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Rapport sur la réponse des gouvernements à l'épidémie de VIH/sida au Canada

Un Portrait national

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3. Portraits fédéral, provinciaux et territoriaux sur le VIH/sida

3.10 Île-du-Prince-Édouard

Points saillants des activités de surveillance

En vertu d'une entente conclue par les deux administrations, on a inclus les données de surveillance de l'Île-du-Prince-Édouard à celles de la Nouvelle-Écosse afin de protéger la confidentialité. Voici les points saillants de ces données :

  • À l'Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse, le nombre de personnes infectées par le VIH/sida est relativement peu élevé et considérablement inférieur à ce qu'il était au milieu des années 1990. En 1995, par exemple, il y avait 32 cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, comparativement à 16 en 2002 et à quatre en 2003.

  • jusqu'au 31 décembre 2003, 74 % des cas de sida concernaient la catégorie des HRSH. Les HRSH constituaient également l'un des quatre cas d'infection au VIH nouvellement déclarés en 2003 et neuf des 16 cas déclarés en 2002.

  • En 2003, on a recensé deux cas d'infection au VIH nouvellement déclarés dans la catégorie d'exposition des UDI. En 2002, il n'y avait eu aucun cas dans cette catégorie d'exposition.

Nouvelle-ƒcosse et ële-du-Prince-ƒdouard

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1995
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année 2 5 3 7 32
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 300 298 293 290  
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe          
Homme 2 5 3 6 30
Femme 0 0 0 1 2
Nombre total de cas de sida déclarés,
selon la catégorie d'exposition
Jusqu'au
31 déc. 2003
       
HRSH 223        
HRSH/UDI 8        
UDI 14        
Sang/Produits sanguins 20        
Pays endémiques 9        
Contact hétérosexuel/ARS 24        
ARS 2        
Infection à VIH
Nombre total de cas de VIH déclarés 4 16 15 16 32
Cas de VIH déclarés, selon le sexe Jusqu'au
31 déc. 2003
       
Hommes 534        
Femmes 80        
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 1 9 2 4  
HRSH/UDI 0 0 0 1  
UDI 2 0 5 1  
Contact hétérosexuel 0 1 0 6  
VIH/sida - Pays endémiques 1 2 2 2  
ARS/ARS-hétérosexuel/Autre 0 2 2 5  
Récepteur de facteurs de coagulation 0     1  
Périnatale 0 1      


Organisation

L'Île-du-Prince-Édouard compte peu d'habitants (135 300) et de personnes vivant avec le VIH/sida, ces deux situations contribuant à ne pas alerter le public quant à l'épidémie. Sa stratégie de lutte contre le VIH/sida a été élaborée il y a dix ans et n'a pas été mise à jour depuis lors. Les agents des Communicable Diseases and Immunization Programs (programmes de vaccination contre les maladies transmissibles) de l'Office of the Chief Health Officer (bureau de l'agent de la santé en chef), ministère de la Santé et des Services sociaux, sont responsables de la politique et de la coordination des activités liées au VIH/sida, parmi d'autres responsabilités. Quatre autorités de santé régionales (West Prince Health, East Prince Health, Queens Health, Kings Health) et l'autorité provinciale des services de santé ont reçu le mandat de fournir tous les services et soutiens en santé.

Un seul organisme communautaire se consacre à la lutte contre le VIH/sida. Il s'agit d'AIDS PEI. C'est un organisme de bienfaisance enregistré qui, à ses débuts, était un groupe de soutien communautaire pour les personnes vivant avec le VIH/sida. Actuellement, il exploite un bureau des conférenciers et une banque d'aliments, distribue des information et des préservatifs, et administre un fonds d'urgence et d'entretien de la santé. Il a également participé à trois projets de lutte contre l'hépatite C. La province ne subventionne pas AIDS PEI, mais l'organisation reçoit environ 110 000 $ chaque année en fonds d'exploitation et quelque 35 000 $ du PACS pour financer ses projets.

La clientèle d'AIDS PEI est demeurée stable pendant dix ans, mais au cours de la dernière année, elle a doublé. L'organisation estime que beaucoup de personnes vivant avec le VIH/sida à l'Île-du-Prince-Édouard n'accèdent pas à ses services, peut-être pour des raisons de confidentialité. D'autres organisations, comme celles qui viennent en aide aux toxicomanes, jouent un certain rôle dans l'effort provincial visant à enrayer l'épidémie.

