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Au début de cette section, les comptes rendus de recherche et un survol des difficultés d'ordre méthodologique qui se sont posées au cours de la recherche sont présentés. On examine ensuite le lien entre le VIH/ sida et les déterminants sociaux pour lesquels il existe suffisamment de recherche. Les résultats de recherche sur ces déterminants sociaux sont par la suite présentés. Parmi les critères de sélection des résultats figurent la réputation et les relations professionnelles de l'auteur, les sources de financement du projet ainsi que l'éditeur du rapport de recherche. Les résultats sélectionnés sont corroborés par des preuves péremptoires basées sur une recherche rigoureuse et méthodologique.
Même si, dans le cadre de cette étude, les résultats de recherche pour chacun des déterminants sont présentés séparément, dans le modèle de la santé de la population, ces déterminants sont interdépendants. La pauvreté, les expériences de la petite enfance, la discrimination, ainsi que les autres déterminants sociaux sont intrinsèquement liés et c est dans leur ensemble qu ils exercent une incidence sur l'épidémie et sur ses répercussions. On examine aussi les incidences sur les politiques générales qui découlent des résultats de recherche sur chacun des déterminants. En étudiant les initiatives plus spécifiques, il est nécessaire d'examiner ces incidences dans un contexte plus général. Elles sont ainsi présentées à la section 4 parmi les conclusions du rapport.
Il existe de nombreux documents qui abordent le concept de la santé de la population et où l'on démontre que les déterminants sociaux ont des répercussions sur la santé et le bien-être des individus et des communautés. En revanche, il y a peu de documentation sur le VIH/ sida dans ce vaste contexte de la santé de la population. On examine plus souvent le lien entre un certain déterminant social et un type de comportement qui met une personne à risque d'infection à VIH.
Cette tendance pourrait découler du fait que les chercheurs, qui sont dans la plupart des cas des épidémiologistes ou des professionnels de la santé, suivent une approche axée sur la promotion de la santé de la population dans le but de faire changer les comportements individuels et de groupe. Étant donnée l'importance de leur recherche et la menace immédiate du VIH/ sida, les chercheurs sont probablement plus préoccupés par l'impact à court terme de leur travail que par les changements sociétaux qui se font lentement et demandent des efforts soutenus dans plusieurs secteurs.
Les chercheurs doivent affronter plusieurs difficultés méthodologiques fondamentales. Tout d'abord, ils doivent s adapter à la nature complexe, en évolution constante du VIH/ sida, aux spécificités des groupes de personnes à risque, ainsi qu à la propagation de l'épidémie dans les communautés les plus marginalisées. Établir un contact avec les membres de ces communautés pour la recherche peut constituer un défi formidable en soi.
La distinction entre les causes et les effets figure parmi les grandes difficultés. Les chercheurs doivent déterminer si, par exemple, la pauvreté :
Dans le même ordre d'idées, il faut déterminer si les symptômes de dépression manifestés par les personnes atteintes participent à la progression de la maladie ou si ces symptômes sont une des premières manifestations de la progression de la maladie. À travers ces exemples, on s aperçoit qu il n'est pas toujours facile de distinguer les causes des effets.
Une autre des grandes difficultés est de faire la distinction entre les répercussions de chacun des déterminants sociaux. Une communauté est-elle, par exemple, plus vulnérable à l'infection à VIH à cause de la pauvreté, des conditions sociales, du logement, des conditions de travail, du groupe ethnique ou du sexe? Même si, dans le cadre de la santé de la population, on tient compte de la relation qui existe entre ces déterminants, il est essentiel d'en faire le départage pour influer sur les politiques gouvernementales. De plus, lorsqu on examine ces relations, il faut passer par trois étapes :
Il est aussi difficile d'identifier les associations et les relations causales ou prédictives entre les résultats pour la santé aujourd hui et la réalité d'il y a cinq, dix ou vingt ans. Dans cet ordre d'idées, les chercheurs doivent impérativement éviter de confondre « l'absence de preuves » et « l'évidence de l'absence » .
Afin d'identifier ces associations en suivant une méthode scientifique rigoureuse, la recherche doit être menée sur une longue période de temps et on doit établir un groupe témoin approprié. Le caractère immédiat de l'épidémie et les méthodes de recherche favorisées par les bailleurs de fonds ne permettent pas qu une recherche soit menée en suivant une approche à long terme. Il y a peu de sources de financement et manifestement, le financement pour la recherche sur le VIH/ sida au Canada accuse un certain retard par rapport à d'autres pays développés comme l'Australie, la Suisse et les États-Unis. Par exemple, le pourcentage de financement alloué par la Stratégie canadienne sur le VIH/ sida a baissé de 26 % depuis 1994 24 .
De plus, les conclusions tirées de la documentation sont compromises par la tendance des chercheurs en sociologie et en épidémiologie à se pencher davantage sur le comportement. Les chercheurs ont associé le VIH/ sida à l'utilisation de drogues injectables. En revanche, on n examine que rarement l'origine du comportement ainsi que la détresse et la pauvreté qui mènent souvent à la consommation de drogues. L'orientation des travaux de recherche est sans doute le résultat des efforts des chercheurs pour trouver des stratégies de prévention à court terme.
La détresse est toujours à l'origine des dépendances. Les substances sont une forme d'anesthésiant émotif. Il faut donc se demander d'où vient la détresse. La méthadone que je prescris n'a pas beaucoup d'effet sur la détresse. Mate, 2001: A9
D'abord, on se penche systématiquement sur une population d'adultes qui sont atteints du VIH/ sida et les chercheurs sont obligés de suivre une approche rétrospective lorsqu ils veulent étudier l'origine de la situation actuelle de ces adultes. Par conséquent, les chercheurs n examinent pas la réalité des nombreuses personnes qui, par exemple, n ont pas é té contaminées par le VIH/ sida malgré leur pauvreté et les expériences qu elles ont vécues à la petite enfance. La validité de leurs conclusions, en termes d'association et de causalité, dépend énormément de la pertinence de leurs groupes témoins. Il est très difficile d'élaborer des groupes témoins adéquats lorsqu on se penche sur les conditions socio-économiques.
