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Rapport sur la réponse des gouvernements à l'épidémie de VIH/sida au Canada

Un Portrait national

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3. Portraits fédéral, provinciaux et territoriaux sur le VIH/sida

3.7 Québec

Points saillants des activités de surveillance

  • Actuellement, 18 000 personnes vivent avec le VIH/sida au Québec. Cela constitue une augmentation de 10 % par rapport à l'an 2000 et de 33 % par rapport à l'an 1996.

  • Le nombre de cas de sida ayant trait à des personnes originaires de pays où le VIH est endémique est surclassé uniquement par la catégorie d'exposition des HRSH. Au 30 juin 2002, près de 700 cas de sida faisaient partie de la catégorie d'exposition du pays endémique74. L'estimation du nombre de femmes enceintes d'origine africaine ayant contracté le VIH a augmenté continuellement au fil du temps, passant de cinq en 1997 à 17 en 1999, à 23 en 2000 et à 32 en 200175.

  • Récemment, le nombre d'infections au VIH nouvellement déclarées a augmenté considérablement (26 %), passant de 493 en 2000 à 621 en 200376.

  • On estime qu'en 2002, 23 % des infections au VIH nouvellement déclarées concernaient des femmes.

  • L'île de Montréal demeure la région la plus touchée par le VIH/sida car l'incidence cumulative y est neuf fois plus élevée que dans le reste de la province77. On estime qu'il y a plus de 600 nouveaux cas d'infection au VIH chaque année dans la région de Montréal78.

Québec79

Indicateur Année80
2003 2002 2001 2000 1995
Prévalence S/O 18 00081   16 300
(1999)
13 500
(1996)
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année de diagnostic 37 99 91 113 534
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 6 098 6 001 5 936 5 859 4 830
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe et l'année de diagnostic
Homme 26 83 75 98 473
Femme 11 13 16 15 61
Cas de sida nouvellement déclarés, selon l'exposition et l'année de diagnostic Total de cas
HRSH 15 55 44 51 3 754
UDI 9 15 15 27 441
Contact hétérosexuel 5 9 8 10 411
HRSH/UDI 0 2 4 5 282
Pays endémique 6 15 16 13 674
ARS 2 2 3 5 180
Autre 0 1 1 2 261
Cas de sida nouvellement déclarés, selon l'âge et l'année de diagnostic Total de cas
Enfants et jeunes (0 à 15 ans) 0 0 0 0 101
Adultes 36 95 88 111 5 745
Aînés (60 ans et plus) 1 4 3 2 157
Décès reliés au sida déclarés 5682 126 109 124 586
Infection à VIH
Nombre minimal de cas d'infection à VIH confirmés par un laboratoire83 621 619 526 493 624
  2002 1999  
Estimation de l'incidence du VIH,84 selon la catégorie d'exposition
HRSH 250-450 300-500  
HRSH/UDI 50-150 50-150
UDI 350-650 450-800
Endémique/Contact hétérosexuel 150-350 150-350
Sang <10 <10
Estimation de l'incidence du VIH, selon le sexe
Hommes S/O S/O  
Femmes S/O S/O
Estimation de l'incidence du VIH, selon l'âge
0 à 15 ans S/O S/O  
15 à 29 ans S/O S/O
30 à 39 ans S/O S/O
40 à 49 ans S/O S/O
50 à 59 ans S/O S/O
60 ans et plus S/O S/O


Organisation

La Loi sur la santé publique du Québec fournit un contexte pour les programmes et les stratégies de santé publique de la province. Dans son sens le plus large, cette loi vise à protéger la santé de la population et à établir des conditions favorables au maintien et à l'amélioration de la santé et du bien-être de la population85. Elle a également pour objectif :

  • d'établir des mesures pour prévenir la maladie, les traumatismes et les problèmes sociaux qui influent sur la santé de la population;

  • d'influencer de façon positive les principaux facteurs qui déterminent la santé, notamment au moyen d'une action concertée faisant appel à divers partenaires (ministères gouvernementaux, services de santé publique, organismes régionaux et locaux, organismes communautaires, etc.)86.

L'élaboration d'un programme national de santé publique et de plans d'action régionaux et locaux connexes sur la santé publique constitue un aspect obligatoire de cette loi. Le programme national de santé publique formule toutes les activités de santé publique entreprises à l'échelle provinciale, régionale et locale87. Il doit comprendre des orientations, des buts et des priorités en ce qui a trait aux mesures suivantes :

  • maintien de la surveillance de la santé de la population et de ses facteurs déterminants;

  • prévention de la maladie, des traumatismes et des problèmes sociaux qui peuvent influer sur la santé de la population;

  • promotion de mesures visant à améliorer la santé et le bien-être de la population;

  • protection et contrôle de la santé de la population88.

La Stratégie québécoise de lutte contre l'infection par le VIH et le sida, l'infection par le VHC et les infections transmissibles sexuellement - Orientations 2003-2009 complète le Programme national de santé publique (2003-2012). La Stratégie québécoise englobe le VIH/sida, l'hépatite C et d'autres ITS étant donné qu'elles touchent des groupes démographiques semblables. En plus de viser des groupes vulnérables, la Stratégie québécoise concerne également le grand public et les personnes vivant avec le VIH/sida.