Coordination et coopération

AIDS PEI jouit d'une relation solide de travail avec le bureau régional du PACS. Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard n'a pas créé de comité interministériel qui s'occuperait des enjeux liés au VIH/sida, mais des représentants de différents ministères siègent dans divers comités d'AIDS PEI. À l'instar des autres provinces de l'Atlantique, l'Île-du-Prince-Édouard fait partie du comité FPT régional de l'Atlantique sur le sida. Ce comité réunit des représentants des gouvernements provinciaux et fédéral dans le but d'assurer une collaboration interprovinciale et de compenser le petit nombre d'employés, dans chaque administration, qui participent directement à l'élaboration des politiques et des programmes liés au VIH/sida. Présentement, le comité ne compte pas de représentants d'organismes communautaires.

Le comité travaille en étroite collaboration avec les responsables de diverses initiatives de prévention et s'efforce d'adopter une approche commune de réduction des méfaits. Il organise présentement une conférence sur cette question et envisage de faire appel à divers partenaires non traditionnels, comme les pharmaciens de la région. Il espère également explorer d'autres modèles de financement qui regrouperaient des fonds fédéraux et provinciaux. Récemment, le comité a fait l'ébauche d'un plan de travail et d'action pour 2004-2005, et il est en train de déterminer des échéanciers et les besoins en ressources de chaque activité.

Tableau 4, plan de travail/d'action 2004-2005 du comité FPT régional de l'Atlantique sur le sida (ébauche)

Objectif Mesure ou Activités Indicateurs ou Extrants
Sensibiliser la population aux initiatives de réduction des méfaits et aux problèmes que vivent les personnes qui s'injectent des drogues dans la région de l'Atlantique. Diffuser de l'information (p. ex., nouvelles recherches, pratiques exemplaires) provenant d'organismes communautaires et des gouvernements fédéral et provinciaux par l'entremise de la liste maîtresse des intervenants qui s'occupent des UDI. Les secteurs de la région de l'Atlantique partagent les résultats de nouvelles recherches et des pratiques exemplaires pertinentes.
Partager l'information sur la réduction des méfaits et les problèmes que vivent les personnes qui s'injectent des drogues au cours de téléconférences et de réunions FPT. Des membres des gouvernements FPT partagent de l'information sur des initiatives pertinentes au cours de réunions et dans le cadre de téléconférences trimestrielles.
Créer un comité d'intervenants multisectoriels pour organiser et planifier une conférence régionale sur la réduction des méfaits. Le comité multisectoriel est mis en oeuvre.
La conférence sur la réduction des méfaits est organisée.
Tenir une conférence régionale sur la réduction des méfaits. On tient une conférence régionale sur la réduction des méfaits.
Faire en sorte que le gouvernement fédéralet les gouvernements provinciaux accordent plus d'importance à la réduction des méfaits et aux problèmes des UDI dans la région de l'Atlantique Séances d'information coordonnées et plus fréquentes sur la réduction des méfaits et les problèmes que vivent actuellement les UDI dans les ministères fédéraux et provinciaux. De façon coordonnée, on informeles sous-ministres et le directeur général régional de Santé Canada au sujet de questions liées à la réduction des méfaits et aux UDI.
Collaborer/dialoguer davantage avec d'autres directions générales de Santé Canada et ministères provinciaux de la Santé afin de présenter des informations et des preuves importantes aux cadres supérieurs du gouvernement. Des informations importantes sur la réduction des méfaits et les UDI est partagée parmi les cadres supérieurs des gouvernements fédéral et provinciaux.
Accroître et soutenir le partage de l'information et l'élaboration de connaissances sur la réduction des méfaits et les UDI dans la région de l'Atlantique Effectuer une analyse environnementale ou dresser le profil des UDI dans la région de l'Atlantique. Analyse effectuée.
Élaborer et mettre à l'essai des outils de collecte de données normalisés pour les programmes d'échange de seringues dans la région de l'Atlantique. Un groupe composé de plusieurs intervenants crée un outil de collecte de données normalisé pour les programmes d'échange de seringues et le met à l'essai.
Dresser la liste des intervenants qui s'occupent de la réduction des méfaits dans la région de l'Atlantique. Un répertoire des intervenants qui s'occupent de la réduction des méfaits dans l'Atlantique est créé.
Nouer des liens avec des établissements correctionnels dans la région de l'Atlantique. On a noué des liens avec des établissements correctionnels.


