Agence de la santé publique du Canada
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Rapport sur la réponse des gouvernements à l'épidémie de VIH/sida au Canada

Un Portrait national

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3. Portraits fédéral, provinciaux et territoriaux sur le VIH/sida

3.1 Canada

Points saillants des activités de surveillance

  • Le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida pourrait augmenter de façon considérable au cours des années à venir, compte tenu du nombre de nouveaux cas d'infection et du nombre de personnes qui vivent plus longtemps avec le VIH/sida grâce aux nouveaux traitements disponibles.
  • On comptait environ le même nombre de nouveaux cas d'infection au VIH en 2003 qu'en 2002. Toutefois, le nombre de nouveaux cas en 2003 (2 482) était supérieur au nombre obtenu en 2001 (2 187) et en 2000 (2 127).
  • Contrairement aux premières années de l'épidémie, le nombre de personnes infectées compte maintenant une plus grande proportion d'Autochtones et de femmes qui utilisent des drogues par injection.
  • La proportion de nouveaux rapports de tests positifs pour le VIH attribuée aux HRSH a baissé, passant de près de 75 % entre 1985 et 1994 à environ 37 % au cours de la deuxième moitié des années 1990. On constate un léger accroissement dans cette catégorie au cours des trois dernières années, et le chiffre passe à 44 %. La catégorie d'exposition des UDI comptait pour 9 % des rapports de tests positifs pour le VIH avant 1994, a augmenté à 33 % en 1996 et 1997, et est retombée à 12 % en 2003. La catégorie des contacts hétérosexuels15 a connu une croissance constante, passant de 7,5 % avant 1995 à 36,9 % en 2003. De 1998 à 2003, la proportion de tests positifs pour le VIH attribués à la sous-catégorie des personnes originaires d'un pays où le sida est endémique est passée de 2,9 % à 10,2 %.
  • Les femmes comptent pour une part croissante des rapports de tests positifs pour le VIH. Pour les trois dernières années, elles comptent pour environ le quart des rapports de tests positifs pour le VIH où le sexe est révélé, ce qui constitue une hausse par rapport aux 8,9 % enregistrés au cours de la période qui s'étendait de 1985 à 1992.

Canada16

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1995
Estimation de la prévalence (VIH et sida) >56 000 56 000   49 90017 40 10018
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année 218 357 384 471 1 655
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 19 344 19 126 18 769 18 385 14 838
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe
homme 163 300 321 405 1 496
femme 52 52 59 56 130
Cas de sida nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 71 117 151 218 1 091
HRSH/UDI 5 6 14 15 74
UDI 36 50 48 92 130
Contact hétérosexuel19 12 24 21 25 101
Pays où le VIH est endémique20 38 51 54 42 88
ARS-Hétérosexuel21 38 23 32 32 38
Sang/produits sanguins 1 2 7 7 43
ARS22/Autres 14 39 35 31 63
Cas de sida nouvellement déclarés, selon l'âge
Moins de 14 ans 3 4 3 5 27
de 15 à 29 ans 19 27 29 27 205
de 30 à 49 ans 161 252 272 346 1 217
de 50 ans et plus 35 74 80 84 206
Décès reliés au sida 93 103 187 263 1 500
Infection à VIH
Nombre de rapports de tests positifs pour le VIH 2 482 2 504 2 187 2 127 2 996
Rapports de tests positifs pour le VIH, selon la catégorie d'exposition (Adultes)
HRSH 361 506 401 469 684
HRSH/UDI 12 19 33 27 58
UDI 96 302 279 288 452
Contact hétérosexuel 78 165 177 136 n/a
Pays où le VIH est endémique 83 91 70 52 n/a
Contact hétérosexuel/Pays où le VIH est endémique23         114
ARS-Hétérosexuel 139 129 114 94 104
Sang/Produits sanguins 6 11 10 15 28
Autres/ARS 94 91 91 97 186
Non déclarés 1 571 1 139 952 869 1 283
Rapports de tests positifs pour le VIH, selon le sexe (Adultes)
Hommes 1 816 1 815 1 591 1 533 2 266
Femmes 615 620 524 484 534
Rapports de tests positifs pour le VIH, selon l'âge
moins de 15 ans 9 18 16 17 59
de 15 à 19 ans 25 34 32 34 28
de 20 à 29 ans 485 481 411 408 712
de 30 à 39 ans 939 982 853 849 1 284
de 40 à 49 ans 702 670 569 526 5 77
de 50 ans et plus 289 286 262 230 234
Âge non déclaré 33 33 44 63 85


Organisation

Les efforts fédéraux en vue de lutter contre l'épidémie ont commencé au milieu des années 80, mais ce n'est qu'après 1990 que les activités étaient mieux coordonnées, grâce à la première et à la deuxième stratégies nationales sur le sida. En 1997, le gouvernement du Canada a annoncé le lancement d'une nouvelle Stratégie canadienne sur le VIH/sida (SCVS) en vue de fournir un cadre national cohérent de lutte contre l'épidémie. On estime généralement que cette stratégie pancanadienne a été efficace pour ce qui est, par exemple, du renforcement de la capacité communautaire, de l'inscription du VIH/sida dans le contexte des droits de la personne et de la promotion de la recherche scientifique et sociale24.

haut de la page

 

La SCVS vise les dix secteurs stratégiques suivants :

  • recherche
  • développement communautaire et soutien des organisations non gouvernementales nationales
  • soins, traitement et soutien
  • surveillance
  • prévention
  • communautés autochtones
  • consultation, évaluation, surveillance et rapports
  • droits légaux, éthiques et de la personne
  • Service correctionnel du Canada
  • collaboration internationale

La responsabilité à l'égard de la gestion revient principalement à la Division des politiques, de la division de la coordination et des programmes sur le VIH/sida de l'agence de santé publique du Canada (ASPC), mais les bureaux régionaux de l'ASPC responsables du Programme d'action communautaire sur le sida (PACS), la Division de la surveillance et de l'évaluation des risques (ASPC), les Laboratoires nationaux du VIH et de rétrovirologie (ASPC), la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits (Santé Canada), la Division des affaires internationales (Santé Canada), le Service correctionnel du Canada et les Instituts de recherche en santé du Canada jouent également un rôle important25. La coordination de la coopération intergouvernementale est assurée par les bureaux régionaux de l'ASPC et Santé Canada, ainsi que par le comité FPT-sida et le Groupe de travail FPT sur la santé des chefs de services correctionnels. Ces deux comités intergouvernementaux sont constitués de représentants de toutes les provinces et de tous les territoires au Canada. Le ministre de la Santé bénéficie des conseils qui lui sont prodigués par le Conseil ministériel sur le VIH/sida, constitué d'experts de divers domaines et de personnes vivant avec le VIH/sida. Le Conseil national autochtone sur le VIH/sida donne des conseils à l'ASPC et à Santé Canada sur les enjeux touchant le VIH/sida qui ont un impact sur les peuples autochtones du Canada.