La Stratégie québécoise tient compte des nouvelles réalités du VIH/sida et de l'illusion que l'épidémie a été enrayée. De plus, le profil et la réalité des personnes vivant avec le VIH/sida ont également changé considérablement avec la venue de médicaments contre le VIH et l'augmentation du nombre d'UDI, de jeunes, de femmes et de membres de communautés ethnoculturelles qui y sont infectés. La Stratégie québécoise propose diverses stratégies visant à joindre des groupes vulnérables : en renouvelant les messages de prévention, en adaptant des soins et des services aux personnes vivant avec le VIH/sida et en participant aux partenariats dans le but de promouvoir la santé89. Plus précisément, la stratégie a pour objectifs :

  • de réduire l'incidence des infections transmissibles sexuellement et par le sang;

  • de rendre plus accessibles des soins et des services de qualité;

  • de créer un environnement social favorable à la prévention, dans le respect des droits de la personne90.

Pour réaliser ces objectifs, la Stratégie québécoise propose huit orientations stratégiques :

  1. Renforcer le potentiel des personnes pour qu'elles changent leurs comportements.

  2. Soutenir les groupes les plus vulnérables, en facilitant par exemple l'accès au dépistage.

  3. Encourager le recours à des pratiques cliniques et à des mesures préventives.

  4. Mettre sur pied des mesures particulières de prévention, par exemple la récupération des seringues usagées et l'accessibilité à des préservatifs.

  5. Soutenir le développement des communautés vulnérables et favoriser leur habilitation.

  6. Garantir une prise en charge adéquate des personnes infectées par le VIH/sida.

  7. Participer aux actions intersectorielles favorisant la santé et le bien-être.

  8. Consolider la surveillance et le contrôle ainsi que les fonctions de soutien91.

Même si ces orientations ont une portée provinciale, on doit les appliquer aux réalités régionales et locales. Par exemple, le VIH/sida et l'hépatite C se concentrent surtout dans les régions urbaines et semi-urbaines et au sein de groupes particuliers de la population, où les ITS sont plus largement répandues dans le grand public. Par conséquent, les bureaux régionaux et locaux de la santé publique et leurs partenaires communautaires doivent adapter les orientations aux besoins des populations qu'ils servent. Les plans d'action régionaux et locaux de santé publique doivent refléter la situation et les réalités des régions et des localités92.

Le budget de la Stratégie s'élève à 21 millions de dollars. La majeure partie de ce montant est répartie entre les bureaux régionaux de santé publique et des organismes communautaires. Le reste de l'argent est dédié au développement de connaissances et d'expertise, à des campagnes d'information visant le grand public, à la recherche, l'évaluation et la surveillance. Un montant supplémentaire a été ajouté au Programme national de santé publique pour l'année 2004-2005 et sera affecté à des organismes régionaux afin d'améliorer les activités de la Stratégie.

Coordination et coopération

De nombreux intervenants et partenaires s'unissent dans la lutte contre l'infection au VIH. Mentionnons notamment le ministère de la Santé, d'autres ministères, les bureaux régionaux et locaux de santé publique, les professionnels et les administrateurs de soins de santé, les organismes communautaires et les chercheurs. La Loi sur les services de santé et les services sociaux, la Loi sur l'Institut national de santé publique du Québec et la Loi sur la santé publique du Québec et son Programme national de santé publique précisent les responsabilités de chaque intervenant à cet égard93.

Travaillant dans une perspective provinciale, le ministère de la Santé, par exemple, est responsable des tâches suivantes :

  • informer les intervenants au sujet du Programme national de santé publique et de la Stratégie;

  • mettre en place les conditions nécessaires à la mise en oeuvre des orientations décrites dans la Stratégie;

  • aider les organismes régionaux à appliquer les orientations, par exemple en élaborant des outils spécifiques;

  • s'assurer que les stratégies, les approches et les interventions sont évaluées;

  • garantir une responsabilisation financière.

De son côté, l'Institut national de santé publique du Québec aide le ministère de la Santé et les organismes régionaux à remplir leur mission en santé publique en :

  • leur donnant des conseils, de la formation, de l'information, des données de recherche, des évaluations, des services de laboratoire spécialisés et un accès à la coopération internationale;

  • les aidant à mettre au point leurs connaissances et leur expertise;

  • planifiant et en coordonnant des programmes de formation nationaux;

  • supervisant le processus d'évaluation de la Stratégie.

Parmi les autres partenaires qui participent à cet effort, mentionnons les suivants :

  • Les services régionaux de santé publique, qui sont responsables d'appliquer la Stratégie dans leur région. Tout en tenant compte des besoins et des réalités de leur population ainsi que des ressources dont ils disposent, ils élaborent des plans d'action régionaux qui traduisent le contenu du Programme national de santé publique et de la Stratégie. En ce qui concerne l'infection au VIH, ils planifient et coordonnent des programmes, fournissent des soins et d'autres services, et entreprennent des activités de promotion, de prévention, de recherche et de contrôle de la santé.

  • Les hôpitaux, les cliniques spécialisées privées et les Unités hospitalières de recherche, d'enseignement et de soins spécialisés sur le sida (UHRESS) fournissent des soins et des services par l'entremise d'équipes multidisciplinaires de spécialistes à l'échelle régionale et, à l'échelle suprarégionale, diffusent leur expertise, notamment par l'intermédiaire du Programme national de mentorat destiné aux médecins et aux infirmières (formation continue, jumelage, ateliers, stages).

  • À l'échelle locale, des cliniques spécialisées fournissent des soins directs aux personnes vivant avec le VIH/sida. Elles partagent leur expertise en formant des stagiaires et en réalisant diverses activités de recherche.