L'ASPC a également affecté l'un de ses agents de surveillance sur le terrain à l'Île-du-Prince-Édouard et à la Nouvelle-Écosse, afin qu'il facilite la collecte et l'analyse des données de surveillance.

Dépistage, prévention, soins et traitement

Bien que l'Île-du-Prince-Édouard s'appuie sur une « culture d'altruisme » solide, les personnes vivant avec le VIH/sida y font toujours l'objet d'une stigmatisation et d'une discrimination considérables. Par conséquent, la confidentialité est toujours un enjeu important, et on a laissé entendre qu'il « n'est pas facile d'avoir le VIH à l'Île-du-Prince-Édouard » à cause de ces problèmes. En général, les personnes reçoivent de l'aide d'une façon non structurée. La culture d'altruisme, par exemple, a fait en sorte que le ministère provincial de la Santé profite de la souplesse des politiques et des programmes provinciaux pour dispenser des soins et de l'aide à des personnes qui, autrement, seraient peut-être incapables d'accéder aux soins et aux traitements nécessaires contre le VIH/sida.

À l'Île-du-Prince-Édouard, on peut subir un test nominal et un test non nominal en s'adressant à son médecin. Le dépistage anonyme n'est pas offert et on n'a pas établi de politiques concernant le dépistage prénatal du VIH. Ce test est administré à la discrétion de la patiente et de son médecin. Des problèmes relatifs à la confidentialité compromettraient les efforts visant à promouvoir l'établissement d'un dépistage plus exhaustif du VIH.

Les personnes vivant avec le VIH/sida peuvent recevoir des traitements sur l'Île, mais elles peuvent également se rendre à Moncton ou à Halifax pour obtenir des services plus spécialisés. Dans certains cas, le ministère de la Santé et des Services sociaux peut fournir une aide financière aux personnes qui quittent la province pour obtenir de tels traitements. De plus, le ministère paie les médicaments requis pour autant qu'ils figurent sur le formulaire provincial.

Il n'y a pas de clinique de santé sexuelle sur l'Île-du-Prince-Édouard. Les cours de santé sexuelle ne sont offerts qu'en neuvième année pour les jeunes et les familles qui souhaitent y participer.

Connaissances

Le bureau régional du PACS s'efforce de partager ses connaissances avec la province et les organismes communautaires qui essaient d'enrayer l'épidémie. À cette fin, le bureau peut entre autres les informer des possibilités de financement qui s'offrent à eux, des résultats de récentes études concernant l'épidémie et de pratiques exemplaires de lutte contre l'épidémie.

Renforcement des efforts

Des informateurs clés ont suggéré de prendre les mesures suivantes pour renforcer les activités provinciales de lutte contre l'épidémie :

  • s'employer activement à sensibiliser le public au VIH/sida, à l'éduquer sur les questions relatives à la transmission, à la prévention et à la réduction des méfaits, et à réduire la stigmatisation et la discrimination;

  • accroître la collaboration entre les organismes communautaires et le gouvernement provincial;

  • consacrer plus de ressources et de financement à la prévention des maladies transmissibles;

  • améliorer l'accessibilité au dépistage, aux traitements et aux soins afin que les gens aient moins besoin de quitter l'Île pour les obtenir.

 

3.11 Terre-Neuve-et-Labrador

Points saillants des activités de surveillance

  • À Terre-Neuve-et-Labrador, il y a eu 11 cas d'infection à VIH nouvellement déclarés en 2003 par rapport à un en 2002, à cinq en 2001, à trois en 2000 et à sept en 1995. Avant 2003, presque tous ces cas étaient attribuables à la catégorie d'exposition des HRSH. En 2003, cependant, cinq des 11 cas faisaient partie de cette catégorie d'exposition, et cinq autres découlaient d'un contact hétérosexuel.

