La mission de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC) consiste à « promouvoir et protéger la santé des Canadiens grâce au leadership, aux partenariats, à l'innovation et aux interventions en matière de santé publique ». L'ASPC s'est donné comme résultat stratégique « des Canadiens en meilleure santé, une réduction des disparités en matière de santé et un renforcement des capacités en santé publique ».
La promotion de la santé de la population est fondamentale dans le cadre de la réalisation de la mission et de l'atteinte du résultat stratégique de l'ASPC. Elle se fonde sur un éventail complet de stratégies nécessitant l'établissement de partenariats et des liens de collaboration entre les différents ordres de gouvernement ainsi qu'entre, d'une part, le gouvernement, et d'autre part, des organismes non gouvernementaux et des groupes communautaires. Les subventions et les contributions1 sont des moyens indispensables permettant au gouvernement de mobiliser des ressources et des compétences très diverses dans l'objectif d'améliorer le bien-être des Canadiens.
L'attribution de subventions et de contributions s'effectue conformément à un ensemble de modalités soumises à l'approbation du Conseil du Trésor du Canada (CT), qui doivent être renouvelées périodiquement. Tous les grands programmes de promotion de la santé de l'ASPC comprenant un volet consacré aux subventions et aux contributions sont chapeautés par un Cadre de gestion et de responsabilisation axé sur les résultats (CGRR) des subventions et des contributions pour la promotion de la santé de la population (SCPSP). Le CGRR actuel, qui a été élaboré en 2003 et approuvé par le CT en 2004, régit les 16 programmes énumérés dans le tableau 1. Le CGRR principal est complété par des CGRR particuliers à chacun des programmes qui servent à définir des questions d'évaluation, des réalisations attendues et des activités particulières à chacun des programmes en fonction des questions d'évaluation, des résultats et des objectifs des SCPSP en général.
Tableau 1. Programmes chapeautés par les modalités générales relatives à la promotion de la santé de la population.
Les évaluations portaient sur les 16 programmes actuellement chapeautés par le CGRR principal, mais le CGRR comprenait aussi un engagement visant à évaluer les programmes de SCPSP dans leur ensemble, avant le prochain renouvellement des modalités des subventions et des contributions pour la promotion de la santé de la population, qui aura lieu d'ici le 31 mars 2010.
L'objectif du présent rapport vise à respecter l'engagement pris dans le CGRR SCPSP principal de 2003, qui consistait à préparer un résumé de l'évaluation destiné à contribuer au prochain renouvellement des modalités relatives aux SCPSP. Le rapport comprend un examen et un résumé des conclusions concernant la pertinence générale, l'incidence, la conception et la réalisation du programme des subventions et contributions pour la promotion de la santé de la population. Le rapport se fonde sur les évaluations des programmes subordonnés de SCPSP effectuées de 2004 à 2009.
Le rapport est axé sur les personnes prenant part aux décisions relatives au renouvellement des modalités des SCPSP ainsi qu'aux gestionnaires de l'évaluation et des programmes de l'ASPC, dans le cadre des activités de perfectionnement et d'apprentissage continu de l'Agence.
Le présent rapport comprend un examen et un résumé des données figurant dans les évaluations des programmes subordonnés de SCPSP effectuées de 2004 à 2009. Cependant, il ne s'agit pas d'une évaluation en soi.
La méthodologie utilisée consistait à effectuer une analyse et un examen systématique des rapports d'évaluation des programmes individuels et des CGRR que l'ASPC avait remis à la firme The Governance Network (TGN). L'objectif était de dégager les principales conclusions, de les classer par catégorie et de répondre aux questions d'évaluation énoncées dans le CGRR SCPSP. L'engagement pris ne comprenait pas l'examen d'autres documents et données, la validation indépendante des données inscrites dans les rapports d'évaluation, ainsi que la vérification et la production de données (nouvelles ou non) ne figurant pas déjà dans les rapports d'évaluation dans l'objectif d'approfondir les réponses aux questions d'évaluation. De plus, l'évaluation des programmes touchait d'autres questions répondant aux besoins du public cible et aux objectifs. Ces renseignements seront intégrés au présent rapport uniquement s'ils contribuent à répondre aux questions d'évaluation sur les SCPSP.
La démarche de promotion de la santé de la population au sein de l'ASPC comprend la prévention, la promotion de la santé, le diagnostic, le traitement et les soins.
La « santé de la population » désigne la santé d'une population, qui est mesurée par des indicateurs de l'état de santé et influencée par les déterminants de la santé. Les indicateurs concernent généralement la mortalité, la morbidité, la perte de fonction et la qualité de vie.
La Charte d'Ottawa pour la promotion de la santé définit la promotion de la santé de la façon que voici : « processus qui confère aux populations les moyens d'assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d'améliorer celle-ci »2. La démarche de promotion de la santé de la population vise à instaurer les conditions et les facteurs interdépendants qui influent sur la santé des personnes. Elle vise aussi à dépister tout écart systématique dans l'apparition de ces facteurs et conditions et à appliquer les connaissances obtenues à la formulation et à la mise en oeuvre de politiques et de mesures destinées à améliorer la santé et le bien-être des populations concernées.