  • À l'échelle locale, les Centres locaux de services communautaires (CLSC) fournissent des soins et des services au public et entreprennent des activités de prévention primaire visant les jeunes et les populations vulnérables. Leurs activités relatives au VIH/sida sont intégrées au plan d'action local de la santé publique et tiennent compte des activités entreprises par des organismes communautaires.

  • Les organismes communautaires déterminent eux-mêmes leur mission et leurs activités. Pour ce qui est de l'infection au VIH, ils servent de nombreux groupes vulnérables de la population et offrent un vaste éventail de services de soutien, notamment pour la prévention, les soins et le logement. Ils travaillent en collaboration avec les autorités régionales et locales et participent aux efforts de mise en oeuvre des plans d'action régionaux et locaux.

  • Les universités et d'autres centres contribuent à la Stratégie par la recherche, le transfert des connaissances, l'évaluation et d'autres activités de renforcement.

D'autres entités participent à la lutte contre le VIH/sida, par exemple Éducation et Sécurité publique, des municipalités, des commissions scolaires, des centres jeunesse, des établissements de détention et des maisons de transition.

Dépistage, prévention, soins et traitement

La Stratégie québécoise encourage la responsabilité individuelle, c'est-à-dire à adopter un comportement sûr ainsi que des attitudes de tolérance, de compassion et de solidarité à l'égard des groupes vulnérables. Parmi les activités de prévention, il y a :

  • Les campagnes continuelles de marketing social et de communication visant à promouvoir l'utilisation du préservatif, etc.;

  • L'élaboration d'outils et de documents efficaces et fondés sur des preuves;

  • La promotion de programmes d'éducation sexuelle et de prévention de la toxicomanie dans le système éducatif, sur tous les niveaux;

  • Les efforts spéciaux de prévention et de réduction des méfaits visant les personnes vivant avec le VIH/sida et les populations vulnérables.

Le nombre de tests de sérologie du VIH effectués au Québec a augmenté de façon stable de 1995 à 2001. Cette situation est illustrée dans la figure 6. Au cours des six mois qui se sont écoulés de janvier au 30 juin 2002, lorsque 101 800 tests ont été effectués94. Comme ailleurs, le dépistage est volontaire. Les femmes enceintes du Québec sont soumises à un dépistage du VIH au moyen du modèle de renoncement volontaire, dans le cadre d'une panoplie de tests sanguins. En 2002, 58 femmes enceintes au Québec ont reçu un résultat positif au VIH. De ces femmes, 31 % étaient blanches, 43 %, africaines, 19 %, haïtiennes, et 3 %, latino-américaines. Au cours des six premiers mois de 2003, 48 cas ont été déclarés chez des femmes enceintes. Vingt-trois pour cent étaient blanches, 52 %, africaines, et 21 %, haïtiennes. La figure 7 illustre les catégories d'exposition associées aux femmes enceintes qui ont appris leur séropositivité en 200295.

Figure 6, nombre de tests de sérologie du VIH, Québec, par année

Figure 7, cas de séropositivité de VIH chez les femmes enceintes, par catégorie d'exposition, 2002

 

Pour accroître l'accès au dépistage et favoriser cette pratique, on a mis sur pied des SIDEP (Services intégrés de dépistage et de prévention), surtout dans l'éventail de services des CLSC. Ces services intégrés de dépistage et de prévention offrent du counselling, des tests de dépistage et de l'information au grand public et aux groupes vulnérables. On dénombre actuellement 70 SIDEP dans la province du Québec, qui sont en train d'étendre leurs services au dépistage des ITS et de l'hépatite et à la vaccination (hépatite A et hépatite B). Ils s'efforcent également d'encourager les partenaires de personnes vivant avec le VIH/sida à se protéger. Fait important, on encourage les SIDEP à offrir leurs services dans des endroits où vivent des clientèles vulnérables, par exemple des centres correctionnels ou des organismes communautaires.

Dans la Stratégie québécoise, on insiste sur le fait que toute personne vivant avec le VIH/sida doit avoir accès à des soins et des services de qualité et à un traitement optimal. Un volet de la stratégie met l'accent sur l'amélioration de l'intégration des réseaux des soins et des services, comprenant les UHRESS96. On a mis en oeuvre diverses façons de soutenir les médecins qui ont des patients séropositifs, le Programme national de mentorat en est un exemple. On a également mis sur pied le Comité consultatif sur la prise en charge clinique des personnes vivant avec le VIH, qui regroupe des experts de différents horizons pour conseiller le Ministère et publier, à l'intention des professionnels de la santé, différents guides relatifs à l'application de nouvelles thérapies de médicaments contre le VIH97. Enfin, on a créé un modèle de logements communautaires pour les personnes vivant avec le VIH/sida, modèle considéré comme étant unique au monde.

Connaissances

La prise de décisions, ainsi que la création, la planification et la mise en oeuvre d'activités de la Stratégie, dépendent de la surveillance, du contrôle, de la recherche et de l'évaluation relatives au VIH. De nombreuses organisations participent à la création de connaissances par la recherche. Des chercheurs du Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ) effectuent des recherches épidémiologiques, cliniques et de base sur la santé publique. Récemment, le FRSQ a entrepris une étude psychosociale sur le VIH; et son Réseau sida et maladies infectieuses favorise une approche intégrée en ce qui a trait à la recherche sur le VIH. D'autres études sont menées par des cliniciens, des universités ou des chercheurs en santé publique, l'INSPQ et l'UHRESS.