Le budget annuel de la Stratégie est de 42,2 millions de dollars, dont la plus grande partie est affectée à la recherche (13,2 millions de dollars) et au développement communautaire et au soutien des organisations non gouvernementales nationales (10 millions de dollars). En 2003, des sommes supplémentaires ont été engagées par :

  • le Service correctionnel du Canada (4 millions de dollars);
  • la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits à Santé Canada (2,5 millions de dollars);
  • les Instituts de recherche en santé du Canada (4,8 millions de dollars).

Le Service correctionnel du Canada a également affecté 7,7 millions de dollars à la création d'un Programme national de traitement d'entretien à la méthadone (dont 1 million de dollars provenant de la Stratégie canadienne antidrogue) ainsi qu'un total de 13 millions de dollars aux activités de prévention des maladies infectieuses, de dépistage, de soins, de traitement et de surveillance26.

Le Canada a aussi a apporté une contribution considérable aux efforts internationaux de lutte contre le VIH/sida. L'ACDI a augmenté son financement annuel consacré aux programmes internationaux liés au VIH/sida, lequel est passé de 22 millions de dollars en 2000-2001 à 80 millions de dollars en 2004-2005, pour un investissement quinquennal de 270 millions de dollars. En 2001, le Canada s'est également engagé à verser 100 millions de dollars américains sur quatre ans au Fonds mondial pour combattre le sida, la tuberculose et la malaria, et s'est engagé à doubler sa contribution annuelle en 2004. En mai 2004, le Canada annonçait une contribution de 100 millions de dollars à l'Initiative « 3 millions d'ici 2005 » de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cela correspond à plus de la moitié du manque à gagner actuel estimé par l'OMS pour les années 2004 et 2005. Enfin, le Canada a affecté 62 millions de dollars du Fonds canadien pour l'Afrique à la mise au point d'un vaccin contre le sida et à des activités visant à soutenir le travail d'une coalition canadienne sur le VIH/sida sur l'impact social de la maladie, y compris sur l'éducation des enfants, le travail et les structures familiales. En tout et pour tout, l'investissement international quinquennal du canada s'élèvera à plus de 500 millions de dollars.

Au pays, le gouvernement fédéral a récemment annoncé son intention d'accroître progressivement le budget annuel de la Stratégie pour le faire passer à 84,4 millions de dollars sur cinq ans. Le rapport du Comité permanent de la santé (Renforcer la Stratégie canadienne sur le VIH/sida), l'examen quinquennal de la Stratégie, le document Ensemble, nous pouvons jouer un rôle de premier plan : Plan d'action sur le VIH/sida pour l'ensemble du Canada, la recherche menée par l'Agence de santé publique du Canada et les commentaires des intervenants orientent l'élaboration d'un nouveau cadre stratégique pour le renouvellement de l'initiative fédérale.

Coordination et coopération

La SCVS s'assortit d'un engagement envers la coopération, les partenariats multisectoriels et les consensus « à chaque étape de la planification et de la mise en oeuvre »27. On a tenu une série de rencontres d'orientation et établi des comités consultatifs permanents (comme le Conseil ministériel sur le VIH/sida et le Conseil national autochtone sur le VIH/sida) en vue d'orienter l'élaboration et la mise en oeuvre de la Stratégie et de veiller à ce qu'elle permette de réagir aux nouveaux enjeux éventuels. Le Groupe de travail sur les questions internationales liées au VIH/sida rassemble plusieurs ministères et organismes non gouvernementaux en vue de discuter des questions touchant la collaboration internationale.

Aux échelons national et régional, l'ASPC finance des organisations non gouvernementales en reconnaissance de leur contribution vitale à titre de partenaires de la lutte contre le VIH/sida. Parmi ces organismes nationaux, mentionnons les suivants : la Société canadienne du sida, le Réseau canadien autochtone du sida, le Réseau juridique canadien VIH/sida, le Réseau canadien d'échange d'info-traitements sida, le Conseil canadien de surveillance et d'accès aux traitements, la Coalition interagence sida et développement, l'Association canadienne de santé publique et le Groupe de travail canadien sur le VIH et la réadaptation.

Dans la même veine, la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada collabore avec divers organismes nationaux et régionaux (comme l'Assemblée des Premières nations et le Réseau canadien autochtone du sida) et leur verse du financement en vue d'entreprendre des activités de promotion de la santé et de sensibilisation au VIH/sida chez les Autochtones, en particulier chez les Inuits et les membres des Premières nations qui vivent sur une réserve. Les bureaux régionaux de Santé Canada travaillent également avec des organismes communautaires et leur verse des fonds de fonctionnement et de projets à des fins similaires. Cette contribution est particulièrement importante dans les provinces et les territoires où le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida et la contribution provinciale ou territoriale sont relativement modestes.

La relation entre le gouvernement et la communauté est désormais solide et pleinement développée, même si, comme l'indiquent certains informateurs clés, l'engagement du gouvernement envers la consultation ralentit parfois le processus décisionnel. Néanmoins, la coordination et la collaboration sont considérées comme essentielles, puisqu'il est clairement avantageux de miser sur les connaissances et l'expérience des communautés.