Somme toute, la documentation sur le VIH/ sida et la santé de la population, ainsi que les déterminants sociaux qui sont à la base du concept, est étonnamment peu dense. On y examine presque exclusivement la question du comportement et des groupes spécifiques de personnes à risque plutôt que les facteurs socio-économiques qui ont contribué à l'épidémie. Malgré tout, certaines constantes apparaissent à travers les résultats de recherche. Ces résultats sont convaincants même pour celui qui voudrait ergoter sur les détails de la méthode de recherche qui a mené à ces résultats. Ces résultats corroborent la logique intuitive de l'approche axée sur la santé de la population. Il est tout à fait logique que les environnements économique et social sains favorisent l'état de la santé. Il est tout à fait logique qu une personne issue d'un environnement violent aura plus tendance à adopter un comportement qui la met a risque d'infection à VIH.
On a démontré de manière convaincante qu il existe, de façon générale, un lien entre la santé et la richesse. Cette réalité apparaît clairement à travers l'échelle de distribution des revenus 25 et laisse entendre que la structure économique d'un pays, ainsi que la volonté d'établir une certaine égalité entre les revenus, est peut-être le déterminant de la santé le plus important 26 .
Il existe beaucoup de documentation sur le fait que les personnes riches vivent en général plus longtemps que les personnes démunies et que la santé est liée à la croissance économique. Case, 2001: 1.
Par conséquent, malgré la richesse des États-Unis, les résultats pour la santé y sont moins é levés que dans d'autres pays qui sont à priori moins riches 27 . Selon une recherche menée pour la Fondation Rockefeller et l'Agence suédoise de coopération internationale, les personnes vivant dans un pays riche ont une espérance de vie de 16 ans de plus, même aux É tats-Unis, comparé à celle des personnes vivant dans un pays du tiers monde. Dans le même ordre d'idées, Hogg et ses collègues ont calculé, après avoir fait les ajustements proportionnels à l'âge, que les hommes à faible revenu ont un risque de mortalité d'à peu près 60 % plus élevé que les hommes qui ont un revenu supérieur 28 .
En d'autres termes, malgré la richesse sur l'ensemble d'un pays, les pays où le fossé entre les riches et les pauvres est moins important ont une population en meilleure santé que celle des pays où il y aungrandécart entre les riches et les pauvres 29 .
Les inégalités en matière de revenu servent de valeur substitutive aux autres inégalités socio-économiques. En général, les personnes à faible revenu ont un niveau d'éducation moins élevé, sont plus exposées au chômage et ont moins de sources de soutien social. La Fondation Terrence Higgins, qui est l'organisation pour le VIH/ sida la plus importante du Royaume-Uni, souligne les répercussions que peut avoir l'exclusion sociale sur la santé et le bien-être. Selon les recherches menées par la Fondation, l'exclusion sociale est une façon abrégée de nommer les conséquences qui découlent du chômage, d'une relative absence de compétences, de revenus faibles, de logements inadéquats, d'environnements où le taux de criminalité est élevé, d'un mauvais état de santé et de l'éclatement de la famille 30 » .
L'exclusion sociale permet d'amorcer la discussion sur la santé et la richesse dans le contexte du VIH/ sida. Plusieurs projets de recherche, qui remontent jusqu au début des années 1980, démontrent le lien qui existe entre la pauvreté, le désavantage, l'exclusion sociale, la consommation de drogues ainsi que d'autres facteurs qui mettent une personne à risque d'infection à VIH 31 . À partir de données relatives à la surveillance recueillies par des organismes communautaires à Londres, O Brian et Tierney ont conclu que les personnes qui ont contracté le VIH/ sida par l'utilisation de drogues injectables sont dans la plupart des cas démunies, sans éducation, sans emploi et impuissantes 32 . Leur vulnérabilité à l'infection à VIH est déterminée par le « degré de contrôle qu elles exercent sur leur vie et donc de leur capacité à agir 33 » .
Le sida est une maladie
de la pauvreté. Toronto Star, 1991: A13 ![]()
Les documents donnent à penser que les personnes à faible revenu ont plus de chances de contracter le VIH, d'avoir le VIH/ sida, de passer du VIH au sida et de mourir du sida plus rapidement. Les conclusions suivantes sont tirées de recherches menées par des chercheurs reconnus, Martin Schechter et Steffanie Strathdee à Vancouver par exemple, et/ ou publiées par des sources reconnues telles que les Centres for Disease Control and Prevention aux É tats-Unis ou Santé Canada. Les exemples reflètent en général l'ensemble de la recherche.
Les résultats de recherche laissent supposer qu il existe un lien important entre la pauvreté, les comportements à haut risque et la progression de la maladie et l'espérance de vie après l'infection. Cette réalité est probablement due au fait que la pauvreté et les conséquences qu elle a sur le niveau d'éducation et sur d'autres facteurs limitent les choix qui s offrent à une personne et compromettent ses chances d'éviter les comportements à haut risque. Par exemple, certaines personnes à faible revenu ne peuvent même pas acheter des préservatifs tandis que d'autres personnes ont recours à la prostitution comme moyen de survie. De plus :
Le VIH est une maladie qui s'attaque aux personnes vulnérables, surtout dans les contextes où la marginalité et la pauvreté prédominent. On'est vulnérable à la maladie lorsqu'on n'a pas les moyens de se protéger contre les risques d'infection ou, pour les personnes atteintes, de ne pas avoir accès aux traitements, soins et soutien. Canada, Chambre des communes, 1996: 1/ 32
Le lien entre la pauvreté et le VIH/ sida est bidirectionnel. D'un côté, la pauvreté expose une personne davantage au VIH/ sida et en augmente les répercussions. D'un autre côté, les personnes, ménages et communautés vivant dans la pauvreté qui sont atteintes du VIH/ sida s apauvrissent. Par conséquent, le VIH/ sida « contribue à la pauvreté et cette pauvreté mène à des répercussions de l'épidémie qui sont plus lourdes 43 » .