De plus, un programme de financement mis en oeuvre conjointement par le ministère de la Santé et le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) pour la recherche sur le VIH a permis de mettre en oeuvre un certain nombre de projets de recherche sur le VIH.

À l'échelle communautaire, la COCQ-sida effectue des recherches sur les personnes vivant avec le VIH/sida à l'extérieur des centres urbains, sur l'adaptation d'approches aux collectivités culturelles, sur l'évaluation de la qualité de différentes interventions, et sur l'élaboration de programmes de formation à l'intention des pharmaciens et des conseillers. Le CPAVIH travaille avec des sociétés pharmaceutiques pour aider les clients à prendre leurs médicaments et à suivre les régimes qu'on leur impose, et pour combattre les effets secondaires de l'utilisation prolongée de ces médicaments.

En outre, le Québec met beaucoup d'importance sur l'évaluation comme moyen pour améliorer l'efficacité du programme. L'INSPQ évalue actuellement les mesures liées à la prévention, aux soins et aux services, tandis que les responsables du FQRSC évaluent des initiatives de prévention ainsi que l'impact de mesures intersectorielles.

Finalement, la province a encouragé les efforts visant à renforcer les compétences, par exemple :

  • Outillons-nous, par la COCQ-sida;

  • des séminaires organisés par l'équipe de prévention du VIH et des ITS du FRSQ;

  • des séminaires organisés à l'intention des psychologues et des travailleurs sociaux;

  • une formation destinée aux pharmaciens sur l'usage de la méthadone.

Renforcement des efforts

La Stratégie québécoise de lutte contre l'infection par le VIH et le sida, l'infection par le VHC et les infections transmissibles sexuellement représente la position du ministère de la Santé sur le renforcement des efforts de lutte contre le VIH/sida au Québec.

Des informateurs clés en dehors du ministère de la Santé ont proposé les mesures suivantes en vue de renforcer la lutte contre le VIH/sida au Québec, par exemple en:

  • accélérant le processus d'ajout de nouveaux produits pharmaceutiques au formulaire provincial;

  • consacrant plus d'argent à la lutte contre l'épidémie et fournissant un financement opérationnel à des organismes communautaires;

  • travaillant avec d'autres administrations, à l'échelle nationale, sur des thèmes communs, et favorisant l'établissement davantage de partenariats;

  • communiquant directement et franchement avec le grand public afin de réduire la discrimination et les stigmates associés au VIH/sida;

  • investissant plus d'argent dans la recherche visant à améliorer la pratique clinique;

  • consacrant plus d'efforts à aider les personnes vivant avec le VIH/sida à regagner le marché du travail;

  • renforçant le cadre des droits de la personne de celles qui vivent avec le VIH/sida;

  • obtenant du gouvernement fédéral une simplification des exigences du Programme d'action communautaire sure le sida, puisque le programme exige actuellement beaucoup de paperasse et d'efforts de la part des organismes communautaires par rapport un au niveau de financement disponible.

3.8 Nouveau-Brunswick

Points saillants des activités de surveillance

  • Le nombre de nouveaux cas du sida a diminué de façon appréciable, passant de 17 en 1995 à 2 en 2002, et à 6 en 2003. Au total, de 1979 au 31 décembre 2003, 160 cas de sida ont été déclarés au Nouveau-Brunswick, dont 90 % concernent des hommes. Cinquante-sept pour cent (57 %) de ces cas ont été attribués à la catégorie d'exposition HRSH, 6 % à la catégorie des UDI, 7 % aux produits sanguins, et 8 % à un contact hétérosexuel avec une personne à risque98.

  • Le nombre de nouveaux cas déclarés d'infection au VIH a également diminué, mais pas aussi considérablement, passant de 16 en 1995 à 8 en 2002, et à 10 en 2003. Depuis 1985, on a déclaré 313 cas de séropositivité au VIH, dont 87 % concernaient des hommes.

  • En 2001, on a déclaré cinq nouveaux cas d'infection au VIH attribuables à l'utilisation de drogues injectables, ce qui représente 50 % des nouvelles infections pour cette année-là. En 2003, on a relevé un cas d'UDI (10 %) ainsi que trois cas d'infection attribuables à la catégorie des HRSH (30 %), deux à un pays endémique (20 %), et trois à un contact hétérosexuel (30 %)99.

Nouveau-Brunswick100

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1995
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année 6 2 3 4 17
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 160 154 152 149 116
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe
Homme 5 2 3 3 16
Femme 1 0 0 1 1
Cas de sida nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 2 2 3 3 9
UDI 1 0 0 0 3
Contact hétérosexuel 0 0 0 1 0
ARS/Hétérosexuel 1 0 0 0 2
Receveur de facteurs de coagulation 0 0 0 0 3
Cas de sida nouvellement déclarés, selon l'âge
0 à 19 ans 1 0 0 0 1
20 à 59 ans 5 2 3 4 16
60 ans et plus 0 0 0 0 0
Décès reliés au sida 1 0 0 0 8
Infection à VIH
Nombre total de cas de VIH déclarés 10 8 10 14 16
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 3 1 3 9 8
HRSH/UDI 0 1 0 0 1
UDI 1 0 5 2 3
Contact hétérosexuel 3 1 1 0 1
VIH/sida - Pays endémiques 2 4 0 1 0
ARS - Hétérosexuel 0 1 1 2 2
ARS 1 1 0 0 1
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon le sexe
Hommes 7 7 7 12 14
Femmes 3 2 3 2 2
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon l'origine ethnique
Autochtones
Hommes 0 0 0 1 2
Femmes 0 0 0 1 0
Asiatique 0 0 0 0 0
Noir 2H/1F 2H/2F 0 1H 0
Blanc 4H/2F 5H 7H/2F 9H/1F 11H/2F
Non spécifié 1M 0 1F 1M 1M
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon l'âge
Périnatale 0 0 0 0 0
1 à 14 ans 0 1 0 0 0
15 à 24 ans 2 2 0 1 1
25 à 39 ans 6 5 6 8 11
40 à 59 ans 2 1 4 5 4
60 ans et plus 0 0 0 0 0