La collaboration et la coopération intergouvernementales jouent également un rôle crucial vu la structure fédérale du pays qui confie primordialement les responsabilités de la santé aux provinces et aux territoires. Pourtant, le gouvernement canadien peut influencer la politique de la santé par le biais de l'établissement et de l'administration de normes nationales, l'application de la Loi canadienne sur la santé et les transferts de fonds. Le gouvernement fédéral s'est employé à assurer la direction de l'effort canadien en assumant directement la responsabilité à l'égard de certaines activités et en habilitant d'autres intervenants à se charger d'autres activités28. haut de la page

 

Dépistage, prévention, soins et traitement

En général, le gouvernement fédéral ne participe pas directement aux activités de dépistage, de soins et de traitement. Néanmoins, il joue un rôle actif dans la lutte contre le VIH/sida à l'échelle communautaire, grâce, par exemple, aux mesures suivantes :

  • Son Programme d'action communautaire sur le sida, qui a des bureaux dans chaque région, accorde un financement pluriannuel de fonctionnement et de projet à un large éventail d'organismes communautaires prenant part à une gamme étendue d'activités communautaires.
  • Il a une responsabilité fiduciaire de fournir des soins de santé aux Inuits et aux membres des Premières nations qui vivent sur des réserves. La Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits de Santé Canada finance des initiatives de promotion de la santé, des traitements médicaux (y compris le dépistage du VIH et certains traitements de toxicomanie exclus des programmes provinciaux) et le transport pour les personnes devant se déplacer pour recevoir des soins ou un traitement.
  • Il est directement responsable de dispenser des soins de santé aux personnes incarcérées dans des établissements correctionnels fédéraux ainsi qu'aux personnes qui font leur service militaire ou qui sont membres de la Gendarmerie royale du Canada.
  • Ses efforts (depuis janvier 2002) pour veiller à ce que tous les demandeurs du statut de résident permanent au Canada âgés de plus de 15 ans subissent un test de dépistage pour le VIH29.
  • Le financement de projets communautaires nationaux visant les membres des Premières nations vivant hors réserve et les communautés inuites et métisses, ainsi que le renforcement des capacités, les modèles de pratiques exemplaires, les services d'information, la diffusion d'information au grand public, les droits d'origine législative et éthique et les droits de la personne.

Le gouvernement fédéral a également joué un rôle important en tenant des réunions et des conférences nationales, en finançant des projets pilotes, en assurant le maintien d'un système national de surveillance et en finançant d'importantes recherches, y compris des études par cohortes. Cette campagne a pour but de « remettre le VIH/sida à l'avant-scène » pour le public canadien. De plus, Santé Canada et le Réseau canadien autochtone du sida ont lancé une campagne d'information en vue d'accroître la sensibilisation et le dialogue chez les Premières nations, les Inuits et les Métis30. L'initiative visant les réserves doit chercher à préserver la confidentialité tout en s'employant à déterminer la taille et l'étendue de l'épidémie dans ces collectivités.

Connaissances

Le gouvernement fédéral et la SCVS ont joué un rôle important en ce qui a trait à la création, à l'organisation, à l'analyse et à la diffusion des données épidémiologiques et d'autres connaissances. Le gouvernement fédéral jouit d'une position privilégiée pour regrouper l'information et les expériences de diverses administrations et pour promouvoir les efforts visant à intégrer ces connaissances à la pratique grâce à l'échange d'informations comme celui adopté dans le cadre du Programme d'action communautaire sur le sida (PACS).

Le financement fédéral, généralement consenti par les Instituts de recherche en santé du Canada, a permis aux chercheurs canadiens d'apporter une contribution très importante aux efforts nationaux et internationaux pour lutter contre l'épidémie. Ces chercheurs jouent également un rôle important dans le cadre de certains essais cliniques, de l'évaluation de régimes de traitements et de l'effort international pour mettre au point un vaccin. De plus, le Canada fait la promotion d'une approche fondée sur les déterminants de la santé qui insiste sur l'impact de la discrimination, de la stigmatisation et d'autres facteurs sociaux et économiques qui influent la vulnérabilité au VIH. On estime qu'il est crucial de tenir compte de ces déterminants de la santé afin de réduire la vulnérabilité et de prévenir la propagation de l'épidémie, et cette approche a été intégrée dans le PACS.

Fait à signaler, les auteurs de la SCVS se sont efforcés d'aborder des questions de polémique (comme la réduction des méfaits) et de susciter un débat public élargi en finançant des projets relatifs, entre autres, au renforcement des capacités chez les toxicomanes et les pratiques exemplaires en matière d'échange de seringues. Vu l'importance de diffuser et d'appliquer de nouvelles connaissances, l'ASPC finance aussi le Centre canadien d'information sur le VIH/sida (précédemment appelé Centre canadien de documentation sur le VIH/sida) et le Réseau canadien d'info-traitements sida.

Enfin, l'ASPC recueille des données de surveillance auprès de chaque province et territoire et fournit des rapports et des analyses à l'échelle nationale. Elle soutient les activités de surveillance dans certaines provinces ou certains territoires, par l'entremise de ses agents de surveillance sur le terrain (AST). Ceux-ci travaillent présentement avec leurs homologues provinciaux à Vancouver, Calgary, Regina, Winnipeg, Toronto et Halifax. L'ASPC soutient également les efforts de surveillance en établissant des partenariats avec les provinces et les territoires en vue de normaliser les définitions nationales et les méthodes de collecte des données et, au besoin, de mettre au point des applications logicielles.

Renforcement des efforts

L'examen de la documentation et les entretiens auprès des informateurs clés ont permis de cerner les moyens suivants pour renforcer les efforts du gouvernement fédéral pour lutter contre l'épidémie de VIH/sida :

  • clarifier les priorités, les buts et les mesures du rendement s'inscrivant dans la SCVS;
  • assurer le leadership nécessaire pour renforcer l'appui du public à l'égard de programmes controversés de prévention et de réduction des méfaits;
  • allouer les fonds adéquats aux nombreuses tâches liées à la lutte contre l'épidémie;
  • lutter efficacement contre l'épidémie auprès de certains groupes à risque, comme les homosexuels, les Autochtones (sur et à l'extérieur des réserves), les personnes incarcérées dans des établissements correctionnels fédéraux, les femmes et les utilisateurs de drogues injectables31.