  • Neuf des 11 cas nouvellement déclarés en 2003 concernaient des hommes.

  • Il y a très peu de cas de sida nouvellement diagnostiqués. En 2003, par exemple, on n'en a diagnostiqué qu'un seul, même si on en a diagnostiqué 88 depuis 1985. Au total, 80 % de ces cas concernaient des hommes, et 20 %, des femmes.

Terre-Neuve-et-Labrador105

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1995
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année 1 1 3 2 6
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 88 87 86 83 59
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe
Homme 1 1 3 2 6
Femme 0 0 0 0 0
Cas de sida nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 1 1 3 1 2
UDI 0     1  
HRSH/UDI 0       1
Produits sanguins 0       1
Contact hétérosexuel 0       1
Aucun risque signalé 0       1
Décès reliés au sida s.o. 0 0 4 10
Infection à VIH
Nombre total de cas de VIH déclarés 11 1 5 3 7
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 5 1 4 2 4
UDI 1 0 0 1 0
Contact hétérosexuel 5 0 1 0 1
VIH/sida - Pays endémiques 2 0 0 0 0
Aucun risque signalé 0 0 0 0 2
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon le sexe
Hommes 9 1 5 3 5
Femmes 2 0 0 0 2
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés,
selon l'âge
Cumulatif
jusqu'à 2003
       
0 à 14 ans 8        
15 à 19 ans 11        
20 à 29 ans 89        
30 à 39 ans 83        
40 à 49 ans 20        
50 à 59 ans 6        
60 ans et plus 1        
Âge non spécifié 4        
Total 222        


Organisation

En 1993, le gouvernement de Terre-Neuve- et-Labrador a réagi à l'épidémie en publiant un rapport intitulé « Towards the Development of a Comprehensive HIV/AIDS Strategy for Newfoundland and Labrador ». Utile à l'époque pour donner une orientation et sensibiliser les gens, le document est maintenant dépassé, et on travaille actuellement à une nouvelle stratégie, qui devrait être prête à l'automne 2004. Le comité directeur responsable d'élaborer la nouvelle stratégie est composé d'un groupe d'intervenants représentatif.

Le ministère de la Santé et des Services communautaires est responsable des questions stratégiques et intergouvernementales, de diverses activités de surveillance et d'autres activités pertinentes, alors que les conseils régionaux de la santé sont responsables d'offrir des services et des programmes relatifs au VIH/sida. Contrairement à d'autres administrations, il n'y a pas de bureau spécifique responsable des questions liées au VIH/sida, vu le petit nombre de cas à Terre-Neuve-et-Labrador.

En général, le public n'est pas très préoccupé par le VIH/sida, là encore parce que peu de gens y sont infectés ou directement touchés. Essentiellement, l'épidémie n'intéresse pas le public, comme en témoigne la diminution du nombre de personnes qui participent à la marche annuelle pour le sida.

La province n'alloue spécifiquement pas de fonds pour le VIH/sida; elle inclut plutôt ces ressources dans son budget pour les services de santé. Elle verse environ 9 000 $ chaque année à un organisme de services liés au sida à St. John's pour l'aider à assurer le fonctionnement d'une ligne téléphonique d'information gratuite. L'organisme obtient la majeure partie de son financement par l'entremise du Programme d'action communautaire sur le sida de l'ASPC et de campagnes de financement. Cependant, il ne compte que trois employés, même s'ils doivent assumer certaines responsabilités en matière d'éducation sur l'hépatite C grâce à des fonds supplémentaires fournis dans le cadre du programme fédéral sur l'hépatite C. L'organisme gère également un petit programme d'échange de seringues.

Coordination et collaboration

La stratégie de 1993, envisageait la création d' un comité interministériel responsable de l'administration de la stratégie. Ce comité n'a jamais été formé, bien qu'on ait établi au besoin des comités spéciaux à des fins spécifiques. Au sein du comité directeur, plusieurs organismes collaborent en supervisant l'élaboration de la nouvelle stratégie. Ce comité regroupe des représentants de divers ministères du gouvernement provincial, d'organismes communautaires et de groupes de consommateurs.