En d'autres termes, le VIH/ sida est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté au Canada 44 .
La pauvreté crée des milieux qui participent à la propagation de la maladie. L'épidémie augmente les niveaux de pauvreté. Commission européenne, 1999: 1
Cette tendance n augure pas de bonnes nouvelles pour les efforts de prévention de la propagation du VIH/ sida puisque les Canadiens se sont appauvris au cours des années 1990. Le revenu moyen et le revenu réel ont diminué, laissant un plus grand écart entre les classes 45 . De plus, « les coupures dans le filet de sécurité sociale ont poussé plus de personnes en marge de la société. Il y amoinsdesoutien social et le chemin vers une vie meilleure n'est pas accessible à tous 46 » .
Afin d'établir des directives en matière de politiques, il fallait envisager une situation simple à concevoir dont la solution n'est pas facile à trouver. Les efforts de prévention et d'amélioration des conditions de vie des personnes atteintes nécessitent des politiques qui rerront à :
Il est clair que la pauvreté a un impact sur la santé et le bien-être des enfants. Les enfants issus de milieux défavorisés ont en général moins de facilité à s intégrer lorsqu ils quittent le noyau familial. Il y a plus de chances qu ils ne trouvent pas de logement adéquat et qu ils ne finissent pas leurs études secondaires. Plusieurs d'entre eux ne poursuivent pas d'études post-secondaires ou ne suivent pas de formation professionnelle, qui sont de plus en plus une condition à la stabilité économique. Par conséquent, plusieurs adultes issus de milieux défavorisés sont sans emploi et n ont que l'aide sociale comme source de revenu. Les enfants et les adultes sont en général en moins bonne santé. Plusieurs documents soulignent que « le revenu à long terme d'un ménage est un déterminant majeur de la santé d'un enfant La santé des enfants issus de familles à faible revenu se détériore plus rapidement avec l'âge. En tant qu adultes, ils sont en moins bonne santé et ils ont un statut socio-économique moins élevé 48 » .
Les documents indiquent en revanche qu un milieu sécuritaire et stimulant peut compenser pour la pauvreté familiale et que le développement démocratique peut prévenir plusieurs répercussions économiques et sociales de la pauvreté. Parmi ces efforts de développement figure le précurseur du programme Bon départ, le High/ Scope Perry Pre-school Program à Ypsilanti au Michigan. Crée en 1962, le programme est devenu la « pierre angulaire d'un corps d'études longitudinales qui ont permis d'établir clairement l'importance d'une bonne é ducation pour les enfants issus de familles à faible revenu 49 » .
Les enfants qui ont moins de carences alimentaires et affectives ont
logiquement lus de chances d'être en bonne santé à
l'âge adulte. Réciproquement, « les enfants qui sont
en détresse, négligés, rejetés et peu encadrés
sont plus propices à l'abus 50 » . Par conséquent,
ces enfants ont plus de chances de vivre dans la pauvreté et dans
la rue et ont plus de chances d'adopter un comportement à risque
pour le VIH. ![]()
Une partie de la documentation sur le VIH/ sida est consacrée aux expériences de la petite enfance des personnes à risque ou des personnes qui en sont atteintes. On se penche plus particulièrement sur la relation entre l'abus sexuel et les comportements à risque. En revanche, ces documents suivent souvent une méthode basée sur des sondages qui ne sont pas complétés par des groupes de comparaison.
Les toxicomanes qui partagent leurs seringues ont déclaré avoir été victimes d'abus sexuel à tous les âges et 53 % des personnes interrogées ont déclaré que l'abus avait précédé leur première expérience avec la drogue.
Selon Steffanie Strathdee, qui figure parmi les chercheurs les plus actifs dans la recherche sur les expériences à la petite enfance et les comportements à risque, « l'abus sexuel explique en partie la raison pour laquelle il est si difficile de changer les comportements 59 » . Une autre étude publiée en Australie par la revue AIDS Care renforce cette conclusion. En effet, l'étude démontre que chez les jeunes, les relations sexuelles, peu importe leur nature, reflètent un besoin affectif qui n a pas été comblé à l'enfance 60 .
Ces conclusions mettent en relief les politiques qui doivent être développées pour lutter contre l'épidémie de VIH/ sida au Canada. En revanche, toutes ces irectives ont déjà été présentées aux instances décisionnelles.
La documentation établit un lien entre le soutien social, l'inclusion sociale et la cohésion sociale. Le soutien social est un facteur déterminant de la santé puisque les réseaux de soutien aident les gens à affronter les situations de crise. La cohésion sociale permet de stabiliser les situations où la santé d'une personne est en jeu parce qu elle favorise l'acceptation et « l'intégration d'un individu au sein d'une famille, communauté et société 62 » .
Au XIX e siècle, on soutenait que les écoles revenaient moins cher à l'État que les prisons. On pourrait aujourd'hui soutenir un argument semblable : l'inclusion économique et sociale revient moins cher à l'État que les hôpitaux. Guildford, 2000: 16
Il est important de tenir compte de ces facteurs lorsqu on examine les groupes de population qui sont le plus à risque et les personnes qui sont atteintes du VIH/ sida. Comme pour toutes les populations vulnérables, le bien-être des personnes atteintes dépend du réseau et des services de soutien. Dans plusieurs cas, un milieu stimulant peut aider à améliorer les conditions de vie et à prolonger la durée de vie. Les personnes qui sont é cartées de la société à cause de leur orientation sexuelle, ethnie, culture ou dépendance n ont souvent pas accès à un réseau de soutien bien développé 63 .