 

3.2 Colombie-Britannique

Points saillants des activités de surveillance

  • Environ 10 500 personnes vivent actuellement avec le VIH/sida en Colombie-Britannique, ce qui constitue une augmentation d'environ 1 000 personnes depuis 1999.
  • Le taux d'incidence du VIH était à la baisse, ayant passé de 19,6 (sur 100 000 habitants) en 1990 à 18,2 en 1995, à 10,2 en 2000. Le taux a augmenté à 10,7 en 2001 et en 2002, pour ensuite reculer de nouveau à 10,1 en 200332.
  • En 2003, la catégorie des HRSH comptait pour 36,5 % des nouveaux cas déclarés de VIH séropositifs dont la catégorie d'exposition était connue. La catégorie des UDI comptait pour 25,7 % des cas, et la transmission chez les hétérosexuels, pour 24,9 % des cas. Les proportions équivalentes en 2000 étaient de 37,4 %, de 32 % et de 19,7 %. Autrement dit, la proportion chez la catégorie des HRSH est demeurée à peu près la même, alors que celle des UDI a baissé, et la transmission chez les hétérosexuels a augmenté.
  • Les femmes comptaient pour 21,5 % des nouveaux cas déclarés de VIH séropositifs en 2003, par rapport à 21,3 % en 2000 et 22,4 % en 1995.
  • En 2003, la catégorie des Autochtones comptait pour 16 % des nouveaux cas déclarés de VIH séropositifs dont l'origine ethnique était connue. Presque 42 % des nouveaux cas déclarés chez les Autochtones concernaient des femmes. En 1995, la catégorie des Autochtones comptaient pour 16,7 % des nouveaux cas déclarés de VIH séropositifs dont l'origine ethnique était connue.

haut de la pageColombie-Britannique33

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1995
Estimation de la prévalence   10 50034   9 50035  
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année 75 88 77 144 335
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 3 730 3 655 3 567 3 490 2 599
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe :
Hommes 66 79 70 126 308
Femmes 9 8 7 16 26
Cas de sida nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition :
HRSH 5 25 29 64 220
HRSH/UDI 2 3 3 5 15
UDI 16 15 12 32 41
Contact hétérosexuel 5 6 6 13 33
Autres (hémophiles, inconnue, etc.) 47 39 27 30 26
Cas de sida nouvellement déclarés, selon l'âge :
<15 ans 0 1 2 2 3
de 15 à 29 ans 6 5 7 10 42
de 30 à49 ans 45 57 45 102 245
de 50 ans et plus 24 24 23 28 44
Âge inconnu 0 1 0 2 1
Cas de sida nouvellement déclarés, selon l'origine ethnique
Blanc 30 37 50 99 250
Autochtone 6 6 6 13 29
Asiatique 0 2 6 1 4
Autres et origine inconnue 39 43 15 31 52
Infection à VIH
Nombre total de cas de VIH déclarés 423 438 437 408 682
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 135 148 134 133 185
HRSH/UDI 24 12 20 10 28
UDI 95 145 121 114 267
Contact hétérosexuel 92 98 103 70 68
Travailleurs du sexe/UDI 18 15 11 19 40
Travailleurs du sexe 2 0 1 1 0
Tous les autres 4 9 10 9 10
Inconnue 53 11 37 52 84
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon le sexe
Hommes 328 353 345 321 526
Femmes 90 85 87 87 152
Inconnu 5 0 5 0 4
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon l'origine ethnique
Blanc 246 276 285 253 384
Autochtone 59 66 69 58 90
hommes 34 39 38 36 55
femmes 25 27 31 22 34
inconnue 0 0 0 0 1
Asiatique 28 47 28 25 30
Noir 22 17 24 18 15
Hispanique 13 24 10 8 19
Origine inconnue 55 8 21 46 144
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon l'âge
<18 mois 1 0 1 2 1
<15 ans 2 1 3 1 4
15 à 29 ans 76 75 110 94 203
30 à 49 ans 261 295 271 256 426
50 ans et plus 82 66 50 54 41
Âge inconnu 1 1 2 1 7


Organisation

Les efforts de la Colombie-Britannique pour lutter contre le VIH/sida sont depuis longtemps guidés par une stratégie provinciale; la province a d'abord adopté le British Columbia's Framework for Action on HIV/AIDS en 1998, et ensuite Piority for Action in Managing the Epidemics, HIV/AIDS in British Columbia 2003-2007. Cette dernière stratégie a pour but de « compléter, guider et soutenir les efforts des communautés et des autorités de la santé afin de contrer l'un des plus graves problèmes de santé publique en Colombie-Britannique aujourd'hui »36. Cette stratégie vise à servir de plan d'orientation aux autorités de la santé, aux partenaires communautaires et aux ministères provinciaux dans leurs rôles respectifs pour lutter contre et gérer l'épidémie dans le cadre de l'effort provincial.

Les auteurs de Priorities for Action reconnaissent que le VIH/sida « est une maladie complexe qu'on ne peut prévenir complètement pour l'instant ». La stratégie s'attache donc « à gérer les épidémies au moyen d'un effort soutenu dans quatre domaines clés : la prévention, les soins, le traitement et le soutien la capacité et la coordination et la coopération37. Elle établit essentiellement des buts ambitieux et quantifiables pour la période qui s'étendra de 2003 à 2007 :

  • réduire de 50 % le nombre de personnes infectées chaque année ainsi que le nombre de personnes qui sont séropositives pour le VIH et qui ne le savent pas;
  • accroître de 25 % la proportion de personnes séropositives pour le VIH qui bénéficient des services appropriés;
  • renforcer la capacité de la province d'assurer le suivi de l'épidémie de VIH;
  • créer et maintenir un soutien élargi à l'égard de Priorities for Action.

Le document établit des objectifs mesurables et des stratégies clés pour chaque but et comport un engagement envers le contrôle et la reddition de compte pour les autorités de la santé et les autres partenaires. Toutefois, ces mesures de reddition de comptes ne sont pas encore en place et il faudra peut-être adopter des mesures plus spécifiques et mieux ciblées que ce que le gouvernement attend habituellement des autorités de la santé. Priorities for Action est complété par le rapport Chee Mamuk sur l'épidémie chez les Autochtones ainsi que par une ancienne stratégie relative aux Autochtones, préparée par le Groupe d'étude de la Colombie-Britannique sur le VIH/sida chez les Autochtones38.haut de la page

Le document a été bien reçu par certains intervenants communautaires qui l'ont décrit comme un outil utile à leurs propres fins. Certains se réjouissent particulièrement du fait que la province assume le risque lié à l'expression de buts aussi ambitieux et espèrent qu'elle prendra des mesures actives pour les atteindre. D'autres sources communautaires, toutefois, s'inquiètent du fait qu'on ne les a pas invitées à participer à l'élaboration de Priorities for Action et qu'aucune nouvelle affectation de fonds n'y est reliée.