Organisation

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a choisi de ne pas formuler de stratégie provinciale sur le VIH/sida bien qu'il ait entrepris des travaux en vue d'élaborer une telle stratégie. On a laissé entendre que la province accorde plus d'importance à l'hépatite C étant donné qu'elle touche un plus grand nombre de personnes. En 2002, par exemple, on dénombrait 172 cas d'hépatite C nouvellement déclarés et seulement 8 d'infection au VIH101. Dans l'avenir, on pourrait être intéressé à élaborer une stratégie portant sur tous les pathogènes à diffusion hématogène.

Au sein du ministère de la Santé et du Mieux-être, un employé de la Section de la gestion de projets de la Division de la santé publique et des services médicaux gère les questions liées au VIH/sida en plus d'autres dossiers. Les huit autorités régionales de santé nouvellement établies ont également un certain rôle à jouer dans la lutte contre le VIH/sida, même si leurs responsabilités à cet égard ne sont pas encore définies et que les questions relatives à l'accès et à l'uniformité n'ont pas encore été abordées.

Toutes les régions de la province ont établi, avec l'aide d'infirmières proactives de la santé publique, des programmes de santé sexuelle. Ces infirmières participent dans des partenariats incluant les communautés et le ministère de l'éducation.

Coordination et collaboration

Le ministère de la Santé et du Bien-être participe dans diverses activités qui influencent plus ou moins sur le cours de l'épidémie. Le coordonnateur de la lutte contre le VIH/sida, par exemple, travaille en collaboration étroite avec le ministère de l'Éducation. À titre d'exemple de la force de ce partenariat, deux infirmières de la santé publique - dans le cadre du Programme de santé sexuelle et du Programme Apprenants en santé - ont récemment participé à la révision et au remaniement du programme d'études sur la santé des écoles intermédiaires (middle school) avec le ministère de l'Éducation.

L'effort provincial visant à enrayer le VIH/sida à l'échelle communautaire a bénéficié du Programme d'action communautaire sur le sida et du programme de lutte contre l'hépatite C de l'ASPC. Le Programme d'action communautaire sur le sida a fourni des fonds opérationnels à des organismes de services liés au VIH/sida dans la province, alors que le programme de lutte contre l'hépatite C a financé un certain nombre de projets innovateurs dans des établissements correctionnels fédéraux et provinciaux au Nouveau-Brunswick. Ces projets portent sur la vulnérabilité à l'hépatite C et au VIH, surtout en ce qui a trait à l'utilisation de drogues injectables. Des organismes provinciaux ont également travaillé en collaboration avec des chercheurs de l'Université McGill pour établir un projet « Safe Spaces » (milieux sûrs) à Moncton pour venir en aide aux jeunes homosexuels âgés de 15 à 24 ans. Il s'agit de l'un des quatre projets pilotes de ce genre en cours au Canada.

Les organismes de services liés au VIH/sida semblent avoir des liens limités avec la province, mais des liens solides avec le personnel régional de la santé publique. Les infirmières de la santé publique, par exemple, donnent des ateliers d'éducation à ces organismes. Les organismes de services liés au VIH/sida participent également à des efforts dans le but d'établir des partenariats à l'échelle communautaire pour répondre à tous les besoins en services, par exemple le Saint John Sex Trade Committee (comité sur le commerce du sexe à Saint John) et le partenariat visant à établir un programme d'entretien à la méthadone dans cette ville, qui finalement a échoué.

Certains informateurs clés ont dit beaucoup de bien du bureau régional de l'ASPC, et surtout de son engagement en ce qui a trait au renforcement communautaire et à la santé de la population. Le bureau fédéral assure que les organismes de services liés au VIH/sida soient informés des possibilités de financement au fur et à mesure qu'elles se présentent dans n'importe quel ministère fédéral, et il transmet l'information et les résultats de recherches au fur et à mesure qu'il les reçoit. Le Nouveau-Brunswick fait également partie du comité FPT régional de l'Atlantique sur le sida.

Dépistage, prévention, soins et traitement

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick lutte contre l'épidémie de VIH/sida de plusieurs façons, par exemple :

  • en finançant un service téléphonique gratuit géré par sida Nouveau-Brunswick;

  • en offrant des centres de dépistage anonyme dans sept régions de la province;

  • en soutenant, par l'entremise de son réseau de santé publique, des programmes d'échange de seringues. Le nombre de seringues distribuées est passé de 700 en 1999 à 80 000 en 2003, 60 000 ayant été distribuées à Saint John, et presque 20 000 à Fredericton. La figure 8 illustre cette augmentation pour le programme de Fredericton. Le ministère de la Santé et du Bien-être n'alloue pas de fonds opérationnels pour ce service, mais il fournit toutes les seringues et tous les préservatifs nécessaires pour ces programmes communautaires;

  • en affectant ses infirmières de la santé publique au dépistage du VIH dans des établissements correctionnels provinciaux et dans l'un des établissements fédéraux, dans le cadre d'un projet pilote de dépistage anonyme.