La discrimination'est
au coeur du débat sur la santé Canada, Chambre des communes,
1996: 5/ 32 ![]()
Le comportement est un facteur important du VIH/ sida. En revanche, il ne faut pas tenir compte uniquement des comportements à haut risque. Les comportements discriminatoires véhiculés par les sociétés et les gouvernements sont aussi responsables de la maladie. Par exemple, les relations sexuelles homosexuelles constituent un acte criminel dans 23 États américains. Les individus qui se déclarent ouvertement homosexuels ne sont pas éligibles au service militaire. Les questions entourant l'homosexualité sont écartées des cours de prévention dans le système d'écoles publiques. Au Canada et aux États-Unis, « on condamne la promiscuité homosexuelle mais l'union officielle est interdite aux couples gais puisqu elle constitue selon certains une menace à la famille 64 » .
« Les préjugés, la discrimination et les stigmates sont un facteur important de l'épidémie » au Canada et « le VIH/ sida est plus présent dans les milieux marqués par la discrimination » 65 . La discrimination a lieu lorsqu une « caractérisque spécifique manifestée par une personne atteinte, telle que la toxicomanie ou l'orientation sexuelle, est amplifiée au point où la personne n'est plus considérée comme un être humain » 66 . Les stigmates et la discrimination sont renforcés lorsque même dans les milieux professionnels, les toxicomanes et les travailleurs du sexe ne sont pas considérés comme étant des personnes à part entière mais plutôt comme des « vecteurs de maladie » 67 . Cette discrimination mène parfois à la violence. Des études menées à Vancouver et au Royaume-Uni rapportent un taux élevé de violence dirigée vers les homosexuels 68 .
Les stigmates et la discrimination sont renforcés par les préjugés véhiculés à propos des groupes de personnes à risque, les homosexuels, les travailleurs du sexe, les Autochtones et les utilisateurs de drogues injectables. Ces préjugés persistent malgré les efforts d'éducation publique menés au cours des 20 dernières années. En 1997, 17 % des Américains favorisaient la mise en quarantaine des personnes atteintes du VIH/ sida et 19 % de la population proposait de rendre publique l'identité des personnes atteintes. Vingt-neuf pour cent croyaient que les toxicomanes et homosexuels infectés « avaient ce qu ils méritaient 69 » .
L'identification préalable établie entre le VIH et les groupes marginalisés a eu un impact important sur la perception de la maladie …. Ruiz, 2000: 77.
La documentation établit un lien entre la prévalence du VIH/ sida et l'absence des réseaux de soutien social qui aident les gens à affronter les situations de crise.
Le succès des interventions en matière de VIH/ sida est proportionnel à la protection des droits de la personne. La réalité des personnes exposées à la discrimination depuis le début de l'épidémie démontre que la protection des droits de la personne doit faire partie intégrante de la lutte contre le VIH/ sida. Groupe parlementaire, 2001
La discrimination et les stigmates compromettent les efforts de prévention et empêchent les autorités médicales de stabiliser la propagation de l'épidémie et d'offrir les traitements nécessaires. De plus, les personnes exposées à la discrimination ont moins de facilité à gérer leur état à cause du stress, de l'exclusion sociale et de la difficulté d'accès aux services de soins de la santé. L'Académie nationale des sciences des États-Unis souligne que :
la peur de la discrimination compromet l'adoption de mesures d'hygiène publique. Afin que celles-ci soient efficaces, elles doivent être accompagnées de sanctions claires et rigoureuses pour prévenir la discrimination envers les personnes séropositives et celles qui sont à risque 79 .
Le succès des interventions en matière de VIH/ sida est proportionnel à la protection des droits de la personne. La réalité des personnes exposées à la discrimination depuis le début de l'épidémie démontre que la protection des droits de la personne doit faire partie intégrante de la lutte contre le VIH/ sida. Groupe parlementaire, 2001
Afin d'atteindre cet objectif, des politiques doivent être développées au niveau national et communautaire pour favoriser la cohésion et pour éliminer l'exclusion sociale.
« Pour aider une personne, jeune, âgée, gaie, lesbienne, bisexuelle ou hétérosexuelle, à se protéger contre le VIH, il faut lui faire comprendre qu elle peut aussi avoir un avenir brillant. Si on ne le lui dit pas, comment peut-on la convaincre de porter un préservatif, d'arrêter de boire ou de consommer de la drogue? 80 »
Il faut protéger les droits des groupes de personnes vulnérables parce que l'exclusion sociale a une incidence sur la transmission et les répercussions du VIH/ sida Groupe parlementaire, 2001: 1
Plusieurs personnes dans tout le pays devront participer aux efforts de développement des politiques.
Plusieurs toxicomanes de Vancouver ne semblent pas se préoccuper du fait qu'ils participent à la propagation de l'épidémie. Cernetig, 1997: A2.
L'épidémie VIH/ sida se tourne de plus en plus vers les populations minoritaires. Aux É tats-Unis en 1995 par exemple, les Afro-américains représentaient environ 12 % de la population et 40 % du récent compte-rendu des infections à VIH, alors que les Hispaniques représentaient 9 % delapopulation et 19 % des nouveaux cas 83 . Au Brésil, le VIH/ sida sévit actuellement dans les bidonvilles de Rio de Janeiro et Sao Paulo pendant qu en É thiopie, il exerce des ravages dévastateurs parmi les pauvres et les dépossédés. Au Canada, l'épidémie frappe de plus en plus les Autochtones et leurs collectivités. L'exemple est clair :
[ Dans chaque société ] les personnes marginalisées, stigmatisées et ayant souffert de ségrégation -avant l'avènement du VIH-sida -sont devenues au fil du temps les plus exposées à l'infection à VIH. Sans égard où et à qui il peut se manifester dans une collectivité ou un pays, le poids de l'épidémie se déverse inexorablement et graduellement contre ceux qui supportent son fardeau social 84 .