Le ministère des Services de la santé de la province est responsable de gérer et de contrôler les efforts à l'échelle de la province et compte renforcer sa capacité dans ce secteur et de créer des mécanismes pour faciliter la coordination et la collaboration entre les intervenants. Le ministère bénéficie de l'aide du Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique (BCCDC), en particulier pour ce qui est du contrôle de l'épidémie et des aspects de l'épidémie qui concernent les Autochtones. Le Centre d'excellence en VIH/sida de la Colombie-Britannique est responsable de l'exécution du programme de médicaments antirétroviraux de la province.

En 2003, le médecin hygiéniste de la province a estimé que les dépenses annuelles de la Colombie-Britannique pour les services liés au VIH/sida s'établissait à $100 millions de dollars.

Coordination et collaboration

La coordination et la collaboration constituent un élément important de l'effort en Colombie-Britannique. La plateforme pour la lutte contre le VIH/sida en Colombie-Britannique est constituée de six autorités en matière de santé, soit cinq organismes investis de responsabilités régionales et un organisme responsable des programmes et services spécialisés à l'échelle de la province. La stratégie Priorities for Action met au défi ces autorités ainsi que leurs partenaires communautaires de concevoir et de fournir la gamme de programmes et services nécessaires pour atteindre les buts provinciaux. Toutefois, certains informateurs clés craignent que le degré de collaboration entre les organismes de services liés au sida et les autorités en matière de santé varient considérablement d'une région à une autre, et qu'il n'y ait aucune coordination ni planification centralisée. Néanmoins, trois des autorités en matière de santé sont dotées de plans relatifs aux services et trois autres s'affairent actuellement à élaborer leurs plans.

Le ministère de l'Éducation de la province a assorti ses programmes d'éducation d'un volet lié à la santé en matière de sexualité. Le ministère de la Planification de la santé noue des relations avec le Solliciteur général et tente, en collaboration avec les autorités de la santé, d'élaborer des protocoles pour faire face aux problèmes liés au VIH/sida dans les établissements correctionnels de la province.

La Colombie-Britannique participe aux activités du Comité FPT sur le VIH/sida et du Groupe de travail FPT sur le VIH/sida des chefs de services correctionnels. La relation de travail avec le bureau régional de Santé Canada responsable du Programme d'action communautaire sur le sida est étroite, même si les ressources provinciales et fédérales sont gérées séparément. L'écart en ce qui concerne les compétences et les services liés aux Autochtones qui vivent sur des réserves et à l'extérieur des réserves cause des préoccupations considérables dans la province, en particulier compte tenu de la présence de l'épidémie chez les Autochtones et du mouvement des Autochtones d'une collectivité à l'autre.

La Colombie-Britannique n'a pas intégré ses efforts liés au VIH/sida avec ses autres initiatives liées à la santé publique et aux agents pathogènes à diffusion hématogène, même si certaines autorités en matière de santé se dirigent actuellement dans ce sens. Il est important de signaler que les municipalités jouent un rôle plus marqué dans le cadre des efforts pour lutter contre l'épidémie, comme à Vancouver, où l'on a adopté une approche fondée sur « quatre piliers », et à Victoria, où l'on tient actuellement des discussions en vue d'améliorer les services liés à la réduction des méfaits.

Dépistage, prévention, soins et traitement

La province offre des services de dépistage prénatal du VIH au moyen d'un modèle d'adhésion volontaire, c'est-à-dire qu'on demande aux femmes si elles souhaitent qu'un test soit effectué. Entre octobre et décembre 2003, le laboratoire provincial a reçu 10 900 prélèvements prénataux et a obtenu la permission d'effectuer un test de dépistage pour le VIH sur 8 650 (79 %) prélèvements. Comme le révèle le tableau 2, le nombre total de tests de dépistage du VIH effectués a lentement augmenté avec le temps pour dépasser la barre des 146 000 en 200239. Au total, 1,6 millions de tests ont été effectués depuis 1985.

Tableau 2, Nombre de tests de dépistage du VIH effectués en Colombie-Britannique, 1995-2002

1995 1997 1999 2001 2002 2003
130 338 140 278 135 284 135 806 146 489 135 654

Certains informateurs clés se disent préoccupés par le fait que le système de soins de santé de la province s'attache trop aux soins de courte durée et consacre trop peu d'attention et de ressources à la prévention, aux soins primaires et à la santé de la population. Ils ont laissé entendre qu'un leadership plus vigoureux s'impose à cet égard.

Connaissances

Le Centre d'excellence en VIH/sida de la Colombie-Britannique est un leader national et international au niveau de la production et de la diffusion de nouvelles connaissances touchant tous les aspects de l'épidémie. Le Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique, pour sa part, dispense une formation à divers groupes de professionnels, accueille le programme Chee Mamuk destiné aux Autochtones, et travaille en partenariat avec une diversité d'organismes communautaires dont les activités sont liées au sida. Certains informateurs clés laissent entendre que le Centre de contrôle des maladies de la Colombie-Britannique doit diffuser plus rapidement les données relatives au VIH/sida afin de mieux informer les fournisseurs de services communautaires.