Une approche axée sur la santé de la population s'intéresse à la santé d'une population (ou d'une sous-population) dans son ensemble, et non à la santé de chacun de ses individus. Les sous-populations peuvent être formées en fonction de leur situation géographique, de l'âge des individus, de leur culture, des risques pour la santé et de facteurs socio-économiques. La responsabilisation des personnes dans les décisions qu'elles prennent au sujet de leur santé constitue également un élément important.
En mars 1994, les ministres de la Santé des gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ont appuyé le rapport intitulé Stratégies d'amélioration de la santé de la population : Investir dans la santé des Canadiens, qui présente un cadre de travail destiné à orienter la conception de politiques et de stratégies d'amélioration de la santé de la population. Ce rapport reconnaît l'importance du concept de la santé de la population dans le cadre de l'élaboration des politiques et des programmes gouvernementaux. En conséquence, l'ASPC finance des initiatives de promotion d'une approche axée sur la santé de la population. En 2006-2007, les dépenses réelles totales de l'ASPC se chiffraient à 510,8 millions de dollars, dont 182,23 millions de dollars, soit 36 %, étaient consacrés à des subventions et à des contributions (pour les programmes régis par les trois groupes de modalités : promotion de la santé de la population, santé publique et sûreté du sang)4. En 2005-2006, les dépenses totales s'élevaient à 477,2 millions de dollars, dont 176,6 millions de dollars (37 %) étaient consacrés aux subventions et aux contributions. En 2004-2005, ces montants s'élevaient respectivement à 486,7 millions de dollars5, et à 221,8 millions de dollars, soit 45,6 %.
Les subventions et les contributions permettent à l'ASPC d'apporter un soutien financier et de travailler en collaboration avec d'autres parties – notamment des municipalités et d'autres ordres de gouvernement, des organismes communautaires, des institutions et des entreprises privées – dans l'objectif de mettre en oeuvre une grande variété d'initiatives axées sur la santé de la population visant atteindre le résultat stratégique de l'ASPC, soit « des Canadiens en meilleure santé, une réduction des disparités en matière de santé et un renforcement des capacités en santé publique ». Les modalités actuellement en vigueur ont été renouvelées en 2004, et les programmes de promotion de la santé de l'ASPC les ont adoptées au cours des cinq dernières années. Elles désignent l'autorité exploitante responsable de l'administration des subventions et des contributions de ces programmes. Les engagements connexes en matière de gestion et de responsabilisation sont pris en compte dans le CGRR SCPSP, qui faisait partie de la présentation relative au renouvellement des modalités des SCPSP soumise au Conseil du Trésor du Canada en 2004.
Le CGRR SCPSP principal a adapté les grandes caractéristiques d'une approche axée sur la santé de la population de sorte à créer un ensemble commun et normalisé de secteurs d'activités névralgiques, d'objectifs et de résultats, d'indicateurs de rendement et de questions d'évaluation afin d'orienter la mesure du rendement et l'évaluation des programmes individuels. Il s'agit du fondement des CGRR des programmes subordonnés de SCPSP et il démontre l'engagement des programmes à poursuivre la collecte de données communes sur le rendement dans les objectifs suivants :
Les CGRR ont été conçus pour l'ensemble des programmes, exception faite de l'Initiative pour la prévention des chutes, qui a été financée par Anciens Combattants Canada (ACC) et mise en oeuvre conjointement par l'ASPC et ACC au moyen d'un protocole d'entente.
La stratégie d'évaluation du CGRR SCPSP principal répertorie les trois grandes questions d'évaluation suivantes6 :
Les réponses aux questions d'évaluation concernant les SCPSP se fondent sur les évaluations menées au sujet des programmes subordonnés.
Au moment de la rédaction finale du présent rapport, nous disposions de renseignements provenant d'évaluations de quatorze programmes. Parmi celles-ci, quatre étaient des évaluations formatives ou des examens relatifs à la mise en oeuvre. L'annexe 2 présente brièvement la disponibilité des rapports d'évaluation examinés, leur titre ainsi que leur auteur. Il se peut que le manque de données ait restreint la portée de l'analyse.
Comme les évaluations ont toutes été effectuées par les domaines de programmes, différentes démarches ont été utilisées, ce qui complique la tâche de tirer des conclusions sur les résultats généraux. Différentes techniques quantitatives et qualitatives ont servi à mener les évaluations, dont les suivantes : enquêtes par questionnaire; entretien avec les principaux intervenants, informateurs ou participants; questionnaires d'enquête ou groupes de discussion; analyse des bases de données des participants; études de cas; examens de la documentation et analyses bibliographiques. En raison des différences entre les programmes ainsi que du manque de normes de nature qualitative et quantitative et de critères d'évaluation du rendement, il a été difficile de résumer les conclusions des évaluations des programmes SCPSP individuels et il a été impossible de déterminer dans quelle mesure les programmes correspondaient aux résultats visés, de façon individuelle et collective.