Figure 8, Nombre de seringues distribuées, Fredericton

 

En 1998, la province a mis en place le dépistage anonyme - en plus du test non nominal et du test nominal - dans des centres de santé sexuelle à Moncton, à Saint John, à Fredericton, à Edmundston, à Campbellton, à Bathurst et à Miramichi. Elle envisage actuellement d'offrir un programme complet de dépistage prénatal du VIH aux femmes enceintes. La Société médicale du Nouveau-Brunswick, en partenariat avec le ministère de la Santé et du Bien-être, propose un modèle « de renoncement volontaire » et de consentement éclairé.

De plus, la province dispose de ce qu'on décrit comme étant un programme solide de médicaments sur ordonnance qui garantit l'accessibilité universelle. Pour garantir la protection des renseignements personnels et la confidentialité dans les petites communautés, les patients peuvent se procurer certains médicaments par la poste auprès du bureau provincial, plutôt que d'aller les chercher dans les pharmacies locales. On compte également deux programmes d'entretien à la méthadone dans la province, un à Fredericton, auquel 50 personnes sont inscrites et 50 autres figurent sur une liste d'attente, et l'autre à Moncton, auquel 127 personnes sont inscrites et 175 sont sur une liste d'attente.

Connaissances

À l'échelle locale, on entreprend peu de recherches au-delà des projets et de la reddition de comptes.

Renforcement des efforts

Des informateurs clés ont mentionné que les mesures suivantes peuvent renforcer les efforts provinciaux dans la lutte contre le VIH/sida :

  • reconnaître que le VIH/sida constitue une menace au Nouveau-Brunswick comme ailleurs, même si un nombre relativement peu élevé de personnes y sont actuellement infectées;

  • engager des ressources supplémentaires pour enrayer l'épidémie et soutenir les organismes de services liés au VIH/sida de la province;

  • élaborer une stratégie de lutte contre le VIH/sida pour sensibiliser le public et orienter les autorités régionales de santé;

  • accorder plus d'attention à la prévention et à la promotion de la santé plutôt que de se concentrer exclusivement sur le système de soins intensifs.

 

3.9 Nouvelle-Écosse

Points saillants des activités de surveillance

  • À l'Île-du-Prince-Édouard et en Nouvelle-Écosse102, le nombre de personnes infectées par le VIH/sida est relativement peu élevé et considérablement inférieur à ce qu'il était au milieu des années 1990. En 1995, par exemple, il y avait 32 cas d'infection au VIH nouvellement déclarés, comparativement à 16 en 2002 et à quatre en 2003.

  • jusqu'au 31 décembre 2003, 74 % des cas de sida concernaient la catégorie des HRSH. Les HRSH constituaient également l'un des quatre cas d'infection au VIH nouvellement déclarés en 2003, et neuf des 16 cas déclarés en 2002.

  • En 2003, on a recensé deux cas d'infection au VIH nouvellement déclarés dans la catégorie d'exposition des UDI. En 2002, il n'y avait eu aucun cas dans cette catégorie d'exposition.

Nouvelle-Écosse et Île-du-Prince-Édouard

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1995
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année 2 5 3 7 32
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 300 298 293 290  
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe
Homme 2 5 3 6 30
Femme 0 0 0 1 2
Nombre total de cas de sida déclarés,
selon la catégorie d'exposition
Jusqu'au
31 déc. 2003
       
HRSH 223        
HRSH/UDI 8        
UDI 14        
Sang/Produits sanguins 20        
Pays endémiques 9        
Contact hétérosexuel/ARS 24        
ARS 2        
Infection à VIH
Nombre total de cas de VIH déclarés 4 16 15 16 32
Cas de VIH déclarés, selon le sexe Jusqu'au
31 déc. 2003
       
Hommes 534        
Femmes 80        
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 1 9 2 4  
HRSH/UDI 0 0 0 1  
UDI 2 0 5 1  
Contact hétérosexuel 0 1 0 6  
VIH/sida - Pays endémiques 1 2 2 2  
ARS/ARS-hétérosexuel/Autre 0 2 2 5  
Récepteur de facteurs de coagulation 0     1  
Périnatale 0 1      


Organisation

C'est en 1993 que la Nouvelle-Écosse a formulé pour la première fois une stratégie de lutte contre le VIH/sida. Plus récemment, la Nova Scotia Advisory Commission on AIDS - composé d'un vaste éventail d'intervenants - a élaboré une nouvelle stratégie qui a été acceptée par le gouvernement. La Stratégie met l'accent sur la collaboration intersectorielle et établit quatre objectifs :

  • intégrer l'élaboration de politiques et la prestation de services relatifs au VIH/sida;

  • améliorer la connaissance et la compréhension du VIH/sida et des questions connexes qui touchent le risque d'infection;

  • réduire la propagation du VIH/sida;

  • offrir aux Néo-écossais vivant avec le VIH et le sida et à ceux qui y sont vulnérables les meilleurs soins, traitements et services de soutien possibles.