On avance aussi qu'il faut s'attacher davantage à l'évaluation axée sur les résultats, de façon à optimiser l'utilisation de ressources toujours limitées. haut de la page

Renforcement des efforts

Les informateurs clés ont suggéré une diversité de mesures susceptibles de renforcer les efforts de la province pour lutter contre l'épidémie :

  • sensibiliser davantage le public et accroître l'engagement politique et le leadership à tous les échelons, car on craint que le public ait cessé de se préoccuper de la question du VIH/sida, et que cette question ne soit plus prioritaire;
  • créer un système-sentinelle de surveillance plus efficace afin de mieux cerner les tendances au sein des populations à risque;
  • mettre davantage l'accent sur la prévention et la santé de la population;
  • affecter d'autres ressources financières à la lutte contre l'épidémie ainsi qu'aux autorités de santé et aux organismes de services communautaires, deux informateurs clés ayant laissé entendre que « tout est en place pour qu'on puisse lutter contre l'épidémie, mais les ressources sont insuffisantes »;
  • établir un système de transferts fédéraux assortis d'exigences de reddition de comptes strictes, de façon à améliorer la coopération intergouvernementale et à s'assurer que les deniers fédéraux permettent bel et bien à la province d'atteindre ses objectifs de santé publique.
  • accroître la participation aux comités intersectoriels sur le VIH/sida en y incluant des représentants d'organismes communautaires, d'autorités de santé et d'autres administrations;
  • choisir un « leader » parmi les autorités de santé et le charger de diriger la lutte contre le VIH/sida.

3.3 Alberta

Points saillants des activités de surveillance40

  • Environ 3 200 personnes vivent avec le VIH/sida en Alberta.
  • En 2003, le taux des cas de séropositivité au VIH nouvellement déclarés était beaucoup plus élevé à Edmonton qu'à Calgary : 7,0 et 5,4/100 000, respectivement. Les tendances pour les catégories d'exposition varient sensiblement selon la région; par exemple, la catégorie la plus fréquente à Edmonton est celle des UDI, et à Calgary, celle des HRSH. Par ailleurs, on a enregistré cette année-là une augmentation proportionnelle chez les HRSH dans les deux villes.
  • À l'échelle de la province, la catégorie d'exposition la plus souvent déclarée en 2003 était celle des HRSH (39 % dans l'ensemble des cas), suivie par celle des UDI (22 %).
  • De 1999 à 2003, les Autochtones, qui représentent environ 5 % de la population totale de la province, comptaient pour 30 % des cas de séropositivité au VIH nouvellement déclarés. Toutefois, ces données variaient d'une région à une autre et, en 2003, 32 % des nouveaux cas d'infection dans la région d'Edmonton touchaient les Autochtones, par rapport à 5 % dans la région de Calgary.

Alberta41

Indicateur Année
2003 2002 2001 2000 1999
Estimation de la prévalence n.d. n.d. n.d. n.d. 3 200
Cas de sida
Nombre de cas de sida déclarés par année 40 33 42 49 41
Nombre cumulatif de cas de sida déclarés 1 160 1 119 1 087 1 045 996
Cas de sida nouvellement déclarés, selon le sexe
Hommes 28 28 37 42 38
Femmes 12 5 5 7 3
Cas de sida nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 13 9 19 22 16
UDI 8 10 10 10 6
HRSH et UDI 0 1 4 2 4
Hétérosexuel - Endémique/Partenaire à risque/ARS 18 10 8 15 14
Autres 0 3 1 0 1
Inconnus 1 0 0 0 0
Cas de sida nouvellement déclarés, selon l'âge
Enfants et jeunes (0 à 19 ans) 0 1 0 0 0
Adultes (20 à 59 ans) 37 32 38 48 41
Aînés (60 ans et plus) 3 0 4 1 0
Décès reliés au sida 6 4 11 17 11
Infection à VIH
Nombre total de cas de séropositivité au VIH déclarés 157 179 168 191 162
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon la catégorie d'exposition
HRSH 61 34 36 53 38
HRSH/UDI 1 5 6 2 6
UDI 35 76 65 79 64
VIH/sida - Pays endémiques 15 18 18 14 18
Contact hétérosexuel - Partenaire à risque 25 20 22 20 11
ARS - Hétérosexuel 19 18 19 21 22
ARS - Autre 0 8 2 1 3
Périnatale 0 0 0 1 0
Inconnue 1 0 0 0 0
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon le sexe
Hommes 121 122 123 127 117
Femmes 36 57 45 64 45
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon l'origine ethnique
Blanc 88 81 85 101 101
Noir 17 20 20 16 18
Autochtone 40 68 58 64 31
Asiatique 7 5 4 8 5
Autre 4 4 1 1 5
Origine ethnique inconnue 1 1 0 1 2
Cas d'infection à VIH nouvellement déclarés, selon l'âge
0 à 14 ans 0 0 0 1 0
15 à 24 ans 19 13 16 22 24
25 à 59 ans 131 165 146 165 136
60 ans et plus 7 1 6 3 2

Remarques haut de la page

  1. Données réparties par année de déclaration.
  2. Groupes d'âge établis selon l'âge de la personne au moment de la déclaration.
  3. N/D = non disponible.

Organisation

En 1999, l'Alberta a élaboré, pour la première fois, une stratégie sur le VIH/sida pour la période de 1998-1999 à 2002. Même si cette stratégie ne comportait pas de buts ni d'objectifs spécifiques ou quantifiables, elle s'est révélée un plan important de lutte contre le VIH/sida et a permis, selon l'un des informateurs clés, « d'obtenir l'autorisation de déployer différentes initiatives ». La stratégie a également servi à déterminer les responsabilités et rôles respectifs des intervenants, dont Santé et Bien-être Alberta, les autorités régionales de santé, les organismes communautaires sur le sida et l'agence de santé publique.

On s'efforce actuellement à remplacer cette stratégie par une autre stratégie qui sera dotée de buts mesurables et d'exigences de reddition de comptes. Cette nouvelle stratégie permettra de mieux définir les rôles et responsabilités des intervenants clés dans la prévention et le traitement du VIH/sida et les soins et l'appui à donner aux personnes infectées. Cette stratégie sera axée sur la santé de la population. La nouvelle stratégie intégrera mieux le VIH/sida avec d'autres pathogènes à diffusion hématogène et infections transmissibles sexuellement, afin que cette approche permette :

  • de mieux déterminer le profil du VIH/sida et de ses interactions avec d'autres pathogènes à diffusion hématogène et ITS;
  • de réduire le « cloisonnement » qui peut nuire à l'efficacité de certaines mesures, de façon à obtenir davantage de soutien et de ressources en réduisant la duplication des services;
  • de mieux tenir compte de la réalité des communautés où des luttes contre le VIH/sida déploient également des efforts dans les domaines de l'hépatite C et d'autres ITS.