Alors que moins de 3 % delapopulation canadienne est autochtone, la proportion des cas de sida attribuée à cette collectivité est passée de 1 % avant 1990 à 15 % en 1999. Les Autochtones avaient donc cinq fois plus de chances d'avoir le sida en 1999 que les autres canadiens 85 . En Colombie-Britannique, les Autochtones forment 5 % delapopulation mais 19 % des récents tests VIH positifs 86 , alors qu en Saskatchewan, ils forment 15 % de la population mais presque 48 % des nouveaux cas ( 1997) 87 .
Bien que la documentation implique souvent les origines ethniques autochtones comme un facteur à risque il est difficile d'associer leur vulnérabilité au facteur racial. Cette assertion'est offensive à l'extrême étant donné que la « [ r ] ace et l'origine ethnique sont des marqueurs du risque mettant en corrélation d'autres facteurs déterminants de l'état de santé telle que la pauvreté 88 » . La documentation sur la santé de la population suggère que sa vulnérabilité est associée aux nombreux facteurs comportementaux, économiques et sociaux souvent trop évidents dans leurs collectivités.
L'ampleur de l'incursion de l'épidémie dans la société et les collectivités autochtones témoigne des problèmes sociaux et humains évidents dans ce pays. L'incarcération, le suicide, la drogue, l'usage de l'alcool et le taux de pauvreté sont d'une manière significative plus fréquents parmi les Autochtones que les non-Autochtones au Canada 89 .
Les Autochtones atteints de VIH/ sida vivent dans plusieurs couches de flétrissure et de discrimination. De Bruyn, 1998: 58
On pourrait ajouter à cette puissante description des causes de l'infection les plus bas niveaux d'éducation, le plus grand stress social et détresse évidente chez les collectivités autochtones. On pourrait ajouter également les conditions de vie et de logement, à l'intérieur et à l'extérieur de la réserve qui exacerbent les problèmes des Autochtones vivant avec le VIH/ sida. Les personnes ayant un revenu insuffisant et vivant dans des taudis ne peuvent maintenir -et souvent ne se sentent pas motivés à maintenir -le niveau de bonne santé physique requise pour traiter l'infection.
En d'autres termes, le risque de l'infection à VIH chez les Autochtones est en augmentation non parce qu ils sont Autochtones mais à cause des facteurs sociaux déterminants associés à l'infection 90 .
En plus, les conditions associées à la race influencent
les résultats pour la santé suivant l'infection. Aux États-Unis,
par exemple, la documentation parle du cynisme des Afro-américains
envers le système médical. Les auteurs suggèrent
que l'Étude Tuskegee sur la syphilis a été le puissant
symbole du « racisme en médecine, de la faute dans les recherches
humaines, de l'arrogance des médecins et de l'abus du gouvernement
envers les peuples noirs » 91 . La conséquence de ce cynisme
et symbole est que les Afro-américains sont plus réticents
à participer aux essais cliniques et à en tirer profit 92
. ![]()
Quelques fois, diverses vulnérabilités s associent à des conséquences encore plus dévastatrices. En Amérique du Nord, ceci est clairement évident lorsque la race et le genre se croisent. Bien que les femmes hispaniques et afro-américaines comprennent moins de 25 % des femmes aux États-Unis, elles représentent plus de 75 % des cas atteints de sida 93 .
La documentation établit un parallèle entre le genre et la race en termes de vulnérabilité au VIH/ sida. Il existe certainement des différences basées sur les sexes. Les femmes sont plus vulnérables que les hommes au VIH/ sida pour des raisons biologiques et les études suggèrent que la transmission du VIH de l'homme à la femme est 24 fois plus efficace que la transmission de la femme à l'homme 94 . Cependant, la vulnérabilité biologique de la femme au VIH/ sida est certainement exacerbée par ses circonstances économiques et sociales. La documentation cite en exemple :
La morne réalité est que la subordination économique et sexuelle des femmes alimente l'épidémie du VIH/ sida. ONUSIDA, Agenda for Action, n. d.
La documentation abonde en regard à cet argument. En utilisant les données recueillies de 1 100 femmes à risque d'infection à VIH, Santé Canada a indiqué que plus de 67 % rapportaient des agressions sexuelles ou physiques de la part de leur conjoint actuel'ou précédent, pendant que 33 % avaient été victimes d'abus sexuel et 15 % de violence physique au cours de leur enfance 99 . Delamêmefaçon, laXI e Conférence Internationale sur le sida a documenté le haut taux de prévalence de violence familiale et d'abus de l'enfance parmi les femmes atteintes de VIH et parmi celles à haut risque d'infection 100 . D'autres recherches ont souligné que les femmes exploitées risquaient quatre fois plus que les autres à s adonner à un comportement sexuel à risque élevé 101 .
Peter Piot, secrétaire général du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/ sida, laisse peu de doutes sur les origines de la vulnérabilité des femmes au VIH/ sida. Cela dérive « des contextes dans lesquels elles ont peu de contrôle sur le sexe, que ce soit en conséquence des relations de pouvoir dominant entre les hommes et les femmes ou encore des choix économiques ou de style de vie à leur disposition » . À son tour, l'impact de l'épidémie augmente leur vulnérabilité en tant que femmes et filles appartenant à des familles dont le bien-être économique, affaibli par le sida, pourrait être contraint à avoir recours au commerce du sexe afin d'assurer leur subsistance. Dans ce contexte, planifier en vue de l'avenir devient un but plus distant vis-à-vis de la dévastation actuelle 102 » .