Le gouvernement, les organismes communautaires et les autorités de santé gardent des liens étroits et communiquent ouvertement et fréquemment en partie :

  • à cause du nombre relativement bas d'habitants et de la nature cohésive de la province;

  • grâce à l'engagement de personnes qui travaillent au gouvernement et dans la collectivité qui sont le plus directement responsables des questions liées au VIH/sida.

Le ministère de la Santé et des Services communautaires et l'AIDS Committee of Newfoundland and Labrador (ACNL) (comité sur le sida de Terre-Neuve-et-Labrador) ont proposé conjointement l'initiative actuelle, qui vise à élaborer une nouvelle stratégie de lutte contre le VIH/sida. Des représentants des conseils régionaux de la santé siègent au ACNL. Un représentant du ministère provincial de la Santé et des Services communautaires fait partie du comité FPT national sur le sida et du comité FPT régional de l'Atlantique sur le sida.

Il existe également des liens, officiels aussi bien qu'officieux, entre les activités relatives au VIH/sida de la province et ses autres initiatives sanitaires et sociales.

Dépistage, prévention, soins et traitement

Quatorze conseils régionaux de la santé dispensent la grande majorité des services de santé et des services communautaires dans la province de Terre-Neuve-et-Labrador. Les services varient d'un conseil à l'autre et dépendent, premièrement, du besoin, et, deuxièmement, du fait que le conseil dirige des services communautaires ou institutionnels. En général, les services liés au VIH/sida sont dispensés dans le cadre de l'ensemble des services de santé y compris certains conseils consacrant beaucoup plus d'attention à l'épidémie que d'autres. La Health Care Corporation of St. John's, par exemple, offre des cliniques spéciale pour les personnes vivant avec le VIH/sida en partie à cause de son rôle en tant que centre de soins tertiaires. Toutefois, grâce à la politique du ministère de la Santé et des Services communautaires, on réussit à établir une certaine uniformité entre les régions.

En général, les efforts d'éducation de la province visent le grand public, même si certains conseils de la santé ciblent des groupes spécifiques. La province dispose d'un régime d'assurance-médicaments provincial qui couvre les produits pharmaceutiques liés au VIH/sida. De plus, toutes les femmes enceintes peuvent se prévaloir du dépistage prénatal du VIH, selon un modèle de renoncement volontaire, et c'est ce que font 90 % d'entre elles. On s'inquiète quelque peu du fait que ce dépistage n'est pas toujours précédé et suivi de conseils comme on l'avait prévu.

Connaissances

Comme dans d'autres administrations, on recueille régulièrement des données épidémiologiques et on les transmet à l'ASPC. On apporte une contribution spécifique à d'autres recherches sur le sida par l'entremise de l'Université Memorial de Terre-Neuve.

Renforcement des efforts

Des informateurs clés de Terre-Neuve-et-Labrador ont suggéré de prendre les mesures suivantes pour renforcer les efforts de la province dans la lutte contre le VIH/sida :

  • fournir des renseignements supplémentaires par l'entremise du système scolaire;

  • compléter la nouvelle stratégie provinciale et la mettre en application;

  • fournir aux organismes de services liés au sida, y compris au Native Friendship Centre de Goose Bay, les ressources nécessaires pour joindre les communautés isolées comme celles du Labrador.

3.12 Nunavut, Territoires du Nord-Ouest (T.N.-O.) et Yukon106

Points saillants des activités de surveillance

  • Dans ces trois administrations, peu de gens vivent avec le VIH/sida. Au total, il n'y a eu que deux cas de séropositivité déclarés au Nunavut, 36 aux Territoires du Nord-Ouest et 37 au Yukon. Cependant, ces administrations comptent très peu d'habitants.

Tableau 5, population du Nunavut, des T.N.-O. et du Yukon, 2001107

  Nunavut Territoires du Nord-Ouest Yukon
Population totale 26 745 37 360 28 675
Population totale, âgée de 15 ans et plus 16 820 27 250 22 640

  • Les deux cas au Nunavut ont été diagnostiqués en 2002 et en 2003. Les Territoires du Nord-Ouest n'ont déclaré qu'un seul nouveau cas de séropositivité en 2002 et en 2003, alors que le Yukon en a déclaré trois en 2002 et quatre en 2003.