Dans la Stratégie, on recommande 19 mesures réparties dans quatre orientations stratégiques, c'est-à-dire : la mobilisation d'une action intégrée, la mise en oeuvre d'une vaste stratégie d'échange des données de recherche et d'information, la coordination des activités de prévention et de réduction des méfaits, et le déploiement des efforts pour offrir des soins, des traitements et du soutien. Ces mesures respectent les six principes directeurs de la Stratégie, incluant, par exemple, l'engagement à ce que les personnes vivant avec le VIH/sida, leurs aidants et leurs défenseurs, et les personnes les plus vulnérables à l'infection « jouent un rôle central dans l'orientation stratégique et la planification des services qui les touchent103. »

La Stratégie met aussi de l'avant une philosophie de la santé de la population en notant que « l'incapacité d'endiguer l'épidémie de VIH/sida nous porte à croire qu'il faut adopter une autre approche pour prévenir et gérer l'épidémie104. » La Stratégie souligne également l'importance d'aligner la stratégie provinciale avec la grande Stratégie canadienne sur le VIH/sida. Enfin, il la Stratégie précise qui doit participer à chacune des mesures recommandées et qui en est responsable. Elle ne fournit pas d'échéancier ni de plan détaillé de mise en oeuvre et de responsabilisation.

Même si on considère que la Stratégie est un document très utile pour fournir une orientation, elle n'a pas beaucoup intéressé le public, et elle est entravée :

  • par le fait qu'un seul employé du gouvernement s'occupe principalement du VIH/sida;

  • par le fait qu'on n'affecte pas de ressources à sa mise en oeuvre et à ses activités.

C'est en partie pour cette raison que le VIH/sida ne retient pas l'attention qu'on lui accordait il y a quelques années et n'est pas « dans la mire du public ou des politiciens ». Certaines personnes ont laissé entendre que, même si la Stratégie proprement dite traduit bien le problème et les besoins de la province, elle n'a pas encore donné lieu à des mesures concrètes, bien que le gouvernement ait mis sur pied des comités chargés d'examiner ses diverses priorités. La province travaille actuellement à élaborer des normes relatives aux pathogènes à diffusion hématogène et une stratégie de lutte contre le sida chez les Autochtones. En outre, le programme d'études du ministère de l'Éducation comprend un volet « Relations saines », qui porte entre autres sur des questions comme les infections transmissibles sexuellement et le VIH/sida.

Le gouvernement de la Nouvelle-Écosse n'accorde pas de fonds opérationnels aux organismes communautaires de services liés au VIH/sida, même si, dans certains cas, il peut subventionner des projets, par exemple des programmes d'échange de seringues et le dépistage anonyme. Il a également engagé environ un demi million de dollars pour ce qui est des pathogènes à diffusion hématogène. Les organismes locaux peuvent obtenir des fonds pour leurs activités et leurs projets par l'entremise du Programme d'action communautaire sur le sida de l'ASPC.

Coordination et collaboration

Le processus utilisé pour élaborer la stratégie de la Nouvelle-Écosse montre la détermination du gouvernement à travailler en collaboration et en coopération. Lancé par le gouvernement en 1997, le processus en est venu à inclure un vaste éventail d'intervenants et toute une série de consultations et d'ateliers publics. En fait, le financement des consultations publiques a été fourni non seulement par le gouvernement provincial, mais aussi par cinq grandes sociétés pharmaceutiques du pays. Le processus de consultation et d'élaboration nous a appris que la collaboration est « un processus long et parfois difficile », bien que tout à fait utile. On prévoit rétablir un comité interministériel lorsque la nouvelle stratégie provinciale entrera en vigueur.

Au cours des dernières années, le gouvernement provincial a délégué la responsabilité des services de santé à neuf autorités de santé. Cela a soulevé des questions relativement à l'accès aux services d'un district à l'autre. La province définit ce que doivent faire les districts de santé, mais elle leur permet de procéder comme bon leur semble. L'accès constitue également un problème parce que des services comme le dépistage anonyme du VIH, le traitement à la méthadone et certains services de counselling sont surtout offerts à Halifax et que les gens qui vivent dans d'autres collectivités doivent se rendre dans cette ville à leurs frais.

Les organismes de services liés au VIH/sida disent avoir une bonne relation avec les employés du gouvernement qui s'occupent de la lutte contre le VIH/sida. Tous les intervenants reconnaissent l'importance de la collaboration.

La coordonnatrice provinciale de la lutte contre le VIH/sida entretient également de bonnes relations de travail avec ses collègues au bureau régional de l'ASPC. Ce bureau demande conseil à la province au sujet de demandes de financement qu'il reçoit d'organismes communautaires. En outre, la Nouvelle-Écosse fait partie du comité FPT sur le sida, participe à ses efforts pour mettre l'information en commun, discuter d'enjeux communs, cerner les priorités et influencer les politiques, et elle en tire profit. Enfin, elle participe au comité FPT régional de l'Atlantique sur le sida.

Dépistage, prévention, soins et traitement

Dans toutes les régions de la Nouvelle-Écosse, les médecins offrent, sur demande, des tests nominaux et non nominaux, ainsi que le dépistage anonyme. La Planned Parenthood Metro Clinic (clinique métropolitaine pour le planning des naissances) à Halifax offre également le dépistage anonyme. Le dépistage du VIH fait partie des tests de routine que doivent subir les femmes enceintes, et il repose sur un modèle d'adhésion volontaire.

Le régime d'assurance-médicaments de la province couvre les antirétroviraux que prennent les personnes qui n'ont pas d'assurance privée. À Cape Breton et à Halifax, des programmes d'échange de seringues sont financés par la province, et on trouve des programmes satellites dans la partie ouest et la partie nord de la province.