Le VIH/ sida, en d'autres termes, est causé en partie par la pauvreté et l'impuissance des femmes, et à son tour en même temps augmente leur pauvreté et impuissance en leur imposant des obligations relatives à la santé ou aux soins de santé. « Le cadre social hommes-femmes encercle et affecte la capacité et la santé des femmes 103 » .
Les incidences sur les politiques générales de ces résultats sont claires. Il est de première importance de ne pas confondre race avec racisme ou d'attribuer la vulnérabilité au VIH à la race ou au sexe plutôt qu à ces caractéristiques.
L'habitation inadéquate a longtemps été utilisée autant comme indicateur de pauvreté que comme intervention conçue pour l'amélioration de la santé publique. Dès 1944, la London Association for Education in Citizenship a identifié les « trois plaies sociales » associées au logement inadéquat :
On constate qu il y aunediminutiondel hygiène personnelle et de la constitution conduisant à l'affaiblissement, à la fatigue, à l'inaptitude et à une capacité de résistance réduite. Un deuxième résultat du logement inadéquat est le taux relativement élevé de maladies, surtout pour les maladies transmissibles, contagieuses et respiratoires. Troisièmement, le taux de décès général est plus é levé et la longévité est plus basse. La preuve est écrasante et provient de toutes les parties du monde plus les gens sont mal logés, plus les taux de décès seront é levés 104 .
Les besoins humains de base pour l'abri rendent la relation logement pauvre/ santé pauvre é vidente. Thomson et Petticrew, écrivant dans le British Medical Journal suggèrent que malgré ce rapport intuitif ou peut-être à cause de celui-ci les éléments probants d'une bonne recherche sont insuffisants en ce qui concerne les issues sanitaires positives découlant d'un investissement sur le logement. Ils attribuent ceci aux obstacles méthodologiques inhérents à l'exploration de cette relation du fait que les logements pauvres existent invariablement avec d'autres déterminants clés de la santé. De façon similaire, les améliorations du logement viennent habituellement de pair avec d'autres efforts pour répondre aux besoins économiques et sociaux 105 .
Cependant, la documentation reconnaît généralement la relation entre le logement pauvre et la santé pauvre. Stephen Hwang, par exemple, note dans le Journal de l'Association médicale canadienne que « Le risque des personnes sans abri à mourir prématurément et à souffrir d'une large variété de problèmes de santé est en augmentation Les sans-abri font face également à des barrières notoires leur empêchant d'accéder aux soins de santé 106 » .
Il y a unecorrélation directe entre le bas statut des femmes, la violation de leurs droits et la transmission du VIH. Ce n'est pas simplement une question de justice sociale. L'inégalité des sexes est fatale. Noeleen Heyzer, Directrice générale, UNIFEM (Gender-AIDS, 21/ 1/ 001)
Et pendant ce temps, l itinérance est une énorme problématique au Canada. Le nombre de sans-abri au Canada a doublé entre 1992 et 1998 et maintenant, chaque nuit, 8 000 personnes sont sans doute en train de dormir dans des refuges des neuf grandes villes. Plus de 40 000 personnes familles, hommes et femmes célibataires et jeunes utilisent ces refuges au moins une fois au cours de l'année. Les Autochtones entre autres forment 35 % des sans-abri à Edmonton et 11 % à Vancouver 107 . Depuis les très récents ( 2001) accords fédéraux/ provinciaux/ territoriaux, seul le gouvernement du Québec semble engagé à financer les habitations populaires.
La documentation sur le VIH/ sida se concentre largement sur le problème
de l'itinérance. Il met l'accent sur le fait que les personnes
vivant avec le VIH/ sida ont besoin d'un logement adéquat, accessible
et abordable, particulièrement dans les centre-villes où
la majorité des personnes atteintes de VIH/ sida peuvent accéder
à ces services 108 . ![]()
Les crises de l'itinérance et du VIH sont deux des plus grands défis de notre pays. Au lieu d'être indépendantes l'une de l'autre, elles sont en étroite relation. Adams, n. d.
Le Journal of Epidemiology and Community Health a publié une étude sur la situation du VIH à Philadelphie qui a démontré que dans les refuges, le taux des cas de sida trois ans après le diagnostique était neuf fois plus élevé que dans le reste de la population. L'abus de substances, le sexe mâle et les troubles mentaux é taient étroitement liés au diagnostique du sida. Les auteurs de l'étude, qui sont affilés à la University of Pennsylvania et au département de santé de Philadelphie, ont effectué une analyse de régression logistique et de tables à multiple extinction pour déterminer les facteurs de risque du sida chez les itinérants 115 .
Il y a peu de documentation canadienne sur la prévalence du VIH chez les sans-abri mais on a démontré que le taux de jeunes homosexuels et d'adolescents qui sont sans abri est disproportionné 116 . Des chercheurs du Centre d'excellence de la Colombie-Britannique ont démontré que les utilisateurs de drogues injectables qui sont sans domicile fixe ont deux fois plus de chances d'être infectés par le VIH 117 et qu ils fréquentent plus souvent les services d'urgence. Ce facteur est sans doute un indicateur de leur style de vie désorganisé et de leur état de santé 118 .
Le VIH/ sida et l'itinérance constituent tous les deux une crise sociale. La combinaison des deux fléaux porte la marginalisation à un niveau qui a de grandes répercussions sur l'hygiène publique et l'épidémie du VIH/ sida.
L'itinérance, et implicitement, les logements insalubres, augmente les risques d'infection à VIH. Les personnes qui sont sans abri ont souvent des relations sexuelles précipitées lors desquelles il n'est que trop rarement question de préservatif. Cette réalité met en jeu leur capacité d'insister sur l'utilisation d'un préservatif, surtout lorsque la personne s engage dans une relation sexuelle en échange d'un abri. Les jeunes sans abri sont souvent beaucoup plus exposés aux situations d'exploitation et d'abus. Ils sont souvent obligés d'utiliser une seringue usagée puisque ils n ont pas d'endroit où garder leur propre équipement d'injection. Les mesures imposées par le code criminel du Canada face à la toxicomanie ne font qu aggraver la situation.
