser les obstacles qui minent actuellement les efforts pour offrir un éventail uniforme de services et de soutien aux Autochtones.
Le traitement et les médicaments sont disponibles pratiquement partout au Canada et des mécanismes sont en place pour veiller à ce que les médecins aient accès aux conseils et au soutien dont ils ont besoin pour dispenser des soins de qualité. Cela signifie que toute personne -- y compris les personnes marginalisées -- bénéficie de bons soins, qu'elle se trouve en milieu urbain ou rural ou encore en région éloignée. Le problème n'ayant été résolu nulle part a trait à la réticence d'un grand nombre de petites communautés à reconnaître qu'il y a un problème et à prendre des mesures de sensibilisation et de prévention.
De plus, à la lumière de deux décennies d'expérience, on s'entend sur les mesures qui s'imposent pour lutter efficacement contre l'épidémie, comme les régimes de traitement particulier, les partenariats communautaires, les services culturellement adaptés, les efforts de prévention ciblés à long terme, la diversité d'initiatives de réduction des méfaits, l'accent sur les populations à risque et les efforts pour lutter contre la stigmatisation des personnes infectées par le VIH. La plupart comprennent également l'importance que revêt l'adoption d'un modèle de santé de la population et d'un cadre des droits de la personne pour la prévention efficace et à long terme de l'infection au VIH.
On ne pourrait affirmer, toutefois, que ce modèle ou ce cadre de travail est en place partout au Canada, ou que toutes les administrations agissent à la lumière des connaissances dont elles disposent. Les intervenants du VIH/sida ont mis l'accent sur le besoin d'avoir un style de leadership progressif, une sensibilisation publique accentuée et plus de ressources pour combler le vide là où le modèle n'existe pas.
Les portraits provinciaux et territoriaux, le portrait national et les informateurs clés du projet permettent tous de cerner des moyens de miser sur les fondations solides existantes en vue de renforcer les efforts du Canada pour contrer l'épidémie de VIH/sida.
D'abord, il faut déployer des efforts en vue de sensibiliser le public, lui faire comprendre que la situation est préoccupante et de « veiller à remettre le VIH/sida sur la place publique ». On pourrait, par exemple, lancer des campagnes nationales de sensibilisation et d'éducation, et assurer une diffusion plus étendue et plus rapide des données de surveillance et de l'information épidémiologique. On pourrait aussi déployer des efforts en vue d'intégrer le VIH/sida aux campagnes relatives à d'autres agents pathogènes à diffusion hématogène et aux infections transmissibles sexuellement, même si une telle approche comporte sa part d'avantages et d'inconvénients. Cette approche permettrait, au moins, d'inscrire le VIH/sida dans le contexte plus large de la santé publique, voire de la santé de la population.
Deuxièmement, il est nécessaire de continuer à accroître l'engagement politique et le leadership pour faire face à l'épidémie de façon vigoureuse et exhaustive. L'engagement politique et le leadership sont essentiels pour :
Troisièmement, la sensibilisation du public et les dépenses gouvernementales au Canada doivent passer du traitement des maladies à la santé de la population, de la technologie médicale au bien-être des enfants, et des traitements palliatifs à court terme aux solutions durables. Les efforts pour promouvoir la santé de la population -- par exemple, en mieux protégeant les enfants contre la violence ou en offrant des logements adéquats -- sont essentiels à la prévention des infections au VIH dans l'avenir.
Il n'y a toujours pas de remède pour le VIH/sida, pas de vaccin pour prévenir l'infection ou de façon de garantir le comportement sécuritaire chez les personnes actuellement infectées. Le contrôle de l'épidémie exige donc que l'on déploie des efforts pour s'attaquer aux causes profondes de la vulnérabilité au VIH, notamment la pauvreté et la discrimination. Voilà un défi de taille, qui supposera un changement de cap auquel les gouvernements échappent depuis de nombreuses années déjà. Toutefois, ce changement est absolument essentiel si le Canada veut parvenir à surmonter le problème et régler d'autres épidémies.
Quatrièmement, la gestion efficace de l'épidémie exigera qu'on déploie des efforts continus pour bénéficier des mécanismes de coopération existants et des partenariats plus efficaces entre les gouvernements et entre les secteurs, à des fins de planification, d'exécution et de financement des programmes. Cela suppose qu'on renforce et qu'on stabilise les organismes communautaires, lesquels éprouvent actuellement de la difficulté à faire face à une clientèle et à des besoins toujours croissants, ainsi qu'à un éventail de plus en plus large de problèmes. Cela suppose aussi qu'on déploie des efforts pour lutter plus efficacement contre l'épidémie au sein de la population autochtone, notamment en luttant contre les préjugés qui persistent dans les petites localités, en surmontant les attitudes prudentes à l'égard de l'éducation en matière de santé sexuelle et en réglant les problèmes des administrations qui dispensent des services selon le lieu de résidence.
Le VIH/sida est une maladie complexe qui évolue constamment. Au cours des dernières décennies, les gouvernements au Canada ont établi des bases solides pour lutter contre la maladie et l'épidémie. Toutefois, la détermination à ce niveau s'est atténuée avec le temps, lorsque de nouvelles priorités sont apparues. Pour que les Canadiens luttent efficacement contre l'épidémie de VIH/sida, il faut renouveler notre engagement à agir au moyen de partenariats, partout au Canada.