  • Le rapport homme/femme pour ce qui est de l'infection au VIH, pour la période de novembre 1985 à décembre 2003, est de 2 : 1 au Yukon, de 5 : 1 aux Territoires du Nord-Ouest, et de 6 : 1 au Canada dans son ensemble108. Les deux cas déclarés au Nunavut concernent des hommes.

  • Au Yukon, on a déclaré six cas de sida, tandis qu'aux Territoires du Nord-Ouest, on en a déclaré 17, et au Nunavut, aucun109.

 

Nunavut

Indicateur Année110
2003 2002 2001 2000
Cas de sida
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 0 0 0 0
Infection à VIH
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés 1 1 0 0

 

Territoires du Nord-Ouest

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1995
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés 0 0 0 0 3
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 17 17 17 14 11
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe
Homme 0 0 0 0 2
Femme 0 0 0 0 1
Infection à VIH
Nombre total de cas de VIH déclarés 1 1 2 0 0
Cas d'infection à VIH déclarés, de 1987 à 2004 2003 1987-2003 (36 cas)  
Cas d'infection à VIH déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 0 16
HRSH/UDI 0 2
UDI 0 6
Contact hétérosexuel 0 8
Périnatale 0 2
Produits sanguins 0 1
Hétérosexuel ou VIH - Pays endémiques 1 1
Cas d'infection à VIH déclarés, selon le sexe
Hommes   30
Femmes   6
Cas d'infection à VIH déclarés, selon l'âge
Moins de 15   2
20 à 29   7
30 à 39   16
40 à 49   9
50 et plus   2

 

Yukon

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1995
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année 0 2 0 2 2
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 6 6 4 4 --
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe
Homme 0 0 0 1 2
Femme 0 2 0 1 0
Infection à VIH
Nombre total de cas de VIH déclarés 4 3 4 5 1
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 0 0 0 0 --
HRSH/UDI 0 0 0 1 --
UDI 2 1 2 4 --
Contact hétérosexuel 2 1 0 0 --
VIH/sida - Pays endémiques 0 0 0 0 --
ARS/ARS - Hétérosexuel/Autre 0 1 2 0 --
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon le sexe 1985-2003    
Homme 27    
Femme 13    


Organisation

La caractéristique qui définit l'épidémie au Nunavut, aux Territoires du Nord-Ouest et au Yukon est le nombre bas de personnes vivant actuellement avec le VIH/sida. Toutefois, il y a eu cinq cas de VIH nouvellement déclarés dans les trois administrations en 2003, dont quatre au Yukon. Cette année-là, on n'a déclaré aucun nouveau cas de sida. La situation du Yukon est unique - dans le Nord et au Canada - dans le sens que plus de 32 % des cas d'infection au VIH qui y ont été déclarés depuis 1985 concernent des femmes. Par contre, les femmes aux Territoires du Nord-Ouest ne représentent que 12 % des cas déclarés. Le rapport homme-femme au Yukon pour ce qui est de la séropositivité au VIH est de 2 : 1 comparativement à 5 : 1 aux Territoires du Nord-Ouest, et à 6 : 1 pour le Canada dans son ensemble.

Au milieu des années 1990, les autorités des Territoires du Nord-Ouest ont analysé la possibilité d'établir une stratégie de lutte contre le VIH et sont présentement dans les dernières étapes d'une stratégie visant à prévenir, de façon plus générale, les infections transmissibles sexuellement. Le Nunavut et le Yukon n'ont pas élaboré de stratégie portant spécialement sur le VIH/sida. Ils intègrent plutôt des activités de lutte contre le VIH/sida avec de vastes efforts de santé publique qui portent sur d'autres infections transmissibles sexuellement et pathogènes à diffusion hématogène. Dans les trois administrations, on laisse entendre que cette façon de faire pourrait être plus efficace pour éliminer la menace plus immédiate que représentent les ITS et l'hépatite C, et pour éviter le dédoublement des efforts. De plus, cette approche pourrait mobiliser les gens et leur permettre d'éviter la stigmatisation associée au VIH/sida. Pour ce faire, il faudrait peut-être déployer des efforts de prévention, de soins et de traitement plus adaptés aux petites collectivités.