L'accès au
logement aide les personnes atteintes du VIH/ sida et les personnes marginalisées
à suivre un traitement médical. Le logement est une condition
essentielle à leur stabilité à long terme. Comité
consultatif du VIH/ sida de la Colombie-Britannique, 2000: 6 ![]()
Les personnes qui n ont pas accès à un logement adéquat ont souvent plus de difficulté à gérer et vivre avec le VIH/ sida. Elles ont aussi plus de difficulté à maintenir leur traitement. De plus, la santé à long terme ne constitue pas une préoccupation majeure lorsqu une personne lutte pour se trouver un abri. Cette réalité compromet leur volonté de changer de comportement et de suivre un traitement. L'itinérance met aussi en jeu les efforts dans les communautés pour informer la population et pour prévenir la propagation de l'épidémie.
Les politiques et programmes dépendent beaucoup de la documentation.
Plusieurs personnes croient que le système de santé est un des facteurs importants de la santé de la population. En revanche, dans leur ouvrage Oxford Textbook of Public Health, Hobbs et Jamrozik soulignent qu il n existe pas beaucoup d'études qui prouvent l'impact des services médicaux sur la santé de la population par rapport à l'impact des efforts individuels 121 . En effet, selon une étude publiée par le Journal of the American Medical Association la prédominance du système de soins de santé n'est pas forcément optimale 122 . D'autres études dépeignent les services de santé comme étant une ambulance qui attend de récupérer les restes des individus écartés des structures sociales 123 .
33 La médecine est souvent impuissante face aux personnes marginalisées. Smith, 1999: 1/ 5.
Malgré tout, on peut estimer que la majorité de la population croit au système de santé et fait appel à ses services 124 . En revanche, cette hypothèse peur ne pas valoir pour les personnes à risque ou atteintes du VIH/ sida. Le système de santé est en partie responsable des piètres résultats pour la santé dans ces groupes de population. Plusieurs femmes et autres personnes marginalisées n ont pas accès aux services de traitement. Une étude menée par Santé Canada et l'ONUSIDA souligne que « l'absence de confiance entre clients et professionnels, le manque de recherche sur les femmes et la méfiance à l'égard de la confidentialité compromettent la situation des femmes, des groupes ethniques et des personnes marginalisées qui sont atteintes du VIH/ sida 125 » .
En d'autres termes, les soins et les traitements appropriés ne sont souvent pas accessibles aux groupes de population qui en ont souvent le plus besoin.
L'étude démontre aussi que les UDI qui ont cessé de consommer n ont souvent pas accès au traitement optimum parce que les médecins croient qu elles ne sont pas en mesure ou ne veulent pas se soumettre au régime du traitement. Le directeur du Brown University AIDS program estime que « les médecins font de la discrimination envers les UDI séropositifs » et croient souvent qu ils ont affaire à un « toxicomane d'un jour, toxicomane toujours 126 » .
La même tendance se manifeste dans une enquête menée auprès de dentistes au Canada. Un questionnaire a été envoyé à des dentistes choisis au hasard ( n = 6444) . Son taux de réponse a été de 66 % . L'information a été recueillie dans le but d'évaluer les critères de sélection et elle a été analysée suivant des techniques é conométriques.
L'enquête a démontré que 16 % des dentistes refuseraient de traiter les personnes séropositives. Dix-huit pour cent refuseraient de traiter les homosexuels et bisexuels ainsi que les personnes qui ont déjà eu une MTS. Dix pour cent refuseraient de traiter les personnes qui ont eu une transfusion sanguine. En revanche, 87 % des dentistes ont répondu qu ils sont en mesure de traiter une personne séropositive de manière tout à fait sécuritaire 129 .
Plus d'un quart de siècle s est écoulé depuis que
Julian Hart a publié son fameux rapport dans lequel il démontre
que les personnes qui ont le plus besoin de soins médicaux sont
souvent celles qui ont le moins accès à ces services 131
. Son hypothèse est confirmée à l'échelle
internationale, lorsqu on voit que la ajorité des maladies et
des cas de mort prématurée surviennent dans les pays en
développement et que les soins médicaux sont concentrés
dans les pays industrialisés. ![]()
John Mann s est basé sur cette hypothèse pour démontrer que lorsque le VIH s infiltre dans une société, il se concentre éventuellement dans les groupes de population les plus négligés, comme les bébés de femmes qui sont trop pauvres pour suivre un traitement, les prostituées dont les clients refusent de porter un préservatif et les prisonniers toxicomanes qui n ont pas accès à des seringues propres et à de la drogue pure.
Plusieurs médecins hésitent avant de traiter une personne toxico-dépendante. On croit souvent que ces personnes feront surgir plus de problèmes et qu elles auront plus de besoins en matière de traitement. Puisque le système de santé « a été créé pour des groupes de personnes qui correspondent à la norme, les UDI séropositifs sont victimes de discrimination lorsqu ils tentent d'avoir accès aux soins 132 » . La documentation suggère aussi que cette tendance se manifeste aussi dans les autres groupes de personnes marginalisées, comme les sans-abri, les personnes souffrant de troubles mentaux, les réfugiés et plusieurs catégories de jeunes.
Plusieurs directives en matière de politique doivent donc être élaborées.