Par l'entremise du réseau scolaire, on fournit aux étudiants de l'information sur le VIH/sida ainsi que sur les ITS, de façon plus générale. Le ministère de l'Éducation, en consultation avec des autorités de santé publique, est responsable du contenu de cette information.

Connaissances

L'ASPC soutient la Nouvelle-Écosse dans ses efforts visant la collecte et l'analyse de données épidémiologiques en finançant un poste d'agent de surveillance fédéral dans la province. Cette personne travaille au sein du ministère provincial de la Santé et s'efforce d'améliorer la base de données de la province et d'offrir de meilleures informations sur l'incidence et les tendances liées au VIH/sida et à d'autres conditions. L'ASPC joue un rôle vital et inestimable en aidant les provinces à recueillir, analyser et partager leurs données. La province a établi un protocole d'entente dans lequel on définit les données qui seront communiquées à l'ASPC.

Renforcement des efforts

Les informateurs clés ont proposé de prendre les mesures suivantes pour renforcer les efforts que déploie la province pour enrayer l'épidémie :

  • fournir des ressources financières pour la lutte contre le VIH/sida et accorder plus d'importance au VIH/sida dans le système de santé;

  • amener les autorités des districts de santé de la province à s'engager davantage à enrayer le VIH/sida;

  • regrouper les activités de lutte contre le VIH/sida et celles visant d'autres pathogènes à diffusion hématogène afin d'en faire un programme plus important. On pourrait obtenir du financement pour la lutte contre le VIH/sida dans le cadre d'une initiative de plus vaste envergure;

  • fournir de la formation et du soutien supplémentaires aux médecins généralistes dans les petites communautés afin de s'assurer qu'ils sont au courant des nouveaux enjeux cliniques et qu'ils peuvent dispenser des soins appropriés aux personnes vivant avec le VIH/sida;

  • affecter d'autres fonds à la gestion du VIH/sida dans les petites communautés et les régions rurales;

  • intégrer plus pleinement le VIH/sida au modèle de santé de la population et régler les problèmes relatifs au revenu et à l'emploi.

74 Québec, Portrait, 2003 : 5.

75 Avant 2002, on ne déclarait pas les cas de VIH au Québec.

76 Québec, Santé et Services sociaux, 2003 : 17.

77 Québec, Portrait, 2003 : 9.

78 HIV/AIDS among Natives, an adapted training. FNQLHSSC/CSSSPNQL, 2003.

79 Voir Québec, 2003; Québec, 2002; et Québec, Portrait, 2003.

80 Au 31 décembre 2003. Surveillance des cas de syndrome d'immunodéficience acquise (sida) cas cumulatifs 1979-2003. Mise à jour no 2003-2 au 31 décembre 2003. Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Accessible à l'adresse suivante : http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sante/mts_vih_sida.html.

81 Estimation de la prévalence estimée (de 14 000 à 22 000) au Québec à la fin de 2002, selon les estimations de la Division de l'épidémiologie du VIH/sida de Santé Canada. Voir également Québec, Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang, de l'hépatite C, de l'infection par le VIH et du sida au Québec - décembre 2003. Accessible à l'adresse suivante : http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/prob_sante/mts_vih_sida.html.

82 Six premiers mois de 2003, en février 2004. Institut national de la statistique du Québec.

83 Nombre minimal fondé sur des résultats confirmés de laboratoire. Le nombre réel de personnes ayant obtenu un résultat positif est plus élevé, mais on ne peut pas éliminer totalement les doublons. Le résultat du laboratoire n'inclut pas d'informations liées au groupe d'âge ou à la catégorie d'exposition au risque.

84 La collecte d'informations épidémiologiques sur les cas d'infection au VIH confirmés par un laboratoire a commencé en avril 2002. Jusqu'ici, on n'a pas publié officiellement de données sur ce sujet. Les seules données dont on dispose aujourd'hui sur la prévalence et l'incidence du VIH sont fondées sur des estimations produites pour 2002 et 1999 par la Division de l'épidémiologie du VIH/sida de Santé Canada.

85 Loi sur la santé publique, chap. 1, art. 1.

86 Loi sur la santé publique, chap. 1, art. 3.

87 Loi sur la santé publique, chap. 2, art. 7.

88 Loi sur la santé publique, chap. 2, art. 8.

89 Québec, 2004 : 27.

90 Québec, 2004 : 11.

91 Québec, 2004 : 31-42.

92 Québec, 2004 : 30.

93 Québec, 2004 : 46-48.

94 Québec, Portrait, 2003 : 19.

95 Québec, 2003 : 19.

96 Québec, 2004 : 39.

97 Québec, 2004 : 44.

98 Canada, Santé Canada, 2004 : 44.

99 Canada, Santé Canada, 2004 : 24.

100 Données fournies par le Service provincial d'épidémiologie du ministère de la Santé et du Mieux-être du Nouveau-Brunswick.

101 Maladies transmissibles déclarées au Nouveau-Brunswick, selon la région sanitaire, 2002. http://www.gnb.ca/0208/pdf/cd2002-f.pdf.

102 Compte tenu du petit nombre de personnes en cause et de la nécessité de préserver la confidentialité, les données de l'Île-du-Prince-Édouard et de la Nouvelle-Écosse sont regroupées, conformément à une entente entre les deux gouvernements. Voir Canada, Santé Canada, 2004.

103 Nouvelle-Écosse, 2003 : 10.

104 Nouvelle-Écosse, 2003 : 1.

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