Voici la question d'évaluation sur la « pertinence » figurant dans la stratégie d'évaluation des SCPSP :
Dans quelle mesure la participation continue du gouvernement
fédéral dans ce domaine est-elle nécessaire?
Voici les indicateurs connexes :
Les évaluations présentées dans le cadre de cet examen n'étaient pas supposées répondre directement à la question concernant la pertinence des SCPSP, qui, pour être compatible la question visant les programmes subordonnés, pourrait être reformulée de la façon que voici : dans quelle mesure la participation continue du gouvernement fédéral dans la promotion de la santé de la population est-elle nécessaire? Règle générale, les évaluations abordant la question de la pertinence ont toutes présenté les conclusions de sorte à favoriser, de façon explicite ou implicite, la participation continue du gouvernement fédéral dans le domaine de santé publique examiné.
Une recherche rapide dans Internet au sujet des activités en matière de promotion de la santé de la population ou de promotion de la santé révélerait que les mesures et les engagements pris par les gouvernements nationaux du monde entier utilisant des modèles de gouvernance différents en ce qui concerne la promotion de la santé de la population constituent une mesure directe de la nécessité de la participation à cette échelle. Au Canada, cette nécessité a été soulignée par la création de l'Agence de la santé publique du Canada en 2004, qui démontre non seulement la pertinence de la participation du gouvernement fédéral dans la promotion de la santé de la population, mais aussi le désir du gouvernement d'améliorer son image et de mettre davantage l'accent sur celle-ci 7,8.
1 Aux termes de la Politique sur les paiements de transfert du Conseil du Trésor du Canada (http://www.tbs-sct.gc.ca/pol/doc-fra.aspx?id=13525§ion=text), une subvention désigne un « Paiement de transfert effectué en fonction de critères préétablis d'éligibilité et d'admissibilité. Une subvention n'est ni assujettie à une reddition des comptes par le bénéficiaire ni normalement sujette à vérification par le ministère. Il se peut que le bénéficiaire doive fournir des rapports sur les résultats obtenus ». Une contribution désigne un « Paiement de transfert effectué avec les conditions de rendement spécifiées dans une entente de financement. Une contribution est assujettie à une reddition de comptes et est sujette à vérification ».
2Organisation mondiale de la Santé, Charte d'Ottawa pour la promotion de la santé, première conférence internationale sur la promotion de la santé, Ottawa, 21 novembre 1986. http://www.who.int/hpr/NPH/docs/ottawa_charter_hp.pdf. Page consultée le 13 janvier 2009.
3Agence de la santé publique du Canada, Rapport ministériel sur le rendement 2006-07, « Tableau 3 : Postes votés et législatifs ». http://www.tbs-sct.gc.ca/dpr-rmr/2006- 2007/inst/ahs/ahs03-fra.asp. Page consultée le 15 janvier 2009. Les renseignements concernant les exercices 2005-2006 et 2004-2005 sont tirés du même site Web. Il suffit de remplacer « 2006-2007 » dans l'adresse URL par l'année recherchée. Le numéro de tableau demeure le même.
4La distribution du financement obtenu par subventions et contributions dans les trois ensembles de modalités et dans les subventions désignées se répartit comme suit : environ 94 % pour la promotion de la santé de la population, 2 % pour la santé publique, 1 % pour la santé du sang et 3 % pour les subventions désignées.
5Cette somme ne comprend pas les 100 millions de dollars d'Inforoute Santé du Canada Inc. qui ont été « versés » à l'ASPC en 2004-2005, mais que celle-ci ne pouvait pas utiliser ni administrer (pas plus que le gouvernement fédéral).
6Veuillez vous reporter à l'annexe 3 pour consulter le résumé des questions d'évaluation et les indicateurs connexes.
7La responsabilité à l'égard de la Direction générale de la santé de la population et de la santé
publique a été transférée par décret à l'Agence de santé publique du Canada, conformément à la Loi sur les restructurations et les transferts d'attributions dans l'administration publique, et a pris
effet le 24 septembre 2004. (Source : Canada, Bibliothèque du Parlement, projet de loi C-5 : Loi sur l'agence de la
santé publique du Canada, par Marlisa Tiedemann, Division du droit et du gouvernement, Ottawa : 26, avril 2006. Page
consultée le 13 janvier 2009 :
http://www.parl.gc.ca/common/bills_ls.asp?lang=E&ls=c5&source=library_prb&Parl=39&Ses=1). La Loi sur
l'Agence de la santé publique du Canada a reçu la sanction royale de 12 décembre 2006.
8Lorsqu'il a créé l'Agence, le gouvernement fédéral (par exemple dans le préambule de la Loi sur l'Agence de la santé publique du Canada) a reconnu que les questions de santé publique sont une responsabilité partagée par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, et il a reconnu que les gouvernements locaux jouent un rôle fondamental dans la prestation des services de santé publique.
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