Santé et Bien-être Alberta finance des programmes communautaires pour environ 2,3 millions de dollars par l'entremise du Fonds de la communauté de l'Alberta pour le sida et accorde une aide supplémentaire de 70 000 $ dans le cadre du Projet d'échange de seringues en vente libre42. La province finance également un intervenant communautaire qui offre des programmes de prévention des pathogènes à diffusion hématogène, principalement aux Autochtones hors réserve. D'autres fonds sont fournis par l'entremise des budgets globaux des autorités régionales de santé.

Coordination et coopération

Il est à noter qu'il y a une relation de travail solide entre les différents bureaux régionaux de l'ASPC et le gouvernement provincial. Aussi, les gouvernements provinciaux et celui fédéral ont travaillé ensemble pour créer un modèle innovateur pour le financement. Le Fonds de la communauté de l'Alberta pour le sida (ACHF) est un modèle communautaire- provincial-fédéral conjoint de financement élaboré à la suite de consultations menées auprès de représentants d'organismes communautaires de lutte contre le VIH/sida, de personnes qui vivent avec le VIH/sida, d'autorités régionales de santé, ainsi que des ministères provinciaux et fédéral de la Santé. Ce modèle remplace les lignes directrices de l'ASPC concernant le Programme d'action communautaire sur le sida et celles de Santé et Bien-être Alberta touchant les subventions aux organismes communautaires.

Ce fonds offre un processus de financement simplifié et transparent qui permet d'éviter les chevauchements et de mieux coordonner le tout. Grâce à son financement d'activités de fonctionnement et de projets43, le Fonds de la communauté de l'Alberta pour le sida (ACHF) soutient :

  • les efforts déployés en vue d'établir des milieux favorables et d'offrir des soins et un appui;
  • les initiatives de prévention, de réduction des méfaits et de promotion de la santé;
  • les mesures visant à renforcer les organisations communautaires.

Cette approche du financement est considérée comme pratique exemplaire pour le travail en commun entre les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral.

Dépistage, prévention, soins et traitement

L'Alberta fait face à un enjeu important, car l'épidémie se propage différemment d'une région à une autre. À Edmonton, par exemple, l'épidémie est concentrée dans le centre-ville, où les catégories d'exposition sont surtout celles associées à l'usage de drogues par injection et à la transmission hétérosexuelle, et les Autochtones représentent le groupe le plus vulnérable. À Calgary, par contre, l'épidémie touche principalement les HRSH.

Les autorités régionales de santé effectuent la recherche de contacts dans les réserves des Premières nations, mais la répartition des compétences fédérales-provinciales freine l'élaboration de services complets et intégrés à l'intention des Autochtones. Le taux élevé de déplacement entre les réserves ou les établissements et les centres urbains fait qu'on éprouve plus de difficulté à localiser les Autochtones pour leur offrir des services de suivi.

Même si certaines communautés sur les réserves sont de plus en plus déterminées à résoudre les problèmes liés aux pathogènes à diffusion hématogène, d'autres continuent à sous-estimer ou à nier l'importance d'une approche axée sur la réduction des méfaits (p. ex., offrir une éducation en matière de santé sexuelle dans les écoles et y distribuer des préservatifs). Les préoccupations touchant la confidentialité, surtout dans les petites communautés sur les réserves et les communautés de Métis, peuvent également empêcher certains Autochtones de subir un test de dépistage. En outre, certains Autochtones ne peuvent obtenir de renseignements adaptés à leur culture sur la façon de prévenir, de gérer et de contrôler la maladie, ou ne savent tout simplement pas que ces renseignements existent.

En septembre 1998, l'Alberta a lancé un programme de dépistage prénatal du VIH, dans le cadre duquel on recommande fortement de tester toutes les femmes enceintes pour le VIH. Ce « modèle d'adhésion volontaire », que recommande l'Association médicale canadienne44, offre aux femmes la possibilité de subir un test de dépistage du VIH pendant leur grossesse. Toutefois, on doit obtenir leur consentement éclairé dans le cadre de cette initiative. Grâce à cette approche, environ de 95 % à 98 % des femmes enceintes en Alberta ont subi un test de dépistage du VIH.

La figure 5 illustre l'augmentation progressive du nombre total de tests de sérologie du VIH effectués en Alberta au cours de chaque année fiscale depuis 2000-2001. haut de la page

Figure 5, Nombre total de tests de sérologie du VIH, par année, en Alberta

L'Alberta offre également des services de dépistage anonymes, mais seulement l'un des trois emplacements dans la province a été fréquenté par un petit nombre de clients au cours des deux dernières années.

Les coûts associés aux services cliniques et de traitement antirétroviral touchant le VIH sont financés par l'entremise d'un fonds provincial distinct; à cet égard, Edmonton coordonne les programmes prévus à cette fin pour le nord de l'Alberta, et Calgary, celui pour le sud de la province. Plusieurs médecins chargés de dépister le VIH tiennent également des cliniques régulières dans cinq établissements correctionnels provinciaux et fédéraux. En outre, la province finance un service d'assistance téléphonique gratuit sur les ITS et le VIH, qui permet d'obtenir des renseignements enregistrés 24 heures sur 24, sept jours sur sept, et d'accéder à une infirmière pendant les heures de travail.

Lancé en 1995, le Projet d'échange d'aiguilles en vente libre (EAVL) représente un effort coordonné de 39 ministères, organismes, organisations et groupes communautaires, qui visent à réduire les méfaits associés à l'usage de drogues par injection, notamment en ce qui concerne le VIH et l'hépatite C. Le personnel sur le terrain collabore avec les décideurs en vue d'identifier les enjeux, d'élaborer des programmes et de formuler des politiques, ainsi que d'améliorer la santé des personnes qui s'injectent des drogues.

Les responsables du Projet d'EAVL s'efforcent d'améliorer l'accès à la méthadone dans la province et le nombre de cliniques de traitement à la méthadone est passé d'une seule, située à Edmonton, à cinq dans l'ensemble de la province. On compte maintenant deux cliniques à Edmonton, une à Red Deer et deux à Calgary. Un comité provincial de coordination pour le traitement de la dépendance aux opiacés orientera la prestation de ce traitement en Alberta.