Le ministère de la Santé de chaque administration confie à son personnel responsable de la santé publique la tâche de surveiller le VIH/sida et de s'occuper des questions qui y sont liées dans le cadre de ses responsabilités globales. Le fait que ces employés aient le même éventail de responsabilités que les grandes unités de santé publique dans les grandes administrations - cerner les épidémies, déterminer les partenaires, informer la population et effectuer des activités de prévention - crée une pression considérable. Étant donné la taille géographique de chaque administration, les communautés ne sont pas vraiment capables de réagir aux infections à diffusion hématogène.

Coordination et collaboration

Aux territoires du Nord-Ouest, les ministères sont plus ou moins sensibilisés au VIH/sida, et des responsables de divers bureaux communautaires et gouvernementaux participent au projet d'élaboration d'une nouvelle stratégie de lutte contre les ITS. Le comité responsable de l'élaboration de la stratégie se compose d'employés des ministères de l'Éducation, de la Culture et de l'Emploi (ECE) et de la Justice, ainsi que d'une organisation pour le statut de la femme de Yellowknife, de groupes communautaires, de jeunes Autochtones, de coordonnateurs du bien-être communautaire et de personnes qui travaillent avec des jeunes vivant dans la rue. Des travailleurs de première ligne du ministère de l'ECE et des écoles participent aux efforts d'éducation liés au VIH/sida.

Les petites populations et l'absence de bureaucratie rigide dans les trois administrations du Nord facilitent la collaboration entre les ministères et les organismes. Par exemple, les employés qui s'occupent de la santé publique ont un accès direct aux gens qui travaillent dans d'autres ministères. De plus, ils bénéficient de relations de travail solides avec des organismes communautaires qui luttent contre le VIH/sida et l'hépatite C, même si ces organismes sont très peu nombreux et que leurs capacités sont limitées. Au Nunavut, par exemple, seule Paktuutit - l'association des femmes inuites - participe à de tels efforts, alors qu'au Yukon, la seule ressource communautaire est la Blood Ties Four Directions Society. Depuis que AIDS Yellowknife a cessé ses activités, il n'y a plus d'organisations semblables aux Territoires du Nord-Ouest.

Des systèmes de rapport sont en place dans les trois administrations. Les résultats sont transférés à l'ASPC dans le cadre du système national de surveillance. L'ASPC fournit, au besoin, conseils et soutien à ces trois administrations, même s'il n'a affecté aucun agent de surveillance sur le terrain dans les bureaux de santé publique du Nord.

Dans le cadre d'un partenariat avec des autorités de la santé du nord de l'Alberta, le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest fournit une formation supplémentaire aux médecins locaux pour s'assurer que les traitements soient accessibles dans les communautés même. Toutefois, le roulement des médecins rend l'établissement d'une formation continue impératif.

Dépistage, prévention, soins et traitement

Le dépistage et le traitement du VIH dans les trois administrations sont compromis par le fait que la plupart des communautés comptent très peu d'habitants. Les gens craignent que leur maladie ne soit connue de tous.

Dans la plupart des petites communautés nordiques, les infirmières sont responsables de la majeure partie des tests de dépistage. Le dépistage anonyme n'est offert dans aucune de ces administrations, mais les femmes enceintes subissent un test de dépistage prénatal du VIH. Depuis 2000, les Territoires du Nord-Ouest ont employé le modèle de renoncement volontaire, alors que le Yukon et le Nunavut utilisent le modèle d'adhésion volontaire. En 1996, les territoires du Nord-Ouest ont également commencé à offrir à tous les gens qui entrent dans le système correctionnel la possibilité de subir des tests de dépistage du VIH, de la tuberculose, de l'hépatite C et des ITS. Ces tests révèlent que l'hépatite C constitue actuellement un problème plus important que les autres affections. On recommande aux nouveaux cas dépistés de cette façon de se faire soigner et de se faire traiter, et les Territoires du Nord-Ouest mettent à l'essai un nouveau système de soins de santé intégré fondé sur le travail en équipe dans neuf emplacements pilotes.

Au Nunavut, Pauktuutik a parrainé une série de salons d'éducation de la collectivité et de sensibilisation des jeunes sur l'hépatite C et le VIH/sida. Les événements étaient subventionnés par le programme du gouvernement fédéral pour la lutte contre l'hépatite C.