La négligence en termes de soins de santé qui se manifeste dans les groupes de personnes marginalisées semble venir de l'ignorance, de la peur et des préjugés. On croit aussi souvent que ces personnes devraient s'adapter au système de prestation de services qui existe. Smith, 1999
24 Spigelman, Faire le point 2001a: 25-27. 21 21 Page 22 23
25 Case, 2001: 1; voir aussi Evans, 2001: 3.
26 Bezruchka, 2001: 1701
27 OCDE, 2001.
28 Hogg, 1994.
29 Case, 2001: 1. Voir aussi Bezruchka, 2001: 1701-03; OCDE, 2001: 81-83.
30 Fondation Terrence Higgins, 2001: 1.
31 Voir O Brian, 1998.
32 Ibid
33 Ryan, 2000: 48.
34 Ruiz, 2000: 368-371.
35 Ezzy, 1999.
36 Schechter, 1994; Hogg, 1994.
37 Baum, 1997: 272. Voir aussi Société canadienne du sida, 1996: 4.
38 Voight, 1994.
39 Canada, Groupe national de consultation, 2001: 27; Voir aussi Ryan, 2000.
40 Strathdee, 1997.
41 Hogg, 1994.
42 Strathdee, 1997.
43 ONUSIDA et Organisation mondiale de la santé, 2001: 7.
44 Commission européenne, 1999; Voir aussi Fondation canadienne du sida, 1996.
45 Voir le Centre for Social Justice, 2001. Voir aussi Guildford, 2000: 5. Au cours des années 1980, le revenu réel ( revenu réajusté au taux d'inflation) de la plupart des Canadiens a diminué. En 1996, le taux de pauvreté a atteint 18 % et la pauvreté des enfants a atteint 21 % .
46 Albert et Williams, 1998: 97.
47 Fondation Terrence Higgins, 2001: 1.
48 Case, 2001: 29.
49 Berrueta-Clement, 1984: 2. Voir aussi Sweinhart, 1993; Healthy People 2010, 2000: 8/ 16; Spigelman, 1996: 20.
50 Canada, Comité permanent de la Chambre des communes sur la santé, 1996: 2/ 32.
51 Cunningham, 1994.
52 Lenderking, 1997.
53 Bartholow, 1994.
54 Goodman, 1998; voir aussi Wingood, 1997.
55 Strathdee, Présentation à la XI International Conference, 1996; voir aussi Strathdee, Social determinants predict , 1996.
56 Vancouver Sun, 1996.
57 Strathdee, 1997.
58 Strathdee, Social determinants predict , 1996: 3/ 5.
59 Strathdee, 1997: 3.
60 Rosenthal, 1994.
61 Canada, Santé Canada, Le VIH et le sida chez les jeunes 2001.
62 Guildford, 2000.
63 Chernesky, 2000.
64 Canada, Comité permanent de la Chambre des communes sur la santé, 1996: 5/
72 Ibid, 66.
73 Stowe, 1993: 2/ 15.
74 Swindells, 1999: 384.
75 Lesserman, 1999: 397, 401.
76 Strathdee, Social determinants predict , 1996; voir aussi Strathdee, Social Determinants related , 1997.
77 Carr, 1991: 3/ 13.
78 Chapple, 1998.
79 de Bruyn, 1998: 3. ![]()
80 Canada, Comité permanent de la Chambre des communes sur la santé, 1996: 6/
81 Mann, 1996: 924.
82 Strathdee, Social determinants predict , 1996.
83 États-Unis, 1997: n. p.
84 de Bruyn, 1998: 18; voir aussi la présentation par Jonathan Mann au ( R. -U. ) All-Parliamentary Group, 2001: 11.
85 AIDS Weekly Plus, HIV/ AIDS an epidemic , 2000; see also Canada, Health Canada, HIV and AIDS among …, 2000.
86 Canada, Health Canada, HIV and AIDS among …, 2000: 2-3.
87 Entwisle, n. d.
88 CDC, 1997.
89 AIDS Weekly Plus, HIV/ AIDS an epidemic , 2000.
90 Heath, 1999.
91 Gamble, 2000.
92 Auerbach, 2001: v.
93 CDC, 1997.
94 ONUSIDA, Agenda for , n. d. : 6/ 13.
95 Arkin, 2000: 4/ 10.
96 Mead, 2001: 47-49.
97 Whynot, 1998.
98 Kirkham, 1998.
99 Deamant, 1996.
100 El-Bassel, 1998.
101 El-Bassel, 1998.
102 Piot, 2001: 2/ 5.
103 Nagy-Agren, n. d.
104 Starfield, 2001. Quoting J. N. Morris, Health Handbooks for Discussion Groups, Numéro 6. London: Association for Education in Citizenship, 1944.
105 Thomson, 2001: 187.
106 Hwang, 2001.
107 Ibid.
108 de Bruyn, 1998: 28.
109 Matthews, 1990.
110 Rogers, 1992: 1/ 8.
111 Rosenthal, 1994: 1/ 17.
112 Thompson, 1997.
113 Goldfinger, n. d. : 2.
114 Adams, n. d.
115 Culhane, 2001: 515.
116 Ryan, 2000: 52.
117 Strathdee, Social determinants related , 1997.
118 Palepu, 1999.
119 Culhane, 2001: 515.
120 Centre d'études sur la prévention du sida, n. d.
121 Hobbs, 1997: 232.
122 Starfield, 2000: 483.
123 Gilligan, 1996.
124 Armstrong, 2001. Voir aussi Bezruchka, 2001.
125 Anderson, 1999: 13.
126 AIDS Alert. 1998.
127 Ibid
128 Kirkham, 1998: 7/ 13.
129 McCarthy, 1999: 541.
130 Canada, 2000: 9.
131 Voir J. T. Hart, The inverse care law Lancet, 1971, i: 405-12.
132 Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme et les toxicomanies, 1994:
133 Anderson, 1999: 13; voir aussi Centre canadien de lutte contre l'alcoolisme
et l'abus de substances, 1994: 33.
134 Schilder, 2001: 1643. 46 46 Page 47 48