Les informateurs clés ont suggéré que la gamme des mesures de soutien et des services requise pour combattre l'épidémie du VIH/sida en Alberta est en grande partie établie. Toutefois, ils ont souligné qu'on doit :

  • offrir des services d'éducation publique et des programmes destinés aux jeunes et aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes;
  • accorder une attention particulière aux Autochtones et à leurs communautés, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur des réserves;
  • offrir toute la gamme des services sociaux - par exemple, des programmes de logements - qui permettent de réduire la vulnérabilité au VIH;
  • répondre aux besoins des membres de petites communautés tout en tenant compte des critères de confidentialité et des coûts associés aux déplacements que ceux-ci doivent effectuer pour recevoir des soins médicaux.

Connaissances

Le gouvernement de l'Alberta investit dans la recherche par l'entremise de l'Alberta Heritage Foundation for Medical Research. Il est nécessaire de noter que cette fondation accorde une importance considérable à la diffusion et à l'application de la recherche. Par exemple, la fondation a déployé une initiative en ce sens et publié un bulletin d'information, intitulé Research in Practice, « afin de s'assurer qu'on applique aussi rapidement que possible les conclusions de recherche importantes dans la pratique clinique et le processus de formulation des politiques »45. De plus, l'Alberta Community Council on HIV reçoit des fonds de l'ASPC visant à soutenir les travaux d'un coordonnateur de recherche qui peut aider les organismes à entreprendre des recherches communautaires.

Renforcement des efforts

Les informateurs clés ont suggéré divers moyens de renforcer les mesures que la province a prises pour enrayer l'épidémie :

  • affecter des ressources - ou réaffecter des ressources existantes - à la nouvelle stratégie provinciale;
  • faire en sorte que les gens comprennent et acceptent mieux l'aspect autochtone de l'épidémie, notamment dans le nord de l'Alberta, entre autres en nouant des liens plus étroits entre la province et la Direction générale de la santé des Premières nations et des Inuits à Santé Canada, et en établissant des partenariats plus solides entre les Autochtones et leurs communautés, les autorités régionales de santé, les organismes de lutte contre le VIH/sida et d'autres organismes de service dans ce domaine;
  • renforcer la capacité d'effectuer un suivi des cas signalés, surtout dans les régions rurales;
  • renforcer les efforts de prévention à l'échelle communautaire, provinciale et nationale, et reconnaître que les campagnes de prévention doivent être uniformes, dynamiques et durables;
  • combattre l'épidémie chez les populations qui font face à divers obstacles comme la toxicomanie, les troubles de santé mentale et les problèmes de logement;
  • combattre la stigmatisation et la discrimination qui sont encore liées au VIH/sida.

15 Cette catégorie d'exposition est constituée de trois sous-catégories : le contact hétérosexuel avec une personne séropositive au VIH ou très vulnérable à l'infection; lorsque les contacts hétérosexuels sont le seul facteur de risque signalé; et lorsqu'une personne est originaire d'un pays où le VIH est endémique.

16 La principale source de données est Canada, Santé Canada, 2004. La sélection de données pour 1995 est tirée du Rapport de surveillance de Santé Canada, décembre 2000.

17 À la fin de 1999.

18 Estimation de la prévalence pour 1996. Voir Canada, Santé Canada, 2000, p. 197.

19 Contact sexuel avec une personne à risque.

20 Originaire d'un pays où le VIH est endémique.

21 ARS--hétérosexuel : Les contacts hétérosexuels sont le seul facteur de risque signalé, et on ne connaît pas les risques d'exposition du partenaire.

22 ARS : Aucun risque signalé.

23 Avant 1997, il n'était pas possible de distinguer les catégories d'exposition « contact hétérosexuel avec une personne à risque » et « originaire d'un pays où le VIH est endémique ».

24 Pour obtenir une analyse de la SCVS, voir Spigelman, 2003.

25 L'Agence de santé publique du Canada a été créée le 24 Septembre, 2004 et est largement composée de la Direction générale de la santé de la population et de la santé publique de Santé Canada. La Division des politiques du VIH/sida, la division de la coordination et des programmes, la Division de la surveillance et de l'évaluation des risques, les Laboratoires nationaux du VIH et de rétrovirologie, et les anciens bureaux régionaux de la Direction générale de la santé de la population et de la santé publique font maintenant partie de la nouvelle Agence de santé publique du Canada.

26 Canada, Santé Canada, 2003(d), p. 5.

27 Canada, Santé Canada, 2003(d), p. 6.

28 Voir Spigelman, 2003, p. 23.

29 Canada, Santé Canada, 2003(d), p. 11.

30 Canada, Santé Canada, 2003(d), p. 10.

31 Spigelman, 2003, p. 9.

32 BC Centre for Disease Control (BCCDC), 2002, p. 17.

33 Division of STD/AIDS Control, BC Centre for Disease Control Society, juillet 2004. Voir aussi BCCDC, VIH/AIDS Update, Annual 2002.

34 La BCCDC estime que la prévalence se situe entre 8 000 et 13 000.

35 Estimation de la BCCDC pour 1999.

36 Colombie-Britannique, 2003, p. 2.

37 Colombie-Britannique, 2003, p. ii.

38 Voir BCCDC, 2000, et BC Aboriginal AIDS Task Force, 1999.

39 BCCDC, 2002, p. 17.

40 Alberta Blood-borne Pathogens Surveillance Working Group, 2003, p. 5-6; système de déclaration des maladies transmissibles, 4 mai 2004.

41 Système de déclaration des maladies transmissibles, 4 mai 2004, préparé par la Division du contrôle et de la prévention de maladies, Santé et Bien-être Alberta. Les données sur le VIH dont on dispose remontent seulement à mai 1998.

42 La contribution de Santé Canada au Alberta Community HIV Fund s'élève à environ 683 000 $.

43 Les fonds de projet varient de 5 000 $ à 20 000 $.

44 Alberta Blood-borne Pathogens Surveillance Working Group, 2003, p. 20.

45 Voir http://www.ahfmr.ab.ca/publications/reports/hrip2000/from_to.php et http://www.ahfmr.ab.ca/publications/.

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