Les territoires nordiques, avec leurs très petites populations et communautés, constituent un obstacle énorme au traitement et aux soins. Le traitement, par exemple, peut coûter très cher à cause du déplacement pour les visites médicales et du fait que certaines personnes doivent descendre vers le sud pour suivre le traitement. On s'efforce d'informer les médecins locaux à propos des questions touchant le traitement dans le cadre de partenariats avec les universités et les hôpitaux dans le Sud.

Il n'existe aucun programme d'échange de seringues dans les territoires du Nord-Ouest ou au Nunavut, en partie parce que le problème d'usage de drogues par injection n'est pas très important à l'heure actuelle. À Whitehorse, la Blood Ties Four Directions Society administre un petit programme d'échange de seringues grâce à un financement octroyé par le gouvernement du Yukon. L'organisme compte quatre employés responsables d'un éventail de programmes, par exemple l'échange de seringues, un « groupe de salon » de soutien et certaines activités de promotion à l'intention de la jeunesse et concernant la santé. Il offre également une formation aux fournisseurs de services au sein d'autres organismes, organise des ateliers et transmet un message éducatif dans diverses écoles. Toutefois, son financement est très limité, particulièrement compte tenu du coût élevé des déplacements dans le Nord.

Bien que la solidarité caractérise les habitants et les communautés des régions nordiques, le bénévolat dans le domaine du VIH/sida n'est pas très au point. Cela peut être imputable aux stigmates associés au VIH/sida et au fait que les organismes de lutte contre le sida ne disposent pas des ressources requises pour établir un réseau de bénévoles ou pour former des bénévoles.

Connaissances

L'information épidémiologique est recueillie et partagée avec l'ASPC. Pauktuutit et la Blood Ties Four Directions Society ont préparé des évaluations et des rapports relatifs à leurs projets financés par Santé Canada, bien qu'ils soient destinés surtout à des fins de responsabilisation.

Renforcement des efforts

Il serait possible de renforcer les efforts de lutte contre le VIH/sida dans les trois administrations nordiques par :

  • l'engagement d'autres ressources financières visant à enrichir les connaissances et à accroître la sensibilisation avant que n'augmentent les taux d'incidence du VIH;

  • un financement qui prend en compte les coûts excessivement élevés associés aux mesures communautaires dans les régions nordiques et aux déplacements pour visites médicales;

  • une approche de travail proactive, particulièrement à la lumière des taux élevés d'ITS, pour empêcher l'enracinement du VIH dans le Nord. Cela dépendra de la sensibilisation et de l'engagement politique à l'égard de la lutte contre le VIH/sida;

  • les initiatives de mise au point de modèles de promotion de la santé et de prévention des infections qui sont bien adaptés aux communautés des régions nordiques;

  • l'instauration de mesures visant à renforcer la santé publique en général en vue d'attirer l'attention des dirigeants communautaires et d'éliminer les stigmatisations associés au VIH et la tendance à nier sa menace.

105 Source : Disease Control and Epidemiology Division (division de la lutte contre les maladies et de l'épidémiologie), ministère de la Santé et des Services communautaires, gouvernement de Terre-Neuve et du Labrador. Statistiques cumulatives sur le VIH/sida, Terre-Neuve-et-Labrador, 1984 - 31 décembre 2003. Voir également Canada, Santé Canada, 2004.

106 Étant donné que peu d'informateurs clés étaient disponibles et qu'il fallait respecter la confidentialité de leurs observations, on a regroupé ces trois administrations.

107 Voir le recensement du Canada de 2001. http://www12.statcan.ca/francais/census01/home/index.cfm.

108 Le rapport homme-femme pour le Nunavut n'est pas fourni. Voir Canada, Santé Canada, 2004 : 22.

109 Même si les données de ces administrations indiquent qu'il y a eu six (Yukon) et 17 (T.N.-O.) cas de sida, le Rapport de surveillance de Santé Canada pour la période se terminant le 31 décembre 2003 indique qu'il y a eu huit et 19 respectivement. Voir Canada, Santé Canada, 2004 : 41.

110 Le Nunavut a été créé en avril 1999. On ne dispose pas de données pour la période précédant cette date.

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